La langue administrative de l'Empire Moghol était le persan.
La langue de la cour, langue littéraire de l'Empire, était un hindoustani persianisé, qui s'écrivait majoritairement en alphabet arabo-persan (dit
nasta liq).
Cependant, dans le Bihar et l'Oudh, on écrivait l'hindoustani dans un alphabet voisin du devanagari: l'écriture kaithi qui était même officielle dans les tribunaux du Bihar.
C'est le sanskrit qui s'écrivait avec l'alphabet devanagari à cette époque.
Ce sanskrit est la langue ancienne d'où viennent les langues indo-aryennes parlées en
Inde du Nord, dont l'hindoustani.
C'est la langue sacrée de la religion hindoue, de même que le latin, langue ancienne de l'Empire Romain d'Occident, est la langue sacrée de la chrétienté catholique.
Ce sont des intellectuels hindous qui ont décidé d'adopter l'alphabet devanagari pour l'hindoustani, afin de se démarquer de l'héritage musulman, à la fin du XIX°s. On a appelé ça la controverse hindi-ourdou, et les Britanniques ont dû donner un statut égal aux deux "langues" en 1900.
L'hindi et l'anglais devinrent les 2 langues nationales officielles de l'Union Indienne, en application de la Constitution de 1950.
On utilise à présent l'alphabet devanagari pour écrire l'hindi, le marathi, le sindhi, le bihari, le bhojpuri, le konkani, et même le népalais.
Il arrive que des Kashmiris non musulmans écrivent leur langue, le kashmiri, en devanagari.
Certains Roms, qui veulent affirmer leurs lointaines origines indiennes, font de même avec leur langue ancestrale, le romani.
Comme pour le mandarin, une norme a été adoptée pour transcrire l'hindoustani en alphabet latin: on l'appelle "
roman urdu".
On en trouve une forme simplifiée sur les pochettes des films bollywood et la transcription des chansons de ces films sur les pochettes des CD (voir
www.hindilyrix.com/
).