certains ne veulent pas forcément de cette vie super industrialisée
Je parlais du pays, pas de la vie... dont certains aspects de confort acquis te rattrapent très vite quel que soit le pays ou tu vas.
A certains moments de la vie, généralement quand ça ne se passe pas bien, tout le monde se prend à rêver d'une autre vie.
Une autre vie, des jours meilleurs, dans un autre monde, où tout serait différent, ça en a alimenté des tonnes de chansons, et dans toutes les langues
Dans ces moments de détresse (car c'est souvent l'expression d'un mal-être) on croit pouvoir se défaire de certaines idées et valeurs acquises, mais ça ne dure qu'un temps. Ecouter le bruit du vent dans les bananiers et les cocotiers ça fait rêver tout le monde. Mais quand tu auras écouté le bruit du vent pendant un an, tu t'achèteras une voiture rien que pour entendre le bruit de son klaxon tellement il va te manquer.
Ajoute à cela tout le reste, tout ce qu'on ne veut pas voir quand on se trouve toutes les bonnes raisons de fuir. Les problèmes de santé comme le fait justement remarquer nemo, un minimum de confort (au moins à terme), les différences de culture, différence d'hygiène, dans certains pays des ordures partout, bref tout ce qu'on ne trouve pas très important quand on y est en vacances et qui devient vite insupportable quand on y vit à l'année.
Et puis il y a l'avenir. Qu'est-ce que va devenir notre ami avec le temps, il n'a que 33 ans, quel futur se prépare-t-il.
C'est la raison pour laquelle 95% des gens qui sont venus pour tenter ce genre d'expérience au
Paraguay sont repartis l'année suivante, la queue entre les jambes et sans un rond en poche.
Je pense moi aussi qu'il est complètement utopique de vouloir changer de vie, quand celle qu'on a et à laquelle on est habitué, est le rêve de vie des ¾ des habitants de la planète.
Avant que tu me poses la question "alors pourquoi es-tu parti " je te réponds :
Parce que je n'ai rien fui. J'adore mon pays même s'il est loin d'être parfait, mais j'avais élevé mes enfants, leur mère était décédée et je me retrouvais seul. Par ailleurs, j'avais une société qui fonctionnait bien, mais j'avais l'impression d'avoir fait un peu le tour de tout. J'avais envie d'avoir un peu de temps pour moi, de connaître une autre culture, de parler une autre langue.
Même si je suis très heureux ici et que je n'ai pas envie de revenir, même pour un an, il y a quand même des jours où il faut s'accrocher dur pour garder son humour.
Donc il faut arrêter de rêver et redescendre un peu sur terre, le pays où " tout le monde il est beau tout le monde il est gentil " n'existe pas, et partir pour partir, ou bien partir sur un coup de tête, ou suite à une déception quelconque est un suicide par anticipation.
Dernière précision et de taille : quand tu quittes ton pays pour aller vivre dans un pays autre dans lequel tu obtiens la nationalité (c'est mon cas, je suis Franco-Paraguayen), tu te sens un peu étranger dans les deux... à méditer ?