GeorgesOZ · 23 août 2009 à 7:45 · 132 photos 521 messages · 20 participants · 62 036 affichages | | | | Dao, tu conais la signification, c'est quand meme beaucoup plus mignon que Carlita!!!    - --
Une etoile?  | | | Oui Georges, c'est ça, c'est plus mignon que Carlita (ça fait travelo brésilien, MDR)
A+ | | | Mee dao ngaam yer yoo tee faa! | | | Je pense en avoir assez écrit sur l’histoire de la Chine ! Il faudrait prendre le temps de « digérer » et de récapituler, et sans doute de corriger les erreurs qui se sont inévitablement glissées ici et là . En ce qui concerne les populations, bien des choses ont été dites déjà sur celles de la Chine et leurs débordements hors de la Chine. J’avais commencé cette très longue étude parce qu’au départ je m’intéressais surtout aux peuples de l’Asie du sud-est (ceux qui s’étonneraient de cette déclaration n’ont qu’à revisiter mon chapitre initial pour comprendre !). Il est temps maintenant de nous pencher un peu plus sur ces « débordements », et effectivement d’en arriver à plus de détails sur le peuplement de l’Asie du sud-est (on imagine combien de temps cela prendra ! ). Mais il me semble logique, au point où nous en sommes, de déferrer encore là-dessus, et d’examiner tout d’abord la diaspora Han.
Chine Jaune et Chine BleueEn mandarin, on désigne les Chinois résidant hors de leur pays sous le terme de « Huaqiao ». « Hua » veut dire « pays » et « Qiao » exprime le fait de « rester loin de chez soi ». Ce terme ne remonte qu'aux dernières années du 19-ème siècle, mais l'émigration elle-même a une histoire beaucoup plus ancienne. Un autre terme, « Nanyang », désigne les Chinois émigrés en Asie du Sud-Est, de « Nan (2)» qui veut dire sud et « Yang (2)» qui veut dire « océan ». Il y eut plusieurs vagues d’émigration chinoises le long de l’histoire de la Chine. Pour mieux comprendre les facteurs qui ont déterminé cette émigration, il faut commencer par se pencher sur certaines aspects spécifiques de la culture chinoise.
Françoise Mengin, directrice de recherche à la FNSP (Fonds d’Analyse des Sociétés Politiques; FASOPO, Paris), écrit dans « Cambodge : la variable chinoise » sur les pôles antagonistes entre lesquels le pouvoir central chinois, qu’il ait été impérial, républicain ou même communiste, a oscillé d’une période à l’autre. Elle oppose une « Chine Jaune », celle de la tradition, agraire et bureaucratique, à une « Chine Bleue », celle de l’ouverture, des marchands.... et des pirates ! La Chine du Nord avait toujours été le berceau d'une civilisation agraire contrôlée par une bureaucratie centralisée. Probablement liée à l’esprit communautaire d’une société fondamentalement agraire, la doctrine confucéenne considérait les activités privées comme déficientes en légitimité. Dans la mesure où les commerçants généraient des profits qui n’étaient pas redistribués, il n’étaient pas conformes, et les confucianistes orthodoxes les assignèrent au bas de l'échelle sociale, avec les brigands et les criminels   ! Ils occupaient une position inférieure à celle des agriculteurs et des artisans - les lettrés et les officiels étant au sommet de la hiérarchie. Il y a donc eu depuis très longtemps cette tendance sous-jacente, dans la « Chine Jaune », à ne pas valoriser le commerce et à vouloir « éradiquer le marchand ». Cette facette de la Chine répugnait également à l’émigration. En effet, l’émigrant était celui qui abandonnait sa terre et qui négligeait ses obligations familiales, ce qui est presque criminel d’un point de vue confucéen.
Cette « Chine Jaune », on la retrouve très bien dans la doctrine communiste, soit dit en passant. Quoiqu’on ait dit contre Confucius dans la Chine de Mao, les pratiques sévères et répressives qui ont caractérisé son régime trahissent encore la persistance des formes extrêmes et puritaines de la doctrine confucéenne. Il se peut même que la dictature des Khmers Rouges, résolument agraire, soi-disant communiste et sans nul doute affiliée par son idéologie au maoïsme, ait été inspirée par les tendances extrêmes de la même tradition. Si on est choqué par la violence de cette idéologie, n’oublions pas que le premier acte de Confucius quand il devint Grand Ministre de la Justice de la principauté de Lu fut d’ordonner une exécution capitale ! On voulait de l’ordre dans les rangs !    
Quant à la « Chine Bleue », c’est celle des explorations maritimes du 15-ème siècle, des provinces côtières et des communautés marchandes tournées vers l’outre-mer. C’est bien encore le pôle vers lequel est attirée la Chine des réformes et de l’ouverture promue par Deng Xiaoping à partir de 1978, avec l’appel aux capitaux des Chinois d’outre-mer.
Les communautés chinoises d’outre-mer ont donc été tour à tour répudiées ou courtisées par la mère patrie. Cette opposition fondamentale entre une « Chine Jaune » et une « Chine Bleue » allait avoir de profondes répercussions sur le développement économique de la Chine comme sur la création des multiples communautés de Chinois d'outre-mer.
On peut s’étonner du fait que la culture chinoise n’ait pas valorisé le commerce. On a souvent à l’esprit l’image de commerçants Chinois qui dans le monde entier font preuve d’un sens remarquable de l’entreprise. Cela ne cadre pas avec la doctrine confucéenne, semblerait-il. Mais sous certains angles, on retrouve quand-même bien des traits confucéens, ne serait-ce que l’éthique du travail que presque tous les Chinois semblent partager. De plus, les Chinois de l’étranger conservent sans aucun doute un sens profond de la famille et de la solidarité communautaire.
C’est tout pour aujourd’hui ! | | | C’est qu’on n’entend pas une mouche voler dans cette « classe » ! Ou bien j’ai des « élèves » particulièrement assidus, plongés dans le plus profond de leurs « études », ou bien ils sont tous partis faire l’école buissonnière ! Tant pis, il faut que je continue le « programme » ! Nous en sommes toujours à l’émigration chinoise...... Boum devrait s’y intéresser, au moins, car c’est bien lui qui s’impatientait de ne pas encore avoir « vu » un seul Chinois quitter la Chine !
Émigrations chinoises jusqu’au début des Ming
Les Chinois ont commencé à émigrer par voie terrestre dès les tous premiers siècles de l’histoire de la Chine. Les Zhou, qui avaient mis un terme aux Shang au 11-ème siècle avant J.C., avaient été particulièrement sévères et martiaux et réprimaient violemment tout écart de conduite   . Les récalcitrants à leur administration rigide durent fuir, et beaucoup le firent vers le sud du Yangtze, « vers les montagnes humides et les côtes peuplées de Taï » (d’après « Les Chinois d’outremer des Tchou à Deng Xia Ping : des origines historiques et géographiques d ‘un phénomène migratoire plus que millénaire », de Pierre-Arnaud Chouvy, paru dans Cybergeo, Journal Européen de Géographie). À mon avis, ayant lu d’autres sources, dire que les Chinois fuyant le nord ont fait pression sur des Taï uniquement, c’est un peu simpliste, car il y avait aussi d’autres peuples dans le sud de la Chine.
Mais la formidable poussée méridionale des populations chinoises commença réellement sous le Premier Empereur Shi Huangdi. Il chassa les brigands et les populations minoritaires méprisées vers la région de Yue, c.à-d. le sud de la Chine. Cette région comprenait entre autres le royaume indépendant de Nanyue, le « Yue du sud ».. Quand Shi Huangdi conquit ce royaume, il le colonisa avec des dizaines de milliers de criminels, de brigands et de marchands (j’ai expliqué dans le passage précédent que les marchands faisaient compagnie aux criminels aux échelons les plus bas de la hiérarchie confucéenne) qui furent forcés de quitter le nord de la Chine avec leurs familles.
Quant aux Chinois hors de Chine, les « Huaqiao » ou les « Nanyang », les Arabes enregistraient aux 7-ème et 8-ème siècles déjà de nombreux marchands Tang qui vivaient avec leurs familles aux embouchures du Tigre et de l’Euphrate. Le marchand Arabe Masuoti (?) visitant Srivijaya en 943 y vit beaucoup de Chinois cultivant les terres, surtout à Palembang (dans l’île de Sumatra). Ces gens s’y étaient installés pour fuir le chaos qui régnait en Chine vers la fin de la dynastie Tang. Souvenez-vous que quand la dynastie Tang sombra en 907 dans le désordre général (voir « Époque Tang (618 à 907 après JC) – IV: Turcs et Proto-Mongols »), les Chinois perdirent beaucoup de territoires au nord, ce qui provoqua des vagues importantes de migration vers le sud, et donc aussi vers l’étranger.
En ce qui concerne l’émigration chinoise vers l’ Asie du sud-est, prenons tout d’abord l’exemple du Cambodge. Les contacts avaient été nombreux entre la Chine et les différents royaumes Khmer, mais il n’y avait que peu de résidents Chinois à Angkor. Cependant, un envoyé de la dynastie Yuan avait remarqué, au tournant des 13-ème et 14-ème siècles, qu’il y avait déjà beaucoup de Chinois au Chenla ( Cambodge). Un siècle après sa fondation en 1434, c.à-.d. au début de la dynastie Ming, Phnom Penh comptait près de 3000 résidents Chinois, surtout des marins et des marchands. Cette immigration était donc essentiellement masculine et les mariages avec des femmes locales étaient nombreux. Une communauté sino-khmère se développait donc dès cette époque. Au Cambodge comme dans d’autres pays de l’ Asie du sud-est, la langue chinoise d’origine a même été oubliée de nos jours dans beaucoup de familles chinoises ou en partie chinoises. C’est donc l’«ethos entrepreneurial » qui est déterminant dans le processus d’identification des Sino-khmer, comme c’est le cas pour les Sino-thaï en Thaïlande. Les Sino-Thaï dont la famille poursuit une ou plusieurs activités commerciales s’identifient et sont identifiés aux Chinois, alors qu’à l’inverse les familles dont les membres ont renoncé au principe de la libre entreprise sont assimilées aux Thaï. Ce raisonnement est d’ailleurs poussé si loin que les Thaï en viennent à penser que ceux d’entre eux qui réussissent bien dans les affaires ont, par nécessité, du sang chinois  ! (« Legs coloniaux et formation de l’Etat dans le monde chinois », de Françoise Mengin; FNSP, FASOPO, Paris).
Au 15-ème siècle, Zheng He, le fameux amiral eunuque du début de la dynastie Ming, nota dans ses livres que de nombreux Chinois vivaient dans l’empire de Majapahit, surtout dans la région de Surabaya à l’est de l’île de Java. Beaucoup étaient originaires de la province de Guangdong, ou de Zhangzhou et Quanzhou, tous deux des districts de la province de Fujian. Ces immigrés en Indonésie venaient donc du sud de la Chine. Il y avait eu un nombre d’expéditions maritimes chinoises vers les îles indonésiennes auparavant, et sans doute il y eut des déserteurs qui s’y installèrent. Zheng He avait aussi remarqué qu’il y avait beaucoup de Chinois sur les côtes de Bornéo. | | | Eh! Mais il n’y a plus que moi sur ce poste ! C’est que j’ai encore pas mal de choses à dire sur les populations d’Asie. Nous n’avons fait que commencer ! Mais ce serait sympa qu’il y ait un peu de réactions de temps en temps, sinon je vais devoir prendre acte d’un vote de non-popularité par absence de votes   , et je vais garder mes histoires pour moi-même ! | | | Bonjour Georges,
je viens chaque jour lire ton post et les messages des intervenants... toujours très interessant et j'apprécie d'en apprendre un peu plus sur le peuple de Chine et d'Asie... Je reste silencieux car je suis bien incapable d'apporter la moindre pierre à ton édifice....  J'espère que d'autres viendront réagir car il est normal que tout narrateur ait besoin de public (moi y compris mais mes histoires n'ont rien à voir avec les voyages)... Amicalement... René | | | À: GeorgesOZ · 29 septembre 2009 à 19:28 · Modifié le 29 sep. 2009 à 19:54 Re: Peuples de la Chine et de l' Asie du Sud-Est Message 208 de 521 · Page 11 de 27 · 1 423 affichages · Partager Salut Georges,
C'est parce que tu nous a pas donné d'image sur cette page, qui est néanmoins tres interressante (comme les 8premieres)    Bon alors je mis colle!!! A+
PS : par contre on en croise beaucoup de nos jours des Chinois, des Coréens et des Japonais a Angkor   Images attachées: Photo postée par le membre RRR. Photo postée par le membre RRR. Photo postée par le membre RRR. Photo postée par le membre RRR. | | | Salut Pierre et René !
Bien content de savoir que vous suivez toujours. Je dois avouer, je sais bien que le poste est parfois plutôt sec. Eh ! Ce n’est pas exactement comme si je revenais de la plage avec quelques jolies photos à montrer ! Merci à Pierre pour avoir illustré Angkor ! 
Mais en parlant de jolies photos, pourquoi ne pas donner quelques autres échantillons de ma collection de belles images tirées des fameux « livres de mariée » de la période Ming ? | | | Émigrations chinoises des Ming aux QingIl faudra revenir plus en détail sur les différents groupes de Chinois d’outremer, les « Huaqiao ». Satisfaisons-nous pour l’instant d’un minimum d’explication quant à leur origine géographique. Sous les Song et les Yuan, Quanzhou avait pris la place de Guangzhou comme port principal de la Chine. Il faut noter que ce sont deux noms complètement différents pour les Chinois : Quan (2) Zhou (1) – Guang (3) Zhou (1). Quanzhou a été pendant de longs siècles la source principale d’émigration des Chinois vers l’ Asie du sud-est et Taiwan. De nos jours encore, l’immense majorité, plus de 90% des Chinois d’outremer provient des régions côtières méridionales de Chine, c.à.d. des provinces du Zhejiang, du Fujian et du Guangdong qui s’étendent du sud de Shanghai jusqu’à pratiquement la frontière avec le Vietnam (voir la carte).
Au lieu de favoriser le commerce extérieur comme l’avaient fait les Yuan avant eux, les Ming au début de leur dynastie le répriment en assimilant le commerce à du trafic illégal ! La peur inspirée par leurs pratiques répressives provoque des émigrations massives vers les côtes de l’ Asie du sud-est. Les Ming en arrivent à assimiler l’émigration à un acte criminel ! Sous les Ming (comme sous les Qing après eux), l’émigration est passible de la peine de mort et la cour peut demander l’extradition des Chinois installés durablement outremer !   
Cependant, les Ming légalisent en 1567 le commerce entre les provinces méridionales du Fujian et du Guangdong et l' Asie du Sud-Est. Peut-être reconnaissent-ils enfin les bienfaits qu’ils tirent du commerce avec l’étranger ? C’est effectivement l’époque à laquelle les Européens importent des cultures d’origine américaine qui transforment l’agriculture chinoise. Le commerce maritime se développe sans frein, surtout grâce aux Hokkien du Fujian. L'émigration chinoise s'en trouve facilitée. Par ailleurs, la population chinoise connaît une croissance importante à cette époque, résultant d’une agriculture plus riche, résultant elle-même de l’introduction des plantes américaines, Cela cause un surplus démographique. C’est une tendance naturelle d’exporter ses surplus, et donc dans ce cas... des gens ! Au milieu du 17-ème siècle, la population chinoise de villes comme Banten et Batavia en Indonésie est estimée entre 3 et 5 000 individus, semblable par exemple à celle d’Ayutthaya au Siam (l'actuelle Thaïlande) ou de Hoi An au Vietnam.
Comme sous les Ming, l’émigrant est pour les Manchu de la dynastie Qing celui qui abandonne sa terre et qui néglige ses obligations familiales, ce qui est fondamentalement condamnable d’un point de vue confucéen. Les Qing interdissent aux Chinois de s’émigrer et de commercer à l’étranger. Ils veulent aussi empêcher les derniers supporteurs des Ming d’y établir des bases. Mais leurs décrets sont largement ignorés. Au début de leur dynastie, les Qing adoptent une politique de « terre brûlée » de 1662 à 1681 pour combattre le fameux pirate Koxinga qui écume les côtes du sud et finit par se mettre au service de la cause Ming. Ils vident une partie des côtes de leurs populations pour que Koxinga ne puisse y trouver du ravitaillement. Ce faisant, ils condamnent des centaines de milliers de familles à l’errance et ruinent l’économie de régions entières. Par conséquent, le nombre de Chinois qui choisissent l’émigration augmente considérablement. On se rend compte à quel point les Chinois Han ont dû détester les Manchu qui avaient mis le grappin sur leur pays !  
Enfin, une émigration massive dans le monde entier - une véritable diaspora - a lieu au 19-ème siècle, causée par les guerres et la famine qui sévissent en Chine. La plupart des émigrés sont des illettrés, des paysans peu éduqués et des travailleurs manuels. Ils sont connus sous le nom de « coolies » (“travail forcé”). Mais il y a aussi des raisons externes à cette émigration. Elle devient importante après l’abolition de l’esclavage dans les colonies européennes. Faisant face à un manque de main d’œuvre, les colonisateurs européens cherchent à remplacer les esclaves africains par des travailleurs à gages chinois et indiens. Un planteur de la Guyane Britannique disait par exemple apprécier « le physique solide et le passé misérable qui donne tant d’ardeur au travail à la main d’œuvre chinoise ». Bonjour l’exploitation de la sueur humaine!  On promet souvent une bonne paye et de bonnes conditions de travail aux hommes qui signent pour plusieurs années, mais la réalité est presque toujours bien autre ! Beaucoup meurent déjà en route vers des destinations telles que l’ Afrique du Sud ou l’ Amérique du Sud, à cause des mauvaises conditions de transport. Une fois arrivés à destination, on les trompe souvent sur leurs salaires et il leur est impossible de retourner dans leur pays au terme de leurs contrats.
Mon prochain petit chapitre sera dédié à l’émigration chinoise aux Etats-Unis, ce qui fera plaisir à notre ami Olivier (Boumbastic) et aux autres adeptes de Lucky Luke. Image attachée: | | | Eh! Mais il n’y a plus que moi sur ce poste ! C’est que j’ai encore pas mal de choses à dire sur les populations d’Asie. Nous n’avons fait que commencer ! Mais ce serait sympa qu’il y ait un peu de réactions de temps en temps, sinon je vais devoir prendre acte d’un vote de non-popularité par absence de votes, et je vais garder mes histoires pour moi-même !
Shanti Georges... 
Pas évident d’intervenir tu sais. Cela dit je comprends ta frustration d’avoir l’impression de poster dans le vide. J'ai hésité à intervenir lorsque tu as évoqué Taiwan, le message de Pelenalaka sur le passé instrumentalisé m'a lui aussi vivement intéressée. J’avais rédigé une réponse mais je la trouvais tellement hors sujet et surtout tellement polémique que j’ai préféré ne pas la poster. Bref...
Une petite info qui te fera sûrement plaisir. Je m'envole pour l’Asie la semaine prochaine. Après avoir modifié x fois mon itinéraire j'avais finalement opté pour un circuit qui m'emmènerait au Cambodge tout d'abord, au Vietnam puis au Laos et enfin en Birmanie. A lire tes textes je ressentais cependant comme un petit pincement. Et la Chine ? Ben oui, on ne se refait pas  . L’idée d’un petit détour était plus que tentante, j’avais juste une frontière à traverser, mais pour ce faire il m’aurait fallu réduire le temps imparti aux autres pays, ça n’était pas trop jouable. Je me suis néanmoins mise à douter. Chaque jour un peu plus. J’y vais ? Je n’y vais pas ? Jusqu'à ce matin où j'ai lu le message de Tokara (message 132). J'ai regardé le film sur les maisons hakka du Fujian (je connais des Hakka drôlement sympas à Taipei). Le Fujian... depuis le temps que j’avais envie d’y aller (inclus dans le circuit n°2 établi il y a quelques mois). Et toi qui en parlais si souvent. Ca a fait déclic : évidemment que j’allais y aller ! J'ai révisé mon itinéraire dans la journée, je te promets que je ne plaisante pas. Au final je zappe le Vietnam, ça sera pour une autre fois, je vais au Fujian à la place avec peut-être un saut dans le Zhejiang je ne sais pas encore. Comme quoi, non seulement ta discussion est lue mais dans mon cas elle a même des incidences directes sur mes « vacances ». | | | Je m'envole pour l’Asie la semaine prochaine..... Au final je zappe le Vietnam, ça sera pour une autre fois, je vais au Fujian à la place avec peut-être un saut dans le Zhejiang je ne sais pas encore. Comme quoi, non seulement ta discussion est lue mais dans mon cas elle a même des incidences directes sur mes « vacances ».
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Je découvre donc les pouvoirs d’influence que j’exerce sur mes confrères et consœurs de VF ! Non, je plaisante  ! C’est sympa que tu aies trouvé de nouvelles motivations pour visiter certains coins de cette bonne vieille Asie, mais comme elle est infinie, décider où aller est toujours un choix difficile. Sais-tu que je n’ai été que deux fois en Chine ? Je suis jaloux de toi    . C’est que j’aimerais bien y aller, moi, au Fujian et au Zhejiang, puis redescendre et me rapprocher des « terrains » que j’ai déjà « reconnus » (oh ! légèrement !) en Asie du sud-est !
Mais je ne peux pas me plaindre. Dans 4 jours, je suis en route pour le Népal, en passant par Jakarta puis Bangkok. Je ne sais pas sur quel pied danser de joie, de retourner dans ces coins (à part Jakarta, mais là c’est professionnel) que j’aime tellement !  
Je continue en attendant de « potasser » mon sujet. J’ai des pistes à suivre. Il va falloir que j’introduise les grands groupes linguistiques de la région, par exemple, car sans un minimum de repères linguistiques (sans avoir besoin de connaître les langues, je ne veux pas effaroucher mon public !) on est complètement perdu quand on aborde les peuples de l’ Asie du sud-est ! | | | Salut Georges,
Ne t'inquiètes je continue a suivre même si je ne manifeste pas. Tu n'as pas besoin de m'appater avec des BD, il y a deja beaucoup d'images    même si parfois les "bulles" sont un longues et laborieuses a lire 
Mon prochain petit chapitre sera dédié à l’émigration chinoise aux Etats-Unis, ce qui fera plaisir à notre ami Olivier (Boumbastic) et aux autres adeptes de Lucky Luke.  | | |  Salut Boumba,
Ne t'inquiètes je continue a suivre même si je ne manifeste pas. Tu n'as pas besoin de m'appater avec des BD, il y a deja beaucoup d'images   même si parfois les "bulles" sont un longues et laborieuses a lire 
Oui mais en fait tu suits que pour les images de Georges!!!  Je te connais look ling!!!
A+ | | | Oui mais en fait tu suits que pour les images de Georges!!!  Je te connais look ling!!! - --
lôok ling sài wâen dtaa!
On se demande bien pourquoi il se met ces belles lunettes, si ce n’est pour mieux voir les images ! | | | Les émigrations chinoises vers les Etats-Unis au 19-ème siècle
Les premiers Chinois arrivent aux Etats-Unis vers 1820. Tout d’abord, peu de Chinois vont en Amérique, surtout des marchands, des étudiants, des marins. Mais la pauvresse qui sévit en Chine pendant la période troublée du milieu et de la deuxième moitié du 19-ème siècle, avec les deux guerres de l’opium et la révolte des Taiping, pousse des millions de Chinois à l’exode. La plupart vont vers l’ Asie du sud-est, mais quelques milliers, surtout de la province de Guangdong, vont en Californie pour faire fortune pendant la ruée vers l ‘or de 1849. Les Chinois appellent la Californie « la montagne d’or » ! Les Chinois émigrent aussi aux États-Unis pour travailler à la construction de la première voie ferrée transcontinentale, dans les plantations du sud après la guerre civile, et dans l’agriculture et la pêche en Californie. Ce sont surtout des hommes et de bons travailleurs. Ils fournissent la majeure partie de la main d’œuvre nécessaire pour construire les sections difficiles de la Central Pacific Railroad à travers les montagnes de la Sierra Nevada et à travers le Nevada, souvent dans des conditions climatiques extrêmes. Bien sûr, on leur donne les travaux les plus pénibles et ils sont moins bien payés que les blancs. Inutile de dire que beaucoup y perdent leur vie.
En 1851, on compte 2716 Chinois aux États-Unis. Le rapport homme/femme parmi les Chinois immigrés est de 1685 pour une en Californie en 1852, 2% en 1855, et atteint à peine 5% en 1890 ! La prostitution devient rampante et le marché du sexe devient très lucratif dans la communauté chinoise. D’après les documents américains de 1870, 61% des 3536 Chinoises en Californie sont des prostituées. Du début de la ruée vers l’or jusqu’à 1882, quelques 300, 000 Chinois arrivent aux États-Unis.
Les Chinois sont victime du racisme des blancs. Il y a des massacres vers 1870, et les Chinois se trouvent forcés de se concentrer dans les fameuses Chinatowns. Ils n’ont pas le droit de se marier avec des blanches et ne peuvent pas acquérir la citoyenneté américaine. À cause du racisme et des difficultés énormes qu’ils ont à s’adapter à la culture américaine, ils s’intègrent très peu dans la société américaine. Cela les mène à former des associations et des sociétés de coopération et d’entre aide pour survivre. Beaucoup de ces associations continuent à fonctionner jusque longtemps au 20-ème siècle.
Pour commencer, les Chinois ne sont pas aidés par leur apparence étrange. Parce qu’ils essayent de retourner autant que possible en Chine (il n’est pas certain combien y arrivent effectivement !), ils ne peuvent pas couper la natte mandchoue qu’ils haïssent et qu’ils doivent continuer à porter en signe d’allégeance à l’empereur Manchu, sous peine de mort. 
J’en profite pour faire une digression (vous me connaissez !). Je suis sûr que comme moi vous vous êtes souvent posé la question, en regardant un de ces films chinois, à quelle époque l’histoire peut bien se dérouler. Il suffit de se rappeler cette natte mandchoue et il est immédiatement évident que, par exemple, l’histoire du film très connu « Tigre et Dragon » (« Crouching Tiger, Hidden Dragon »), se situe à l’époque Qing (en fait sous le règne de l’empereur Qianlong). Et moi qui parfois trouve le Mandarin un peu rêche à l’oreille, je dois le dire : quel superbe Mandarin on parle dans ce film ! Même avec mes notions très rudimentaires, j’arrive à capter quelques petites phrases, : « wo (3) bu (4) zhi (1) dao (neutre)! », « Je ne sais pas ! », dit Shu Lien (Michelle Yeoh) à Seigneur Te quand il lui suggère qu’il y a des sentiments profonds et inavoués entre elle et Li Mu Bai ! Et plus loin, « Ta (1) shi (4) wo (3) de (neutre)! », « Elle est à moi ! », ou « Laissez-la-moi ! », dit le bandit Lo quand ses hommes sont sur le point de se ruer sur Jen (Zhang Zhiyi - mignonne à croquer!). Plus tard, Jen dit à Lo qu’elle est Manchu.... Et Lo, hors-la-loi, ne porte bien sûr pas la natte mandchoue!
Revenons aux États-Unis. En plus du mépris que les Blancs ont pour les autres races, il y a aussi un problème de jalousie. Les prospecteurs d’or Chinois, par exemple, arrivent à trouver de l’or sur les sites abandonnés par les Blancs. Héritiers de l’enseignement du confucianisme, les Chinois ont une éthique du travail, de l’épargne et de la solidarité familiale et communautaire. En plus, ils ont un sens développé de l’organisation. Tout cela leur permet de réussir là où les autres perdent courage et échouent. La position des Chinois se trouve aggravée par la décision prise en 1854 par la Cour Suprême de Californie de ne pas leur permettre de témoigner contre des citoyens Blancs, y compris dans des cas de meurtres. Cette décision est prise sur la base de l’opinion publique que « les Chinois sont une race de gens naturellement inférieurs, incapables de progrès ou de développement intellectuel au-delà d’un certain degré, comme leur histoire l’a démontré. Ils diffèrent par le langage, leurs opinions, la couleur, leur physique. Il y a entre eux et nous une différence insurmontable », et de ce fait « ils n’ont pas le droit de faire perdre la vie à un citoyen par leur témoignage ». Par conséquent, les crimes commis contre les Chinois ne peuvent plus être poursuivis en justice ! Cela bien entendu cause une augmentation de la violence raciste, et des émeutes sont menées contre les Chinois, par exemple à San Francisco en 1877. Il est difficile de trouver une démonstration plus fragrante et plus puante de racisme pur et dur   , et ce n’est pas à l’honneur d’un pays qui se proclame haut et fort dans le monde entier comme porteur du flambeau de la liberté universelle!
Pour donner une idée numérique de cette émigration vers les Etats-Unis, j’ai fait un petit graphe à partir des estimations et recensements américains, de 1840 à nos jours. Notez que j’ai dû multiplier les Chinois par 10 pour qu’on puisse mieux les voir sur le graphe (échelle de droite). Leur immigration aux Etats-Unis n’est véritablement importante qu’après la deuxième Guerre Mondiale. Ce n’est par exemple qu’entre 1970 et 1980 que leur nombre a dépassé 500, 000.
La photo (San Francisco, 1910) donne l’image classique du « Fils du Ciel » Chinois aux Etats-Unis. On retrouve bien la caricature des bandes dessinées de Lucky Luke. Images attachées: | | | Eh! Mais il n’y a plus que moi sur ce poste !
Fishing for compliments ?
Danielle | | | Pas vraiment Danielle, mais comme l’a reconnu René, c’est sécurisant de savoir qu’il y a « quelqu’un dans la salle ». Je l’ai déjà dit, je fais mes petites études pour mon propre plaisir pour commencer, donc je continuerai quoi qu’il arrive. Mais c’est motivant d’avoir un forum sur lequel livrer mes notes et mes réflexions. Et malgré les nombreuses assurances que j’ai recues - merci à vous tous : toi pour commencer, Henri, René, Catherine, tokala ou tokara (?), Marie, Olivier, Pierre, geob, bouchon78800, pachot, Bernard et DOM151, de m’avoir apporté vos réponses ; et merci aussi à mes lecteurs silencieux (j’espère qu’il y en a quelques uns !) – malgré ces assurances, donc, je me demande parfois si je ne me retrouve pas tout seul à déblatérer vainement sur mon podium   ! Mes doutes sont légitimes, je sais très bien que VF est avant tout un lieu d’échanges de vues et d’informations sur les aspects logistiques et bassement matérialistes du voyage, pour ne pas dire tourisme (je n'ai rien contre). J’imagine très bien que même les forumistes un peu plus « pointus » et ayant un intérêt pour les pays et les cultures qu’ils ont visités ou veulent visiter, puissent se lasser à la longue de ce qui est devenu un véritable marathon intellectuel !
Mon point de vue :
- Ceux qui veulent savoir où trouver un logis propre et pas cher sur une jolie plage ;
- Ceux qui veulent savoir comment aller de A à B le plus vite et le moins cher, ou le plus confortablement ;
- Ceux qui veulent savoir quels sites archéologiques valent le déplacement, quels restaurants et quels bars sont « incontournables » (j’ai une sainte horreur de ce genre d’expression);
Tous ceux-là trouveront ce genre d’informations un peu partout.
Mais ceux qui voudront chercher un peu plus loin et essayer de plonger un peu dans « l’âme » des pays et des cultures qu’ils visitent, je veux dire par là qui visent un peu plus haut que l’amateurisme, auront souvent du mal à trouver l’information qu’ils recherchent. Je fais partie de ce dernier lot (sans cracher sur les plages, les sites connus, les restaurants ni les bars, oh ! loin de là !). Je fais mes recherches, et j’en fais part à d’autres - vous. Comme je ne vous « vois » pas, sur le forum, j’aime bien vous « entendre » ! | | | Merci Georges pour tes histoires passionnantes, surtout n'arrêtes pas Images attachées: | | | Hahaha! En parlant de singe, là tu nous as gâtés ! Elles sont plus mignonnes que ton avatar ! | Discussions similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 10 511 visiteurs en ligne depuis une heure! |