Je crois que j’ai perdu mon fil, celui-ci est devenu autonome et a pris de nouvelles directions, sur les changements de cabines et sur les conditions générales des ventes...

Je ne sais pas si certains suivent encore le compte-rendu des escales (c’est de ma faute aussi, la rédaction prend du temps et j’ai repris le boulot, chaque compte-rendu d'escale me prend une soirée à finaliser...). Au cas où, je continue malgré tout...

Mercredi 6 juin 2012 – Tunis
Il est 6h50, le Fantasia arrive dans le port de
Tunis.
Nous prenons notre temps. La veille nous sommes revenus très fatigués de notre escale à
Palerme. Trop de marche dans le bateau, trop de marche à terre... une pause est nécessaire.
Pendant que je me prépare, Monsieur Glacerine va faire un tour sur les ponts. Il croise en chemin la jeune femme à la pièce, celle que nous avons rencontrée hier à
Palerme dans la file d’attente du Palazzo di Normanni. Elle lui demande de me saluer de sa part.
La veille au soir nous en avions déjà parlé au repas : à
Tunis nous avions prévu de prendre le train TGM et de marcher, mais au regard de la fatigue accumulée... nous prendrons un taxi.
Nous prenons notre petit déjeuner à la cafétéria. À travers la baie vitrée, j’observe les départs des groupes des excursionnistes. Je tente d’apercevoir Pascal et Sandrine dans les groupes, mais nous sommes au 14ème étage et moi je suis myope comme une taupe... Autant essayer d'identifier une fourmi dans la fourmilière...
Nos voisins de table, Martine et Christian, nous ont aperçus et nous rejoignent au cours du petit déjeuner. Je leur propose de partager le taxi... ça tombe bien, ils n’attendaient que ça.
Nous nous donnons rendez-vous à la sortie du bateau vers 9h30. Nous n’avons pas très envie de nous embarrasser à négocier à l’arrache à la sortie du port, nous faisons donc le choix d’un taxi conventionné à l’intérieur du terminal. Après nous être concertés, nous prenons le circuit Carthage/Sidi Bou Saïd : 40 euros non négociables, ça nous revient à 10 euros chacun, ça nous convient.
Nous arrivons au 1er site, celui des vestiges d’un amphitéâtre romain. L’entrée couplée sur l’ensemble des sites coûte 5 euros.
Bon, pour être honnête, les ruines... sont vraiment... en ruine...
Il n’y a pas grand-chose à voir sur cet amphitéâtre mais nous prenons notre temps pour en faire le tour.
Un tunisien qui vend des cartes postales nous rejoint et joue au guide improvisé. Ici, l’allée qui permettait aux gladiateurs de rentrer dans l’arène. Là, ce qu’il reste de la fosse aux lions. Quant aux gradins, il n’en reste rien... Il faut un sacrée imagination pour reconnaître un amphithéâtre romain dans les pierres qui s’éparpillent sur le sol.
Ici j’en profite pour ouvrir une parenthèse post-croisière. Au départ nous avions prévu d’aller à la Médina, pas à Carthage que je n’avais pas du tout préparé... Grave erreur... Sinon nous aurions ciblé nos points de chute.
A mon humble avis, nous nous sommes un peu faits avoir sur la visite des sites. Ou bien peut-être avons-nous passé trop de temps sur la visite du 1er site et notre taxi aura préféré couper court. Comme nous étions de parfaits touristes (très ignorants), ce n’est qu’après être rentrée que je me suis rendue compte qu’il nous a un peu baladé là où il voulait, pas forcément là où c’était – pour nous – le plus intéressant... Mais chuuut... ça reste entre nous... Monsieur Glacerine a apprécié la balade, donc inutile de le décevoir après coup...
Malgré tout le soleil est éclatant, le site est complètement désert et incroyablement paisible. Nous apprécions de flâner ainsi. Notre guide d’un jour me fait sourire, il nous désigne chaque morceau de pierre. C’est d’époque ! Et ça c’est d’époque ! Il ramasse un tesson de poterie sur le sol. Regarde, ça aussi c’est d’époque ! C’est sûr.
Notre taxi nous emmène ensuite au musée de Carthage. Le musée est entouré de vestiges puniques et romains. Nous n’entrons pas dans le musée (je suppose que nous aurions pu avec nos entrées) mais nous profitons surtout de la vue depuis le sommet de la colline. Au loin, la mer. Nous distinguons nettement le Fantasia qui domine la ville et le port.
Quelques statues sont décapitées et il leur manque les bras. Je grimpe derrière l’une d’elles et je pose pour Monsieur Glacerine, tête au-dessus du cou de la statue en faisant coucou des deux mains. D’autres touristes décident de faire la queue derrière moi pour m’imiter.
Si nous avions été plus avertis, nous aurions sans doute visité le musée. Mais ne connaissant pas le parcours, nous ne savons pas de combien de temps nous disposons... Mais nous passons un agréable moment.
Nous ressortons pour retrouver notre taxi. Après une pause photos devant l’ancien port punique, nous arrivons aux thermes d’Antonin.
Devant l’entrée, des vendeurs à l’étalage. Monsieur Glacerine regarde rapidement une petite statuette en bronze. Bof bof. Le vendeur nous propose des mosaïques, il nous désigne celles avec des chameaux, pile poil celles que je trouve les plus moches. Il insiste mais je refuse poliment.
J’ai repéré des toilettes, je fais signe à Monsieur Glacerine pour lui signaler que je reviens dans quelques minutes. En ressortant, je vois que Monsieur Glacerine porte un sac en plastique à la main.
Profitant de mon absence, le marchand a réussi à lui refiler la statuette et la mosaïque aux chameaux. Le tout pour 20 euros. Je grogne, ça me paraît quand même excessif... Mais pourquoi justement la mosaïque la plus moche et pas celle avec l’olivier, qui était plus jolie ? En fait le marchand n’a pas donné le choix à Monsieur Glacerine, qui s’est senti obligé de prendre celle qui lui a été désignée. Hum hum. Très forts ces tunisiens. Mon humeur est assombrie.
Puis nous faisons le tour du site, et ma grogne s’estompe. Il ne reste pas grand chose des ruines de Carthage, mais la balade est fort agréable. Il fait un temps magnifique.
En ressortant Martine marchande deux mosaïques représentant des oliviers. Elle m’en offre une, pour compenser ma déception de tout à l’heure. Je la remercie, touchée.
Quelques pas plus loin, une boutique aux tarifs affichés. La mosaïque est vendue 5 euros, soit 5 fois moins que le prix de départ annoncé par le marchand. On se console comme on peut, nos mosaïques sont, peut-être ? de meilleure qualité... Plus sûrement, je me console en me disant qu’au moins, nous aurons fait vivre un peu l’économie locale.
Le taxi nous emmène ensuite à Sidi Bou Saïd, un ancien village de pêcheurs aux jolis volets bleus. Le village resplendit de blanc et de lumière.
En bas de la rue, un gamin tente de nous mettre une fleur de jasmin dans la main. Ça avait déjà été le cas en sortant du bateau. C’est gratuit ! C’est gratuit ! Nous lui répondons non en souriant, il insiste, nous repoussons sa main gentiment, mais il réussit quand-même à nous la coller dans la main. Combien tu me donnes ? Tu ne nous as pas dit que c’était gratuit ? Oui mais combien tu me donnes ? Ahhh.. Le choc des cultures... Martine est un peu agacée, elle lui tend la fleur de jasmin pour la lui rendre. Le gamin insiste pour la lui laisser. Peut-être que tu me donneras quelque chose tout à l’heure ? Il a de la suite dans les idées...
Au bout de la rue, nous arrivons aux pieds du café des nattes. Martine s’arrête pour regarder l’étalage d’un commerçant, qui l’invite à visiter sa maison. Nous savons bien que c’est une manière de nous attirer dans la boutique, mais nous lui emboîtons le pas, curieux.
L’intérieur est typique des maisons tunisiennes, tapissé de mosaïques, agencé atour d’une cour intérieure. Le propriétaire nous entraîne sur le toit qui offre, assure-t-il, la plus belle vue de Sidi Bou Saïd. Dociles et disciplinés, nous approuvons de la tête. Superbe vue en effet sur les antennes paraboliques des toits avoisinants.
Le commerçant nous invite ensuite à repasser par la boutique, mais rien ne nous attire vraiment. Il n’insiste pas.
En ressortant je me fais bousculer. D’une main douce, assurée et ferme, l’homme esquisse un geste pour soulever le rabat de mon sac en bandoulière. Le geste n’a absolument rien à voir avec celui de quelqu’un qui se rattrape après une bousculade. Mais au même moment, j’ai reposé la main sur le bord du sac, ce qui m’a permis de prévenir la tentative.
De toute manière il n’aurait pas trouvé grand-chose : un carnet de notes, des lunettes, de la crème solaire... À chaque escale, j’ai pris soin de laisser ma carte bancaire et mes papiers dans le coffre, n’emportant que de la menue monnaie et le strict nécessaire dans les poches avant de mon jean.
Je me retourne vers Martine pour l’inciter à rester prudente, car elle porte à l’épaule un sac contenant toutes ses affaires. Un commerçant m’entend et se met à crier : Elle ment ! Elle ment ! La dame est une menteuse ! En
Tunisie il n’y a pas de voleurs ! N’écoutez pas la dame, elle ment ! C’est une menteuse ! Elle ment !
Je suis un peu surprise – après tout je n’ai pas crié au voleur, j’ai juste prévenu mon amie à côté de moi. J’aborde calmement le commerçant pour lui indiquer que j’ai senti le geste, que je suis sûre de moi. Je n’ai jamais dit que les tunisiens étaient des voleurs. Je rajoute que ça aurait pu arriver chez moi, en
France ou dans n’importe quel autre pays. Encore un peu agité, le commerçant finit malgré tout par se calmer.
Alertés par le bruit, nos hommes rebroussent chemin. Martine et moi les rassurons rapidement.
Tout cela ne m’a aucunement perturbée, après tout il ne s’est finalement rien passé. Mais l’incident a un peu assombri Monsieur Glacerine.
Nous dépassons le café des nattes en continuant tout droit. Plus loin, nous accédons au café des délices. Enfin... il ne s’appelle pas véritablement comme cela (même si un panneau à l’entrée semble le contredire) ; mais c’est sous ce nom qu’il a été rendu célèbre grâce à une chanson de Patrick Bruel.
Nous entrons, pour nous installer - une volée de marches plus bas - sous une tonnelle, face à la mer. La vue sur la baie est fantastique. Nous retrouvons au loin le Fantasia qui domine toujours le port de sa masse imposante.
Nous croisons nos deux autres voisins de table, qui sont venus jusqu’ici par le train TGM, comme Monsieur Glacerine et moi-même nous l’étions proposés initialement. Ils viennent de Carthage, ont fait une pause à Sidi Bou Saïd et repartent à présent vers
Tunis. Ils voyagent avec d’autres passagers qui possédaient déjà des dinars (les euros ne sont pas acceptés pour le TGM). Je m’étais déjà renseignée, il n’y a plus de bureau de change ni de distributeur dans le port, mais sur le Fantasia un bureau de change est disponible au service comptabilité.
Ils me confirment que le TGM est facile d’accès depuis le port (il faut sortir depuis le village commercial, traverser le parking des taxis et des bus, et à l’autre bout – derrière un grillage fermé d’une petite porte – se trouve la guérite de la gare TGM, arrêt Le Bac). Le billet en seconde classe coûte entre 50 et 100 millimes (moins de 50 centimes d'euros), les voitures en seconde classe sont bondées mais nos deux jeunes voisins ont remarqué que les 1ères classes sont absolument vides. Ils conseillent de payer quelques millimes de plus pour voyager plutôt en 1ère classe. La différence de prix, ramenée en euros, est à peine perceptible, et le prix du billet reste dérisoire.
Avant de partir, ils nous conseillent également d’insister pour avoir la carte du café où nous sommes, et de vérifier les prix avant de commander. En
Tunisie un thé à la menthe coûte une poignée de millimes, mais le patron a voulu le leur facturer à 2,50 euros.
Les serveurs prennent leur temps, ici les rythmes sont différents. Nous obtenons la carte en dinars. Christian et moi optons pour un cocktail de fruits frais maison à 7500 millimes. Ici les tarifs sont adaptés aux touristes, pas très éloignés de ceux pratiqués en Europe. Le serveur nous en demande 4 euros. Je fais un calcul rapide, la conversion est arrondie à l’euro supérieur mais ça ne nous semble pas trop excessif. Nous commandons.
Le cocktail de fruits frais est absolument divin. Je savoure pleinement cet instant en profitant de la vue magnifique.
Un vieux tunisien nous accoste, un bébé faucon posé sur son bras. Il nous baratine une petite histoire gentille. Fais une photo, fais un vœu, c’est porte-bonheur ! Nous nous prêtons au jeu puis le remercions de quelques euros. Monsieur Glacerine a finalement oublié l’incident de tout à l’heure.
Nous revenons sur nos pas pour rejoindre notre taxi. En chemin nous repassons devant le gamin aux fleurs de jasmin. Il se souvient bien de nous et nous interpelle en souriant, sans insister davantage cette fois.
Le taxi nous dépose devant les grandes citernes de la
Malaga pour une derrière série de photos. Puis il nous demande ce que nous souhaitons faire.
N’ayant aucune idée de ce qu’il y avait vraiment à voir, et pensant avoir terminé notre visite, nous lui demandons de nous ramener au port. Le forfait taxi du port était de 5 heures maxi, nous l’avons utilisé un peu plus de 4 heures. Malgré tout nous sommes contents de notre balade, et nous remercions notre homme d’un pourboire.
Dernier aparté post-croisière : avant de partir, il peut être utile de visiter le site de la ville de Carthage :
www.commune-carthage.gov.tn/...srub=261&rub...
, afin d’identifier par avance les sites de Carthage à visiter. Pour notre part, nous aurions évité l’amphitéâtre et nous lui aurions préféré le théâtre romain, un peu mieux préservé (ce sont deux sites différents). Ou le quartier des villas romaines. Cela dit nous avons passé un moment fort agréable, donc je ne me plains pas !
En ressortant du village commercial, nous croisons de nouveau la jeune femme à la pièce. Nous échangeons quelques mots sur le hasard des rencontres et sur l’escale de
Tunis.
À l’entrée du bateau se trouvent des dromadaires et des porteurs de faucons. Je me laisse tenter par une photo à dos de dromadaire. C’est 5 euros la photo. Un petit tour de dromadaire pour moi, un autre pour Monsieur Glacerine. Nous obtenons une très jolie photo de Monsieur Glacerine, joue à joue avec un dromadaire tout sourire coiffé de la casquette de Monsieur.
Nous nous sommes bien amusés. Bizarrement le propriétaire du dromadaire semble avoir oubliés nos euros, et il est reparti s’occuper d’un autre couple. Nous attendons quelques instants, puis nous allons à sa rencontre pour le régler ; après tout nous avons accepté le tarif, nous avons acheté un service, et en plus nous avons apprécié ce moment. Il se rend compte que nous sommes revenus exprès et nous tape dans la main pour nous remercier.
Nous rentrons sur le bateau. Il est encore tôt et la visite en taxi nous a agréablement reposés. Nous allons prendre un verre puis allons admirer le départ depuis le pont promenade.
Après une bonne douche (il a fait chaud aujourd’hui !), nous allons flâner longuement sur les ponts avant d’aller manger. Ce soir au théâtre, le spectacle (StarWalker) est en hommage à Mickaël Jackson. Comme d’habitude nous nous sommes placés au niveau inférieur, en haut vers le milieu. Et pour une fois ce n’est pas une bonne place. La musique est forte, nous prenons les lazers et les stroboscopes dans les yeux, c’est assez pénible et nous en ressortons avec une impression d’agitation pas très agréable. Nos jeunes voisins de table, qui étaient assis dans les premiers rangs, ont quant à eux pleinement apprécié le spectacle.
En sortant par le casino, nous croisons Martine et Christian. Christian apprécie l’endroit, pour son ambiance et surtout pour fumer tout à son aise. Nous nous arrêtons prendre un verre. Nous avons passé une agréable journée avec eux, à présent nous apprenons à mieux nous connaître. Demain c’est le jour de navigation en mer, nous convenons de nous retrouver à midi à l’entrée du restaurant.
Ce soir nous prenons notre temps, demain nous pourrons continuer à nous reposer tout à notre aise.
Après un dernier tour dans les salons, nous allons danser à l’Aquapark que nous préférons à la discothèque, définitivement trop bruyante. Sur le pont 14 nous croisons Pascal, enchanté de l'excursion officielle à Carthage. Une bien agréable journée... Nous rejoignons notre cabine à 1h30, fatigués et heureux.