| Les petites "galères"? José · 12 janvier 2004 à 19:14 · 8 photos 162 messages · 56 participants · 48 708 affichages | | | | 12 janvier 2004 à 19:14 Les petites "galères"? Message 1 de 162 · Page 1 de 9 · 14 993 affichages · Partager Tiens pour changer...
Après... ou plutôt en même temps que, car je ne veux pas couper court aux autres sujets, « les petits moments de bonheur », les citations, cette destinée qui nous rattrape toujours, les « vrais » et les « faux » voyageurs ou autres questions existentielles, pourriez-vous nous raconter une de vos petites «galères» de voyage (ou considérées comme tel à leur arrivée) dont vous riez volontiers aujourd’hui?
Je lance le sujet avec cette anecdote recopiée d'un carnet.
«...ce n’est qu’à l’heure du BN que j’ai pu sortir du piège de ce fond de lit d’oued à sec dans lequel nous étions engagés depuis le milieu de matinée. Tout allait pourtant pour le mieux -du moins le croyais-je- jusqu’à l’arrivée au-dessus de cette cascade sèche, oh pas bien haute... même pas deux mètres, mais quand même infranchissable par mon compagnon d’infortune. Je veux citer Rantanplan, mon, parfois têtu et stupide - si, si j’vous jure- mulet, mais néanmoins solide, courageux et fidèle compagnon-porteur tout-terrain. Tout-terrain ? Pas tout à fait ! Bon, rien à dire face à la cascade sèche... Je me doutais bien qu’il n’allait pas sauter, pattes jointes, deux mètres plus bas rien que pour me faire plaisir. J'ai donc fait demi tour sans me prendre la tête, mais après... quand-même ! Me laisser plus de trois heures, sans aucun remord apparent, au fond d’une gorge, en pleine « cagna » de mi-journée parce que Monsieur refusait de retraverser le petit éboulis dont il s’était rit à l’aller, je trouve la plaisanterie un peu saumâtre.
Bon, la tension est retombée. Je suis maintenant tiré d’affaire, bien à l’ombre bienfaisante d’un genévrier thurifère centenaire préservé - par quel miracle ?- du massacre à la hache subi par ses diformes et squelettiques congénères. J’en ai assez pour la journée ! Le petit bivouac est installé, le thé au thym frémit gentiment sur les braises, Rantanplan broute ce qu’il peut entre les cailloux en attendant son repas du soir, je me remémore et laisse quelques traces écrites des événements de ces dernières heures.
Quand j’ai vu le mulet planter ses fers et s’immobiliser devant l’étranglement du passage et quelques cailloux polis, j’ai pensé qu’au vu des expériences précédentes, passer au-delà ne serait qu’une formalité ; d’autant plus qu’à l'aller il n’avait pas marqué la moindre hésitation.
J’ai donc commencé par le plus simple : l'accompagner en le tenant par la bride. Il n’a pas bougé les pattes d’un millimètre. Je suis passé derrière en lui donnant la traditionnelle tape sur la croupe accompagnée dans mon meilleur berbère du mot « ouchte » connu par tous les mulets de l’Atlas pour déclencher le mouvement. Rien. Une, deux, dix, vingt fois et plus sans succès, j’ai renouvelé ces gestes basiques. Sans y croire réellement j’ai vérifié qu’aucun animal rampant n’était caché dans les pierres à proximité. Si un serpent était dans coin il aurait de toutes façons fuit depuis longtemps. Je lui ai fait faire demi tour sur quelques mètres, pris par la bride et revenu en espérant passer ainsi comme si de rien n’était. Quand il s’est de nouveau planté devant la plus grosse pierre sans même l’effleurer du sabot, j’ai cru lire dans son regard « non mais tu me prends pour un con ? ». J’ai essayé de lui faire comprendre que non. Je lui ai susurré à l’oreille que c’était le plus gentil et courageux des mulets, qu’après avoir arpenté sans chuter des pierriers pentus et instables à la recherche d’une trace perdue, qu’après avoir franchi dans les rochers des passages en escaliers devant lesquels j’aurais fait demi tour sans hésiter si je n’avais pas vu les traces de fer sur les cailloux ou eu la garantie des bergers rencontrés que le passage était accessible aux mulets, qu’après avoir reculé sur plusieurs mètres, à trente mètres de la rivière en contre-bas, dans une vire de falaise étroite au point de ne pas pouvoir faire demi-tour, il ne devait pas se laisser ridiculiser par ces quelques cailloux certes un peu polis mais qu’il avait royalement toisé deux heures auparavant. Toujours rien. Fâché, j’ai fini par lui dire qu’il n’avait aucun orgueil, que je le revendrais à un méchant éleveur de chèvres dès que nous serions sortis de là, qu’il me regretterait en voyant la différence de traitement avec moi qui ne l’avais jamais battu. Je l'ai menacé de partir seul avec mon sac à dos en l’abandonnant là à son triste sort... Cela n’a pas semblé l’émouvoir. Je l’ai déchargé, fait plusieurs fois demi tour et revenu en montant dessus en croyant naïvement que si je lui montrais que je n’avais pas peur sur lui, il n’avait rien à craindre non plus. Ce ne fût pas un franc succès. J’ai ensuite pensé qu’une diversion viendrait à bout du caprice et l’ai entraîné jusqu’au petit filet d’eau qui ressurgissait en aval à une demi-heure de là. Il n’a pas voulu reboire. Moi si. Nous sommes restés là le temps de fumer une cigarette (pas lui, moi) et je l’ai fait trotter au retour en espérant qu’il passe dans la foulée... mais la foulée s’est figée une fois de plus à la vue du passage considéré comme délicat. Je lui ai bandé les yeux, et à nouveau tiré, poussé, monté à nouveau. Il y a eu un semblant de progrès. N’y voyant rien, il posait le premier sabot, mais dès celui-ci au contact de ce p..... de caillou c’était un « non » aussi franc que massif. Que faire ? Arrêter de se prendre la tête, passer là le reste de l’après-midi et la nuit et... demain serait un autre jour ? Imprudent. Même si je ne suis pas plus inquiet que cela sur la météo de ce mois de juillet, je n’aime pas dormir dans un endroit « sans issue ». Le laisser là et partir chercher de l’aide d’un conducteur de mulet plus expérimenté que moi ? C’était une option. De toute façon... il n’allait pas se sauver ! Construire une espèce de passerelle selon la technique locale éprouvée Tiens c’est une idée ça. Les cailloux c’est pas ce qui manque... de toutes tailles... Il n’y a plus qu’à les déplacer ! Le bois est plus rare, mais j’en ai vu ce matin qui avait du être charrié par l’eau cet hiver avant de coincer dans les rochers riverains... Il n’y a plus qu’a aller les chercher ! Au taf ! J’ai donc joué les terrassiers pendant plus d’une heure avant de, non pas m’émerveiller du labeur accompli dans la canicule de cette mi-journée, mais du moins estimer suffisant le résultat et envisager la fin de la plaisanterie. Je n’y ai pas cru longtemps ! L’animal était dans une phase d’humeur contrarié et la mienne d’humeur n’étant pas dans un cycle de jovialité, j’ai opté sagement pour une petite détente-collation destinée à faire chuter ma tension. Collation...? Et si asserdoun (le mulet) avait faim ? Lui aussi a généralement droit à sa ration d’orge de midi pendant que je déguste mes sardines à la tomate ou mon corned beef. Et si sa ration était alignée en petits tas tous les trente centimètres jusqu’à dépasser... ce que je ne peux toujours pas qualifier d’obstacle ? Je la tenais ma solution ! Collé à la paroi de la falaise pour profiter de la petite bande d’ombre qu’elle voulait bien dispenser, j’ai fini ma portion de Vache qui rit et mes figues (et oui, aujourd’hui c’était fromage et dessert !) sans savoir si je devais rire ou pleurer. J’aurais du mal à décrire ici l’attitude ridicule adoptée par l’animal pour attraper le tas suivant après avoir avalé goulûment les trois premières poignées de grain, mais je me promets de la mimer à celles ou ceux qui m’en feront un jour la demande. Sachez seulement que ce cher Rantanaplan ne semblait pas décidé à esquisser le moindre petit pas en avant pour accéder au x autres petits tas de grain et finir son repas de midi. C’est cependant cette position grotesque qui m’a donné une nouvelle idée : l’encolure et la tête allongée au maximum, le naseau frémissant, les lèvres tendues trois centimètres devant sa dentition de jeune homme, et les deux pattes avant jointes formant un angle avec le sol à la limite de rupture d’équilibre... Suffirait-il de rompre la stabilité de cet inesthétique position pour qu’il fasse enfin ces deux pas en avant tant attendus depuis la fin de matinée ? Y avait qu’à... et pour cela une seule solution : le prendre par surprise car il reprendrait sa position bien campée dès que je m’approcherais.
La surprise, oui mais... Qui a déjà essayé de s’approcher d’un mulet sans se faire remarquer ?
La solution serait dans la corde qui sert à la fixation du chouari et du taghrart (paniers de portage et sac de bât). J’ai attaché une extrémité de la corde à une des pattes avant et l’autre bout à une des pattes arrière, resservi à portée de gueule quelques grains pour l’aguicher, mis la corde en limite de tension et attendu patiemment trois mètres devant lui qu’ il essaye à nouveau d’attraper le tas suivant. L’instant propice n’a pas tardé plus d’une minute. Dès qu’il a atteint la position attendue j’ai tiré d’un coup sec simultanément sur les deux brins de la corde.
Bingo ! Déséquilibré réellement ou surpris par la tension brutale de la corde dans les chevilles, toujours est-il que plus de trois heures après s’être planté une première fois, Rantanplanfranchissait le misérable tas de cailloux, m’évitant ainsi d’avoir à exposer dans une langue où je ne connais que quelques « expressions de survie » le grotesque de la situation à la première bergerie trouvée.
Certes, la vie des montagnards locaux manque tellement de récréations que l’anecdote du roumi et asserdoun n’aurait pas manqué d’alimenter les discussions des veillées et certainement diverti le souk régional pendant des semaines... Mais j’avoue être un brin susceptible, alors... »
José | | | À: José · 12 janvier 2004 à 21:33 Re: Les petites "galères"? Message 2 de 162 · Page 1 de 9 · 14 950 affichages · Partager José,  Ah! Ce sacré Rantanplan... En l'espace d'un instant (assez long quand même!!!)... Il a permis de mettre en lumière différentes facettes de la personnalité d'un être hûmain : la patience, l'impatience, la réflexion, le sourire, le désespoir, la stratégie...pour en venir à bout de quelques cailloux polis.
J'ai beaucoup aimé...
Plus tard...je reviendrais peut-être avec une autre "galère"...une des miennes. | | | À: José · 13 janvier 2004 à 5:37 Re: Les petites "galères"? Message 3 de 162 · Page 1 de 9 · 14 934 affichages · Partager Mon cher José tu m'a bien fait rire, et j'ai bien reconnu la le coté enteté des nos cher amis les mulets.
Mon histoire est moins drole. Mais c'est la premiere qui m, est venu a l'esprit!!!
Alors allons-y....--Une petite mésaventure.... De laquelle je ris maintenant mais qui quand même m’a tenu en émoi pendant les 24 heures ou elle a durée!!!!
La brume compresse dans ses entrailles toutes les rues de la petite ville de Darjeeling. Impossible de voir en contre bas sur la douce vallée qui s’étend à nos pieds, je ne pourrais pas jeter un dernier regard sur le célèbre sommet du Kangchenjunga (!?) qu’a cela ne tienne je vais revoir le Gange et sa source d’émotion intarissable.
Avec David qui reste encore ici quelques jours histoire de marcher vers le dit sommet sacré, on descend avec peine la pente abrupte qui devraient nous mener près des taxi-jeep qui font la navette entre Darjeeling et Siliguri et le train de la civilisation indienne!!! (!?) On peine parce que mes bagages pèsent lourd a mon dernier passage en Inde- Népal je m’étais fait voler tout mon argent économisé pour les cadeaux et les souvenirs pour moi. Je me suis un peu reprise de cette infortune et en plus de mon sac a dos j’ai deux autres sac dont une remplis de céramique!!!!!
On profite d’un tchay dans le froid matinal en attendant que le taxi soit prêt, c’est à dire plein a raz-bord au risque de sombrer comme un bateau a la dérive dans la route déjà pas bien solide!!! Dernière rigolade avec David, j’ai déjà le ventre creux, mais je devrais attendre quelques heures l’arrivé dans la ville folle de Siliguri ville frontière aussi peu accueillante que les autres. Adieu émouvant, on ne sait quand nos routes se croiseront de nouveau et deux semaines de trek nous ont rapprochés. A la rigolade je jette : eh ben en voilà un joli pour une fois...je parle du conducteur de la voiture, en général je trouve pas les Indiens très a mon goût!!! Tout de go David me répond : attention ça va te porter malheur.... Il ne savait si bien dire!!!!
La route est sinueuse à peine plus large que la jeep qui tange dangereusement a chaque virages. Mes compagnons de route sont sympa de langue népalaise on arrive presque a ce comprendre. Enfin j’essaie bien de suivre l’effervescence de la conversation qui porte sur les Maoïstes et le gouvernement. Je suis la plus jeune du groupe et bien entendu la seule blanche. Le conducteur un jeune indien du sud est joli mais assez crâneur, tente par tous les moyens de faire le beau devant moi!!!!
Eh bien, voilà que David avait bien juger une jeune blanche et un joli indien ça ne fait pas bon ménage, au détour d’une courbe particulièrement dangereuse on ce retrouve sans même un soupir dans le fossé!!!! Tout le monde se regarde sans dessus dessous, essayant tant bien que mal de retrouver sa dignité envoler dans la mauvaise posture que nous sommes. Une chance ce n’étaient pas la courbe précédente qui nous auraient tous tuer en nous envoyant deux cent mètres plus bas!!! Tous le mondes est indemnes, les vociférations vont bon train je comprend pas un traître mot mais j’imagine. Notre crâneur penaud mais restant sur de lui-même nous remet dans le droit chemin pour poursuivre plus doucement quand même. Chaque virage nous arrache malgré tout un petit soupir...
Nous avons fini par arrivé a Siliguri, je sais plus trop comment je me suis dégoté un cyclo-rickshaw pour quelques roupies, je me sentais quand même un peu penaude avec tout le barda que j’avais mais s’étais son prix a lui alors pourquoi pas. Bien entendu la gare est à l’opposé de ou on est arrivé qui aurait pu croire le contraire. Mon petit homme tout maigre mais avec des muscle d’acier dans les jambes roule fièrement évitant de justesse voiture et autre cyclo-rickshaw. Pour éviter la foule il prend les petites rues a vive allure a chaque tournant je me retiens au siège, enfin ce qui en tient lieu, ça roule vite cé machin!!! Ce qui devait arrivé arriva, en fait j’ai pas trop compris dans un tournant j’ai volé par-dessus bord atterrissant dans le mur d’en face avant de recevoir en pleine figure mon sac a dos.... Un peu abasourdis j’étais incapable de répondre au chauffeur tout énervé qui se faisait engueuler de toute part le pauvre!!! Ma céramique était par chance intacte pour une raison inconnu elle a pas bouger du siège du vélo!!! On a repris la route et j’avoue que la deux fois des accidents en 5 heures j’avais un peu beaucoup la trouille et j’avais plus que hâte de me poser confortablement dans un train!!!
Que de rêve nous apporte l’ Inde ce n’est pas peu dire...
L’éternelle queue pour acheter le billet, tout le monde qui te monte sur la tête pour passer devant toi, bien entendu ce n’est pas la bonne queue, mais devant mon air déconfit le mec regarde quand même interminablement son computer pour voir si je peux prendre le prochain train pour Varanassi, tout les train sont complet aujourd’hui madame...!!! J’ai une faim de loup, il me tarde d’être la-bas retrouver mes amis indiens connu il y a deux ans, mes yeux s’emplissent d’eau et rende cet indien imperturbable plus humain, il me dit d’aller voir le contrôleur des trains que peut être il pourra m’aider. Je prend mes trois sacs, il fait une chaleur d’enfer et je traverse les 500 mètres de ponts et d’escalier pour me rendre jusqu'à ce dernier, qui bien entendu fait peu de cas de ma présence. J’insiste il fini par me dire qu’il ne peux rien pour moi de retourner au guichet.... Je commence à m’impatienté, je manque de sommeil, on a parlé jusqu’a tard hier avec David, j’ai faim y fait chaud, mais je reprend mes sacs et refait le chemin inverse. Toujours pas de place, mais le mec d’avant me voit, me tend un billet troisième classe et me dit arrangez vous avec le contrôleur du train de 17 heures.
Il est 14 heures j’ai faim je me dis je vais poser mes sacs a la consigne et aller en ville parce que près de la gare y’a rien et rien dans la gare non plus!! Très bizarre d’ailleurs!. Je reprend donc les 500 mètres qui me sépare de la consigne avec mes sacs, je suis un peu a bout de force je l’avoue. Arrivé devant le mec de la consigne il ne veut pas prendre mes bagages dit qu’il ne prend pas les trucs a touriste trop risqué. Je fais des pieds et main me met même hors de moi a hurler et je lui lance mon sac presque en pleine figure. Vous l’aurez imaginé le mec est rester imperturbable malgré mes insultes qu’il ne pouvait d’ailleurs pas comprendre puisque dans l’énervement j’ai parlé francais, québécois!!!! Frustré au bord de la crise de nerfs je m’éloigne de ce mec avant de le tuer avec mes sacs en maugréant contre tous les dieux Hindou et il y en a 3 millions alors hein.... Je me réfugie derrière la gare, près du débarquement du petit Toy Train et je m’écroule sur mon sac en larme pendant dix bonnes minutes faisant abstraction de mon entourage!!!! Je fini quand même par revenir sur terre quand je sens que je ne suis pas seule. Autour de moi une dizaine d’indien assis sur leur couverture de fortune me regarde d’un air ébahi. Toujours en rogne mais déjà un peu moins vu le ridicule de la situation. Je sors mon éternelle conserve de thon au fond de mon sac, mes biscuits, mon walkman et mon coca acheté précédemment. Je m’enferme dans ma musique comptant bien faire abstraction de cette bande d’uluberlu!!! Mais l’ Inde est ce qu’elle est et on reste que peu de temps indifférent, des enfants de la rue viennent sans arrêt me voir et les mecs conscient que je suis une soupape pleine près a exploser les renvois gentiment d’où il vienne en me regardant avec un léger sourire en coin. Après une demi-heure, sous le regard estomaqué d’un vieille indien j’éclate de rire, d’un fou rire incontrôlable devant le ridicule de la situation et de ma réaction, le rire est contagieux et fini par entraîner tout le monde. Je suis resté la jusqu'à l’arrivé du train échangeant des regards furtif avec ces gens qui ne semblait allez nul part venir de nul n’attendant rien d’autre que le temps qui passe.
Finalement le train arrive, avec mes 22 bagages je me pointe haletante devant le contrôleur qui fait forcément comme si j’étais pas la... je le harcèle mais je suis transparente pour lui!!!! Finalement je me dis mais qu’il aille ce faire foutre au plus profond de je ne sais quoi, je prend mes petits et hop je saute dans le premier wagon que je rencontre, il est bien entendu plein a raz-bord à peine de la place pour respirer, je jette un œil autour pas de place que des hommes. Devant moi une valise en métal je cale mes sacs autour et je demande par signe au mec si je peux m’asseoir!!! La c’est moi l’uluberlu pour eux en tout cas, une femme blanche, touriste seule dans un compartiment remplis de mec près de la porte de sortie. Ils en perdre leur hindi. Je fais comme si de rien n’étais et après une heure de route j’essaie de faire abstraction de mes fesses qui on de la peine avec le métal dur et froid et des regards interrogateurs qui fussent de toute part. Je souris bêtement me disant qu’il me reste que 15 heures de train!!!! Les mecs sont sympa en Inde des que le vieille homme qui occupais le siège du contrôleur pars il me font signe de prendre sa place délogeant l’importun qui arrive dont ne sait ou pour prendre la place.
Je me dis yes, je vais pouvoir dormir un peu malgré mes pieds coincés entre les tonnes de sacs. Mais s’étais rêver. Un mec ce pointe me demandant dans un anglais approximatif de partager mon siège, siège conçu ni pour une personne ni pour deux!!!! Me sens un peu mal de refuser et me cale contre la fenêtre, espérant reprendre mon sommeil ou je l’avais laissé. Mais encore la je rêvais, ni une ni deux l’enquête commence d’où je viens ou je vais, quel pays et blablabla... traduction simultané en Hindi pour le reste de la troupe qui peut enfin rassasier sa soif de curiosité bien avide depuis mon arrivé dans ce train. Tout le monde se désintéresse de moi un coup les questions d’usage élucidées, j’en profite pour essayer de re-sombrer dans le sommeil, quand je sens quelques chose de chaud sur ma cuisse, ce n’est pas un rat, ni le vent mais bien la main de ce mec, je la repousse délicatement et me retranche encore plus près de la fenêtre, il en profite et prend encore plus de place, le manège recommence plusieurs fois. Je m’énerve lui dit en anglais de laisser ses pattes sales ou elle doivent être, il me sourit, sourit au regard interrogateur des autres indiens et recommence le manège. Je m’énerve et je lui dis de ce mettre près de la fenêtre et je prend un coin du siège vachement inconfortable les fesses a moitié a l’extérieur. Personne ne comprend ce qui ce passe et trouve que définitivement cette blanche est louche!!! Le salaud recommence je finis par vraiment m’énerver et je me lève debout sous leurs regards interrogateurs. Comment leur expliquer, je ne sais point. Une femme dans le compartiment d’a coté à compris le manège, une nomade du sud du Bengale et me fait signe que la couchette devant elle sera bientôt libre.
Ni une ni deux elle me réserve la place m’installe ses propres couverture me caresse les cheveux et retourne a sa couchette. Doucement je glisse dans le sommeil, mais voilà que l’autre con (désolé mais le je peux plus le traiter autrement) rapplique et s’assoit au pied de ma couchette me caressant doucement les pieds. Je m’énerve et me met en boule près de la fenêtre, le salaud s’étend de tout son long sur ma banquette. Tout a coup la nomade se réveille. Et la elle éclate elle aussi, elle se met à crier dessus comme une forcené. J’ai rien compris, mais j’ai vu mes indiens du début ce lever et entourer cette opportun le regard méchant. Il a quitter penaud la queue entre les jambes et je ne l’ai plus revu. Les hommes se sont installer autour de ma couchette et plus personne ne m’a approché de la nuit.
Arrivé à Varanassi junction je me suis dis enfin plus que quelques KM et tout sera fini! C’étais sans compter sur l’aristocrate a deux balles qui a importunément sauter dans le même taxi que moi et qui tout le long ma fait des déclarations d’amours. Quand je suis arrivé à l’ Ashram ou je loge à Varanassi, j’étais déconfite mes amis on patiemment écouté d, une oreille choqué mon récit avant de me préparer chez la dame d’a coté un superbe bain chaud.
Ce furent les 24 heures les plus longue de ma vie. Aujourd’hui j’en ris mais je vous jure à ce moment la j’étais prête a ne plus jamais remettre les pieds en Inde. L’ Inde vient nous cherchez au plus profond de nous même!!!!
Voilà j’ai encore écrit un roman j’espère que ça vous a plus!!!!! | | | À: Simba · 13 janvier 2004 à 9:57 Re: Les petites "galères"? Message 4 de 162 · Page 1 de 9 · 14 925 affichages · Partager Salut Simba,
Merci pour ton petit mot.
Bien vu la "mise en lumière" (si j'ose voir... euhhh... si j'ose dire) des différente facettes de la personnalité. Je n'ai pas pensé à ça en recopiant l'anecdote, et sur le moment... tu penses bien...
A bientôt,
J'espère que tu ne tarderas pas trop à nous écrire...
José | | | À: Marsu · 13 janvier 2004 à 10:30 Re: Les petites "galères"? Message 5 de 162 · Page 1 de 9 · 14 923 affichages · Partager Salut Simba,
Ainsi tu connais les mulets? Je te voyais plutôt accompagnée d'un yack 
Je mets bien des images sur la scène du cyclo-rickshaw...
Mais on rit plutôt jaune à la lecture de la suite, heureusement on sait à l'avance que tout finit bien...
Quand à la malédiction, il est aussi une croyance berbère qui dit qu'il ne faut jamais dire qu'un(e) petit(e) enfant, est très beau. Cela peut lui porter malheur. Je l'ai appris d'une manière assez virulente par une grande soeur qui avait compris mes compliments.
Heureusement qu'il n'est rien arrivé à la gamine dans la foulée... je pense que j'aurais été très mal !
A +... et ne t'inquiètes pas pour le longueur de tes textes...
José | | | À: José · 13 janvier 2004 à 13:00 Re: Les petites "galères"? Message 6 de 162 · Page 1 de 9 · 14 914 affichages · Partager Salut José,
Je ne connais les mulets que de réputation!Comme quoi des fois on peux s'y fier.
Je m'y connais pas plus en Yack par contre, outre le fait que j, en ai vu de tres proche et que malgré leurs docilités quand ils disent non cé non!! 15 mecs j'ai vu entrain de tirer pousser, grogner pour essayer de rentrer un yack dans un camion! Il l'ont pas bouger d'un poil!!!! Pas mal plus gros qu'un mulet a déplacer!!!! 
Pour le cyclo-rickshaw, apres notre départ les indiens ont du bien ce marrer!!! Parce que comme dans les films indiens (de l'ouest) ca devait etre assez marrant de voir la blanche faire un vol plané de son siege.... Tant mieux pour eux ca alimente les conversations!!!! 
En tout cas pour la malédiction vais m'en souvenir longtemps!! J'y pense a deux fois avant de dire que quelqu'un est beau maintenant!!! Promis!!!! 
Pour ce qui est du train, je pense qu'avec ma mauvaise attitude de la journée dans un peuple si imperturbable je l'ai bien mérité, et je pense que surement mon attitude a engendrer une bonne partie de mes péripéties!!!!
Merci. | | | À: Marsu · 13 janvier 2004 à 15:55 Re: Les petites "galères"? Message 7 de 162 · Page 1 de 9 · 14 903 affichages · Partager Merci à José et Marsu pour leurs récits très bien racontés. On s'y croirait.
C'est marrant, mais je n'ai pas de souvenirs aussi précis de galères et pourtant j'en ai eu ma part. Mais, soit c'est oublié, soit ça s'est transformé en bons souvenirs. | | | À: Lepiaf · 13 janvier 2004 à 16:20 Re: Les petites "galères"? Message 8 de 162 · Page 1 de 9 · 14 897 affichages · Partager Salut JP,
Juste pour dire que si je n'avais rien écrit ce jour là, je n'aurais pas pu le relater aujourd'hui avec la même précision.
A +
José Image attachée: Photo postée par le membre José. | | | À: José · 13 janvier 2004 à 16:50 · Modifié le 10 nov. 2004 à 8:28 Re: Les petites "galères"? Message 9 de 162 · Page 1 de 9 · 14 896 affichages · Partager Salut José ! Bonne idée ton nouveau sujet !  quelques petites galères sur la route d'Ourmieh ( Iran) allant à Van ( Turquie). Je serais repassé par Dogubayazit si j'avais su à l'avance ce qui m'attendait !!!   
1 - Galère N°1 : Arrivés, avec ma voiture perso (cf carnet de voyage Iran) au poste frontière afin de quitter l' Iran, un charmant douanier zélé nous fouille minutieusement tous les bagages. Il tombe sur 4 tapis. Les trois tapis anciens ne l'intéresse pas, mais il tique sur le " Shiraz" qui l'est moins. Il appelle son collègue expert en tapis qui nous signifie que nous ne pouvons pas passer la frontière avec ces tapis, du moins par voie terrestre. Il éxige de nous rendre à l'aéroport de Téhéran pour les expédier par air, car la sortie d'objets manufacturés est interdite par voie terrestre. (1200 km à 5 cts d'€ le litre avec une consommation de 8l/100 km... non c'est vraiment pas ça le problème...  ) 600 km aller + la même chose en retour ça fait perdre 2 jours, ça, c'est vraiment chiant !!! Dans le bureau du douanier en question, j'essaie de le soudoyer, en lui demandant s'il faut payer une taxe spéciale... ou autre chose... Non vraiment ces iraniens sont incorruptibles... il faut que j'essaie autre chose...
"Our visa is finished today at midnight, not possible to go and return in Teheran during the last 15 hours of visa duration"!
Yesssssssssssss ! C'est gagné, il nous laisse passer, alors que notre visa était encore valable 3 jours !!! Il n'a pas vérifié !
2 - Frayeur - 2 à 3 km après avoir passé la frontière turque un groupe d'hommes me fait signe de m'arrêter.... je continue ma route... et c'est alors que je vois l'un d'eux prendre son AK 47 ou "Kalashnikov" et la pointer vers la voiture! Je pile sec et fait une marche arrièe avant de devenir une passoire. C'était des policiers turcs en civil, leur carte le prouve. Ils fouillent la voiture puis me laissent repartir.
3 - Contrôle aprofondi - 15 km plus loin, à un croisement, des militaires (en uniforme ceux là) nous contrôlent. Ils nous demandent de les suivre en contre bas, avec la voiture que je dois passer sur une fosse qui, vu la largeur doit être prévue pour des chars !!! la manoeuvre est délicate tant la fosse est large, mais je m'y engage en marche avant alors ça va ! Ils nous font subir un contrôle intégral. Démontage de tous les bagages. Contrôles de la roue de secours, de la boite à gants, des prtières... démontage des sièges avant et arrière, de la moquette, des caches plastique du coffre et de l'habitacle... puis c'est au tour du chassis, du moteur des ailes avant et arrière etc... 1 heure et demi de démontage plus tard on s'offre une pause cigarette ! J'offre généreusement ma tournée car ils n'ont rien trouvé... (bizarre moi qui suis un trafiquant de la pire espèce) + 1 heure pour tout remettre en place et on repart...
4 - Autorisation spéciale -... 50 km sans encombre, ça nous change jusqu'à ce barrage militaire - je m'arrête et entend le cliquetis des engrenages de mitrailleuses des tourelles de chars. Les mitrailleuses lourdes des deux chars postés de chaque coté de la route se dirigent vers nous.......    On ne rigole pas !!! Jusqu'à ce qu'un des militaires postés dans leur bunker de service vienne nous contrôler. Passeport Français... Ok... provenance Iran... Ok... allant à Van... ok... et l'autorisation militaire de traverser la région ????????? Je comprends mieux maintenant pourquoi nous n'avons croisé que 2 ou 3 voitures sur 60 km de route, "nous sommes sur une zone militaire de haute surveillance, car le PKK y est très actif dans le secteur !!!   Une voiture immatriculée en Allemagne arrive, mais ce sont des turcs. Comme nous ils n'ont pas cette fameuse autorisation. Ils se font expliquer qu'il faut retourner à une caserne militaire que nous avons passé voilà 30 km, et demander au colonel en chef de la caserne ce fameux sauf conduit. Nous faisons donc demi tour avec nos amis d'infortune, et stopons à cette caserne. Le colonel nous reçoit, et avec un air sévère nous demande nos passeports. Il esquisse un large sourir lorsqu'il s'apperçoit que nous sommes français. Il nous baragouine " Jèm France, France trè jouly " - " voul thé, café ?" je lui répond " iki çay lütfen " - éclats de rires... c'est dans la poche - comme quoi ça sert de savoir dire en Turc " deux thés s'il vous plaît " - Le colonel commande des thés à un appelé qui se met au garde à vous et éxécute la sentence, et à son secrétaire de nous taper l'autorisation. J'en profite pour en demander à pour les autres Turcs immatriculés en Allemagne qui sont moins bien traités que nous !!! 
Nous sommes arrivés la nuit vers 21h00 à Van sans autre encombre ! Chaude journée en plein champ de tir. Et que l'on ne me dise plus que le Kurdistan Turc est un territoire tranquille et sûr pour les touristes !!! 
Beubdriver alias Trekkerbeub | | | À: Lepiaf · 13 janvier 2004 à 18:04 Re: Les petites "galères"? Message 10 de 162 · Page 1 de 9 · 14 887 affichages · Partager La plus part de mes galères ce sont tranformé en souvenir agreable ou risible a venir jusqu'a maintenant, mais j'ai une bonne mémoire de presque tous mes voyages, je n'écris pas toujours tout sur le moment!!!!
Merci des compliments. Tu sais il faut juste s'assoir et ce remémorrer souvent ca reviens. | | | À: José · 14 janvier 2004 à 10:03 Re: Les petites "galères"? Message 11 de 162 · Page 1 de 9 · 14 774 affichages · Partager Super idée, les récits de galères.
Supers récits José, Marsu, Trekker... Qui donnent à réflechir.
Lorsque je me souviendrai des miennes, de galères, je raconterai. Mais je dois avouer qu'à part trois-quatre galères en milieu naturel plutôt hostile (montagne, forêt, rivière), je n'ai pas trop eu de problèmes en voyages, dignes d'être racontés, surtout après avoir lu le récit des 24 heures de Marsu, particulièrement éprouvantes.
Désolé José. (mais tant mieux pour moi!).
Loopkin | | | À: Loopkin · 23 janvier 2004 à 12:39 · Modifié le 6 nov. 2004 à 23:50 Re: Les petites "galères"? Message 12 de 162 · Page 1 de 9 · 14 712 affichages · Partager Phnom Penh 97, deux heures du mat'
.../... Un peu plus tard de retour chez moi, en état de choc, je viens d’avaler 2 valiums pour me calmer. Je rentrais pépère à moto taxi, comme d’habitude, et pour une fois, j'avais mis une jupe. Les deux jambes du même côté de la moto, en amazone, je me sens de + en + confortable. Dans la rue principale, une voiture remplie de soldats armés a ralenti, les têtes collées à la vitre, ils roulaient à la même allure que nous, puis nous a fait une tête à queue !!! Nous bloquant sec ! Les six soldats sont sortis, venus vers moi, des mains caressaient mes jambes, une kalachnikov dans le dos, j’entendais de partout « beautiful beautiful », ainsi que « dollars dollars... »... J’ai ouvert mon porte feuille, et jeté des dollars sur le sol, le vent était léger mais présent, pendant qu’ils les ramassaient, je me suis accrochée a mon chauffeur, et il à roulé le plus vite qu’il a pu ! La voiture nous suivait... On s’est arrêté dans une ruelle devant un hôtel chinois, j’ai couru me réfugier derrière la réception, accroupie sous le comptoir, le réceptionniste se demandait quoi, mais il à bien vu que quelque chose n’allait pas. Je suis restée là bien 10 minutes, puis j’ai entendu le chauffeur de la moto taxi, « Miss ? Miss ? Hok pen ya ha, no problem » et je suis ressortie, toute tremblante il m’a déposé, et n’a pas voulu que je lui paie sa course... Pfff soupir soupir, quel pays... | | | À: Parvat · 23 janvier 2004 à 13:18 Re: Les petites "galères"? Message 13 de 162 · Page 1 de 9 · 14 705 affichages · Partager Hey!!!! j'avais précisé " les ptites galères dont vous riez volontiers aujourd'hui".
Une kalachnikov dans le dos et des mains sous la jupe... le tout à deux heures du matin?
Je n'ose pas imaginer l'angoisse spécifiquement féminine procurée par ces sales pattes, mais avec en plus un fusil dans le dos...
Tu arrives à en rire?
José | | | À: José · 23 janvier 2004 à 13:31 Re: Les petites "galères"? Message 14 de 162 · Page 1 de 9 · 14 701 affichages · Partager  Euh... Non c'est clair... Sorry j'avais pas lu "dont vous riez volontiers aujourd'hui"... Non non, j'en rigole pas... | | | À: Parvat · 23 janvier 2004 à 14:48 Re: Les petites "galères"? Message 15 de 162 · Page 1 de 9 · 14 689 affichages · Partager La sagesse est dans la fleur de lotus, pas dans le port d'un mini jupe hors occident. Faut pas vous étonner, les filles, de vous faire agresser lorsque vous portez des tenues indescentes hors de l'occident dépravé.
Mais bon c'est pas une raison non plus pour pelotter une nana parce que l'on est plusieurs militaires armés    . | | | À: Trekkerbeub · 23 janvier 2004 à 15:01 Re: Les petites "galères"? Message 16 de 162 · Page 1 de 9 · 14 673 affichages · Partager Je suis tout à fait d'accord, Trekker beub, mais je dois avouer que je bossais avec des occidentaux, et qu'en 4 mois dans cette ville, c'était la troisième fois que j'osais mettre une jupe (-> genoux), ya pas eu de 4eme... | | | À: José · 23 janvier 2004 à 17:22 Re: Les petites "galères"? Message 17 de 162 · Page 1 de 9 · 14 661 affichages · Partager une autre... chaud, soif et rats géants
Koweït city, 5 août 1989 :
Il est 7h du mat. et il fait déjà 40 °c. On prend le bus direction l'Irak. Nous sommes déposés à la frontiére. Il nous faut marcher 500 m en plein cagnard pour rejoindre la frontière Irakienne, où nous sommes accueillis chaleureusement. "Ce n'est pas souvent que l'on voit trois Français par ici..." nous lance le douanier dans un mauvais anglais, mais avec un large sourir. "Welcome in Irak - Ahlan wa Sahlan Fy Iraq"... c'est bon... nous avons déjà passé 15 jours à Mossoul et Bagdad avant de rejoindre le Koweït. Mais comment rejoindre Bassorah... il n'y a pas un chat ici, ni bus, ni taxi, ni rien du tout... Heureusement aprés une heure d'attente un taxi dépose quatre Irakiens se rendant au Koweït. Avec un koweïtien, nous partageons le taxi, direction Bassorah. Plus nous approchons, plus la chaleur devient intenable... Ce n'est plus la chaleur sèche du désert, l'air devient moite et humide... nous sommes dans un état de liquéfaction avancé (pas de clim dans ce vieux taxi blanc aux ailes orangées). Nous voilà dans des champs de roseaux en plein marais. Le chauffeur de taxi, fort sympatique nous invite à boire le thé chez son frère. Il vit dans ces habitations faites de roseaux liés, pour former une voûte gothique. Longue de 15m et haute de 4 à 5 m, cette demeure est ouverte des 2 cotés, ce qui permet à l'air de circuler, et d'obtenir un air plus "frais". 5000 ans que ces habitations sont construites de la même façon, dans cette région, berceau de la civilisation humaine. On nous vante même la proximité de la Ziggurat d'UR. "UR" qui a donné son nom au mot origine que l'on prononce encore de la même façon jusqu'en Allemagne pour signifier le mot origine. "Il nous faut voir ce joyau de l'humanité... Le taxi nous y emmène... Nous apercevons enfin cette pyramide de pierre, au loin, mais une clôture de barbelés nous empêche d'aller plus loin... nous sortons l'appareil photo, le zoom et commençons à prendre des photos. Des militaires s'approchent et nous expliquent qu'il est formellement interdit de prendre des photos, car c'est un site militaire sous haute protection    . On est quitte de se faire confisquer la pélicule et de ne pouvoir voir la Ziggurat que de loin.
Nous reprenons la route vers Bassorah où nous arrivons vers 17h00. Le chauffeur nous indique qu'il n'y a pas d'hôtels pour touristes dans la région et qu'il faudra nous contenter d'un hôtel pour Irakiens. La ville est dans un état pitoyable. Routes défoncées, égoûts en plein air nauséabonds, nombreux bâtiments détruits... La guerre iran - Irak n'est finie que depuis quelques mois. Nous finissons par trouver un hôtel à 1 Dinar/pers soi 3 Dinars = 10ff. L'air y est suffoquant : 48°c avec 100% d'humidité, la puanteur... mais nous sommes à l'ombre et nous avons des matelas sur lesquels nous pouvons nous allonger    . La pire nuit de ma vie pouvait désormais commencer... 
Nous n'avons pas faim mais soif... pas d'eau en bouteille, nulle part nous dit on... nous nous rabattons sur le reste de la bouteille ramenée du Koweït... et nous allongeons... les draps sont dégueulasses... y'a de la morve dedans... le matelas est dans le même état... nous nous allongeons donc sur nos sacs de couchage qui recouvrent les lits. Mais les fourmis et les puces affamées ne tardent pas à nous attaquer... Je vais prendre une douche dis-je dans ces douches qui puent... j'en peux plus... mais seul un mince filet d'eau verdâtre perlé de rouille, suinte de ce tuyau oxydé. Je renonce... Mon frère et moi crevons littéralement de soif, pendant que ma mère ronfle !!! Mais comment fait-elle ??? Pas d'electricité dans la ville depuis notre arrivée. Les rue sont noires, mais nous décelons par la fenêtre quelques échopes ouvertes éclairées aux lampes à gaz. Tels des Zombies, nous essayons de les rejoindre... Nous entendons de grosses bêtes courrir dans les rues. Ce sont des chats ou des chiens me dit mon frère... "regarde bien, lui dis-je, cette longue et fine queue... ce sont des rats qui doivent faire 20 kgs au moins...    ". Arrivés à une échope, nous demandons de l'eau... il n'y en a pas... des jus de fruits... Oooooooooooo miracle, il y a des petites briques de 20 cl à 2$ pièce et chaudes en plus (y'a pas d'electricité pour le frigo). On en prend 6, on en descend 4 cul sec, mais on a tjrs aussi soif...Le tenancier de l'échope nous conseille de boire du thé, ça coupe la soif. Il nous sert mais le thé pue plus les égoûts plus que le thé, mais l'eau est très bien bouillie, nous assure-t-il. On a trop soif, et on en boit 4 chacun. ça va un peti peu mieux, on retourne se coucher parmi les puces, les fourmis et la morve sans trouver le sommeil. L'on enend les rats jouer au chat et à la souris dans les ruelles devenues calmes. L'air est toujours aussi suffoquant, je craque... je vais prendre une "douche". ma peau est humide et un leger souffle de vent coule sur ma peau humide et fétide. Quel bonheur, il fait presque frais. Durant une heure je renouvelle en alternance avec mon frère cette réconfortante sensation de fraîcheur. au lever du jour, ma mère finit par se réveiller et on décampe vite fait de cette vile pourrie direction Nassirya où l'on prend immédiatement un hôtel climatisé, avec douche propre et avec de l'eau claire... pour 10$. Mais le luxe n'a pas de prix (si celui de 5 briques de 20cl de jus de fruit, dans une ville qui sort tout juste de la guerre !!! C'était il y a 15 ans !!!!
Beub le barroudeur de l'extrême (pas toujours, heureusement  ) | | | À: Trekkerbeub · 23 janvier 2004 à 18:12 Re: Les petites "galères"? Message 18 de 162 · Page 1 de 9 · 14 654 affichages · Partager C'est ça l'aventure aussi, et puis je pense que ça fortifie... on s'aperçoit que certaines situations que l'on croirait insoutenables, finalement, on peut les vivre et bien s'en sortir !
En revanche, malgré tout ce que l'on dit, même très couverte (de la tête aux pieds), pas maquillée et pas à 2 heures du mat' on peut se retrouver avec une main aux fesses et des insultes qui fusent... pour moi c'est la plus grande source de stress, en partant seule dans un pays "est-ce qu'en tant qu'étrangère (et vu mes couleurs en Inde ou en Afrique on ne me loupe pas) on va me respecter, si j'ai une attitude respectable ?".
Le réponse est oui, la plupart du temps, mais il suffit d'une fois pour bien te mettre sous tension. On ne me fera pas changer d'avis, vu les hommes, quand vous voyagez seuls, vous avez moins de problèmes... liberté érodée par le fait de naître femme ! | | | À: Trekkerbeub · 26 janvier 2004 à 10:38 Re: Les petites "galères"? Message 19 de 162 · Page 1 de 9 · 14 614 affichages · Partager Avis à tous les détracteurs d'une forme de voyage pas comme les leurs, même Beub le baroudeur de l'extrème peut rêver au luxe d'un hôtel climatisé avec douche propre et eau claire...  .... comme quoi... | | | À: Titania · 26 janvier 2004 à 15:43 Re: Les petites "galères"? Message 20 de 162 · Page 1 de 9 · 14 603 affichages · Partager Titiana: "Le réponse est oui, la plupart du temps, mais il suffit d'une fois pour bien te mettre sous tension"
Tu me fais penser à l' Egypte, et "ca" à foutu notre voyage en l'air... Une galère, oh que oui, et j'en rigole pas non plus...
Déc 2000, Assouan, Luxor,... C'est le ramadan, accompagné de mon p'tit prince de l'époque (qui est très très loin de ressembler à Arnold), je porte un long et large pantalon noir (style pecheur thai) et un pull rouge foncé, à raz du cou, large et long jusque sous les fesses. Les remarques que nous avons droit sont dans le style "Hey mam, I give you money to look" au lieu des habituels "come have a look in my shop, free"... Ou quand je demande "Momkin etnee ahwa mazpout minfedlek?" cad "deux cafés sucrés svp" et quand me les apportant, nous devons payer "achara guinées" 2€ 50 pour deux cafés, euh... On n'est pas à l'hilton, juste un bui bui dans la rue... Et encore, c'est le soir! La journée nous buvions un verre à l'interieur des restos, discrètement, vu que c'était le ramadan... Si j'avais porté une petite robe légère courte sans manche, j'aurais eu droit à la même forme de respect. Il y avait de quoi peter les plombs... (Om Shanti, pas toujours facile...) Heureusement que nous avons continué notre voyage vers la Jordanie...
"Est-ce qu'en tant qu'étrangère, on va me respecter, si j'ai une attitude respectable?" La réponse est oui, la plupart du temps, mais franchement pas en Egypte du sud... J'aimerais beaucoup visité le Yémen, mais je n'ai plus envie de connaître ca... Les voyages organisés? Bof... | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 523 visiteurs en ligne depuis une heure! |