Bonjour à toutes et à tous,
Comme cela a été évoqué, pour l'anglais notamment, une des principales, voire la principale difficulté pour l'apprentissage d'une langue est son degré d'opacité.
Cher ArbaraElfo,
Merci pour votre manifeste pro domo en faveur de l'espéranto, manifeste auquel je me permets de réagir en tant que linguiste, en espérant que vous ne m'en voudrez pas trop...
Mille pardons mais l'orthographe d'une langue donnée ne constitue qu'une difficulté parmi d'autres, et certainement la principale... Prenez le cas du géorgien, pour ne citer que lui (n'y voyez aucun chauvinisme déplacé de ma part), et vous constaterez que bien qu'il se prononce comme il s'écrit, et inversement, il fait néanmoins partie des langues les plus complexes qui se puissent trouver dans le monde...
Ce terme de linguistique recouvre une donnée statistique portant sur le degré de concordance entre l'écrit et l'oral, c'est-à-dire le pourcentage de mots qui ne s'écrivent pas comme ils se prononcent et inversement.
L'anglais et le français figurent de loin parmi les langues les plus opaques du de notre continent, avec une opacité supérieure à 80 %.
Ce pourcentage que vous avancez est totalement arbitraire et devrait être ramené à environ 50%, ce qui ne serait déjà pas mal... Je me permets d'ajouter que les gaéliques irlandais et écossais sont encore plus « opaques » que l'anglais ou le français, ne se lisant que rarement comme ils s'écrivent...
Une phrase comme bidh i a' tighinn dhachaigh a dh'aithghearr (elle rentrera bientôt à la maison) ne se prononce absolument pas comme elle apparaît, et ce n'est qu'un exemple parmi des milliers...
Ce qui n'est pas le cas de l'allemand, où la principale discordance porte sur l'écriture des voyelles longues, que l'on fait suivre d'un "e" ou d'un "h".
Ce n'est pas vrai non plus... Certaines voyelles sont longues par nature, lorsqu'elles ne sont pas suivies d'une consonne doublée, notamment. Quelques exemples qui me viennent immédiatement à l'esprit : Vater, Brot, Tod, lägen, Boot, etc. ...
La seule langue entièrement transparente est la lingvo internacia (esperanto). D'où son succès croissant sur Internet, sa simplicité et sa syntaxe hyper-logique par agglutination d'affixes autour de la racine permettant de nuancer le langage et l'écrit de façon formelle, sans distorsion de compréhension entre les locuteurs.
Langue totalement artificielle créée voici une centaine d'années ne pouvant s'enorgueillir d'aucun passé époruvé, du point de vue historique, d'aucune littérature classique et destinée avant tout aux locuteurs de langues romanes, ce qui exclut ipso facto l'humanité dans son entier. Si un Finlandais, un Hongrois ou un Chinois devaient en aborder l'étude, par exemple, ils éprouveraient de multiples difficultés, à la différence d'un Français, d'un Italien ou d'un Espagnol...
Un institut allemand ('Institut de Pédagogie cybernétique de Paderborn:
http://fr.wikipedia.org/...tique_de_l'espéranto) a mené une étude sur la facilité d'apprentissage de l'allemand par des Européens non-germanophones de naissance.
Le protocole utilisé a consisté à étudier l'acquisition de l'allemand, (ainsi que des autres principales langues européennes pour comparaison) par une population précise, les élèves de classe de terminale ayant étudié une langue étrangère en première langue.
Le critère pris en compte a été la détermination du niveau moyen obtenu en allemand par le panel de Français au terme de ces 2 000 heures d'apprentissage d'allemand première langue.
Voici ce que cette étude a montré:
Pour obtenir le même niveau d'acquisition d'une autre langue, lorsque 2 000 heures d'allemand auront donc été nécessaires, il aura fallu:
1 500 heures d'anglais pour atteindre ce même niveau;
1 000 heures pour l'italien;
150 heures pour la lingvo internacia (esperanto).
Là encore, chiffres totalement fantaisistes ne tenant absolument pas compte de la personnalité de chaque élève et des facultés naturelles qu'il peut présenter ou non pour les langues précitées...
Ce qu'on peut en conclure:
L'allemand est très difficile à apprendre pour un Français du fait du vocabulaire initialement inconnu, car ces deux langues ne sont pas issues de la même filiation au sein des langues indo-européennes (branches germanique et latine, contrairement au couple français/anglais); l'autre difficulté étant d'ordre grammatical (déclinaison de l'allemand).
Les déclinaisons d'une langue sont loin d'en constituer la difficulté majeure, surtout celles de l'allemand plutôt aisées, par rapport à celles de l'islandais, par exemple...
La difficulté d'apprentissage des deux autres langues citées, l'anglais, l'italien et la lingvo internacia, est directement corrélée à son degré d'opacité.
Absolument pas d'accord, la prononciation de l'anglais étant autrement plus complexe que la façon dont il écrit ses phonèmes...
La facilité d'apprentissage de la lingvo internacia est la cause de son succès croissant sur Internet (pratiquée dans plus de 200 pays). D'abord parce que c'est la seule langue que l'on peut apprendre en autodidacte sur Internet.
On peut parfaitement apprendre d'autres langues sur Internet à la condition de s'y employer sérieusement, en frappant aux bonnes portes, si je puis m'exprimer ainsi, par le biais de sites fiables...
Cette langue est exclusivement construite sur des racines indo-européennes, dans les proportions suivantes:
- racines franco-italiennes: 40 %
- racines anglo-germaniques: 25 %
- racines slaves: 10 %
- puis: autres langues latines, grec.
Ne m'en veuillez pas si je ne vois vraiment pas en quoi cela représente un avantage...
La grammaire est régulière, à l'instar de la grammaire chinoise (mandarin) où persane (farsi)
Désolé mais la grammaire du fârsî est loin d'être régulière (voir la formation du pluriel et celle des noms d'origine arabe, la conjugaison où le verbe à l'infinitif présente parfois un autre thème dans les formes conjuguées du présent et du passé, les participes ou encore les verbes composés).
Cette langue est équitable, elle est la langue officielle d'aucun peuple ou nation. Elle est stricte et exclut toute forme de variante régionale.
Que veut dire « équitable », s'agissant d'une langue ? En quoi le fait que l'espéranto n'est la langue d'aucun peuple ou nation en facilite-t-il l'usage, du strict point de vue linguistique ?
Sa prononciation utilise des phonèmes universels, prononçables par tous.
Comme ceux du latin classique qui se prononce comme il s'écrit, par exemple...
L'Humanité a créé trois langages logiques universels et univoques: le langage mathématique, le solfège et la lingvo internacia. C'est comme c'est écrit, et ça s'écrit d'une seule façon.
Même s'il y aurait beaucoup à dire sur cette autre assertion, le solfège n'étant que l'aboutissement de plusieurs systèmes coexistants qui remontent à Pythagore, en quoi cela désigne-t-il l'espéranto comme langue mondiale ?
Des études de l'UE ont montré que l'anglais n'était réellement compris efficacement que par moins de 5 % des Européens non-anglophoes. L'UE a conclu à un échec de la généralisation de l'anglais.
Pardonnez-moi mais pouvez-vous citer les sources de ces chiffres abracadabrantesques, s'il vous plaît ?
Les problèmes découlant de l'usage d'une langue nationale comme langue véhiculaire sont les suivants:
- deux locuteurs dont l'anglais est pour l'un deux la langue natale provoque une dissymétrie en terme de rapport de force. L'échange n'est pas équitable.
- deux locuteurs non-anglophones de naissance utilisent leur anglais personnel, ayant des lacunes inévitables qui ne seront pas les mêmes que celles de son interlocuteur.
d'où des biais de compréhension.
Je suis au regret de vous affirmer que si l'espéranto devenait koinê internationale, il en irait de même...
Et puis il y a des précédents historiques d'usage de langues nationales comme langue véhiculaires. L'anglais n'est pas la première langue à avoir été utilisée sur un registre transnational.
Avant lui, il y a eu, près de nous deux langues qui ont suivi ce sinistre chemin: l'araméen au Proche-Orient et le latin dans le Bassin Méditerranéen.
Et aussi le français ou encore l'italien, et cela dès le XVIème siècle...
Ces langues étant parlées ... et dénaturées par des non natifs ont systématiquement périclité.
L'araméen s'est morcelé et a donné des apports importants à ce qui deviendra les langues sémitiques actuelles, et le latin a littéralement implosé en perdant ses déclinaisons qui faisaient sa richesse littéraire. "de la" est une forme grammaticale commune à toutes les langues latines actuelles, car cet abandon des déclinaisons est apparu au sein du latin-même du fait d'une succession de dégénérescence d'usage (latin populaire, bas latin). Car l'Empire Romain était en grande partie peuplé d'étrangers, de populations transfuges, au gré des conquêtes militaires et de l'accaparement d'esclaves.
Les déclinaisons d'une langue ne font nullement sa « richesse littéraire » : c'est le passé de la langue elle-même et ses auteurs qui la constituent... Cette histoire de la langue latine et de son évolution présente des raccourcis qu'il est impossible de ne pas réfuter, l'usage populaire d'une langue la faisant évoluer de façon naturelle...
De ces deux langues il ne reste rien en tant que telles. Une forme d'araméen tardif est encore pratiqué dans une zone géographique restreinte (région de Petra, Jordanie) et même le latin d'église n'a jamais été parlé comme tel dans une quelconque région et à une quelconque époque dans l'Empire Romain. C'est une reconstruction à usage interne au sein l'Eglise Apostolique et Romaine.
Il est évident que le latin dit « ecclésiastique » n'a jamais été parlé stricto sensu par les populations de l'Empire Romain, puisqu'il n'apparaît en tant que tel qu'avec les Carolingiens et notamment avec l'avènement de Charlemagne... Simple question de logique historique... Cela étant dit, le latin a toujours été la langue officielle des structures et ministères de l'Imperium, et cela jusqu'au milieu du XVème siècle.
D'autre part, je me permets de vous informer qu'il continue d'être pratiqué par des millions de passionnés au nombre desquels je me permets modestement de m'inclure. Il demeure aussi langue officielle du Vatican et notamment du Saint-Siège... Dire qu'il ne « reste rien » de la latinitas chère à Érasme ou à d'autres est plus que hâtif...
Ces précédents de mort annoncée d'une langue nationale "élevée" (ou rabaissée !...) au titre de langue véhiculaire inquiète sérieusement les linguistes et les écrivains Anglo-saxons actuels.
Cette menace pèse sur toutes les langues qui se trouvent réduites à l'état de langue vernaculaire, et en l'occurrence sur le globish actuel insupportable, pidgin monstrueux qui ferait bondir Byron, Twain ou Wilde...
Cette crainte est née il y a quelques décennies déjà en Grande-Bretagne, et a traversé l'Atlantique au point d'inquiéter l'Administration Américaine du Président Obama, celui-ci ayant évoqué l'étude d'un projet de loi ayant pour objectif d'instaurer l'apprentissage obligatoire de la lingvo internacia en deuxième langue, afin de promouvoir cette langue à l'échelle internationale, en lieu et place, à terme, de l'anglais. Nous connaissons le rôle du lobbying aux USA; ce projet de loi, s'il voit le jour, ne sera pas l'oeuvre d'un supposé lobby esperantiste, mais bien d'un lobby animé par des intellectuels américains soucieux de l'intégrité pérenne de leur langue.
Pourriez-vous, là encore, citer vos sources, s'il vous plaît ? En effet, ce scoop (pardonnez l'anglicisme) me paraît énorme...
Un petit stage obligatoire de 150 heures d'espéranto pour nos euro-technocrates, euro-bureaucrates, euro-députés et le personnel qui leur est adjoint, quelles économies en perspective pour nous autres contribuables européens !
La suppression des multiples organes européens malades et le retour urgent à l'Europe des Douze apparaîtra très bientôt comme le seul remède aux dépenses insensées et aux multiples maux dont les Européens souffrent actuellement. De surcroît, si nous devions élire une langue commune à toute l'Europe, il conviendrait de revenir au latin, et cela pour des raisons tant historiques que culturelles...
Bonne fin de journée !
Je ne fais plus de traductions, et surtout pas pour de vulgaires tatouages, qu'ils soient ou non tibétains...