désolée Elsie, je pensais répondre sur Jack
London... en fait c'est l'autobiographie romancée de Jack
London qui s'appelle Martin Eden... très émouvant... encore une vie de souffrances bien remplie...
Cette discussion me passionne... J'ai le même problème que toi... à tel point que j'ai arrêté de voyager pendant plusieurs années, car je voulais privilégier le voyage intérieur, la créativité... jusqu'à ce qu'une copine me secoue les puces en me faisant remarquer que les années passent vite... (une sculptrice, d'ailleurs...). D'autant que ça n'a évidemment pas marché...
Mais après il y a les tempéraments...
Je suis plutôt quelqu'un qui a la bougeotte... alors que mon copain n'est jamais aussi bien que dans son jardin ou au haut d'une montagne, dont il ne peut plus bouger pendant des semaines... et pourtant, je pense qu'il "voyage" plus que moi... du moins dans sa tête... un rêveur...
quant aux voyageurs des 4 murs, les prisonniers... je me permets de retranscrire un poème de Nazim Hikmet, emprisonné pendant plus de 30 ans en
Turquie, car communiste...
VOILA
Je suis dans la clarté qui s'avance
Mes mains sont toutes pleines de désirs, le monde est beau.
Mes yeux ne se lassent pas de voir les arbres,
Les arbres si pleins d'espoir, les arbres si verts.
Un sentier ensoleillé s'en va à travers les mûriers
Je suis à la fenêtre de l'infirmerie.
Je ne sens pas l'odeur des médicaments,
Les oeillets ont dû s'ouvrir quelque part.
Etre captif, là n'est pas la question,
Il s'agit de ne pas se rendre, voilà.
1948
Et je ne résiste pas à recopier aussi...
LE VOYAGE
Le voyage on le fait sur un cargo de charbon
Reste-t-il port où l'on ne se soit encore battu?
Reste-t-il tristesse que n'ayons encore chantée?
L'horizon qu'on voyait chaque matin devant
Ne l'a-t-on pas vu chaque soir derrière?
Que d'étoiles ont filé devant nous
Frôlant les eaux.
Chaque aurore n'était-elle pas le reflet
De notre grande nostalgie?
On y va malgré tout, n'est-ce-pas, on y va.
1948