Pour moi c'était en
Thailande,
mon premier voyage en fait, j'étais parti à l'improviste avec un billet d'avion comme seul plan et le reste on verra sur place.
Je voulais faire un bon trek dans la région de Chang-Mai, du coup à la gare de
Bangkok suite à une journée à la gare à attendre le train qui partait le soir pour Chang mai je boucle un trek de 7 jours. On était sensé être 3 personnes, mais du coup il n'y avait que moi car ils n'ont pas trouvé d'autres volontaires pour 7 jours.
Bon plan pour le prix d'un trek à 3 je me retrouve avec un guide privé, ca le fait. L'agence me contact à Chang Mai pour me dire que le guide veut me rencontrer, la on se fixe un rendez vous, il veut connaitre la personne avant de partir 7 jours avec elle. La je le rencontre, Tommy, il me dit qu'il est chinois, puis qu'il a vécu en
Birmanie avant de venir en
Thailande. Un peu mystérieux le type, mais il sent le vécu à plein nez..... J'adore

Du coup nous voila parti, on prend le bus local de Chang Mai, après 3 heures de route et quelque changement de bus nous arrivons à un arrêt au fin fond des collines thailandaises. Quand le bus nous lache je sens que ca va être dépaysant, parcque à part la route et les 3 personnes de la tribu white Karen qui descendent au même endroit que nous je vois rien d'autre, que des arbres.....
En fait nous sommes à 20 minutes à pied d'un village de Karen que apparement Tommy connait, là on y retrouve un ami à lui"sappo" et un autre qui est père de famille "moo"... Vu que la nuit commence à tomber, on se pose au village ou on va dormir avant de vraiment se lancer le lendemain. Le soir je comprends vite que Tommy aime bien l'alcool de riz, du coup on se prend une bonne cuite, et sa lie d'amitié. Ce soir là il y'a une image que j'oublierai jamais, Tommy tout bourré qui ouvre une canette de thon à la tomate, il est assis en tailleur, coince la boite entre ses deux pieds, et sort sa machette (50 centimétres elle devait faire la lame) et met des grands coups sur la boite avec la pointe de la lame pour ouvrir la boite. Vu comme il était cuit, j'admire la précision parcque étant donné que la boite est entre ses pieds il faut pas rater son coup.
Le lendemain on part aux aurores, on a de longues heures de marche devant nous, au réveil on fait moins les fougueux que la veille au soir, "ca fait mal a la tête l'alcool de riz". Sappo et Moo nous accompagnent, et quitte leur village pour faire un bout de chemin avec nous.
Bref chaque journée serait longue à raconter, nous allions de village en village, mais pour en revenir au plan galère, le 4em jour nos 2 amis nous quittent et rentre chez eux. Tommy avait choisit de sortir des sentiers battus, et les villages ou nous allions ils ne les avaient jamais visités lors de trek précédent. Du coup le 4em jour on se retrouve dans un village inconnu, et le lendemain aucune idée d'ou on allait, le matin on se lève tot on fait bouillir de l'eau de la rivière dans une casserole pour pouvoir la mettre dans nos bouteilles et la boire pendant la journée. Puis on reprend la route vers 8 heures. Sauf qu'on sait pas ou aller, mais on prend un chemin, puis vers le début d'après midi Tommy m'avoue que maintenant il sait pas trop ou on est, d'habitude en journée on croisait quelques personnes de tribus sur les chemins, mais cette journée là on a pas vu un chat. Vers 2 heure de l'aprem on se demande si on retourne au village ou bien si on insiste a continuer. Etant donné le temps pour revenir on se dit qu'on ne pourra pas revenir au village d'ou on est parti le matin, et puis on n'est pas sur de retrouver la route. Donc on insiste, mais 1 heure plus tard le chemin, s'efface et on se retrouve au milieu de nul part, des forets de bambou de lianes....... La jungle quoi. Là je sens que tommy commence à être moins serein, et moi encore moins. On s'arrete, je me pose sur un tronc, et je crois que j'ai eu un des plus grands moments de solitude. En gros tu dis "putain qu'est ce que je fous là, au fin fond de la jungle, où on est?", en plus pas bu de la journée, la casserole ou on avait fait bouillir l'eau le matin servait a faire cuir des abats de poulet, ou je sais pas quoi, mais même en étant déshydraté j'ai pas pu la boire, imaginez le gout.
Du coup Tommy se prend un coup de speed, "faut qu'on trouve une rivière, les rivières ménent à des cultures de riz", et nous revoila parti a travers la jungle, pour avancer de quelques mètres c'était super long, plein d'obstacles et de végétation, avec les kilos du sac, la soif de la journée, et les repas composés d'une boite de thon et de riz depuis 4 jours, la chaleur humide et surtout on savait même pas ou on allait. Ben voila on était perdu au fin fond de la jungle thailandaise. Pour trouver une rivière on descend les collines. Au bout d'un moment, on tombe sur une rivière, j'étais déja super content, de une car on a plus de chance de retrouver des ames qui vive près d'un point d'eau et de deux après l'avancée laborieuse à travers la flore, au moins en marchant dans la rivière on avance plus rapidement, on a pas à coupé des lianes, enjambé des troncs, se frayer un chemin à travers les bambous. Soudain on entend des voix, et là ô joie, mais en s'approchant on aperçoit à environ 80 mètres une personne plus agée avec un jeune, Tommy qui parlait les dialectes commence à les appeler, mais là ils partent en courant. Bon ben ca sera pas pour maintenant. Mais après l'incertitude de pas avoir ou on était, on savait qu'il y'avait des chances de trouver un village dans le coin, et assez vite car la nuit allait bientot tomber, et sans couverture lampe ou hamac on était vraiment mal barré, entre les arraignées, les fourmis rouge géantes, les moustiques et autres sale bête.......
Après encore une heure on tombe sur un champ de riz et des terres cultivés, donc proche d'un village. On a suivit un chemin, et 3/4 d'heure plus tard on arrivait au village. Quand on y est arrivé la nuit était tombée. Mais je crois que j'étais le plus heureux du monde et Tommy partageait le même sentiment.
Dans le village où nous sommes arrivés ils n'avaient jamais vu un Européen, je me suis senti comme un homme débarqué d'une autre planéte. Les enfants partaient en courant, se cachaient, le village entier était sorti des maisons pour voir ce qu'il se passait.
Finalement suite à nos écarts de route le trek de 7 jours en a pris 10. Et on a fini en stop pour retourner à Chang mai.
Le pire c'est de te dire que t'es vraiment perdu, que tu n'est pas sur un jour de rentrer, on n'avait aucun repère, puis vu le nombre d'heures marché en 10 jours je commençais à me demander si on allait pas arriver en
Birmanie 
Maintenant j'en rigole, mais sur le coup tu te prends des bons coup de flippe. Mais avec du recul c'est une aventure inoubliable.