| Passages de frontières Xrctn · 22 janvier 2015 à 14:54 · 279 photos 398 messages · 45 participants · 33 929 affichages | | | | 22 janvier 2015 à 14:54 Passages de frontières Message 1 de 398 · Page 1 de 20 · 10 659 affichages · Partager Comment et pourquoi devient-on accro des voyages ?
Pour ma part, j'ai toujours soupçonné que le fait d'être né (il y a 50++ années) à proximité de la frontière belge a eu, dès mon plus jeune âge, une influence démesurée sur mon attraction pour tout ce qui est étranger et par extension tout ce qui est voyage.
En effet, quoi de plus étonnant qu'une frontière ? Une ligne souvent arbitraire et parfois invisible, mais qui dès qu'elle est franchie nous emmène dans un monde nouveau où plus rien (ou presque) ne ressemble à celui que l'on vient de quitter... à commencer, dans mes yeux de gamin, par les pièces de monnaie différentes et les panneaux routiers écrits dans une autre langue !
Une fois la frontière passée c'était à chaque fois une nouvelle aventure qui commencait. C'était en tout cas comment je ressentais nos fréquentes incursions en Belgique. Belgique Terre d'Aventures ! « Ca est bien une drôle d'histoire sais-tu !!! ».
Huit longues années plus tard, après un long voyage de plus de deux jours en voiture, je franchissais enfin ma deuxième frontière. Celle-ci était encore plus extraordinaire car pour l'atteindre il avait fallu survivre les nombreux virages de montagne. Mais quel extraordinaire moment de magie quand une fois arrivé au sommet, en plus du soleil d'été et des odeurs de pins, je découvrais la Mer Méditerranée et... l' Espagne. J'en suis sûr, je suis devenu accro à ce moment précis.
Depuis je suis en permanence à la poursuite de cet instant toujours aussi excitant qu'est le passage d'une frontière. Certes, au fil des années j'en ai connu certains plus délicats, plus stressants ou plus pénibles que d'autres mais l'excitation reste la même. Bien sur les frontières terrestres restent mes préférées, (surtout quand il faut franchir une rivière) mais je ne boude pas le plaisir d'arriver dans un aéroport et d'attendre avec une impatience grandissante le moment où les portes du hall des arrivées s'ouvriront enfin vers l'extérieur.
Quelle chance d'habiter en Europe quand on est addictif de frontières ( border-freak). Lentement mais surement, je me suis assuré d'avoir mes 'doses' à intervalles réguliers. Certaines plus intenses, comme par exemple quand il s'agissait de passer de l'autre côté du 'rideau de fer' et d'autres plus exotiques quand la frontière du pays et aussi celle d'un nouveau continent.
Et puis un jour, j'ai réalisé que les 'effets' pouvaient se prolonger en habitant de l'autre côté d'une frontière. Habiter à l'étranger, et en particulier à Londres, me donnait l'impression d'être en vacances de manière permanente. Quelque temps plus tard, j'ai également réalisé que je pouvais 'contaminer' une autre personne et qu'ensemble nous pouvions facilement supporter de très fortes 'doses', c'est-à-dire partir plus loin et plus longtemps. A tel point qu'après plusieurs années de ce régime, nous ne sommes jamais plus 'redescendus' ou plutôt si, nous sommes redescendus mais bien plus loin que prévu puisque nous étions arrivés en Australie... Trente ans plus tard, nous y sommes toujours d'ailleurs !
Mais les choses étaient mal faites car le border-freak que j'étais devenu s'est retrouvé dans la plus grande ile au monde au milieu d'un univers sans frontière ?!
Après de longues années de sevrage, il était grand temps de contaminé notre progéniture. Cela n'a pas été compliqué seulement un peu couteux parfois mais qui compte les $ quand l'addiction s'appelle Voyages ?
Nos trois filles ont donc fait leur apprentissage en Asie du Sud-Est, proche et relativement bon marché, et parfois en Europe lorsque nous retrouvions nos familles respectives. Quand elles ont trouvé que bourlinguer avec les 'vieux' n'était plus si cool, elles se sont lancées chacune leur tour dans leur tour... du monde. Les élèves ont vite dépassé le maitre (enfin presque car j'avais une bonne longueur d'avance !).
Et puis ce fut aussi l'occasion pour nous de redécouvrir le bonheur de voyager juste à deux. Ainsi nous sommes allés plus loin, plus longtemps... et mieux encore plus souvent !!!
Maintenant je peux confirmer que ma mission est accomplie à 100%... puisqu'il y a toujours un membre de la famille en vadrouille à n'importe quel moment de l'année. Par contre, je crains que les passages de frontières les laissent totalement indifférentes... N'est pas border-freak qui veut !
To be continued...
| | | À: Xrctn · 22 janvier 2015 à 20:40 Re: Passages de frontières Message 2 de 398 · Page 1 de 20 · 10 565 affichages · Partager Bonjour Xavier,
J'habite à la pointe de la Bretagne. J'y suis née, j'y ai grandi... La frontière la plus proche d'ici est à 800 km ! C'est la frontière près de laquelle tu as grandi... Tu imagines bien qu'une frontière a une toute autre dimension pour moi ! Moi, ce sont les trains qui partent et les avions qui volent qui m'ont toujours fait rêver. 
La 1e fois que j'ai eu l'impression de passer une frontière : j'avais 8 ans, et je partais en vacances avec mes parents (pour la 1e fois, et quasiment la seule fois) en Vendée. Soudain les toits des maisons étaient rouges !!!!!!!! 
Adolescente, je suis allée en Allemagne (échange culturel). 1e fois que je passe une frontière administrative. Maubeuge !!! C'était en 1983, hein ! Il y avait donc des postes-frontières entre les pays d'Europe. Mais je n'ai aucun souvenir du passage de la frontière. Je me souviens juste que, dans ce petit patelin sans intérêt, on s'est arrêté dans un café glauque où on a pris un tit déj' tout aussi glauque. Par contre, j'ai sentie que j'avais franchie une frontière, quelques centaines de km plus loin, quand j'ai entendu parler allemand en permanence autour de moi. Et aussi devant un petit déj allemand. Et aussi la monnaie !
Depuis, mon lien aux frontières s'est confirmé : je suis insensible aux frontières administratives, mais j'adore être décalée culturellement. Ça m'oblige à mettre un peu de côté mes propres références. Et j'adore ça. Franchir des frontières culturelles : c'est ça qui me fait voyager.
La 1e fois que j'ai quitté l'Europe : Maroc, il y a 11 ans. Le moment où je suis descendue en minibus vers Ouarzazate, j'ai été subjuguée par les paysages. Quelque chose m'a littéralement saisie. Ce désert, cet espace... et des gens y vivent ??!!! En descendant du minibus devant un paysage magnifique, j'ai su, à ce moment précis, que je reviendrai, que je voyagerai, que je rencontrerai d'autres cultures. Donc des gens. Surtout des gens.
Je ne suis toujours pas fascinée par les frontières administratives. D'autant plus qu'elles se ressemblent assez, en ce qui me concerne : des bureaux de douanes dans des aéroports !  Bon, OK, à Atar, en Mauritanie, ça a été exceptionnel, quand même. J'ai adoré !
La monnaie est aussi pour moi un symbole fort. A Malte, j'ai pas aimé parler en euros... 
Enfin voilà mon rapport aux frontières. Tu vois, Xavier, la frontière belge ne m'a vraiment pas fascinée ; pourtant c'est la première que j'ai franchie ! 
Cordialement, Murielle | | | À: Elhine · 23 janvier 2015 à 7:35 Re: Passages de frontières Message 3 de 398 · Page 1 de 20 · 10 540 affichages · Partager Merci de partager ces precieux instants de decouverte... que ce soit en traversant une frontiere physique ou culturelle ! PS: Je regrette seulement que lors de ton passage à Maubeuge tu n'aies pas vu le clair de lune... car vraiment... | | | À: Xrctn · 23 janvier 2015 à 9:05 Re: Passages de frontières Message 4 de 398 · Page 1 de 20 · 10 532 affichages · Partager le clair de lune !!! si si, ça me dit quelque chose ! Je crois voir l'enseigne... Mais...c'est pas le nom du fameux café glauque ?... | | | À: Elhine · 23 janvier 2015 à 15:45 Re: Passages de frontières Message 5 de 398 · Page 1 de 20 · 10 510 affichages · Partager | | | À: Xrctn · 23 janvier 2015 à 18:16 Re: Passages de frontières Message 6 de 398 · Page 1 de 20 · 10 495 affichages · Partager Bonjour mon meilleur souvenir de frontière je l'ai eu assez petite quand on partaient faire des balades à pied sur les sommets des Alpes ! je me souvient du bonheur ressenti en posant le pied après le panneau " Suisse " au sommet de la vallée d'Abondance en Haute Savoie, j'avais 8 ans environ... j'ai tester avec mes enfants c'était pareil, ils sautaient d'1 côté puis de l'autre, épatés d'être à la fois en Suisse et en France ! depuis les frontières ont toujours ce doux souvenir pour moi, et me permette de relativiser l'attente et les tracasseries administrative ! prochaine frontière dans quelques jours ! Maroc pour la 21 eme fois !  francia | | | À: Songhai73 · 23 janvier 2015 à 19:04 Re: Passages de frontières Message 7 de 398 · Page 1 de 20 · 10 494 affichages · Partager Extraordinaire coincidence Songhai/Francia et je suis sur que tu apprecieras ce qui suit...
Cette obsession des frontières m’a laissé de nombreux souvenirs, certains plus marquants que d’autres. Voici un pot-pourri chronologique de quelques passages de frontières inoubliables.
Le plus sportif :Aout 1973, lors d’un camp de vacances, une randonnée en montagne entre Morzine et Champéry en Suisse est proposée. C’est l’occasion de découvrir des paysages montagnards époustouflants ( un vrai décor à la Belle et Sébastien !), l’ambiance chaleureuse des chalets-refuges et des fondues bien arrosées. Sur un versant rocailleux au milieu de nulle part, nous tombons sur un marqueur en bois décoré d’un côté du drapeau suisse et de l’autre du français. Ouah, c’est ma première fois que je vois une borne internationale ! Dans un état d’excitation qui surprend les autres marcheurs, je commence à en faire le tour plusieurs fois rien que pour le plaisir de m’entendre dire « En France, en Suisse, en France, en Suisse... ». Pour certains j’ai du passé pour un débile profond, d’autres ont mis ca sur le compte de l’altitude. Mais ce qui m’a davantage surpris c’est le fait que nous n’avons jamais rencontré de douaniers aussi bien à l’aller qu’au retour... Nous avions suivi un vrai chemin de contrebandiers...
Le plus émotionnel :Aout 1974, je viens de prendre pour la première fois l’avion et d’atterrir sur un nouveau continent. JFK airport. Je présente fièrement mon tout nouveau passeport aux pages déjà cornées à force de l’ouvrir depuis les deux derniers mois, à la page où est apposé mon tout premier visa. Qu’est-ce qu’il est beau avec ce dégradé de couleurs et imposant avec cet aigle aux ailes déployées.
Le douanier américain me demande pour la troisième fois ce que je viens faire of US of A. « Me, learn English with a family » je bafouille péniblement. « Yes Buddy, you’ll need it !» qu’il marmonne en levant les yeux au ciel, enfin au plafond. Dehors je découvre émerveillé les bagnoles américaines plus grandes que des salles à manger, les taxis jaunes et les sirènes comme au cinéma. D’ailleurs je suis comme dans un film. L’Amérique, l’Amérique, je veux t’avoir... et aujourd’hui je t’ai !
Le plus religieux :Décembre 1974, avec deux copains, nous venons d’arriver en camion à Rome où nous passons quelques jours. Visite des monuments et parmi eux la Place Saint-Pierre surveillée par les célèbres Gardes Suisses en costumes bariolés et bouffants comme au Moyen-Age. Nous allons voir les timbres à la poste vaticane située dans un coin de la place. L’un des clients nous apprend que nous sommes au Vatican et non plus en Italie. Ah bon, le Vatican est un pays ??? Sans le savoir je viens de visiter un treizième pays. Alléluia !
Le plus bordélique :Aout 1976, mon copain de classe Roman et moi décidons de prendre une carte Inter-rail qui permet de voyager partout en Europe pour 360 Francs. Arrivés à Istanbul nous nous rendons au Pudding Coffee ( le célèbre point de rendez-vous des Hippies en route pour les z’Indes) et tombons sur une annonce : Bus Istanbul- Teheran pour une poignée de dollars. Nous nous regardons : « Chiche ? ».
Et nous voilà embarqués pour un voyage de trois jours en bus. Au milieu du deuxième jour, juste après été éblouis par la splendeur du Mont Ararat au sommet enneigé, nous arrivons à Bazargan, la frontière entre la Turquie et l’ Iran. C’est le foutoir le plus complet, embouteillages monstres, un vrai bazar quoi ! Les douaniers sont débordés et visiblement pas très commodes.
Au poste turc, tout le monde descend et récupère les bagages pour les faire inspecter dans un grand hall. Ca gueule, ça s’engueule de partout et dans toutes les langues. Les sacs à dos des Hippies sont passés au peigne fin et le contenu des valises et cartons mal ficelés des émigrants de retour au pays sont étalés partout. C’est long. Enfin tout le monde est autorisé à remballer puis à remonter dans le bus après avoir remis les bagages dans les coffres. Nous franchissons l’arche turque et même pas cent mètres plus loin on remet ça. Déchargement, re-gueulantes et nouvelle inspection encore plus pointilleuse car ici les douaniers sont encore plus tatillons. Derrière eux, un immense portrait du Shah surveille cette cohue semi-organisée. En-dessous du portrait, un message peint sur le mur informe les visiteurs que le trafic de drogue est puni par une condamnation à mort. Quelques Hippies avalent de travers mais passent au travers.
Près de trois heures plus tard nous finissons par passer sous l’arche ornée du drapeau iranien. Je sais maintenant qu’il ne faut pas toujours se fier aux premières impressions car l’ Iran s’est avéré être l’un des pays les plus merveilleux et accueillant que je n’ai jamais visité.
Le plus inattendu :Janvier 1977, ça y est cette fois je m’envole seul pour un périple de plusieurs mois en Asie du Sud-Est. Mélange d’excitation et d’appréhension. Le vol AR le moins cher que j’ai trouvé pour aller à Bangkok part de Londres. 1,800 FF avec une compagnie inconnue Bangladesh Biman. C’est l’occasion de gouter mes premiers curries et d’admirer les beaux saris colorés des passagères. Arrêt à Dacca. Les quatre autres passagers de l’avion qui comme moi continuent vers Bangkok apprennent que la connexion n’aura pas lieu aujourd’hui, ni demain... peut-être après demain !?
Nous sommes donc en transit forcé pour une durée indéterminée ! La cause : l’un des trois avions est sorti de la piste (!) et les rotations ne peuvent plus être assurées. La compagnie nous prend en charge en pension complète pendant toute la durée du séjour. Mais pour en arriver là il en aura fallu des négociations d’abord avec le chef d’escale, puis avec son supérieur puis avec les douaniers, puis avec le chef des douaniers... Ne comprenant pas bien l’anglais, je ne suis qu’un témoin plutôt passif. En fait je suis ravi car contrairement aux autres passagers je n’ai pas de contrainte de temps et sans cet incident, je ne serais jamais venu ici !
L’attente dans cette pièce aux murs décrépis est longue. Le ventilateur ne brasse que de l’air chaud et humide. Derrière la baie vitrée, une foule nous regarde le visage collé aux vitres. Apparemment on ne doit voir beaucoup d’étrangers par ici, j’ai la désagréable impression d’être un poisson exotique dans aquarium que l’on observe attentivement. Nouveaux pourparlers pour trouver un taxi. Finalement nous pouvons partir mais il faut laisser les passeports à l’aéroport sous la garde du chef des douaniers. Nouveaux palabres mais rien à faire « C’est la loi. » décrète l’officier supérieur. « Vous n’avez pas de visa, vous êtes en transit donc les passeports restent ici dans le tiroir de mon bureau. »
Pendant trois jours, alors que je visite Dacca de fond en comble, je prends la claque de ma vie. Le dépaysement est total, je n’avais jamais vu autant de vie, de pauvreté, de sourires, de décrépitude, de couleurs, d’énergie, nulle part auparavant je n’avais été autant le centre d’attention (trop même), jamais je n’avais vu autant d’embouteillages, entendu autant de bruit ( je n’ai jamais oublié l’extraordinaire vacarme des milliers de sonnettes des trishaws), respiré autant de gaz d’échappement, vu autant d’arbres en fleurs, humé autant d’odeurs et de parfums et jamais je n’avais eu aussi chaud. Bref tout m’est tombé d’un coup sur la tête.
Trois mois plus tard, alors que je fais le chemin en sens inverse, la même situation se représente. Deux jours d’attente à Dacca au frais de la princesse, mais cette fois c’est le milieu de janvier et il caille drôlement !
Le plus sympathique :Avril 1980, après une journée de galère en bus, Rosemary et moi atteignons enfin le poste frontière salvadorien juste avant qu’il ne ferme. Les touristes n’étant pas nombreux en cette période mouvementée (nous sommes en pleine guerre civile), les jeunes douaniers désœuvrés sont plutôt surpris de nous voir débarquer. Curieux et bavards (et surement aussi envieux) nous entamons une longue discussion sur nos vies respectives, nos espoirs, nos aspirations, l’état du monde... etc. La nuit est tombée mais il fait doux, la lune se reflète sur la petite rivière-frontière. Les douaniers nous accompagnent sur le pont mais s’arrêtent au milieu, ils n’ont pas le droit d’aller plus loin. Nous poursuivons nos bavardages jusque tard dans la nuit dans le no man’s land. Quand nous arrivons enfin au poste hondurien, celui-ci est fermé depuis longtemps mais on nous laisse dormir sur le banc près du lampadaire, point de rendez-vous de tous les papillons de nuit des environs.
Le plus laborieux :Avril 1980, quelques jours plus tard nous quittons le Honduras... enfin c’est ce que nous croyons car une fois arrivés au poste frontière les douaniers nous annoncent que la frontière est fermée... pour cause d’élections nationales. Une vingtaine de personnes attendent mais nous sommes les seuls étrangers. Commencent d’interminables palabres mais les douaniers sont intraitables, ils obéissent aux ordres un point c’est tout. Mais ils ne connaissent pas encore ma Casablancaise (Rosemary, qui en plus parle couramment l’espagnol). A force de persévérance, elle réussit par convaincre le plus haut gradé de nous laisser téléphoner à l’ambassade à Tegucigalpa. Le gars au bout du fil nous annonce qu’il va voir ce qu’il peut faire pour nous.
Sur ces entrefaites arrive un mec (un Américain) sur une super moto à trois roues. Il est parti d’ Alaska il y a une paire de mois et espère relier la Terre de Feu. Quand on lui annonce que la frontière est fermée, il répond « No fucking way ! ». Lui aussi entame de longs pourparlers (mais en anglais !) avec le plus haut gradé qui a de la peine à garder son sang-froid. Nous suggérons au biker d’appeler lui aussi son ambassadeur. Une heure plus tard, le téléphone sonne dans le bureau du gradé. Le Ministère de l’Intérieur vient de le contacter : « Les étrangers peuvent passer ! » annonce-t-il surement soulagé de se débarrasser de sacrés emmerdeurs. Nous ne saurons jamais lequel des deux ambassadeurs aura eu le plus d’influence... mais nous avons quand même une petite idée !
Le plus surréaliste :Avril 1980, nous venons donc de quitter le Honduras et marchons la centaine de mètres qui sépare le poste nicaraguayen. Quand nous arrivons, l’Américain vient de démarrer dans un nuage de poussière. Le petit poste frontière est tenu par des jeunes Sandinistes aux allures de guérilleros armés de mitraillettes. C’est vrai que Somoza a dû quitter le pays précipitamment il y a quelques de mois et que les Sandinistes ont gagné la révolution. Mais voir ces gamins avec ces fusils n’a rien de très rassurant. Le chef, qui ne doit pas avoir plus de 20-22 ans, épluche nos passeports à la recherche de nos visas. Ils sont en règle mais son interprétation de la date de validité du visa ne correspond pas à l’interprétation de l’ambassade à Mexico.
« No pasaran » qu’il déclare ( normal pour un révolutionnaire !) à part que nous ne sommes pas d’accord. Nous sommes tombés sur un jeune capitaine beau et con à la fois !!! « Vous devez retourner au Honduras et faire une demande de visa à Tegucigalpa. » Et voilà ma Casablancaise qui, déjà chauffée à blanc par les Honduriens, lui explose à la figure comme une grenade d’abord en lui expliquant que la frontière de l’autre côté est fermée, que nos visas sont valides et que nous sommes au Nicaragua pour voir la révolution en route...etc. On le sent vaciller mais pas question de prendre la face devant les petits moujiks... « OK 72 heures de transit et nous passerez au Ministère de l’Intérieur pour valider votre visa ». Bref pas vraiment le meilleur accueil.
To be continued... | | | À: Xrctn · 23 janvier 2015 à 20:18 Re: Passages de frontières Message 8 de 398 · Page 1 de 20 · 10 476 affichages · Partager réponse à la video !
Je ne connaissais pas !!!!  (oui, je sais, mes classiques...  )
Mais dis, du coup, y aurait-il (ou y aurait-il eu) un commerce avec une enseigne "le clair du lune" à Maubeuge ? j'en ai un vague souvenir... | | | À: Elhine · 23 janvier 2015 à 20:36 Re: Passages de frontières Message 9 de 398 · Page 1 de 20 · 10 473 affichages · Partager C'est fort probable. Merci Bourvil d'avoir mis Maubege sur la carte et d'avoir rendu son clair de lune... immortel. | | | À: Xrctn · 23 janvier 2015 à 22:03 Re: Passages de frontières Message 10 de 398 · Page 1 de 20 · 10 462 affichages · Partager Re,
je viens agrandir les rangs de ceux qui s'extasient en passant une frontière et je fais également partie de ceux qui s'amusent à avoir un pied dans un pays et l'autre dans un autre 
mon souvenir le plus sympa, la frontière Argentine- Chili au Paso de Jama, où les conducteurs de camions qui passaient s'amusaient à nous voir pendant notre séance photo "un pied dans chaque pays" en nous saluant sympathiquement d'un coup de klaxon.
les passages en bus/voiture retiennent également toute mon attention car même si les paysages ne changent pas forcément tout de suite, on voit en général assez rapidement la différence dans tout le reste.
quant aux arrivées en avion... je dois avouer que j'ai toujours des frissons lorsque je m'apprête à poser le pied sur un territoire inconnu pour la première fois, et ceci dès la descente de l'avion. | | | À: Xrctn · 23 janvier 2015 à 22:53 Re: Passages de frontières Message 11 de 398 · Page 1 de 20 · 10 457 affichages · Partager Extraordinaire coincidence Songhai/Francia et je suis sur que tu apprecieras ce qui suit...
Le plus sportif :Aout 1973, lors d’un camp de vacances, une randonnée en montagne entre Morzine et Champéry en Suisse est proposée. C’est l’occasion de découvrir des paysages montagnards époustouflants ( un vrai décor à la Belle et Sébastien !), l’ambiance chaleureuse des chalets-refuges et des fondues bien arrosées. Sur un versant rocailleux au milieu de nulle part, nous tombons sur un marqueur en bois décoré d’un côté du drapeau suisse et de l’autre du français. Ouah, c’est ma première fois que je vois une borne internationale ! Dans un état d’excitation qui surprend les autres marcheurs, je commence à en faire le tour plusieurs fois rien que pour le plaisir de m’entendre dire « En France, en Suisse, en France, en Suisse... ». Pour certains j’ai du passé pour un débile profond, d’autres ont mis ca sur le compte de l’altitude. Mais ce qui m’a davantage surpris c’est le fait que nous n’avons jamais rencontré de douaniers aussi bien à l’aller qu’au retour... Nous avions suivi un vrai chemin de contrebandiers....
tu n'as pas été le seul débile profond crois moi !  et oui les frontières sont bien poreuses 
autre anecdote pour moi en décembre 2007 : voyage au Mali, arrivée à " l'Aéroport International de Mopti ", ça fait sourire déja vu la taille du "hangar "...pas de détecteur..on passe tranquille ! au retour j'ai une bouteille d'eau dans mon sac à dos, mon couteau "Opinel "  , pas plus de détection !..on patiente, il fait chaud, je ressort, je papote et re papote avec nos potes Maliens qui nous ont accompagnés...le temps passe et bien sur je suis la dernière, on vient me chercher je court, manque de louper le départ ! et de plus je n'ai pas fait tamponner mon passeport...pas grave, point de tampon de sortie ! tout ce passe bien c'est le 24 décembre, on nous attend à la maison pour le réveillons...arrivé vers 23h.. ma famille a l'air bizarre...4 Français viennent d'être tuer en Mauritanie  depuis c'est la psychose pour beaucoup ! francia
| | | À: Songhai73 · 27 janvier 2015 à 15:01 Re: Passages de frontières Message 12 de 398 · Page 1 de 20 · 10 361 affichages · Partager Je poursuis mon enumeration...
Le plus oppressant :Décembre 1978, je viens rendre visite à une amie qui étudie à Berlin. Quelle ville étonnante, dégoulinante de lumières (peut-être pour faire oublier ses façades tristes) et aérée avec d'immenses parcs et de superbes forêts. Un étrange mélange d'atmosphères ; outrageusement capitaliste et en même temps anarchiste, pacifiste mais pleine de militaires, jeune mais remplie de petits vieux. Définitivement une ville de contrastes ! Mais je n'avais encore rien vu !
Check Point Charlie. Une cabane toute en longueur occupée par des militaires des trois pays alliés et un panneau en quatre langues pour nous informer que nous quittons le secteur américain. En face une espèce de mirador au milieu de la rue, des soldats qui observent tout ce qui bouge avec des jumelles, des chicanes et le mur cachant l'autre côté de la rue.
Après avoir payé un visa pour la journée, changé (obligatoirement) une vingtaine de Deutsch Marks et rempli des formulaires, j'attends patiemment de pouvoir passer une personne à la fois dans une petite guérite remplie de miroirs. Derrière des vitres, le garde-frontière, assis sur une chaise surélevée est sérieux comme un pape constipé. Il épluche soigneusement les pages du passeport en jetant discrètement des coups d'œil sur les miroirs. Tout est fait pour intimider le pauvre touriste et en même temps lui donner le frisson qu'il est, d'une certaine manière, venu chercher. Le tampon est apposé sèchement et l'autre porte s'ouvre soudainement et automatiquement.
Le point de non-retour est atteint ; je pénètre dans un monde inconnu où tout parait bien terne et oppressant. La transition est phénoménale. Une même rue coupée par un mur mais deux univers diamétralement opposé.
L'année suivante, je me retrouve de nouveau à Berlin Est mais en venant cette fois de Prague. Pas moyen de trouver le point de passage pour retourner à Berlin Ouest. Pas d'autre choix que de demander à des passants comment faire pour passer de l'autre côté. Jamais je ne me suis senti aussi mal à l'aise de ma vie.
Le plus Invisible:Si nos jours, la plupart des frontières européennes sont invisibles, en Décembre 1982, alors que je découvre pour la première fois la Cote d’Azur, ce n’était pas encore le cas. Comment ne pas tomber de suite sous le charme de la Cote d’Azur : soleil, mer et palmiers en plein hiver le tout sur fond de montagnes enneigées, comment est-ce possible ? Eblouis, nous suivons la route du bord de mer, Villefranche, Beaulieu, St Laurent, Cap-d’Ail... Tout à coup je remarque que les trottoirs sont plus hauts et surtout plus propres. Que se passe-t-il donc ? En fait nous venons de pénétrer dans la Principauté de Monaco. Quelques centaines de mètres plus loin, à voir cette forêt de beaux immeubles, il n’y a plus aucun doute possible : nous sommes bien dans un autre pays !
Le plus cocasse :Aout 1985, nous venons de traverser la ville de Vršac et roulons au milieu des champs de maïs en direction de la frontière. Au poste yougoslave, les douaniers tamponnent nos passeports sans même les regarder. Quelques mètres plus loin, les douaniers roumains inspectent lentement les quatre camions et les deux voitures de touristes qui attendent devant la barrière. Ils sont un peu surpris de voir arriver dans une R5 toute cabossée et rouillée, ce jeune couple et leur gamine de trois ans. Ils le deviennent encore plus quand nous leur tendons deux passeports français et un britannique. Candice étant née à Londres ( avant que Thatcher ne change les lois), nous avons pu lui faire faire un passeport avant de quitter la Grande Bretagne alors qu'elle était encore bébé. Elle a donc un passeport avec une photo prise à l'âge de trois mois ! Cette situation les intrigue et semble les dépasser complètement. Conciliabules dans le bureau du chef qui n'arrête plus de retirer sa casquette pour se gratter la tête. Les douaniers chargés de la fouille oublient d'inspecter la voiture pour venir commenter ce cas de figure improbable.
C'est qu'ils ne savent pas trop quoi faire. L'un d'eux parle le français et demande : « C'est bien votre fille ? » « Bien sûr c'est bien notre fille... Vous voyez, elle a le même nom de famille. » Argument faible mais qui produit un certain effet. « Elle ressemble pas à la photo. » « Si si, regardez bien, c'est bien elle. » Evidemment entre un bébé, tenu à bout de bras pour prendre la photo, et la petite fille blonde de trois ans qui se demande pourquoi tout le monde l'observe, il y a une très grande différence.
Re grattage sous la casquette. « Mais pourquoi elle a un passeport diffèrent du votre ? » « Ben, parce qu'elle n'est pas née dans le même pays ! » Je sens qu'ils vont tomber à court de questions. Mais pas encore. « Pourquoi vous venez en Roumanie ? Vous avez de la famille ? » « On nous a dit que c'est un beau pays, faut-il avoir de la famille pour visiter votre pays ? » Ah la bonne vieille technique de répondre à une question par une autre question...
Le chef finit par appliquer un beau tampon à l'encre jaune à peine lisible en nous souhaitant : « Bon voyage en Roumanie » puis ajoute en direction de Candice : « Bye bye little baby girl. » C'est qu'en plus il a de l'humour !
Le plus accommodant :Juin 1995, après sept longues années sans quitter l' Australie, il est grand temps que les choses changent. C'est notre premier grand voyage à cinq. Après deux grosses frustrations d'affilé, c'est-à-dire des arrêts où l'on ne peut pas sortir des salles de transit, à Sydney puis à Honolulu, nous arrivons à Vancouver où nous passons plusieurs jours chez des 'vieux' amis. Bien évidemment, il y a longtemps que j'avais repéré que Vancouver n'est situé qu'à quelques kilomètres de la frontière et il était donc hors de question que je ne la franchisse pas. Sept ans d'abstinence, c'est long !
« Eh, les filles, vous ne voulez pas aller en Amérique pour la journée ? » 'Bercées' depuis des années par des séries américaines, je savais que j'avais là un bon argument pour convaincre les trois filles. Ensuite, il me suffirait de mettre ça au vote familial et bingo, la plus récalcitrante des cinq n'aurait pas vraiment le choix... Du grand art de diplomatie !
Je loue la voiture pour la journée et nous filons vers Blaine. Je montre fièrement la belle Arche de la Paix qui marque la frontière entre le Canada et les Etats Unis, mais elle ne les impressionne pas. Nous descendons de la voiture pour nous rendre aux bureaux des douanes américaines, tout excités. Après avoir rempli nos formulaires nous tendons cinq passeports australiens flambant neufs. Le douanier tourne les pages avec l'air de chercher quelque chose... qu'il ne trouve pas. « But you haven't got a US visa ? » « Do we need one, we're all Australians and it's only a day trip ? » Le gars prend une mine navrée mais nous confirme qu'il ne peut rien faire, il faut un visa. Ah la gueule, oh la honte, aie la déception. Mais Daddy à la rescousse quand je demande : « What about if we show you a French passport with the kids on it? » « Yes, that will do. » annonce-t-il avec un grand sourire.
Ouf, je l'ai échappé belle ! En plus la journée à Bellingham fut parfaite.
Le plus économique :Avril 1998, nous reprenons nos voyages à cinq. Cette fois nous allons moins loin mais le dépaysement n'en est pas moins total. Nous venons de prendre la navette qui emprunte le Pont de l'Amitié qui enjambe le Mékong et arrivons devant les bâtiments tout neufs de l'immigration laotienne. Il y règne en ce Lundi de Pâques une belle cohue. Après d'interminables palabres et de nombreuses d'allées et venues entre les différents guichets, il en ressort qu'il faut débourser US$50 pour chaque visa plus un dollar supplémentaire car c'est un jour férié ?! Sacré trou dans le budget !
Forts de notre précédente expérience aux Etats Unis, nous remplissons de nouveaux formulaires et présentons nos passeports français qui incluent également les filles. Pas de problème. Nous sommes évidemment ravis d'avoir pu économiser US$153 aussi facilement.
Au bureau de change juste à côté, nous changeons une coupure de US$50 et nous nous retrouvons avec 165000 Kips en forme d'épaisses liasses de vieux billets de 1000 Kips. Pas facile à mettre dans le sac à main ! Nous apprenons également qu'au Laos, il n'existe que des billets de 100, de 500 et de 1000 Kips. Heureusement ici on ne s'embête pas avec les pièces de monnaie. C'est donc au Laos que nous sommes devenus pour la première fois de vrais millionnaires. What a feeling !!!
To be continued... Image attachée: Photo postée par le membre Xrctn. | | | À: Xrctn · 27 janvier 2015 à 17:41 Re: Passages de frontières Message 13 de 398 · Page 1 de 20 · 10 341 affichages · Partager Hello ! Pour répondre à la première question "pourquoi devient-on accro au voyage ?"...je ne sais pas... Dans ma famille, nous voyageons depuis 3 générations non stop : Mamie (88 ans) qui vadrouille depuis plus de 70 ans et encore maintenant deux à trois fois par an, Pascale (59 ans) idem tous azimuts, Fabien (32 ans) qui suit le mouvement depuis une quinzaine d'années. Voyage génétique ? Quant à passer une frontière, n'est-ce pas déjà ouvrir sa porte, traverser la rue et aller vers l'étranger de l'autre côté ? Je suis bénévole dans une ONG et vais à la rencontre de migrants européens tous les jours dans ma ville. Au travers de nos échanges, j'écoute leurs histoires personnelles et voyage en passant d'un pays à l'autre. De fait, lorsque je suis à l'étranger parfois très loin de chez moi, je me sens rarement "étrangère", souvent étonnée et touchée de l'hospitalité donnée simple et chaleureuse, davantage attachée à nos ressemblances qu'à nos dissemblances. Au-delà des limites, il n'y a pas de frontières...pour qui veut bien les franchir ? Amitiés, Pascale | | | À: Xrctn · 30 janvier 2015 à 5:23 Re: Passages de frontières Message 14 de 398 · Page 1 de 20 · 10 283 affichages · Partager J'ai trouvé beaucoup de plaisir à lire les péripéties de vos passages à différentes frontières et je souhaite que vous en traversiez encore plusieurs autres.
Mais... l'Amérique ne se réduit pas aux USA, le Canada est en Amérique : « Eh, les filles, vous ne voulez pas aller en Amérique pour la journée ? » | | | À: Pierroro · 30 janvier 2015 à 7:19 Re: Passages de frontières Message 15 de 398 · Page 1 de 20 · 10 276 affichages · Partager Merci Pierro ! Bien sur que je sais que l'Amerique c'est bien plus que les Etats Unis... d'Amerique et que le terme inclut aussi le Mexique et le Canada.  Et puis tu sais bien que... depuis Tintin en Amerique (et surement avant) les Etats Unis et Amerique c'est kifkif.... et que seuls les Canadiens tiquent a cet abus de language !!! (only kidding of course)
Par contre j'ai un dilemme a propos des Bahamas qui ne sont pas consideres comme faisant partie des Caraibes donc de l' Amerique Centrale...??? Sont-ils au nord oui ou non ???
Puisque que nous sommes dans les histoires de continents... En France quand j'etais gamin on apprenait qu'il y avait 5 continents - Europe - Asie - Afrique - Amerique - Oceanie... les cas des poles Arctique et Antarticque etait toujours flou. Quelle fut donc ma surprise quand mes gamines n'ont dit qu'en Australie on leur apprend qu'il y a encore plus de continents : Europe - Asia - Africa - North America - South America and Australia (on ne sait pas ou classer la Nouvelle Zelande ni les iles du Pacifique apparemment !?) + Arctic and Antarctic. Ah la geographie, c'est bien compliqué !!!
Quant aux autres passages de frontieres... ils arrivent ! | | | À: Xrctn · 30 janvier 2015 à 11:12 Re: Passages de frontières Message 16 de 398 · Page 1 de 20 · 10 261 affichages · Partager Le plus kafkaïen :Janvier 2002, nous venons d’atterrir à Brunei. Une chaleur humide nous tombe dessus alors que nous parcourons les couloirs carrelés du petit aéroport. L’attente devant les guichets des douanes semble interminable. Le remplissage des fiches d’immigration a été laborieux et tous les passagers de l’avion sont maintenant devant nous !
Enfin, notre tour arrive. La douanière dont le foulard bleu est assorti à son uniforme rentre lentement mais surement nos données dans son ordinateur puis nous demande un dollar de Brunei (0,60 Euro) par personne pour le visa ( surement l’un des moins chers au monde !). Seul hic il faut payer cash en monnaie locale ou en dollar singapourien. Bien évidemment nous n’avons ni l’un ni l’autre.
Je lui demande donc où je peux changer quelques dollars australiens. « Au bureau de change qui est un peu plus loin. » répond-t-elle. Je me dirige donc dans la direction indiquée. « Où allez-vous ? » qu’elle me lance. « Ben changer de l’argent ! » « Mais vous ne pouvez pas passer, vous n’avez pas de visa ? » réplique-t-elle. ??? Je la regarde ahuri sans savoir si elle plaisante ou pas. Non elle ne plaisante pas. Je demande donc à un jeune mec qui assiste à la scène s’il peut changer les 20 dollars australiens que je lui tends. Sympa, il y va mais revient quelques minutes plus tard en me disant qu’il faut une pièce d’identité pour changer de l’argent !!! ??? Comment allons-nous nous sortir de cette situation ubuesque ? Long moment de flottement suivi de regards interrogatifs. Finalement elle accepte que j’aille jusqu’au bureau de change mais accompagné d’un de ses collègues. Comme si j’allais filer en douce dans ce bien curieux pays en laissant mes quatre nénettes bloquées à la douane ?!
Trois semaines plus tard, sur le chemin du retour nous repassons à Brunei. Cette fois, nous sommes bien préparés puisque quand nous sommes repartis j’avais pris soin de prendre des formulaires de douane ( que nous avons remplis dans l’avion) et surtout j’avais conservé quelques dollars locaux en prévision...
Quelle efficacité, d’ailleurs nous sommes les premiers à passer. Derrière nous, un couple d’étrangers est en train de revivre la même scène que nous avons vécue à l’aller. Je leur tends deux billets d’un dollar de Brunei en leur disant : « Please, take them, it will simplify your life, trust me. »
Le plus cool :D’Aout 2004 à Mars 2005, ma passion pour les frontières prend une tournure tout à fait surprenante et complètement inattendue. En effet, je viens de signer un contrat avec les Nations Unies et me retrouve à Dakar au Sénégal pour travailler sur un projet de démarcation entre le Nigeria et le Cameroun.Le rêve devient réalité.
Ce passionnant travail nécessite de nombreux déplacements entre les trois pays et comme tout voyageur se déplaçant fréquemment, j’apprends vite quelques petits trucs pour faciliter les passages aux douanes et éviter les longues queues. Par exemple, je m’assure de toujours emporter des fiches des douanes remplies d’avance, de repérer les douaniers que j’ai fini par bien connaitre, de porter certains vêtements, d’éviter les lacets... etc.
Tout cela se passe donc comme sur des roulettes. Mes arrivées et départs de l’aéroport de Dakar sont même parfois ponctués d’un chaleureux : « Salut chef, encore en vadrouille. »
Et puis un jour, grande commotion dans la salle des arrivées. Le foutoir le plus complet, les queues n’avancent pas, les passagers s’impatientent et râlent et les douaniers, complétement désemparés, se lamentent.
L’explication se propage parmi les voyageurs dans un brouhaha grandissant. Consternation quand l’on apprend qu’un nouveau format des fiches de douanes est en place depuis hier. Les compagnies aériennes n’étant pas informées, le personnel de bord a distribué à leurs passagers les anciens modèles, d’où cette cohue indescriptible pour d’abord trouver le nouveau formulaire et ensuite pour trouver un espace ( et un stylo) pour le remplir.
Deux heures plus tard, le douanier aux yeux cernés articule péniblement « B’jour chef, bienvenu à la maison ».
Quant à moi, il va falloir maintenant que je liquide toutes les fiches que j’avais remplies la semaine dernière... pfft !
Le plus officiel :Par contre le changement de décor et de décorum ne pourrait pas être plus radical dès que j’arrive soit au Nigeria soit au Cameroun. Là, ce n’est pas l’individu qui débarque mais un membre d’une délégation officielle que l’on accueille. Une sacrée nuance que je ne tarde pas certes à apprécier mais qui me met parfois mal-à-l’aise.
Evidemment personne ne va se plaindre d’être invité à rejoindre le salon d’honneur pendant que les formalités douanières sont effectuées et que les bagages sont directement transférés jusqu’à l’hôtel. Ça c’est super cool ! Mais la contrepartie est le protocole qu’il faut suivre et qui peut parfois être pesant.
C’est particulièrement le cas lors des déplacements sur le terrain nous ne faisons pas vraiment dans la discrétion car nous sommes, pour des raisons de sécurité toujours accompagnés d’une escorte militaire soit d’un pays soit de l’autre. Des motards, toutes sirènes hurlantes, nous ouvrent la route pour nous permettre de traverser en trombe des villages en laissant des nuages de poussière sur notre passage. Mais bon ce n’est pas tous les jours non plus que des douaniers se mettent au garde-à-vous à mon passage !!!
Le plus poli :Février 2005, je termine un petit séjour bien agréable en Gambie mais au lieu de rentrer en avion comme prévu, c’est par la route que je rentre à Dakar. Une sombre histoire de vol annulé. Le taxi me dépose devant le poste frontière complétement désert. Il est tenu par une charmante douanière qui semble vouloir faire la causette. Elle me pose toute une série de questions à propos de mon trop court séjour : qu’est-ce que j’ai fait, qu’est-ce que j’ai vu, qu’est-ce que j’ai aimé, est-ce que j’ai bien mangé... ? Enfin elle ne rend mon passeport et ajoute : « Merci d’avoir visité la Gambie. »
C’est bien la première ( et unique) fois qu’un(e) douanier(e) me remercie. J’en suis tout retourné.
Le plus chaotique :Mars 2005, après sept mois de passe-passe entre Dakar, Ndjamena, Abuja et Yaoundé, il est temps de rentrer à la maison. Mais d’abord je tiens à voir cette anomalie géologique que j’avais repérée sur une carte du nord de la Mauritanie : le célèbre Guelb er Richât. Le chemin du retour passe donc par Nouakchott.
Nous ne sommes qu’une trentaine de passagers à descendre mais quelle sacrée bousculade pour attraper la dizaine de formulaires d’immigration qui traine sur un comptoir. Incroyable mais vrai, il n’y a pas assez de formulaires pour tout le monde ?! L’un des douaniers moustachus nous assure que d’autres formulaires sont en route sans toutefois préciser quand !
Pour le moment la priorité est de récupérer la valise et au milieu de cette pagaille ce n’est pas une partie de plaisir. Curieusement apparaissent une dizaine de jeunes gens proposant ces fameux formulaires/sésames. L’un d’eux me prend sous son ‘aile’ et m’aide à remplir le formulaire puis à jouer les gros bras devant le guichet qui résiste vaillamment aux assauts répétés des voyageurs et de leurs nouveaux chaperons. Le douanier se contente de mettre mon passeport sur la pile en poussant une gueulante.
La tension monte d’un cran quand il part avec la pile de passeports vers un autre guichet situé à un autre bout de la salle. Il est de suite poursuivi par une meute de passagers affolés, leurs chaperons et les porteurs. Un de ses collègues ( celui-ci à des épaulettes) prend le relais mais dans sa précipitation lâche la pile de passeports et de formulaires qui se mélangent par terre sous nos yeux horrifiés. Concert de protestations, Il évite de justesse un piétinement fatal.
Vexé, il nous fait parcourir au pas de course un véritable parcours du combattant à travers tout l’aéroport. Dans le vain espoir de nous semer, il n’hésite pas de passer par des petites portes, d’emprunter des tourniquets et même de marcher à contrecourant au milieu d’une file de passagers en train d’embarquer. La course poursuite se termine finalement devant un minuscule bureau. Là, le gradé confie les passeports à un douanier complètement hébété en franchement affolé en voyant la petite foule passablement énervée s’agglutiner devant la porte de son bureau. Après quelques minutes d’âpres discussions, nous apprenons que ce n’est pas lui qui a les tampons nécessaires, lui n’a que l’encre rouge !!!
Nouvelle attente, nouveaux énervements, enfin arrivent trois douaniers munis des tampons. Une nouvelle ruée s’ensuit pour essayer d’être le premier devant la vitre du guichet. Fatigué par cette éternelle bousculade, je reste cette fois à l’écart pour observer cette mascarade.
Je crois bien que tout ce cirque n’a qu’un but : nous soutirer quelques sous supplémentaires. Cette histoire de formulaires manquants ne bénéficie qu’à ces jeunes apparus de nulle part et surement de connivence avec les douaniers
Cette comédie et ces allers-retours sont un bon moyen pour accroître la tension et faire monter les enchères. Les passagers importants et réguliers, connaissent la marche à suivre ( comme par exemple, placer un billet à la bonne page). D’ailleurs ils ont disparu depuis belle lurette et sont passés discrètement sans encombre. Il ne reste en fait que les passagers étrangers et les passagers mauritaniens les plus ordinaires.
J’assiste donc, mi-amusé et mi-dégoûté, à la distribution des passeports fraichement tamponnés. Une distribution faite à contrecœur car les bénéfices espérés ne semblent pas avoir été à la hauteur des espérances des douaniers. Ah, maudits étrangers qui ne connaissent rien aux coutumes douanières locales...
Finalement, plus de deux heures plus tard, je me retrouve sur le parking de l’aéroport en train de donner un billet de CFA 1000 à mon chaperon ( qui en plus il me fait la gueule !). Il ne me reste plus qu’à attendre la voiture envoyée par l’hôtel... Inch Allah !
Une fois encore, il ne faut pas se fier aux premières impressions car la Mauritanie est un pays magnifique et les Mauritaniens ont vraiment le cœur sur la main.
Le plus imprévu :Novembre 2006, une trouée dans la couche de nuages me permet soudainement d’apercevoir un bout de bleu émeraude, une bande de sable blanc et des champs de canne à sucre. Nous venons d’atterrir à l’aéroport de Plaisance sur l’Ile Maurice. Rien de remarquable à part que normalement nous devrions être... à Dubaï !
Flash-back de 9 heures. Nos vacances commencent ( comme souvent !) à l’aéroport de Perth. Cette fois nous avons en poche un billet d’avion pour Londres via Dubaï avec Emirates. Seulement voilà, les choses ne se passent pas comme prévu puisque le vol de Londres est purement et simplement annulé. Commencent alors de longues palabres avec le chef d’escale pour le convaincre de nous transférer sur un autre vol. Quelques litres de salive plus tard, nous embarquons, direction Londres via l’Ile Maurice ?!
L’escale ne dure que six heures mais plutôt que de rester à l’aéroport nous décidons d’aller faire un petit tour et découvrir un petit bout de cette ile, parait-il paradisiaque. En prime, il y a un passage aux douanes et un tampon supplémentaire... Ca j’aime ! J’aime aussi la tête du douanier qui me demande combien de temps je compte rester à Maurice. « Six heures, Monsieur ! »
C’est parfois fou ce que l’on peut faire et voir en en six heures... Le chauffeur de taxi, particulièrement sympa, à qui nous exposons notre problème de temps y est aussi pour beaucoup. Ainsi grâce à lui, nous nous sommes baladés sur la plage définitivement paradisiaque de Blue Bay, nous avons pris un super petit déjeuner en regardant les pêcheurs devant l’Ile aux Aigrettes, visiter la pittoresque ville de Mahébourg, découvert de charmantes petites anses et admiré l’imposante montagne du Vieux Grand-Port. Ce très bref aperçu nous a donné envie de revenir car maintenant nous pouvons le confirmer : Maurice est bien un bout de paradis... et puis ils ont aussi des beaux tampons !!!
Le plus isolé :Mars 2008, quelques heures après avoir quitté Puerto Natales et traversé des paysages somptueux de lacs et de montagnes aux sommets enneigés, nous arrivons enfin à Cerro Castillo, un hameau aux maisons en bois aux toits bleus sorti de nulle part, qui fait également office de poste frontière. La trentaine de passagers descend rapidement pour se mettre à l’abri du vent glacial ( genre Mistral à la puissance 3) dans un petit chalet en bois. En attendant notre tour, nous regardons les prospectus touristiques vantant les merveilles de la nature dans cette partie du sud du Chili et observons nos ‘camarades’ de bus en essayant de deviner leur nationalité. Les uns après les autres nous regagnons au pas de course le confort relatif du bus.
La barrière rouge et blanche se lève enfin et nous poursuivons notre voyage sur une route en terre. Les forêts sont remplacées par des collines pelées. Quelques kilomètres plus loin apparaissent d’autres bâtiments, blancs ceux-là. Un drapeau argentin claque fièrement au vent.
De ce côté-ci, le chalet est trop petit pour contenir tout le monde. Il faut donc faire la queue dehors et grelotter ( le Mistral argentin est encore plus glacial que le chilien !!!). Autres douaniers, autres uniformes mais ceux-ci paraissent bien trop grands et de forte mauvaise qualité pour ces pauvres jeunes recrues. A l’évidence, nous sommes leur unique divertissement de la journée et ils en profitent pour prendre tout leur temps et surtout pour mater les jolies touristes scandinaves qui nous accompagnent. Derrière l’unique comptoir, on aperçoit un salon avec de grands canapés où sont affalés des jeunes soldats en train de regarder des dessins animés. L’ambiance est plutôt cosy... Mais c’est surement ce qu’il faut à ces pauvres bougres pour survivre dans un tel isolement et supporter cet ennui infini. Je me demande ce qu’ils ont bien pu faire pour mériter une mutation au fin fond de la Patagonie ?
Tout le monde remonte dans le bus. Deux douaniers baissent la chaîne et nous font des grands signes d’adieu. Nous les laissons à leur triste solitude.
To be continued... Image attachée: Photo postée par le membre Xrctn. | | | À: Songhai73 · 30 janvier 2015 à 19:23 Re: Passages de frontières Message 17 de 398 · Page 1 de 20 · 10 229 affichages · Partager Bonjour mon meilleur souvenir de frontière je l'ai eu assez petite quand on partaient faire des balades à pied sur les sommets des Alpes ! je me souvient du bonheur ressenti en posant le pied après le panneau " Suisse " au sommet de la vallée d'Abondance en Haute Savoie, j'avais 8 ans environ... j'ai tester avec mes enfants c'était pareil, ils sautaient d'1 côté puis de l'autre, épatés d'être à la fois en Suisse et en France ! depuis les frontières ont toujours ce doux souvenir pour moi, et me permette de relativiser l'attente et les tracasseries administrative ! prochaine frontière dans quelques jours ! Maroc pour la 21 eme fois !  francia
 En parlant de frontières.... il y a quelques années, mon mari et moi sommes descendus en France en passant par le Lac Leman et je ne sais plus exactement dans quelle ville, il était indiqué "le saut du Doubs", nous nous y sommes rendus. J'adore les cascades ! Et là, le Doubs était à sec, en Août évidement. Nous étions sur la rive Française et de l'autre côté de la rivière, c'était la Suisse. Mon mari a profité qu'il n'y avait plus d'eau pour passer sur les gros cailloux et s'est rendu en Suisse, à pieds et en 15 secondes !!!! C'est vraiment mon grand souvenir de frontières !!!! | | | À: Xrctn · 31 janvier 2015 à 2:41 Re: Passages de frontières Message 18 de 398 · Page 1 de 20 · 10 200 affichages · Partager Envoi d'un MP pour appréciation des aventures rocambolesques du Don Quichotte des frontières. | | | À: Xrctn · 31 janvier 2015 à 6:06 Re: Passages de frontières Message 19 de 398 · Page 1 de 20 · 10 188 affichages · Partager J'y vais donc de mes expériences à différents postes frontaliers :
République dominicaine - Haïti : il faut voir le bordel au poste douanier ayitien : nous sommes six dans notre groupe, les 6 oeuvrant pour une ONG canadienne, et les douaniers se passent les passeports de l'un à l'autre, gueulent, s'énervent, courent, vont, viennent, reviennent, partent, repartent et toujours nos passeports se promènent d'une main à l'autre et il faut bien garder l'oeil ouvert sur nos passeports qui changent continuellement de main et aucun ne prend la décision de nousl aisser passer jusqu'au moment où un jeune garçon, un ti-moune, nous explique que le "capitaine" fait actuellement sa sieste et que pour le ramener au travail il faut mettre la main dans notre poche!!!
Burkina Faso - Mali : notre chauffeur ce matin-là roule à tombeau ouvert pour arriver tôt et avant la cohue à la douane malienne. Suprise! Il y a déjà congestion au poste.Tous les voyageurs, certains y sont depuisplus d'une heure, sont retenus à un petit poste par un subalterne qui attend que son "chef" de son bureau "officiel" à quelque 300 ou 400 mètres plus loin, qui prend son petit-déj à l'extérieur en rigolant avec des amis lui fasse le "grand signe" qu'il est prêt à nous recevoir. À 35-40C et le soleil tape, on est bien averti que nous, nous ne pouvons pas rigoler! Finalement 45 minutes plus tard, le chef s'est levé et a fait "le grand signe" et nous, tous les voyageurs, nous sommes faits petits pour ne pas perturber la digestion du "chef".
Canada- USA : mon épouse et moi nous rendons en Rép. dominicaine et prenons un vol en partance des USA, à Burlington, Vermont. Nous utilisons mon automobile pour la partie terrestre et notre fille nous accompagne pour ramener la voiture. Belle journée d'automne indien, j'en profite pendant la matinée pour laver l'auto et faire une petite inspection mécanique. Tout est impeccable. Nous partons. Nous roulons doucement. Nous arrivons à la douane américaine. Les formalités d'usage vont bon train jusqu'au moment où le douanier me demande s'il est normal de rouler au Québec sans plaque d'immatriculation. Je ne comprends pas ou plutôt j'essaie de comprendre ce qu'il veut insinuer. À son invitation - car aux douanes de l'Oncle Sam, il vaut mieux attendre d'être invité à bouger - je descends de l'auto, me rends à l'arrière pour constater que la plaque n'y est plus! J'ai perdu la !"/$%?& de plaque d'immatriculation, sur la route, entre la maison et la frontière américaine. Et nous avons un avion à prendre d'en moins de 3 heures. Aussi, il est irréaliste de retourner... sans rater notre vol. On ne rit plus! Après vérification et re-vérification et re-re-vérification sur son ordinateur, l'agent douanier m'invite alors à le suivre à l'intérieur du poste et là il me remet un feutre et un carton et me dit d'y inscrire le numéro de la plaque et me tend le ruban adhésif pour le faire tenir dans la lunette arrière... et nous souhaite bonne route et bonnes vacances. Je vous laisse deviner les emmerd.. de notre fille, à son retour au Canada, quand elle s'est pointée à la douane!!! | | | À: Xrctn · 31 janvier 2015 à 6:47 Re: Passages de frontières Message 20 de 398 · Page 1 de 20 · 10 186 affichages · Partager Concernant les Bahamas, je suggère que nous nous y rendions pour prendre une décision "officielle"... autour d'une bonne bière bien fraîche!
Et pour "Tintin en Amérique", je veux bien croire mais tu ne te souviens pas de "Le Manitoba ne répond plus"? | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 700 visiteurs en ligne depuis une heure! |