Bruno31 · 12 mars 2020 à 0:49 · 90 photos 156 messages · 8 participants · 7 169 affichages | | | | Well. Donc le lendemain matin, lever pas trop matinal avec plusieurs objectifs en tête... - - Des visites dans la vallée de l’Indus - - Déménager vers un hébergement permettant de dormir la nuit - - Réserver mon retour vers Delhi- - Organiser une virée dans la NubraChance, le petit bureau du 1er étage de la HPDTC est ouvert, le bus pour Manali en 2 jours circule un jour sur 2, il y a un départ ce jeudi : Parfait, je réserve ça avec l’idée de faire de nuit le trajet Manali à Delhi pour arriver à Delhi frais et dispos (bien sûr) le samedi matin. Ah un hôtel classe à côté de la Tibetan kitchen qui accepte de me faire un bon prix, hop je déménage... Quant aux virées dans la Nubra qui me sont proposées, souvent en 2 jours, j’hésite un peu le matin... et quand je me décide dans l’après midi, c’est trop tard pour partir le lendemain (il y a le permis à obtenir) ce sera pour mardi, ce qui veut dire que j’enchaînerai ensuite avec le voyage pour Manali (puis Delhi). Du coup c’est déjà le début d’après midi quand je me décide à sortir de Leh, objectif : visiter Thiksé et Shey. Pas de bus pour Thiksey (Thiksé ? Thiksey ?) à cette heure, donc bus pour Choglamsar... et ensuite ? ensuite, stop... et ce sera du stop payant, jusqu’à l’embranchement pour Thiksey. Vu d’en bas, dans la montée, ou d’en haut, l’endroit est vraiment splendide... Je crois que cela correspond assez parfaitement à l’idée qu’on peut se faire de ces monastères – ou que je pouvais m’en faire. Seule faute de goût, la grande route poussiéreuse en bas. La montée à pied est agréable, il n’y a pas foule jusqu’à l’arrivée en haut... il suffit de trouver son chemin... Les vues sur la vallée sont grandioses, les salles de prière très impressionnantes... Vraiment beau moment. Je descends de l’autre côté pour repartir en direction de Shey, par l’escalier qui part du monastère. De la lecture de mon guide j’ai cru comprendre qu’un chemin permettait de rejoindre Shey. J’ai dû mal lire, car je ne l’ai vu ni d’en haut, ni d’en bas, et c’est donc en marchant le long de la route que je rejoins Shey : c’est évidemment très désagréable, je ne renouvellerai pas... La visite de Shey est certes intéressante, mais sans comparaison possible avec Thiksey toutefois. D’autant que le ciel devient moins bleu et le vent se met à souffler... Retour en bus ou en stop ? Et bien, aucun bus ne s’arrête, mais heureusement un automobiliste va me ramener directement sur Leh, un loueur de motos (je n’aurai même pas l’occasion de venir lui louer un 2-roues). Ma nouvelle localisation me permet d'essayer de changer de cantine... un peu plus branché et cosmopolite par ici, mais pas franchement meilleur. Et oui, la nuit est moins bruyante dans ma nouvelle demeure... Images attachées: Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Bruno31 · 10 avril 2020 à 18:02 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 62 de 156 · Page 4 de 8 · 925 affichages · Partager
Thiksé en français, et Thiksey en anglais ! Comme le son "é" n'existe pas en anglais, ils ont inventé cette combine pour les noms propres : Wembley, Berkeley,... alors que pour les noms communs : monkey, donkey, monney, key, etc... "ey" se prononce "i" ( français, car en anglais "i" se prononce "aï" !) Il faut aussi noter que le "Th" de Thiksé-Thiksey est un "t" expiré et pas un "th-zeeee" anglais !  !
Pour épuiser le sujet, en tibétain, il y a 5 consonnes proches, les unes avec un son bref et les autres avec le même son mais expiré : ka, tcha, ta, pa, tsa, et : kha, tchha, tha, pha, tsha. Avant la translittération Willie , on représentait la consonne expirée suivie d'une apostrophe : k'a, tch'a, t'a, p'a, ts'a. Toutes les lettres de l'"alphabet" tibétain se récitent avec la voyelle "a" (prononcée "a" comme en français, et pas "è" comme en anglais). Je ne comprends pas pourquoi cette dernière n'a pas été conservée. Il n'y a aucune apostrophe en tibétain et cette écriture ne causait aucune ambiguïté, alors qu'il y a trois cas à problème avec Willie : en plus de "ta" et "tha", on voit "pa" et pha" plus "tsa" et "tsha". Le cas de "tsha" est le moins grave, alors que :
"pha" est en train de bousculer la prononciation du ladakhi.
Tous les jeunes savants qui sortent de l'école en parlant anglais (parmi les 3 ou 4 langues vivantes obligatoires dès la classe 1 de l'école primaire !) ont appris que "ph" se prononce "f", un son qui n'existe pas en tibétain, et qu'ils sont fiers d'apprendre à leurs parents. Aujourd'hui, on entend et on voit même écrit dans les nouveaux guides : Fanjila, Fuktal, Fey , Fokhar, Fotoksar, etc...
Il y aurait encore beaucoup à dire sur les voyelles pour lesquelles l'anglais a conservé la graphie latine mais en changeant la prononciation : "a" = "è", "e" = "i", "i" = "aï", "o" = "euou", "u" = "you" (mais le français a changé le "u" qui se prononce "ou" partout ailleurs) et je laisse le "y" qui est une curiosité importée. "Thiksé" (qui s'écrit "Thik.tsé" en ladakhi) m'a emmené bien loin ! | | | Très intéressant.
"Thiksé" (qui s'écrit "Thik.tsé" en ladakhi)
Est-ce le "Tsé" qui signifie "montagne / sommet" en tibétain, comme les Lhotse et Nuptse qui voisinent avec le Mont Everest ? (Lho = Sud, Nup = Ouest).
Fabrice | | | À: FabGreg · 10 avril 2020 à 22:36 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 64 de 156 · Page 4 de 8 · 912 affichages · Partager Éffectivement, le "tsé" de Thik.tsé, s'écrit en ladakhi exactement comme le "tsé" abréviation de "tsé.mo" qui signifie : sommet, (mais pas montagne). Il s'agit du point haut de la montagne qui se dit "ri". Par ex. : Stok Kang.ri = montagne de neige/glace de Stok. (Il faut traduire de droite à gauche, comme en anglais car les compléments de nom sont placés avant). Mais je ne sais pas ce que veut dire "thik" ? J.L. | | | Effectivement, très intéressant, merci de toutes ces informations qui enrichissent sérieusement le contenu !
Et donc...Il fallait bien que cela arrive... Dernière journée dans la vallée de l’Indus.. à partir de demain, ce sera la partie routière du voyage... Une dernière journée qui démarre sur un petit rythme tranquille, balade au musée de Leh. Les photos de la 1ère partie du XX ème s donnent une idée de la région à cette époque... Et l’après midi, une dernière virée dans la vallée de l’Indus, à l’Est de Leh à nouveau, mais cette fois plus au Sud : Le bus pour Choglamsar, pour changer puis taxi pour Stakna, Matho, et Stock. Sur la rive Sud de l’Indus les routes sont bien plus étroites, en moins bon état, on passe du désert à l’oasis... A nouveau, Stakna et Matho offrent de splendides vues sur la vallée et les chaînes montagneuses, et les 2 visites sont de beaux moments, d’autant plus qu’elles se déroulent dans le grand calme, il n’y a pas la même affluence qu’à Hémis ou Thiksé... Un peu d’intimité, c’est plutôt adapté pour ce genre de lieux... Stakna surtout, pourtant pas le plus réputé, me donne une forte impression... (à moins que je fasse des confusions entre les 2, tout n'est pas clair dans mon cerveau...)
Stock par contre, mauvaise idée, c’est fermé... Mais la route aux 1000 stupas qui y mène est sympa quand même...
Le taxi me ramène à Choglamsar, bus pour Leh, préparatifs pour le départ du lendemain. Et repas à Leh, où je me suis bien habitué aux thés améliorés : la formule miel-citron-gingembre me convient bien !
Dernier passage à l’agence où j’ai réservé la virée Nubra-Pangong, située juste au-dessous de exotic travel, pour le RdV du matin. Finalement on sera 5 dans la voiture, me dit-on.
Mais finalement le lendemain matin, on est 6 ! un important personnage s’est joint à nous, une indienne qu’il convient d’aller chercher à son hôtel et à qui le siège avant est réservé. « nous », c’est-à-dire 2 couples et moi, 2 garçons et un couple mixte, tous indiens : on se partagera donc les 2 rangées suivantes. Bon, ça ne va pas parler anglais souvent dans la voiture, surtout que le chauffeur n'en connaît que 3 mots...
On traverse donc tout Leh pour aller chercher la dame, qui... a un look un peu éloigné de l'image qu'on peut se faire de la femme indienne (mais on a souvent des stéréotypes en tête), habillée en treillis, cheveux courts. Elle s’installe donc au siège avant, et le voyage commence, voyage qu’elle agrémente de temps en temps de rots bien sonores.
En avant pour le Khardung La, le premier (et a priori le plus haut, mais je ne rentrerai pas ici dans le débat pour savoir s’il s’agit, ou non, de la plus haute route du monde) de la série de cols qui vont ponctuer ces 4 journées de haute montagne. En fait, on en entame la montée avant même de sortir de Leh. A ce stade, dans mon inexpérience des routes de haute montagne de la région, je trouve la route assez défoncée. Erreur ! elle est en excellent état, ou, bon, n’en faisons pas trop, en bon état...
Que ce soit en montée ou en descente en tous cas, paysages impressionnants de verticalité et minéralité. Le Khardung La n’est pas un endroit agréable, avec la foule entassée, les véhicules plus ou moins en circulation qui émettent des fumées nauséabondes, et les cafés à thé, il est difficile de parvenir à jouir des vues sur les vallées...mais on ressent bien le manque d’oxygène ! D’autant plus qu’après plusieurs jours à avoir testé les pastilles indiennes contre les maux de gorge, je me suis décidé ce matin à me mettre sous antibio afin de mes débarrasser de ces petits soucis qui traînent depuis plusieurs jours... (souvenir des neiges du Konmaru La, peut être ? bon, ça avait commencé avant).
Quand commençons nous à traverser des ruisseaux, parfois des torrents d’eau, qui inondent la route ? dans la descente du Kardung La, me semble-t-il... Et c’est aussi dans cette descente que les 2 garçons commencent à être tout excités à l’idée de faire un tour en quad dans la vallée de la Nubra. Images attachées: Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. | | | À: Bruno31 · 11 avril 2020 à 11:03 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 66 de 156 · Page 4 de 8 · 903 affichages · Partager les 2 garçons commencent à être tout excités à l’idée de faire un tour en quad dans la vallée de la Nubra.
Ce sont déjà de vrai Indiens ! Comme on dit : "les chiens ne font pas des chats !". Et je suis sûr que les parents pensent à leur future promenade à dos de chameau à Hunder, et au banc "aux grosses fesses" du film "les 3 idiots" au bord du Pangong Tso.
Je suppose que la photo des 3 bouddhas a été prise à Stakna. Mon but lors de ma 1ère visite à Stakna était de voir ces trois Bouddhas qui sont : le précédent Bouddha, le Bouddha actuel dit Bouddha Sakyamuni ou "historique", et le Bouddha du futur qui a déjà le nom de Bouddha Maitreya (qui est représenté debout ou assis sur un trône). Depuis ma visite des années 90', ils ont été repeints et mis dans la lumière alors que je les ai ai vus dans le noir et j'ai failli passer devant sans les voir. J'étais curieux de voir la différence entre ces Bouddhas, et j'ai été plutôt déçu de voir qu'ils sont absolument identiques. Et après réflexion, je me suis dit que c'était très bien ainsi : aucun n'était plus grand, plus beau ou plus sérieux que son voisin. | | | les 2 garçons commencent à être tout excités à l’idée de faire un tour en quad dans la vallée de la Nubra.
Ce sont déjà de vrai Indiens ! Comme on dit : "les chiens ne font pas des chats !". Et je suis sûr que les parents pensent à leur future promenade à dos de chameau à Hunder, et au banc "aux grosses fesses" du film "les 3 idiots" au bord du Pangong Tso.
Bon, c'est pour la petite histoire, mais j'ai dû mal faire les présentations : il n'y a pas de famille complète, mais 2 couples, les 2 garçons d'un côté (chacun autour de la trentaine, l'un du Sud de l' Inde), quelque chose qui ne plaisait peut être pas à l'indienne célibataire et paramilitaire, car il y avait de la friture, j'y reviendrai, et un couple "mixte", plus "officiel" sans nul doute, manifestement habitués à voyager (étant déjà allés en France), ils viennent de l'Assam (à peine plus âgés, entre 30 et 40). Effectivement, après le quad on a eu droit aux chameaux, je vais y venir également...
Je suppose que la photo des 3 bouddhas a été prise à Stakna.
Oui, c'est bien ça, merci de m'aider à bien resituer ! Quant aux différences entre les bouddhas, merci de me rassurer, j'ai fait tout ce voyage sans comprendre comment reconnaître les différents bouddhas. Le truc c'est donc ne pas chercher à les différencier ! | | | À: Bruno31 · 11 avril 2020 à 23:16 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 68 de 156 · Page 4 de 8 · 879 affichages · Partager j'ai fait tout ce voyage sans comprendre comment reconnaître les différents bouddhas
Si c'est comme dans le bouddhisme théravada ( Sri Lanka + sud-est asiatique), la posture des mains est déterminante.
Fabrice | | | Dans ma compréhension, ces 2 appellations correspondent à la même religion. Un bouddhisme matiné de tantrisme et hybridé avec la pratique bön.
Je connais aussi l'appellation de "bouddhisme lamaïque".
Fabrice | | | À: FabGreg · 13 avril 2020 à 17:47 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 71 de 156 · Page 4 de 8 · 825 affichages · Partager Je n'ai pas de souvenir de cette notion de "temporalité" dans le bouddhisme theravada (bouddha actuel, bouddha du futur...) où la position des mains est en effet signifiante. Au niveau des positions du bouddha il ne me semble pas avoir vu au Ladakh de bouddha couché, et à l'inverse il me semble que la position assise "à l'occidentale", comme sur une chaise, se trouve au Ladakh (les bouddhas géants en particulier) alors qu'elle est bien rare en Asie du Sud Est. | | | À: Bruno31 · 13 avril 2020 à 23:14 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 72 de 156 · Page 4 de 8 · 809 affichages · Partager C'est vrai qu'il n'y a pas de Bouddha couché au Ladakh. Il y en a un très connu au Sri Lanka. Les Bouddhas Sakyamuni du Ladakh sont quasiment tous représentés assis en tailleur et à 90% en prenant la terre à témoin (main droite pendant vers le sol). Les grands Bouddhas assis sont des Bouddhas Maitreya (du futur) comme à Diskit et à Likir.
et l'un des rares Bouddha Sakyamuni en plein air à Ney, près de Basgo, prenant la terre à témoin :
Il y en a un autre à Hémis. Je ne connais que ces deux en plein air.
Il ne faut pas oublier Padmasambhava, considéré comme un second Bouddha, qui a sa statue en plein air depuis 2018.
Cette statue est à Aranu dans la vallée de la Nubra, sur la route de Yarma Gonbo. Il a les yeux bandés parce qu'il n'a pas encore été consacré par le rinpoché du gonpa de Diskit (je suppose ?). | | | C'est vrai qu'il n'y a pas de Bouddha couché au Ladakh.
Il faut croire que l'on n'atteint pas le parinirvana au Ladak. Pour cela, il faut aller à Kushinagar.
Effectivement, une grande sculpture de Bouddha couché à Polonnaruwa au Sri Lanka. Ainsi qu'un grand ajouté au dos du temple du Baphuon.
Mais c'est au Myanmar que j'en ai vu le plus grand nombre. Les réalisations modernes sont de plus en plus énormes, et pas d'un goût esthétique très assuré.
Fabrice | | | À: FabGreg · 14 avril 2020 à 10:02 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 74 de 156 · Page 4 de 8 · 798 affichages · Partager Il faut croire que l'on n'atteint pas le parinirvana au Ladak. Pour cela, il faut aller à Kushinagar.
Si, si, on voit des Bouddha couchés au Ladakh, mais pas sous forme de statues. Dans les décorations de plusieurs monastères, on peut voir une longue fresque représentant la vie de Bouddha de sa naissance à sa mort, et il atteint le parinirvana couché sur le côté droit avec le bras droit replié et la main sous la tête, comme partout ailleurs.
Les réalisations modernes sont de plus en plus énormes
Il y a deux ans, lors de sa dernière visite au Ladakh, le Dalaï Lama a reproché aux ladakhis cette course au plus grand Bouddha et leur a dit qu'ils pourraient mieux utiliser leur argent en diffusant la philosophie bouddhique.
A propos de ce concours du plus grand Bouddha, j'ai aperçu à Bodhkharbu un coffrage d'une hauteur démesurée, et j'ai immédiatement pensé qu'un bouddha géant et debout se cachait derrière ces planches. Je ne pouvais pas arrêter le bus mais ce sera une prochaine halte dans mon prochain voyage. | | | Les réalisations modernes sont de plus en plus énormes
Il y a deux ans, lors de sa dernière visite au Ladakh, le Dalaï Lama a reproché aux ladakhis cette course au plus grand Bouddha et leur a dit qu'ils pourraient mieux utiliser leur argent en diffusant la philosophie bouddhique.
C'est donc une caractéristique du monde bouddhiste, car comme Fabrice c'est surtout au Myanmar que j'avais été frappé par cette course au gigantisme. Et en effet je pensais aussi que cet argent pourrait être plus utilement employé, quand on voit le niveau de vie de nombreux birmans. | | | À: Bruno31 · 15 avril 2020 à 23:52 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 76 de 156 · Page 4 de 8 · 763 affichages · Partager Cette course au gigantisme est donc une caractéristique du monde bouddhiste
Oui, c'est sûr. Chez les chrétiens, il y a le Christ Rédempteur de Rio-de-Janeiro et la Bonne Mère de Marseille ! Pour les Bouddhistes d'Asie, je viens de me dire qu'il s'agissait certainement d'une réaction à l'oppression chinoise qui a pour obsession et pour idée fixe depuis Mao d'éliminer la culture tibétaine. L'invasion du Tibet, pardon : la libération pacifique !, n'avait que ce but. Ce ne sont pas les richesses d'un plateau froid et désertique qui l'attiraient. Donc ces statues géantes seraient un moyen d'affirmer leur existence pour les rescapés et les coreligionnaires qui les soutiennent.
Cette culture des Bouddhas géants n'est pas propre au XX°s. Il y a eu les 3 Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan datés du VI°s. et il y a aussi, dans le district de Kargil, trois Bouddhas sculptés dans un grand rocher : • à Yourbaltak près de Atapi, • à Khartse Khar près de Sankoo, et le plus visité • à Mulbek :
Les écriteaux devant cette grande sculpture de 9 m. mentionnent : " Chamba Bouddha". C'est le nom tibétain du futur Bouddha, qu'on appelle "Bouddha Maitreya" au Ladakh, et qui est toujours représenté assis sur un trône ou debout. MAIS, ici, ce Bouddha debout à 4 bras tient dans sa main droite du haut un mala (chapelet) et celle du bas fait le geste du don (varada- mudrā). La main gauche du haut tient une fleur de lotus (difficile à identifier sur la sculpture), et celle du bas tient le vase à eau (d'immortalité ?). Ce sont les attributs permanents d'Avalokiteshvara, le Bouddha de la compassion, dont le Dalaï Lama est une émanation (mais pas une réincarnation). Il peut aussi avoir 6, 8, rarement 10, et souvent 1000 bras. Avec 4 ou 6 bras, on peut le voir assis en tailleur sur des fresques. Donc ce Bouddha, daté soit du Ier s. av. J.C., soit du VIIIème s. après J.C., est bien Avalokiteshvara (Chenrézig pour les tibétains) et pas Maitreya (Chamba pour les tibétains) contrairement à ce qui est écrit.A Tingmosgang (= Temisgang), avec 1000 bras, un temple lui est dédié :
| | | Cette culture des Bouddhas géants n'est pas propre au XX°s. Il y a eu les 3 Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan datés du VI°s.
On trouve encore nombre d'anciens Bouddhas géants (= Dafo) en Chine hors aire tibétaine, par ex. à : - Leshan (Sichuan) - Datong (Shanxi) - Luoyang (Henan) - Xumishan (Ningxia) - Gangu (sud-est du Gansu) - Luomen (sud-est du Gansu) - Dunhuang (nord-ouest du Gansu)
En frange de l'aire tibétaine, j'ai pu aussi admirer un grand Bouddha à : - Binglingsi (à l'Ouest de Lanzhou, sud du Gansu). - Tiantishan (au sud-ouest de Wuwei, Gansu). - grand Bouddha couché à Zhangye (Gansu).
Hormis Leshan, Datong, et Luoyang, tous ces sites sont le long de la Route de la Soie, voie par laquelle le bouddhisme a pénétré la Chine depuis l' Asie Centrale.
Fabrice | | | À: FabGreg · 16 avril 2020 à 16:41 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 78 de 156 · Page 4 de 8 · 737 affichages · Partager Grand inventaire des grands Bouddhas par un grand voyageur ! Je ne savais pas qu'il y en avait autant, surtout en Chine. Ils ont donc tous marqué le chemin vers la Chine, comme les cailloux blancs du Petit Poucet. | | | C'est vrai, vous avez tous 2 raison, ce n'est pas une invention récente...et j'ai eu la chance d'en voir quelques-uns...Donc les birmans et autres ladakhis reprennent une tradition ancienne... Sur le plan esthétique toutefois, je préfère largement les bouddhas géants du Ladakh, à Likir comme à Diskit je ne trouve pas qu'ils défigurent le paysage, bien au contraire. Mais je n'ai pas connu "avant"... | | | À: Bruno31 · 16 avril 2020 à 18:40 Re: De retour du Ladakh, 3 semaines de Leh à Delhi Message 80 de 156 · Page 4 de 8 · 728 affichages · Partager Donc, dans la matinée du J1 de la virée dans la vallée de la Nubra, nous descendions le col de Khardung et nous nous approchions de la vallée. Contrairement à d’autres cols, le Khardung La, des 2 côtés, ne comporte que peu de lacets, la route s’agrippe à la montagne sans avoir besoin de virages en épingle à cheveux. Mais évidemment, ça descend beaucoup et longtemps, la vallée de la Nubra n’est pas si haute (pour le Ladakh), Diskit étant à 3140 m.
Après la descente du col, l’itinéraire rejoint la vallée et passe par Khalsar avant de prendre à gauche en remontant la rivière Shyock. C’est dans ces endroits que se trouvent des locations de quad arrêt obligatoire donc sur l’un des terrains de jeu préférés des indiens (semble-t-il), sous le chaud soleil du Ladakh (si, si, ça cognait pas mal), tour de manège pour les jeunes, et il ne reste pas beaucoup de route avant d’atteindre Diskit.
L’endroit est vraiment superbe, quand on la voit de loin la statue du bouddha géant assis trône assez magnifiquement dans la vallée, et le monastère jouit d’une position dominante splendide (la statue est bien vue d’en haut aussi !). La visite du monastère, tout en escaliers (si on exagère à peine), est magnifique, et comme cette 1ère étape n’est pas si longue, nous disposons d’un temps suffisant pour la mener tranquillement, même s’il est ensuite prévu d’aller faire un tour de chameau à Hunder.
Ces dunes à chameau de Hunder sont un endroit vraiment très peuplé, toutes les Royal Endfield louées à Leh s’y retrouvent. Tout de même assez méritant, de venir à moto depuis Leh... S’il était plus paisible, l’endroit serait sans doute superbe avec ces belles dunes de sable sur lesquelles le soleil rasant de fin d’après-midi vient jouer... Bon, je ne tente pas les chameaux, préférant essayer de marcher un peu.
Retour à Diskit, où nous logeons juste en dessous du bouddha géant, un restau que je ne recommanderai pas se trouve à côté de l’hôtel.
Le RDV est fixé de bon matin le lendemain, car la route s’annonce longue... En effet, il y a en fait 3 itinéraires possibles pour rejoindre le lac Pangong depuis Diskit : la meilleure mais la plus longue route (certainement très longue, en fait) revient à Leh par le Khardung La et repart vers Kardu, puis le Chang La la seconde passe par le Wari La puis le Chang La la plus courte est l’itinéraire le plus logique quand on regarde une carte, par le village de Shyok, c’est celle que nous allons emprunter puisque nous devons ensuite rentrer sur Leh. L’itinéraire du 2nd jour est donc : Diskit – Khalsar – Agham – Shyok – Durbuk – Pangong Tso – Durbuk – Chang La – Karu – Leh. La plus logique mais... je dois dire que je n’avais pas forcément conscience que le trajet serait aussi long... et difficile.
Comme je disais, les relations étaient parfois tendues entre les jeunes et l’indienne de Delhi dans la voiture. Mais ce matin là au petit déjeuner, le ton est monté très fort, jusqu’au clash : au grand désespoir du malheureux chauffeur, l’indienne a alors décidé de ne pas continuer, elle est restée à Diskit et devait rentrer à Leh par un autre moyen.
La conséquence en ce qui me concerne, a été de me permettre de récupérer la place du passager avant, m’offrant ainsi de bien profiter des magnifiques paysages de cette journée – et aussi, de l’état parfois invraisemblable de la « route ». Au niveau de la beauté des paysages, c’est vraiment le top. Pour ce qui est des routes, c’est plutôt rock’n’roll...
C’était sans doute lié à la fonte des neiges en cette saison (1ère quinzaine de juillet – j’espère que ce n’est pas tout le temps comme ça !), mais en certains passages, parfois longs, la route disparaissait sous des torrents d’eau, autre chose qu’un petit ruissellement... Malgré la circulation faible, ces difficultés de franchissement entraînaient la formation de petits embouteillages. Assez impressionnant à voir (même si heureusement, ce n’était généralement pas à côté d’un précipice), content de ne pas avoir à assurer la conduite – heureusement notre chauffeur assurait-, ni celle d’un 2 roues, dont je ne suis pas sûr qu’ils s’amusaient vraiment dans ces franchissements... chutes fréquentes, avec le courant et les pierres, sans parler de « l’humidité »... Mais nous avons tout de même pu atteindre le lac en fin de matinée, après la traversée de champs de marmottes !
Je ne connaissais pas du tout le film « les 3 idiots », je n’en connais toujours pas grand-chose, mais je sais que les scooters jaunes en sont un symbole... Nouveau terrain de jeux pour les indiens, avec photo obligatoire, après avoir enfilé les déguisements...
Le lac est dans un très beau site, mais il est difficile de vraiment de ce genre d’endroit dans ces conditions, par rapport à la brièveté des arrêts en particulier. La couleur de l’eau donne un contraste invraisemblable avec les montagnes qui entourent le lac...
Après le repas (vraiment pas gastronomique et plutôt tardif il nous restait donc à franchir le Chang La (pas si aisé non plus, on retrouve de la piste parfois cachée sous les torrents) afin de pouvoir descendre vers Karu, où c’est tout de même reposant de retrouver une route large, plate, goudronnée, et de rentrer sur Leh : nous y sommes arrivés vers 20h. Le lendemain matin le RDV est de très bonne heure pour prendre le bus pour Keylong, la journée s’annonce longue, à peine le temps de saluer mes compagnons de route et de profiter de ma dernière soirée à Leh, donc !
Une belle virée, des paysages splendides et des "routes" incroyables, mais à réaliser plutôt sur une durée plus longue, 3 jours minimum, pour pouvoir mieux profiter de la beauté des sites. En plus de la difficulté de voyager dans ces régions en transport en commun, peu fréquents, les permis sont délivrés pour des groupes de 2 personnes voyageant ensemble, rendant ce genre de formule presque inévitable (en fonction de différents paramètres, temps dont on dispose,...) Images attachées: Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. Photo postée par le membre Bruno31. | Discussions similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 1 785 visiteurs en ligne depuis une heure! |