(An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Bonjour
Je suis Michka, et j'habite en Alsace.
Mon mari et moi sommes rentrés d'un voyage de 2 ans
en Europe et
Afrique du nord en camping car.
Donc contrairement à vous je n'ai pas voyagé seule, néanmoins,
la solitude, le blues....
Je me permets donc de vous dire, que ce n'est pas spécifique
aux gens qui voyagent en solo.
La solitude nous l'avons aussi vécu.
Mais bien davantage dans les régions françaises,
que dans les 25 pays européens que nous avions visités.
Cela en dépit de l'entretien régulier de notre véhicule, les travaux domestiques,
nous n'avions volontairement pas la télé, les activités domestiques
ne comblent pas la solitude que l'on ressent.
Quant à la déprime, si c'est à tour de rôle ça va, l'autre est là pour vous remettre d'aplomb.
Il arrivait souvent que l'un contaminait l'autre....
Et les coups de gueules étaient fréquents... souvent liés au fait que contrairement
aux voyageurs pédestres, cyclismes, ou autos stoppeurs, un camping cariste est souvent
très très frustré de ne pouvoir passer la nuit ou il veut.
En couple il faut systématiquement tenir compte des envies, des goûts de l'autre....
ce qui suppose beaucoup de compromis.
De plus il n'y a pas toujours la place pour se garer n'importe ou....
Combien de fois ne nous sommes nous pas dit:" Mais quelle mouche nous a piqué pour partir ainsi!
Rester chez soi le soir devant la télé, nous connaissons nos voisins,
parlons la même langue, partageons la même culture..." la vie est tellement plus facile!
Outre le français, nous ne parlons très bien que l'allemand,
et avons profité de notre séjour en
Angleterre pour apprendre quelques peu l'anglais...
ce qui nous a été utile dans les pays suivants....
Contrairement à ce que l'on entend... l'allemand est très très utile.
Globalement, justement parce que nous sommes très ouverts aux autres...
la langue ce n'était pas un vrai problème...
Connaître au minimum les formules de politesse du pays accueillant facilite la vie.
Je pense que le problème, si problème il y a, c'est est davantage lié à l'épuisement moral.
Pour ce qui nous concerne, nous changions de pays en moyenne tous les 15 jours.
A chaque fois il faut s'adapter, la langue certes, la culture locale,
les habitudes alimentaires, le climat social, aux éventuels voisins de nuits
que nous allions rencontrés sur les aires de services, ou simplement dans une rue, un quartier, ou en pleine nature.
Entrer en relation verbale avec l'autre exige de soi un gros effort.
Au fil du temps on finit par communiquer avec tout ce que nous avons en nous.... mîme, dessin, et on tâtonne avec l'anglais, l'allemand, le français.....
Si bien qu'a la fin de notre périple nous ne savions plus très bien comment parler....
Comme les légionnaires, nous avions sans nous en rendre compte inventé une nouvelle langue....
Par ailleurs, nous n'avons plus vingt ans depuis longtemps....
se rajoutait à notre voyage les soucis générés par nos enfants....et la frustration de ne pas être présents lors de la naissance de nos petits enfants....
Nous sommes rentrés chez nous depuis 6 mois.... et maintenant pour sortir, nous devons nous faire violence....
TANT, nous sommes bien chez nous....
Bizarre non?
Je vous souhaite chers voyageurs, une très belle journée, et de très belles rencontres.