Pour rester dans le thème du fil, comme dirait notre ami Obeoandpai, et pour enfin répondre sérieusement à l'initiateur, Merck alors, voici une petite considération que je n'ai même pas osé caser dans mon dernier carnet de voyage sur la
Thailande.
Revenus de visite, nous nous empressons d'aller barboter dans la piscine de notre hôtel à
Ayutthaya. Deux couples y sont déjà, avec leurs enfants, que nous identifions d'abord comme étant des français mais compte tenu de l'accent il s'agissait probablement de belges, quoique cela n'ait pas d'importance.
Lorsque nous les avons entendus parler, nous avons été époustouflés.
Comment dire ? Des fois, on voit dans la vie des gens qui ont une tête de parodie, et parfois le parler qui va avec. Eh ben, cette fois, c'était des parodies de parodies. Le summum du brut de décoffrage. Un naturel et une spontanéité touchant au simplisme, une ode à la vulgarité.
Nous ne sommes pas de ceux qui se moquent de ces personnes mais il nous est venu une soudaine bouffée de consternation.
Rien que de répéter ce qu'ils disent et comment ils le disent, ce serait déjà malpoli.
Plus nature tu meurs. Après, on comprend mieux les gens aisés et raffinés qui cherchent à s'éloigner de la populace. Car avant d'avoir mal à la tête on a déjà mal aux oreilles. En même temps qu'on a un peu de la peine pour eux, c'est tout juste s'ils ne font pas peur.
Lorsque j'ai chuchoté à ma femme qu'on avait enfin trouvé le chaînon manquant, dans ma tête quelqu'un a dit : " Mais tu n'as pas honte que seulement une idée comme ça te passe par la tête ? Tu t'es vu avec ta longue carrière de bêtises, tes faux-pas, tes erreurs de parcours ? Toi aussi tu n'es qu'un gens parmi tous ces autres gens ".
Mais aussitôt une autre voix lui a répondu : " Mais enfin, il faut être sourd et aveugle pour ne pas s'en rendre compte. Et puis, c'est pas méchant, puisque c'est vrai ! ".
J'ai mis la thèse et l'antithèse d'accord en concluant par la synthèse que, ok, plus de cinq minutes à côté c'est insupportable mais que c'est quand même bien que ces familles aient pu s'offrir une fois de belles vacances au milieu d'une vie de labeur. Ou de labour, je ne sais plus, moi...