Vendredi 8 juin 2012 – Barcelone
Aujourd’hui c’est notre dernier jour sur le bateau. Ça fait un peu bizarre...
Comme convenu nous retrouvons Martine et Christian au petit déjeuner, puis nous descendons du bateau. Pour la première fois depuis le début du séjour, nous descendons en même temps que la foule de passagers. Une file d’attente s’est formée à la sortie, mais cela avance assez vite.
Nous sortons par le terminal B. On sent qu’il s’agit d’un port d’embarquement et de débarquement important, l’organisation ici est maximale. Nous passons devant des tapis roulants pour les bagages. Affichage électronique aux guichets d’enregistrements. Tiens, j’aperçois un guichet spécial pour les membres du Yacht Club. Je n’en avais pas vu jusqu’ici. Tout est parfaitement indiqué. Je n’ai pas eu cette même impression d'organisation dans les autres ports d’escales.
La navette bleue des bus de ville est stationnée juste à la sortie du terminal. Là encore il y a beaucoup de monde. Pascal et Sandrine sont déjà installés à l’avant, ils ont dû sortir du bateau un peu avant nous. Les passagers s’entassent dans le bus, les portes se ferment juste devant nous.
Un autre bus de ville prend immédiatement la relève. Organisation impeccable, vraiment. Monsieur Glacerine règle les tickets, deux fois 3,50 euros, soit 7 euros l’aller-retour. Il me dit que c’est à peine moins cher que la navette MSC à 8 euros l’aller-retour. Je lui fais remarquer que le prix de MSC est par personne, alors que là il a payé 7 euros pour deux...
Le bus de la ville nous dépose quelques kilomètres plus loin, au pied de la colonne de Christophe Colomb. Au même endroit que la navette MSC, nous avons bien fait.
La place est grande, encadrée de bâtiments magnifiquement ouvragés. En traversant la rue, nous sommes aux pieds des Ramblas. Nous tournons le dos au port : quelques mètres plus loin, nous trouvons l’entrée du métro.
Le billet individuel est à deux euros, le billet de 10 trajets est à 9 euros. Avec Martine et Christian, nous sommes 4, le calcul est vite fait. Nous optons pour les 10 trajets.
L'automate nous délivre un seul ticket pour 10 trajets, nous sommes déconcertés. Pouvons-nous l’utiliser à plusieurs ? Un peu plus loin nous avisons un employé près d’une guérite. Dans mon anglais très incertain, je lui demande comment utiliser ce curieux ticket. Il me montre : une 1ère personne insère le ticket, les portes s’ouvrent. La personne pose le ticket sur le portique avant de passer. La 2ème personne prend le ticket, et procède de même. Et ainsi de suite. Nous aurions pu y penser...

Le métro est moderne, avec ses voitures automatiques et ses tapis roulants. Tout est parfaitement indiqué, facile à suivre. J’ai repéré les stations avant de partir, et je me dirige sans hésiter dans les couloirs. Peu habitués aux déplacements en transports en commun, Monsieur Glacerine, Martine et Christian suivent, totalement impressionnés

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Nous sortons à la Sagrada Familia, la basilique en construction, monument emblématique de
Barcelone. Je ne sais pas pourquoi, je m’attendais à quelque chose d'absolument gigantesque... La basilique est de taille absolument normale, du coup je la trouve même petite !

Nous faisons le tour. La file d’attente des visiteurs s’allonge sur au moins une cinquantaine de mètre, sans doute plus, et s’étire sur les côtés. Mais nous avons seulement prévu une visite extérieure.
Nous nous installons dans un square pour prendre un verre face à la basilique.
Barcelone est le royaume des artistes de rues et des automates. Un homme sans tête se tient immobile près de nous. À l’approche des passants, sa tête surgit tel un diable sur son ressort. Les adultes sursautent, les enfants rient et applaudissent.
En sirotant mon café, j’observe la Sagrada Familia. Gaudi est encensé pour son génie. Cette basilique, on aime ou on n’aime pas. Moi je n’aime pas... Définitivement pas.
Nous reprenons le métro pour nous rendre au Park Guëll, une autre réalisation de Gaudi. Le métro nous dépose aux pieds d’une avenue passante ; le parc est indiqué depuis la sortie, mais les panneaux sont discrets. Martine, qui les repère bien mieux que moi, prend le relais.
Nous marchons sur quelques centaines de mètres, puis nous tournons à gauche. Ça grimpe sur la fin... Nous avançons doucement, pour permettre à Martine de nous suivre à son rythme.
Puis nous découvrons l’entrée du park Guëll, avec son mur d'enceinte et ses deux maisonnettes de galets, de ciment et de mosaïques colorées.
À l’intérieur, ça continue de grimper. Martine a des problèmes de genoux, elle souffre un peu mais se prête à la visite avec plaisir. De la mosaïque colorée un peu partout. Depuis les terrasses, une vue plongeante sur la ville et sur le port. Comme d'habitude, la masse du Fantasia se détache nettement en arrière plan.
Autant je n’ai pas aimé la Sagrada Familia, autant j’apprécie le parc. Il y a aussi des parterres de fleurs sauvages, des petits bosquets. Cela plait beaucoup à Martine et Christian, nos jardiniers.
Nous redescendons doucement vers le métro, en chemin nous achetons des bouteilles d’eau. Il fait particulièrement chaud, l’eau fraîche me fait du bien. Monsieur Glacerine en profite pour acheter des cartes postales.
Puis nous descendons les remblas, avec ses automates, ses jolies façades et ses boutiques de marques. Nous savons que l’
Espagne fait face à une crise économique sévère, mais ici la ville n’en laisse rien paraître. Le métro est moderne, les rues sont larges et bien entretenues, les bâtiments sont élégants, l’ambiance est paisible, tranquille, très éloignée de l’agitation des escales italiennes.
Les prix des boissons sont élevés (nous sommes dans des endroits à touristes), mais je remarque que les tarifs pratiqués en boutiques sont beaucoup plus bas qu’en
France, d’au moins 20 ou 30%. Monsieur Glacerine, qui adoôôôôore faire du shopping, est comblé. En plus, la ville est belle. Il compte bien revenir, pourquoi pas sur quelques jours.
Martine a mal aux genoux. Elle souffre, cela se lit sur son visage. Nous décidons de faire une pause sur l’avenue remplie de bars à tapas. De nouveau je teste mon anglais laborieux. Juste des boissons, c’est possible ? Bien sûr. Nous commandons des bières pour Martine et Christian, un coca pour Monsieur Glacerine, une eau gazeuse pour moi.
Christian, qui a repéré les boissons alentour, me demande de préciser qu’ils veulent des petites boissons. Small drink, please ! Le serveur hoche la tête, il a compris pas, de problème.
Je manque de m’étrangler quand je vois arriver les énormes chopes de bière. Même traitement pour Monsieur Glacerine, sa chope contient au moins 75 cl de coca cola. J’espère qu’il a soif. Ma bouteille d’eau de 50 cl paraît ridicule à côté de leurs boissons monstrueuses. Quant à l'addition, elle est évidemment proportionnelle aux contenants...
En repartant, je m’arrête à un stand ambulant pour acheter une glace, trois énoôôormes boules en équilibre instable sur un cône minuscule. Monsieur Glacerine hausse un sourcil flegmatique en me demandant s’il n’y avait pas plus gros. Ça dégouline de partout... Impassible, je continue ma route avec dignité.
Nous revenons à la colonne Christophe Colomb. Au passage j’aperçois les rues historiques de la cathédrale, mais Martine est fatiguée, ce sera pour une prochaine fois... Parce que c'est sûr, nous reviendrons.
Nous apercevons au loin le bus bleu qui s'éloigne. Le temps d’arriver, un autre bus s’est déjà installé.
Au retour sur le bateau, nous allons nous rafraîchir un peu avant de revenir sur le pont promenade pour une dernière sortie du port. Puis nous rentrons à la cabine pour nous changer, ce soir c’est la deuxième soirée de gala. Avant de redescendre nous déposons nos cabines dans le couloir. Au moins ça, c’est fait.
Au repas nous retrouvons nos voisins de tables. C’est notre dernier dîner. Notre serveur nous remet les enveloppes contenant les questionnaires de satisfaction. Juste avant le dessert, le personnel vient refermer les stores que nous avions relevés comme à notre habitude. Roulement de tambours, musique. Les cuisiniers défilent solennellement entre les tables avec les omelettes flambées.
Ça y est, c’est le moment de nous dire au-revoir. Nous saluons nos jeunes voisins et les remercions pour ces moments passés ensemble. Nous échangeons nos coordonnées avec Martine et Christian, puis nous nous dirigeons vers le théâtre pour notre dernier spectacle, "Tribute".
La directrice de croisière nous annonce que la troupe comporte des nouveaux artistes. Il s’agit d’un spectacle lyrique. Les artistes sont jeunes (l’art lyrique demande de la maturité et beaucoup de technique), l’ensemble ne me semble pas encore bien en place (un des artistes, que nous avons déjà applaudi les soirs précédents, glisse quelques mots au ténor – c’est la première fois que je les vois se parler entre eux sur scène – apparemment pour lui indiquer où se placer).
Bon d’accord, ce n’est pas encore très bien en place, ça manque un peu de maturité, mais je m’en fiche totalement... Je passe tout de même un bon moment, et je me laisse porter par la musique. Le spectacle a un joli potentiel. Ça fait longtemps que je n’ai pas écouté du lyrique et même si ce n’est pas parfait, je suis heureuse d’être là, ça me donne envie de retourner au théâtre, dans ma région.
Le chant lyrique n’est pas la tasse de thé de Monsieur Glacerine, il écoute d’une oreille distraite. Je le regarde et je souris : il dodeline de la tête, je suis sûre qu'il s'endort.
Le spectacle se termine par un numéro plutôt réussi des animateurs pour remercier en plusieurs langues les passagers, clôturé par une haie d'honneur composée de représentants des cabiniers, des serveurs, des vendeurs des boutiques... bref du personnel que nous sommes invités à évaluer. Pour leur rendre honneur, et aussi sans doute pour nous inciter à ne pas les oublier en partant.
En ressortant, nous sommes photographiés une dernière fois. Un dernier tour sur le bateau. By by les magnifiques salons, by by les petites boutiques, by by la piazza et ses fontaines. C’est l’heure du buffet Magnifico au Pont 14.
Il y a du monde, mais pas autant que je l’aurais pensé. À l’entrée un passager surexcité téléphone à ses amis pour les faire venir d’urgence... Mais qu'est-ce que vous fabriquez, vous ratez tout les gars !
Des petits fours, du saumon fumé, des fruits frais, des montagnes de petits gâteaux... Au signal les passagers se précipitent sur les buffets. Nous voyons passer des enfants et des femmes avec des assiettes en piles, débordant de petits gâteaux. Je ne peux m'empêcher de me demander où ils vont mettre tout ça. Les hommes vont plutôt vers le salé. Le saumon est rapidement dévalisé.
Monsieur Glacerine et moi-même sommes juste passés voir, nous n’avons pas vraiment faim... Nous repartons vers notre cabine.
Le couloir s’est rempli de valises, et nous, nous sommes remplis de nostalgie... Nous rentrons nous coucher.
Photo 1 : la colonne de Christophe Colomb
Photos 2 et 3 : la Sagrada Familia
Photos 4, 5 et 6 : le Park Guëll
Photo 7 : les Remblas
Images attachées: