(à SebbiG et Similan)
Oui,
Vous avez tous les deux raison, je généralise négativement après 3-4 expériences négatives - et je ne devrais pas !
En plus, je connais plusieurs couples mixtes FR-TH des environs immédiats qui marchent très bien et depuis longtemps. Des gens qui bossent et méritent leurs 6 à 8 mois par an passés en
Thaïlande après une dure saison d'hiver en station, par exemple...
Mais comme par hasard, ma femme évitait soigneusement de les fréquenter ; elle était bien plus intéressée par les couples bancals où les filles lui apprenaient tout l'art de profiter du 'système' français (comment toucher les Assedic et gagner de l'argent sans travailler, ou s'arranger pour éviter toute discussion sur les sujets sérieux : argent, projets,... user de tout ce que le pays offre aux étrangers,...etc.).
Profiter : OK, abuser : NON. Et elle a fini par abuser de l'ensemble, moi le premier, tout en crachant dans la soupe.
Je ne décrirai même pas le niveau de vie que l'on avait, vous en conclueriez que pour que mon couple n'ait pas marché c'est que je devais être absolument invivable... en fait, entre les cours de langue et son travail, on n'était même pas ensemble pendant la semaine, plusieurs mois dans l'année. Donc même l'excuse d'un mari "chiant" ne s'appliquerait pas ! Ici, c'est clairement l'influence d'une mauvaise partie de la communauté asiatique (vers laquelle j'avais moi-même amenée ma femme, pour qu'elle ne se sente pas isolée) qui l'a précipitée dans les penchants pour lesquels elle était déjà prédisposée.
J'ai eu le tort d'être trop laxiste (pris par le boulot...) et de ne pas la rectifier d'entrée de jeu, tout en continuant à financer ses ambitions de 'business' qui n'ont jamais débouché sur du concret, mis à part les factures - pas davantage après avoir touché la P.C. de divorce, d'ailleurs.
Quant aux autres liaisons, pour lesquelles les chéries s'étaient montré vraiment et honnêtement accrochées -bien davantage que moi-même, à ma grande surprise- je maintiens que même si ces filles sont d'un assez bon niveau socio-culturel, elles vivent surtout dans le REVEd'une relation avec un farang.
Quand il est sur le point de se réaliser (= désormais vivre ensemble plus que les 3-4 semaines à chaque voyage, même dans leur ville habituelle), là ça ne va plus : la réalité culturelle ou autre les rattrape et c'est la fin des illusions pourtant poursuivies jusque-là !
Je dois dire d'ailleurs qu'elles en souffrent authentiquement : à chaque fois, ça a été le psycho-drame... et ma dernière est actuellement en pleine crise de ban avec son milieu, ses parents, ses amies, son job... tout en ayant refusé obstinément de se faire aider pour y voir clair.
Moi, vous comprenez, au bout d'un moment, j'arrête de m'accrocher, j'ai des échéances à tenir. Je ne suis plus cadre de direction avec le salaire qui tombait tous les mois et permettait un relatif laxisme dans la gestion de la vie seul comme à deux... 'faut que je me bouge tout seul pour y arriver ; alors les crises d'adolescence subites entre 26 et 36 ans, ça va bien...
D'où ma réaction : "
direction les bars à filles - ça me fera des vacances".

-->

J'admets que de l'autre côté du miroir, les occidentaux poursuivant le rêve d'une vie idyllique sous les tropiques puissent recevoir aussi un choc de la réalité rude, surtout s'ils ont un style de vie proche des standards locaux. Ils peuvent alors tomber dans les travers évoqués par Mawine. La société thaïe (hors
Bangkok) est encore majoritairement matriarcale, ça peut être invivable quand on dépend de ses "parents" locaux pour la moindre démarche en pays inconnu...
Etant bien conscient de cette difficulté-là, j'ai toujours veillé à fournir à mes compagnes les moyens de leur indépendance (femme : compte en banque, permis, voiture,... / chéries : finances, matériel informatique, perspective de job pour se préparer à celle-ci). Mais sauter dans l'inconnu, même bien enrobé, leur a fait peur car elles n'avaient pas les épaules.
Facile à dire maintenant de ma part : ça fait vingt-cinq ans que je rêvais de faire ce que je commence à présent, je croyais toujours que ce serait pour demain ; il a fallu tout ça de mûrissement : si je n'ai pas franchi le pas avant, du moins durablement, c'est que
moi non plus je n'avais pas alors les épaules... alors que le "paysage" local m'était pourtant déjà favorable.
Les Asiatiques vivent une révolution permanente, croissent à un rythme qui nous laisse à penser qu'ils sont blindés pour tout : mais ils supportent plus facilement l'invasion du mode de vie hi-tech et mercantile qu'un "simple" changement de perspective socio-culturo-professionnelle. Celui-ci est bien plus dérangeant que tout le reste, dans ces pays d'essence radicalement traditionaliste malgré certaines apparences.
Rappelez-vous : il y a cinquante ans en
France, quel était le destin obligé d'un fils d'artisan ?
Simplement, de prendre la succession de son père (et en courbant l'échine tant que le
pater familias serait le patron en exercice). Pas de choix. Et puis quoi encore, p'tit con. Tu seras charcutier comme ton père et ton grand-père l'ont été avant toi...
Maintenant : personne ou presque ne veut faire comme Papa... Avec un peu d'instruction, d'argent et de volonté, une belle panoplie de choix s'offre à pas mal de gens, entraînant le changement de statut social qui était impensable autrefois (or, en
Thaïlande, on est encore largement éduqué dans le respect de la caste, du milieu d'où l'on vient et où l'on restera toute sa vie).
Nous les occidentaux, avons mis 50 ans à digérer la mutation.
En Asie, à force d'avaler les plats du progrès à toute vitesse depuis 10 ou 15 ans, certains sont difficiles à déglutir. Si le blocage survient juste au moment du dessert, le farang ne comprend pas : le reste du repas a été si bien descendu ???
Cela arrive pourtant.