a/s Westjet – Direction du service à la clientèle
Objet : Faute professionnelle et politique linguistique
Madame, Monsieur,
Soyez assuré que je ne voyagerai plus jamais avec Westjet.
Lors du vol 934 du 20 mars 2008 de
Montréal vers Fort Lauderdale, votre personnel de bord s’est obstiné à nous servir en anglais. J’ai été surpris de constater que trois agentes sur quatre parlaient un français respectable quand nous nous adressions à elles en français. Mais au moindre relâchement, l’anglais redevenait l’unique langue officielle. Qui donc étaient les clients dans cet avion, elles ou nous?
Nous n’avions pourtant encore rien vu. Lors du voyage de retour vers
Montréal (vol 939 du 25 mars 2008), le pilote s’est adressé aux voyageurs en anglais uniquement et l’équipage a carrément refusé de nous servir en français. Ces dames ainsi que le monsieur qui les assistait se sont obstinés dans leur refus avec une arrogance à vous faire serrer les dents.
Ma conjointe, après avoir commandé une boisson, a vu l’agente, impatientée, lui demander une précision en anglais. Ma conjointe ne l’ayant pas comprise, j’ai demandé d’être servi en français. Il n’en était pas question, me répondit-on, sourire en coin.
L’échange qui a suivi a été animé, ferme, mais poli de ma part. J’ai avancé que Westjet était une compagnie assujettie à la Loi canadienne sur les langues officielles, que la large majorité des voyageurs de cet avion était francophone, que notre destination était
Montréal et que nous avions payé notre billet. De ce fait, nous devions être servis en français. Celle qui semblait être la chef a rapidement pris le relais en élevant le ton, au bord de l’invective. Je tombais des nues. Plutôt même que de s’excuser de ne pouvoir fournir un service en français, elle a tenté, provocante et agressive, d’amener la dispute sur les plans politique et personnel en me servant les sempiternels arguments anti-minoritaires, bêtes et obtus.
J’avais beau répéter à cette dame qu’il n’était question ici que de service à la clientèle, de respect de la personne et de la loi, de politesse, de reconnaissance, bref, d’un strict échange commercial, rien n’y fit, le mépris était trop profond. On nous refusait le statut de clients à part entière, et on nous le refusait en nous engueulant.
Au bout du compte, ma conjointe n’a jamais eu sa boisson et j’ai dû insister, en anglais évidemment, pour obtenir un simple verre d’eau. Le reste du voyage fut unilingue anglais pour tous les voyageurs. Pas un « bonjour », ni un « s’il vous plaît », ni même un conciliant et rudimentaire « merci ».
Richard Désormeau