Langue la plus difficile au monde?
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GE
Quelqu’un a récemment posé la question sur VF « quelles sont les langues les plus faciles à apprendre ? » (http://voyageforum.com/forum/langue_etrangere_plus_facile_apprendre_D4783600/).

Je me suis dit, pourquoi pas ne pas poser la question opposée ? Je ne crois pas que cela ait été fait sur VF (peut-être suis-je le seul fou ici ?), alors donc, pour m’amuser, j’ai fait un petit brin de recherche, dont je présente ici les résultats.

Une enquête a été menée par le site Lexiophiles (qui n’est pas un site exclusivement francophone) auprès de ses lecteurs afin de savoir quelle était, d'après eux, la langue la plus difficile à apprendre. Le vote comprenait 3 parties : La difficulté de prononciation, la difficulté d'écriture, et la difficulté d'apprendre la langue en général. Les langues en tête de liste, jugées difficiles sous chacun de ces trois rapports sont, « dans l’ordre » (on peut se demander s’il peut véritablement y avoir un ordre dans l’absolu) :

1. Le Mandarin

2. Le Polonais

3. L’Arabe

4. Le Hongrois

5. Le Japonais

6. L’Anglais

On reviendra sur ces langues, mais traitons ici-même de l’Anglais. Qu’il figure dans cette liste me surprend vraiment, car j’ai toujours entendu dire que c’est une langue facile, avis que je partage personnellement. Sa grammaire est particulièrement simple, si on compare au Français ou d’autres langues européennes. Le fait que l’Anglais soit cité dans cette enquête de Lexiophiles vient sans aucun doute que c’est la langue étrangère la plus connue à travers le monde, et pour des millions de gens qui n’ont pas vraiment essayé autre chose, oui, bien sûr, ils disent que c’est une langue difficile.

Il y a, puisque nous y sommes, cette théorie selon laquelle l’Anglais ait l’un des plus riches vocabulaires au monde. Les Britanniques se targuent souvent d’avoir beaucoup plus de vocabulaire que les Français. C’est possible, après tout l’Anglais a massivement emprunté au Français, comme tout le monde le sait, tout en gardant son vocabulaire germaniqe d’origine. De plus, l’Anglais a énormément développé un vocabulaire sur la base du Latin. Mais une très grande proportion de ce vocabulaire d’origine francaise ou latine n’est utilisé que dans des contextes « élevés », et non dans le langage de tous les jours.

Cette petite tirade sur l’Anglais montre combien il est difficile de répondre à la question posée : les gens usent de critères différents pour justifier leurs réponses.

Parmi les autres langues considérées difficiles par les lecteurs de Lexiophiles figurent le Basque, le Hindi, le Coréen …. et le Français. Puis aussi le Finnois (ou Finlandais, ou Suomi), le Lithuanien (7 cas de déclinaison), l’Islandais et le Grec (déclinaisons également).

En dehors de Lexiophiles, quelqu’un a dit sur le web qu’en Europe, les deux langues vraiment difficiles sont le Finnois et le Hongrois. Ces 2 langues ne sont pas de souche indo-européenne, mais ouralo-bouriate (notons que l’Estonien l’est aussi, et est proche du Finnois). Le Grec et le Russe (entre autres) ne sont pas, selon cette personne (du web), des obstacles insurmontables en ce qui concerne leurs alphabets, qui peuvent s’apprendre en quelques jours (ce avec quoi je suis d’accord).

Dans le reste du monde, et toujours selon cette personne, la langue la plus difficile serait le Khmer car certains sons sont quasi inaudibles pour les oreilles européennes. La même personne mentionne le Thaï dans la même foulée, ce qui enlève une bonne marge de crédibilité dans ses opinions, à mon avis. Le Thaï est loin d’être vraiment difficile phonétiquement, et de plus sa grammaire est de la plus grande simplicité. Mais, certes, son écriture est difficile : elle est très logique mais demande énormément d’efforts à assimiler. Que dire par contre des « langues à clics » de l’Afrique du Sud, le Xhosa par exemple ? Il semblerait que ces clics (qui marquent certaines consonnes) sont tout à fait uniques à ces langues.

Toujours la même personne juge que le Mandarin est accessible à celui qui veut, mais que par contre le Cantonnais « a aussi des sons très difficiles à percevoir ». Cela doit être par référence aux 9 tons du Cantonnais. Le Mandarin est si simple par comparaison, n’ayant que 4 tons (plus le ton neutre, en fait un 5-ème niveau de ton). Le Japonais serait plus facile (phonétiquement). Quant aux idéogrammes chinois et japonais, il suffirait d'en connaitre environ 500 pour pouvoir lire le journal. Mais une autre personne déclare que le Japonais serait la langue la plus difficile « sans l'ombre d'un doute », car (dit-elle) on estime à huit années le temps d'étude nécessaire à un Français pour le parler parfaitement! Cela ne veut pas dire grand-chose, car je connais pas mal de gens qui peuvent passer plusieurs années à « apprendre » une langue étrangère même réputée plus simple (l’Anglais par exemple) et qui n’arriveront toujours pas à parler correctement. Il faudrait aussi définir « année d’étude ».

Ouf! Je vais faire une pause.... 🙂
DE DeCléricy Veteran ·
À mon humble avis la langue la plus difficile à apprendre est la langue de bois et seule une infime minorité la maitrise parfaitement.

Quant à l’anglais, je sais qu’il existe une étude réalisée il y a plus de 20 ans où l’on mettait en situation un concierge parisien et londonien. Le Parisien à Londres devait, pour exercer efficacement son métier, connaître une douzaine de verbes conjugués au présent, au passé simple et au futur avec les deux auxiliaires (avoir et être) en plus de connaître environ 800 mots de vocabulaire courant.

Par contre, son homologue londonien, en exercice à Paris, devait connaître environ trente verbes et près de 1 200 mots de vocabulaire français.

Sinon je trouve très difficile l’inuktitut canadien et la langue iroquoise est plus complexe que l’algonquien.

Peut être est-ce que parce que j’ai du sang Indien… à droite sur le pare choc avant. 😉

DeCléricy
J’en appelle à vous ô Muses Où tant ma vie passe et s’use Qu’encore et toujours j’aime Mes soeurs Galère et Bohème
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Sûr qu'on ne trouve pas trop d'opinions sur les langues amérindiennes (mais attends, on va faire un effort!), ni d'ailleurs sur les langues africaines ou de la Nouvelle-Guinée (il y en a une triple flopée!).

Merci donc pour ta pointe d'humour, ton anecdote Paris-Londres, et je suis sûr que tous nos lecteurs tomberont d'accord avec toi en ce qui concerne l'Inuktitut et l'Iroquois.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mais nous sommes loin d'être arrivés au fond de la chose. Il est évident que la difficulté d’une langue dépend de la personne : si je trouve personnellement le Portugais plutôt facile (étant Français et familier avec l’Italien), je ne serais pas étonné qu’un Japonais ou un Afghan le trouvent plutôt rébarbatif. Nous pourrions donc nous poser la question : qu’en pensent les non-francophones? Les anglophones, par exemple, trouvent eux que sur 63 langues analysées (par le Foreign Service Institute of the US Department of State) les 5 plus difficiles à apprendre à parler et à lire sont l’Arabe, le Cantonais, le Mandarin, le Japonais et le Coréen. Il faut, disent-ils 88 semaines (2200 heures de classe) pour y arriver avec ces langues. Ils remarquent de plus que le Japonais est typiquement plus difficile à apprendre que les autres langues très difficiles. Le Finnois, le Hongrois et l’Estonien figurent aussi parmi les langues les plus difficiles à cause de la complexité de leurs déclinaisons et de plus ces langues sont encore plus dures à prononcer que les langues asiatiques parce qu’elles ont des consonnes assez tordues.

Voici, d’après une autre source anglo-saxonne, 10 langues qui se disputent le titre de langue la plus difficile (en tout cas pour les anglophones):

1) Le Mandarin: surtout à cause de son écriture compliquée, sans correspondance immédiate avec la prononciation. Système tonal. Grand nombre d’homonymes, par exemple la prononciation "shì" est associée à plus de 30 morphèmes différents. La langue parlée n’est pas aussi difficile que les gens se l’imaginent, et la grammaire est très simple. On peut apprendre à le parler en 1 an, mais il faut 3 à 4 ans au moins pour l’écrire.

2) L’Arabe (langue flexionnelle): écriture difficile qui n’indique pas les voyelles. Sons difficiles et mots encore plus difficiles. Grand nombre de formes verbales et grammaire difficile. Grande variété de dialectes qui sont aussi distinct les uns des autres que disons le Français et l’Espagnol.

3) Le Tuyuca: langue Amazonienne. Sa prononciation n’est pas trop difficile, mais la langue est très fortement agglutinante. On estime que cette langue comporte entre 50 et 140 genres (classes nominales). Il faut aussi que les verbes se terminent de façon à indiquer comment on sait ce dont on parle. Le journal Economist le cite comme la langue la plus difficile au monde. C’est sans doute pour ça qu’aucun pays n’a ouvert d’ambassade chez les Tuyucas ?

4) Le Hongrois (langue agglutinante) : sa déclinaison a 18 cas. Plein de suffixes. Prononciation très difficile.

5) Le Japonais (langue agglutinante) : l’une des raisons principales pour lesquelles le Japonais est si difficile est que l’écrit ne correspond pas à l’oral. On ne peut pas apprendre à parler le Japonais en apprenant à le lire, et vice versa. De plus, il y a 3 formes d’écriture à apprendre. Le système kanji utilise des caractères d’origine chinoise. Les étudiants doivent en apprendre 2 à 3,000 par cœur. Il n’y a pas d’aide mnémonique. L’écrit utilise également deux systèmes syllabaires: le katakana pour les mots d’emprunt et pour l’emphase; le hiragana pour les suffixes et les particules grammaticales. Le parler en soi est par contre moins difficile que son écriture. Le State Department (US) accorde 3 fois plus de temps à ses étudiants pour apprendre le Japonais que pour des langues comme l’Espagnol ou le Français.

6) Le Navajo (langue agglutinante) : Les Américains l’utilisaient comme code pendant la 2-me guerre mondiale, parce qu’il est très difficile, mais aussi parce qu’il n’y avait aucune grammaire ni aucun vocabulaire de publiés. Les Japonais n’avaient pas réussi á ” briser” le code. C’est ce qu’on appelle une langue poly-synthétique, où les mots sont formés par plusieurs morphèmes et sont souvent très longs (il me semble qu’il y a une certaine ambiguité antre « poly-synthétique » et « agglutinante »). Il en résulte aussi beaucoup de contractions, à l’instar du Japonais.

7) L’Estonien (langue agglutinante) : l’estonien représente une forme de transition entre langue agglutinante et langue flexionnelle. Il a un système de déclinaison très rigide. Il y a 14 cas : nominatif, génitif, partitif, illatif, inessif, élatif, allatif, adessif, ablatif, translatif, terminatif, essif, abessif et comitatif (il n’y a pas d’accusatif). C’est bien 2 fois plus que dans la plupart des langues slaves (mais c’est une langue finno-ougrienne !). La langue comporte aussi beaucoup d’exceptions grammaticales, et beaucoup de mots ont plusieurs significations.

8) Le Basque (langue agglutinante) : le Basque est le seul « isolat » d’Europe. C’est probablement la langue la plus ancienne d’Europe, et il est impossible de le relier à aucune langue indo-européenne. Il a 24 cas de déclinaison. C’est une langue synthétique, c.à.d. qu’il utilise les cas pour marquer les relations fonctionnelles entre les mots. Il a un système complexe pour dénote le sujet, l’objet direct et indirect etc…., tout cela étant intégré dans le verbe.

9) Le Polonais: 7 cas de déclinaison et plus d’exceptions grammaticales que de règles. L’Allemand n’a que 4 cas et ils sont tous logiques. Il semble que pour apprendre à utiliser les cas du Polonais, il faille en fait apprendre toute la langue ! De plus, la prononciation est difficile. Il faut être exact sinon les gens n’ont aucune idée de quoi on veut parler. Il y a 35 consonnes!

10) L’Islandais: très difficile à apprendre à cause de son vocabulaire archaïque et sa grammaire complexe. Il est dit que l’Islandais a conservé toutes les vieilles formes de déclinaison et de conjugaison, ce que je ne comprends pas très bien car je lis ailleurs qu’il n’a que quatre cas de déclinaison : nominatif, accusatif, datif et génitif.

Ce n'est encore pas le classement final, car entre autres il manque le Cantonais qui passe, d'après plusieurs sources, comme étant lus difficile que le Mandarin. Je vais donc devoir cogiter encore un brin là-dessus.

Ça n'a pas l'air d'exciter grand-monde (merci à De Cléricy pour son intervention 🙂), mais tant pis, je suis poussé par la curiosité et je continue!
DE DeCléricy Veteran ·
Ça n'a pas l'air d'exciter grand-monde

C’est comme en Eskabie. L’Eskabien sert uniquement à museler une Muse ou un Museau.

DeCléricy
J’en appelle à vous ô Muses Où tant ma vie passe et s’use Qu’encore et toujours j’aime Mes soeurs Galère et Bohème
TA Taamaden Veteran ·
On reviendra sur ces langues, mais traitons ici-même de l’Anglais. Qu’il figure dans cette liste me surprend vraiment, car j’ai toujours entendu dire que c’est une langue facile, avis que je partage personnellement.

Bonjour Georges,

un goût de te lire ...

"L’anglais est facile" est un des préjugés les plus répandus que je connais ... Sans blague. Pour ainsi dire, on le cultive même ...

On écoute souvent que l’anglais est structurellement assez facile et donc à apprendre les doigts dans le nez, ce qui explique prétendument la réussite de l’anglais. C’est peut-être vrai concernant l’apprentissage des connaissances de base mais en total, ce n’est pas fondé. La "simplicité" de l’anglais est trompeuse !

D’abord, si l’on commence à apprendre anglais, la grammaire et aussi le vocabulaire sont conciliants : il n’y a pas de flexion appréciable (contrairement à l’allemand), pas de subjonctif (comme en français), peu de verbes irréguliers. Donc, on a assez vite un vocabulaire de base pour communiquer, le soi-disant basic english. Ce basic english est la vraie langue internationale de nos jours.

Et c’est vraiment énorme, ce qu’on peut dire avec ce petit stock de verbes anglais – la plupart du temps monosyllabiques – qui sont : give, go, have, put, take ... Regarde un bon lexique anglais : des articles des plusieurs pages pour chacun de ces cinq verbes cités, incroyable. Tu vas peut-être dire "ei, le français a aller, avoir, donner, mettre, prendre etc." (mais c’est pas la même chose, c’est rien comparé aux give, go, have, put, take). De plus, le changement glissant des catégories de mot (parts of speech) : les verbes et les adjectifs sont substantivés, les substantifs et même des prépositions sont verbalisés : to down tools, he upped and left. C’est vraiment du pragmatisme anglo-saxon : peut-on être plus économique ?! A peine ...

La réussite de l’anglais est sa sincérité, il se met toujours en mouvement et est prêt d’absorber l’actuel (faut comparer avec le français, c’est l'antipode total !). Son esprit, sa proximité au slang et à la sub-culture, son insolence irrespectueuse font la différence. Et tout cela explique aussi le boom des anglicismes ! Le mot "laptop" n’est rien d’autre qu’un trait de génie linguistique …

La langue anglaise est nonchalante mais aussi highbrow (hyperintellectuel), non seulement anglo-saxonne mais aussi – depuis le 11ième siècle – très romanisée, complétée par des emprunts latin-grecs. La pression de la réduction s’adresse contre la diversité infinie des synonymes du vocabulaire anglais : on risque de confondre le médecin (physician) avec le physicien (physicist) et le sensible (sensitive) avec le raisonnable (sensible). Et surtout la traduction de l’anglais à l’allemand peut être très perfide : une warehouse (fr. magasin, stock) n’est pas du tout une Warenhaus (fr. grand magasin), un textbook (fr. manuel) n’est pas du tout un Textbuch (fr. livret), un gymnasium (fr. gymnase) pas du tout un Gymnasium (fr. lycée), un receipt (fr. quittance, reçu) pas du tout un Rezept (fr. remède), un undertaker (fr. pompes funèbres) pas du tout un Unternehmer (fr. entrepreneur), une fabric (fr. étoffe, tissu) pas du tout une Fabrik (fr. usine), un liquor (fr. liquide) pas du tout un Likör (fr. liqueur). Voilà, des pièges en masse. Pas toujours simple de les reconnaître ! De plus, la synonymie de l’anglais nous offre souvent une multitude de termes pour un seul mot allemand (ou français). Par exemple, si l’on cherche pour le mot allemand "Schlucht" (ravin) son équivalent anglais, on trouve : gorge, chasm, clough, canyon, couloir, crevasse, crevice, cleft, gap, glen, rift, fissure, defile, gulch, gully, ravine. Et Georges, tu sais bien, apprendre la différenciation sémantique, le correct usage avec ces nombreuses sensibilités/nuances de sens ainsi que la sûreté dans les rapports avec les expressions idiomatiques compliquées du vocabulaire de base anglais, c’est vraiment une tâche pour la vie : ici, gulch est-il meilleur que gully ou non, et là, faut-il préférer rift ou plutôt canyon ?!

En résumé, le terrain anglo-saxon, à première vue siiiii ouvert et attrayant, est plein de perfidies et d’entraves, c’est sûr !!!

Dernier argument contre la soi-disant "simplicité" de l’anglais : l’orthographe. Il y a peu de langues où la langue écrite et la langue parlée divergent tant que l’anglais (à part le néogrec, le gallois et ???). L’anglais a été peu systématiquement fixé il y a 600 ans, et depuis ... ?! On ne peut pas dire que les Britanniques sont des combattants passionnés pour une réforme de l'orthographe. Déjà l’écrivain G.B. Shaw a proposé, par plein sarcasme, d’écrire le mot "fish" (poisson) par "ghoti". Pourquoi "ghoti" ?! Tout simple ...

le f comme dans tough le i comme dans women le sh comme dans nation

Il y a tant de gens qui disent "Je maîtrise anglais" mais 90% d’eux sont des menteurs ou au moins des frimeurs qui surestiment immodérément leurs connassainces de l’anglais. Donc, il ne faut pas le croire. La langue anglaise est une langue assez compliquée et pas du tout facile, au moins au cas où l’on ne voudrait pas se contenter avec "How are you ?", "It’s fine" et "I love you" ... Perso, j'aime beaucoup l'anglais : très pratique, très souple, très belle !

Petite remarque finale à l'ensemble des langues mentionnées : en tant qu’avocat des langues d’Afrique, il m’importe de dire que beaucoup de langues africaines sont très très difficiles et complexes, le haoussa, le yoruba, le fulfuldé, le tamasheq, le fur, le kanuri, beaucoup de langues éthiopiennes dont le beria, le gurage, le zay, etc. etc. Sans oublier les langues khoisan (autrefois nommées langues bushman ou hottentotes), phylum le plus petit d’Afrique (une trentaine de langues appartenant à cette famille). Les langues khoisan sont caractérisées par des systèmes phonétiques parmi les plus complexes du monde, dont les clicks sont la marque la plus audible ...

Les Britanniques se targuent souvent d’avoir beaucoup plus de vocabulaire que les Français. C’est possible, après tout l’Anglais a massivement emprunté au Français

C'est sûr. Mais seulement à condition du fait que les Britanniques ont emprunté au français ?! Ah ah ah, n'est-ce pas un peu chauviniste ... ?! Le vocabulaire allemand surmonte de loin celui du français mais certainement pas à cause des emprunts français ...

Au fond, je ne crois pas qu’il y ait une langue facile !!!!!!!!!!

Bonne journée, Herbert
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Herbert,

Je m’attendais un peu à ce que tu te manifestes sur mon poste. 🙂

Ouf, tu en dis des choses sur l’Anglais. Je n’ai pas le temps de tout cogiter sur le coup, mais je vais tout de suite répondre en ce qui concerne le « vocabulaire Français » et le « vocabulaire « Allemand » ». Tout d’abord, tu devrais savoir (car nous nous sommes déjà rencontrés sur VF, il y a quelques années) que je ne suis pas atteint par une crise de chauvinisme, loin de là. Sais-tu que je me sens un peu « germanique » moi-même, sur les bords, étant Alsacien d’origine ?

J’ai bien dit (je crois) que l’Anglais est, fondamentalement, une langue germanique. Quiconque ne le sait pas ne sait vraiment pas grand-chose de l’Anglais. Avant la conquête normande, les habitants d’une grande partie de l’Angleterre d’aujourd’hui parlaient des dialectes anglo-saxons directement reliés à leurs origines d’un espace compris quelque part entre le nord (Schleswig-Holstein) et l’est de l’Allemagne d’aujourd’hui, qu’ils ont commencé à quitter vers le 5-ème siècle. La fusion de ces dialectes a donné le « Vieil Anglais », très germanique donc mais avec une influence très forte des dialectes scandinaves parlés par les Vikings (avec lesquels les Anglo-Saxons se disputaient le territoire britannique) – scandinaves donc encore une autre source germanique, de fait.

Il n’y a donc aucune surprise de trouver un riche vocabulaire d’origine germanique en Anglais, dont voici quelques exemples un peu au hasard (il y en aurait des centaines, sinon des milliers): le tableau en jpeg ci-dessous.

Donc, quand tu parles de « vocabulaire Allemand », je suis sûr que tu veux parler de ce vieux fond de « vocabulaire germanique », mais il me semble faux de parler de « vocabulaire Allemand ».

Je maîtrise parfaitement l’Anglais, à l’oral aussi bien qu’à l’écrit. Je persisterai à dire que c’est une langue plus facile que beaucoup d’autres. Je pense aussi que dire que toutes les langues sont aussi difficiles les unes que les autres est complètement faux.

Quant aux langues africaines, effectivement, elles ne sont pas citées en général par les gens qui parlent de la difficulté des langues – parce que ces langues ne sont pas étudiées par le « grand public ». Donc merci à toi pour en dire quelques mots, vu que tu en sais beaucoup plus long à leur sujet que la moyenne (moi-même, je n’y connais strictement rien).
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Enfin, un autre site anglophone assez bien construit sur le sujet est « How to learn any language » http://how-to-learn-any-language.com/e/languages/most-difficult-languages.html.

- Il classe en tête de liste le Mandarin, le Coréen, le Japonais, l’Arabe et le Cantonais.

- Très difficiles, mais un peu moins, seraient le Hongrois, le Polonais, le Grec, le Slovaque, le Serbo-Croate, le Tchèque, le Roumain, le Bulgare, l’Ukrainien, le Russe, le Thai et le Finnois.

- Le Français n’apparaît qu’au 3-ème rang de difficulté, avec le Turc, l’Allemand, le Néerlandais, les langues Scandinaves, le Hindi/Ourdou, le Farsi et le Bengali.

- L’Indonésien, l’Anglais, l’Italien, le Portugais, et l’Espagnol sont percues comme relativement faciles à apprendre.

Pour compléter les brèves descriptions des langues données plus haut, ce site nous dit du Coréen, l’une des langues les plus difficiles, qu’il est d’apparence plus simple que le Mandarin ou le Japonais puisqu’il n’est pas tonal, d’une part, et utilise un alphabet, d’autre part. Cependant, on se perd dans un dédale grammatical, et l’alphabet est supplémenté par un système idéographique dérivé du Chinois. Beaucoup de sons échappent aux oreilles occidentales.

Et que dit-on du Français ? Très utile pour visiter le pays le plus touristiqué au monde (ce n’est pas moi qui le dis), car (texto) « les Français sont peut-être forts intellectuellement mais ce ne sont pas de polyglottes ». Une langue très « chic » à apprendre, car « associée à la haute couture, la gastronomie, la culture, les vins fins et un très beau pays ». Mais pour que le Français soit vraiment utile, il faut suffisamment bien le parler « car les Français ont tendance à ne pas voir les fautes de langage d’un bon œil». Orthographe, conjugaison et phonétique difficiles. Par contre, l’auteur de ces lignes déclare que la grammaire n’est pas si compliquée que ça. Les difficultés essentielles étant la conjugaison compliquée (comme toutes les autres langues latines), les deux genres (masculin / féminin) et l’orthographe. Plus le fait qu’il y ait beaucoup d’exceptions, mais (dit l’auteur) « pas plus que l’Anglais », ce avec quoi je ne suis pas d’accord.

Donc, le Français est difficile oui, mais relativement parlant il y aurait un bon nombre de langues bien plus difficiles à apprendre. Gros clou planté dans le cercueil de la théorie bien connue comme quoi le Français serait la langue la plus compliquée au monde (c’est en tout cas ce que j’ai souvent entendu dire par des Français).

Cocorico étranglé ! 😕
RO Rogas Veteran ·
Pour moi, la langue la plus difficile à apprendre est précisément sa langue maternelle, en l'occurrence le français. Combien de membres du forum peuvent-ils se targuer de parler et surtout d'écrire correctement leur langue ? D'une façon générale, les langues les plus difficiles à apprendre sont celles dont la phonétique diverge fortement de l'orthographe, entre autres le français, l'anglais, le russe, pour se cantonner au domaine européen.
All Daag, lo geet mueres mäi Wecker. Äls éischt, gin ech da bei den Bäcker. Léif Madame, maacht mir séchs Mötchen dran. S'il vous plaît, parlez-vous pas français ?
ZU Zurab Regular ·
Mes salutations à tout le monde ici !

Voilà un fil de discussion intéressant, la majeure partie des gens semblant s'inquiéter bien plus de l'apprentissage des langues aisées que de celui de celles qui ne sont pas faciles à dominer...

Je me permettrai de manifester mon désaccord préalable avec le classement de Lexiophiles qui présente le polonais, l'arabe et le hongrois comme plus complexes que le japonais !! Si la phonologie du japonais est en effet relativement aisée – quoique elle comporte des difficultés non négligeables touchant le traitement du phonème « s », les nasales, les consonnes géminées ou celles situées devant /e/ & /i/, par exemple –, sa lecture et son écriture sont d'une complexité rare, sans parler de sa grammaire... Dans le même ordre d'idées, je suis étonné de lire que le khmer serait perçu comme la langue la plus ardue au monde... J'estime que l'écriture, la lecture et la phonologie du tibétain central sont autrement plus compliqués... Je m'étonne par ailleurs de ne voir citées que des langues archi-connues...

Je ne trouve pas que le thaï soit si aisé que cela phonétiquement, et encore moins « logique » du point de vue de l'écriture, eu égard aux consonnes ou groupes consonantiques qui s'articulent d'une seule manière mais peuvent s'écrire de plusieurs façons différentes, particularités qu'on retrouve en tibétain, en français, en arménien et dans d'autres langues. ..Quant au fait que le cantonnais compterait neuf tons, il ne fait pas l'unanimité, beaucoup de linguistes n'en dénombrant « que » six... Des querelles similaires existent à propos des dialectes tibétains ayant développé un système tonal, les spécialistes ne parvenant pas à se mettre d'accord quant à leur nombre, la notion de ton dépendant de la perception que chacun en a, ce qui en rend assez arbitraire la définition, quelque part...

Ne parlons pas de langues caucasiques comme l'oubykh (désormais éteint), le kabarde ou l'abkhaze, extrêmement complexes du point de vue phonétique et grammatical (cf. leur système verbal). Le géorgien est loin d'être simple, lui aussi, à l'instar du basque dont le seul mérite est de présenter un système phonétique abordable... Ne mentionnons pas non plus le navajo, le lakhota, le nuxalk et le shuswap (de la branche salish), le tlingit ou l'otomi, pour ne citer que ces seuls exemples amérindiens, eux aussi extrêmement difficiles, en l'occurrence du simple aspect verbal... On pourrait également saluer le sanskrit, le grec attique et le latin qui offrent nombre de casse-tête grammaticaux...

En ce qui me concerne et si cela peut intéresser les participants à cette thématique, le !xóõ (une langue khoïsan du Botswana et de Namibie faisant partie des idiomes dits « à clics » et composée de deux dialectes) est la langue la plus compliquée que j'aie jusqu'à ce jour étudiée : système phonologique en tous points terrible (le linguiste Anthony Traill avance les chiffres suivants : 4 tons, 87 consonnes, 43 clics & près de 30 voyelles en tenant compte de toutes les combinaisons), grammaire plus que costaude, le système verbal, notamment... Je placerai juste après le kabarde, le navajo, le nuxalk, le lakhota et le japonais...

Le russe est plus complexe que le polonais du point de vue grammatical car il comporte quasiment autant d'exceptions que de régularités et un accent tonique d'une grande mobilité, que ce soit dans les déclinaisons ou les conjugaisons, à la différence de celui du polonais qui tombe systématiquement sur la pénultième... Cela en fait à mon sens la plus complexe des langues slaves, avec le tchèque...

Dire que les quatre cas allemands sont « logiques » ne fait pas de l'allemand une langue régulière et aisée pour autant : du point de vue de sa morpho-syntaxe pure, l'allemand est aussi complexe que le polonais... Pour le polonais, c'est avant tout sa phonologie qui offre le plus de difficultés, et notamment les lois inhérentes à la palatalisation slavonne de certaines consonnes (l'opposition dure/mouillée) qu'on retrouve en russe et en ukrainien ou au traitement des nasales poussé à l'extrême...

Sinon, l'affirmation consistant à dire que le vocabulaire de l'anglais est le plus riche au monde relève d'un mythe : si l'on tient compte de tous les champs sémantiques, celui du français est aussi riche, ne serait-ce que si l'on inclut le lexique artistique, littéraire, culinaire, religieux, botanique, médical ou tout simplement scientifique, à base gréco-latine... Il en va de même pour d'autres langues valeureuses tels l'italien, l'allemand, le japonais ou même le tibétain. Contrairement à une idée trop largement reçue, plus de la moitié du vocabulaire de l'anglais provient avant tout du français dans sa variante normande (du moins est-ce la thèse communément admise, mise au goût du jour par la linguiste Henriette Walter), réalité linguistique dont l'origine remonte à 1066 qui marqua la conquête de l'Angleterre saxonne par Guillaume le Conquérant... Il suffit de considérer la proximité lexicale de l'anglais et du français pour s'en convaincre, n'en déplaise à d'aucuns qui voudraient que le lexique de l'anglais fût directement issu du latin.

Je prends également la liberté de réagir à quelques autres éléments que vous avez soulevés, GeorgesOZ, en espérant ne pas me montrer malvenu :

– Pour lire un journal japonais, il convient de maîtriser quelque deux mille caractères – deux mille cent trente-six qu'on désigne de jôyô kanji, ou « caractères de tous les jours », pour être vraiment précis – correspondant à ceux que tout Japonais est censé dominer à la fin de l'équivalent du lycée (avant 1980, ce chiffre était de mille neuf cent quarante-cinq) et eu égard à la modeste expérience que j'ai de cette langue, j'affirme que cinq cents ne suffisent absolument pas...

– Quoique très déroutant de prime abord, l'inuktitut n'est à mon sens pas très compliqué – la variante kalaallisut du Groenland est toutefois plus délicate d'apprentissage – car tout comme le quechua ou le turc, par exemple, il ne comporte aucune exception... Il en va de même du finnois, du hongrois et de l'estonien qui présentent une grammaire très régulière, même s'ils figurent parmi les langues finno-ougriennes présentant le plus de désinences casuelles et de suffixes... Je m'empresse d'ajouter que je trouve le système phonétique de ces trois langues bien plus facile que celui de la plupart des langues asiatiques.

– D'autre part, et pardon de me montrer quelque peu tatillon, le hongrois et le finnois ne sont pas ouralo-bouriates : ce sont des langues ouraliennes. Il faut noter que pour la langue de Finlande, le seul terme correct est « finnois », celui de « finlandais » se rapportant au peuple et au pays... En outre, contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'estonien possède bel et bien un accusatif qui n'est autre que le génitif, comme pour la plupart des langues ouraliennes du sous-groupe fennique. Il n'y a que certaines langues permiennes (dont le mari) qui distinguent encore l'accusatif (terminaison « -m ») du génitif (terminaison « -n »), sans doute par contamination du tatare & du tchouvache, tous deux du rameau turc mais dont l'aire linguistique est voisine de celle du mari.

– Quant au basque, rien ne permet de dire que ce soit la plus ancienne langue d'Europe, même si je serais tenté de pencher comme vous dans ce sens : du fait de l'absence de documents écrits, à une époque où l'oralité primait sur le reste, nul ne sera sans doute en mesure d'attester cela... Bien qu'ils aient disparu, l'étrusque, le scythe et le hittite sont eux aussi très anciens et d'une grande complexité...

Pardon pour la longueur de ce message et bonne fin d'après-midi !
Je ne fais plus de traductions, et surtout pas pour de vulgaires tatouages, qu'ils soient ou non tibétains...
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour et grand merci pour cette longue intervention. Je (et d'autres intéressés peut-être?) vais avoir à digérer un peu avant de pouvoir tenter une réponse. Mais ce n'est que partie remise! 🙂
KE Kedor Globetrotter ·
Donc, le Français est difficile oui, mais relativement parlant il y aurait un bon nombre de langues bien plus difficiles à apprendre. Gros clou planté dans le cercueil de la théorie bien connue comme quoi le Français serait la langue la plus compliquée au monde (c’est en tout cas ce que j’ai souvent entendu dire par des Français).

Cocorico étranglé !

C'est une impression que j'ai : en France, on adore les superlatifs, tout particulièrement lorsqu'il est question de la France et des français. "Le français" est "la plus belle langue du monde", "la plus riche", "la plus compliquée". Quel prestige mêlé de mystère ! Il en va de même que pour "la plus belle avenue du monde" : la vérification empirique de l'affirmation n'est pas facile 😉

Ce que je trouve intéressant ici n'est pas la classification de la difficulté objective des langues mais bien la subjectivité de ladite classification. La seule question pertinente à poser serait : quelles sont les langues les plus difficiles à apprendre pour "X". Quand on est locuteur tchèque, le slovaque est une formalité et le russe un jeu d'enfant. Quand on est français, l'espagnol n'est pas un obstacle insurmontable ni même le roumain, alors que ces deux dernières langues posent de vrais problèmes aux tchèques cités précédemment.
Qui veut chasser une migraine n'a qu'à boire toujours du bon
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour,

Je reviens sur cette discussion avec retard car je suis assez occupé par ailleurs. J’espère qu’il était clair que certaines opinions citées plus haut n’étaient pas de moi, mais rencontrées sur le net. Je les avais fournies pour alimenter la discussion.

Le polonais et l'arabe vs le japonais :

Je suis familier avec l’arabe et le russe (ce qui me permet d’avoir une petite idée de ce que le polonais peut être, que tu dis être plus simple). Je ne connais rien du japonais, mais à lire ce qu’on en dit, tu sembles bien avoir raison. Ton avis rejoint d’ailleurs celui de beaucoup d’autres personnes qui semblent savoir de quoi elles parlent. (Je me permets de te tutoyer 🙂).

Le khmer : je ne faisais que donner au passage l’opinion de qqn d’autre. J’ai entendu dire que sa prononciation est plutôt difficile, mais ce ne serait sans doute pas la seule langue à être difficile à prononcer pour beaucoup d’étrangers.

Le tibétain : totalement inconnu de moi, tu sembles savoir et je te fais toute confiance ….

« Je m'étonne par ailleurs de ne voir citées que des langues archi-connues... » : ce n’est pas trop surprenant, il n'y a pas beaucoup d'experts en la matière et participant à la discussion. Cependant, on a quand-même mentionné quelques langues plus « exotiques » des Amériques. Tu en cites toi-même un certain nombre qui semblent être d’une certaine difficulté.

La phonétique du thaï: je ne vois pas où serait la grande difficulté. Les consonnes sont « faciles » (comparées à l’arabe, par exemple !). Beaucoup dans le monde n’ont aucun problème à prononcer un « h » aspiré, un « ng » ou des diphtongues, ni à faire la différence entre syllabes longues et courtes (les Latins dont les Français font exception). Restent les tons, mais est-ce si difficile que ça ?

L’écriture du thaï : tu ne la trouves pas « logique », « eu égard aux consonnes ou groupes consonantiques qui s'articulent d'une seule manière mais peuvent s'écrire de plusieurs façons différentes ». Je crois que tu as là un certain préjugé. Pourquoi un caractère donné ne pourrait-il pas inclure le ton, en plus de son articulation phonétique ? C’est exactement ce que véhiculent les caractères de l’écriture thaïe, dans un système bien élaboré (on soupçonne une forte influence, par l’intermédiaire du khmer, des écoles linguistiques de l’Inde ancienne).

Si on prend l’exemple du « cho ching » et du « cho chang », il s’agit bien du même son « ch » (ou « tch » en français, comme dans « tchèque »), donc oui, d’accord : 2 caractères pour un phonème. Mais le fait qu’il y ait deux caractères différents reflète la classe consonantique dans laquelle le ton sera déterminé (classes « haute » et « basse » pour l’exemple donné). Ce qui complique l’affaire, c’est qu’il y a en thaï un certain nombre de caractères obsolètes (mais donc très peu utilisés) ainsi que des caractères différents pour certains mots dérivés des langues indiennes alors que la prononciation thaïe ne peut pas différencier. C’est un peu comme ce qui se passe avec toutes ces consonnes arabes que les locuteurs du farsi / persan (qui véhicule un très grand nombre de mots dérivés de l’arabe), ne peuvent pas différencier : « zal », « ze », « za », « zad » … « te » et « ta », etc…. se prononcent de la même façon (« z » et « t ») en farsi, mais pas en arabe. Un autre excellent exemple : les deux « h » de l’arabe sont vraiment des sons très différents mais sont prononcés exactement de la même façon en farsi, donc « deux caractères pour le même son ».

Bien sûr, on peut regretter que les Thaïs n’aient pas opté pour un système plus simple à apprendre (pour les étrangers), usant des signes diacritiques (comme le pinyin) ou une codification à la fin de chaque mot comme le Hmong (système RPA créé par des missionnaires, par lequel on indique le ton avec certaines lettres écrites en fin de mot).

Puisqu’on évoque le Hmong, les tons sont tellement signifiants que, paraît-il, les gens peuvent communiquer simplement en chantant les tons, sans prononcer les mots eux-mêmes. Les amoureux clandestins, dit-on, se parleraient en usant de guimbardes…. 😉 C’est pour dire à quel point on fait erreur quand on ne fait pas attention aux tons dans les langues tonales. Avis aux amateurs pour le thaï (et autres langues tonales): l'amateurisme ne passe pas bien!

Français, anglais (et latin) : tout à fait d’accord avec toi.

Quant à tes autres commentaires, ils n’étaient nullement malvenus, aucun souci ! Je n’ai pas prétendu que le basque soit la plus ancienne langue d’Europe dans l’absolu, il y a bien sûr toutes ces langues mortes européennes…

Voilà, tout ça est bien long mais le sujet est vaste. Il y a un autre commentaire récurrent dans cette discussion, c’est qu’aucune langue ne serait difficile (ou facile) dans l’absolu, mais ne le serait que relativement à une personne donnée. C’est bien sûr vrai. Mais il y a une autre façon de poser la question :

- a) pour une personne donnée, quelles seraient les langues particulièrement difficiles, une fois sorti des langues apparentées à la langue (ou aux langues) d’origine de cette personne ? Donc, si on prend le cas de l’espagnol, on ne devrait pas tenir compte de l’avis des locuteurs d’autres langues latines, francophones et autres.

- b) et si on faisait le tour du monde, quelles seraient les langues qui seraient le plus souvent considérées comme particulièrement difficiles ?

C’est dans cette optique que je voyais la discussion. Presque tout le monde s’accorde pour dire que le bahasa indonesia est assez facile alors que le japonais n’est pas du gâteau …. Etc… etc…. la discussion est évidemment loin d’être close.
ZU Zurab Regular ·
Bien le bonjour, GeorgesOZ !

Je vais moi aussi passer au tutoiement car je ne veux pas passer pour quelqu'un de trop cérémonieux...

En fait, il ne s'agissait pas d'un préjugé de ma part, rassure-toi... Je m'étonnais simplement que personne n'ait mis en exergue la difficulté de l'écriture du thaï et du khmer, certains phonèmes pouvant s' « orthographier » (si j'ose dire) de plusieurs façons différentes selon les mots dans lesquels ils se trouvent, tout comme en tibétain, d'ailleurs, ou même en français qui connaît nombre d'homophones (quand, Caen, qu'en, mâle, mal, malle, etc.) et d'oppositions orthographiques (carte et quarte, par exemple). Les alphasyllabaires brahmiques présentent souvent de tels contrastes.

J'espère que personne n'aura pris en mauvaise part mes considérations sur le thaïlandais et le khmer que je connais trop mal pour être capable d'en parler de façon approfondie...

À bientôt !
Je ne fais plus de traductions, et surtout pas pour de vulgaires tatouages, qu'ils soient ou non tibétains...
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Ne t’inquiète pas, il n’y a aucune raison de prendre ombrage de quoi que ce soit. Cette discussion est restée très courtoise, peut-être parce que peu de gens y ont participé. 🙂 Il est vrai que l’écriture du thaï est vraiment ardue, même si elle opère selon un système logique. Une logique tout à fait mathématique car elle déterminée dans un espace multi-dimensionnel, les dimensions étant :

- la classe des consonnes (d’où cette « écriture multiple » que tu critiques) ;

- la qualité « morte » ou « vivante » des syllabes (qui elle-même dépend de la longueur des voyelles ainsi que des consonnes terminales, quand il y en a) ;

- l’ajout possible de 4 signes diacritiques ;

- l’ajout possible en début de syllabe d’une consonne de la classe « haute » (le « ho hiip ») qui reste muette mais qui modifie la classe consonnantique.

L’influence indienne est grande : approche systématique de la phonétique, et usage de termes évidemment indiens. Les signes diacritiques mentionnés plus haut sont les « mái », et les trois premiers s’appellent « mái èk », « mái tho » et « mái trii », où on reconnaît bien sûr les chiffres 1, 2 et 3 du sanscrit. Cela rappelle de nouveau le parallèle avec le couple arabe-farsi : les termes grammaticaux en farsi sont essentiellement des termes arabes.

En fait, au risque de choquer, je serais tenté de dire que le thaï s’écrit exactement comme il se prononce, et vice-versa … mais il y a toutes ces exceptions dont je parlais dans mon message précédent. Il faut en tout cas avoir passé suffisamment de temps à apprendre cette écriture pour apprécier sa logique. Cela fait bien 5 ans que je m’y attaque et j’ai eu beaucoup de mal (mais je ne pouvais pas m���y consacrer complètement). Ce n’est que dernièrement que je commence vraiment à m’y retrouver.

Si l’écriture du khmer appartient elle aussi à la famille brahmique, il doit y avoir au moins une grande différence, à savoir que le khmer n’est pas une langue tonale, pour autant que je sache. Cela doit considérablement simplifier l’affaire. Mais je l’ai dit, je ne connais strictement rien au khmer.
KU Kujila Globetrotter ·
Tout dépend déjà de sa langue natale et de son environnement quotidien...

Pour un français, la prononciation de l'anglais est difficile mais celle du japonais très simple. Mais le contraire n'est pas forcément vrai : pour un Japonais, prononcer le français est difficile car il comprend des sons qui n'existent pas en japonais (le R notamment, ou des suites de consonnes qui sont un calvaire pour un Japonais).

Je connais des français qui pratiquent un peu le mandarin mais qui considère le cantonnais comme insurmontable...

Pour un français, l'apprentissage de langue latine comme l'espagnole ou l'italien est assez simple.

Le japonais sera mieux assimilé si l'on a déjà fait de l'allemand... Mais on le lira mieux si l'on a déjà fait du chinois.

Il n'y a donc pas, à mon avis, de langue que l'on peut déclarer comme étant "universellement" difficile.

Par ailleurs, au-delà de 3 à 5 ans, notre oreille se forme aux sons qui nous entourent. Une étude a prouvé que, lorsque l'on prononçait 5 fois "TA" de suite, 4 fois avec un accent français, 1 fois avec un accent indien, un môme de 3 ans pouvait faire la différence... mais pas un adulte. On s'habitue à des sons qui rendent ensuite l'apprentissage de certaines langues d'autant plus difficiles.
AR ArbaraElfo ·
Bonjour à toutes et à tous,

Comme cela a été évoqué, pour l'anglais notamment, une des principales, voire la principale difficulté pour l'apprentissage d'une langue est son degré d'opacité. Ce terme de linguistique recouvre une donnée statistique portant sur le degré de concordance entre l'écrit et l'oral, c'est-à-dire le pourcentage de mots qui ne s'écrivent pas comme ils se prononcent et inversement.

L'anglais et le français figurent de loin parmi les langues les plus opaques du de notre continent, avec une opacité supérieure à 80 %.

Ce qui n'est pas le cas de l'allemand, où la principale discordance porte sur l'écriture des voyelles longues, que l'on fait suivre d'un "e" ou d'un "h". La seule langue entièrement transparente est la lingvo internacia (esperanto). D'où son succès croissant sur Internet, sa simplicité et sa syntaxe hyper-logique par agglutination d'affixes autour de la racine permettant de nuancer le langage et l'écrit de façon formelle, sans distorsion de compréhension entre les locuteurs.

Un institut allemand ('Institut de Pédagogie cybernétique de Paderborn: http://fr.wikipedia.org/wiki/Valeur_propédeutique_de_l'espéranto) a mené une étude sur la facilité d'apprentissage de l'allemand par des Européens non-germanophones de naissance. Le protocole utilisé a consisté à étudier l'acquisition de l'allemand, (ainsi que des autres principales langues européennes pour comparaison) par une population précise, les élèves de classe de terminale ayant étudié une langue étrangère en première langue.

Le critère pris en compte a été la détermination du niveau moyen obtenu en allemand par le panel de Français au terme de ces 2 000 heures d'apprentissage d'allemand première langue.

Voici ce que cette étude a montré:

Pour obtenir le même niveau d'acquisition d'une autre langue, lorsque 2 000 heures d'allemand auront donc été nécessaires, il aura fallu:

1 500 heures d'anglais pour atteindre ce même niveau;

1 000 heures pour l'italien;

150 heures pour la lingvo internacia (esperanto).

Ce qu'on peut en conclure:

L'allemand est très difficile à apprendre pour un Français du fait du vocabulaire initialement inconnu, car ces deux langues ne sont pas issues de la même filiation au sein des langues indo-européennes (branches germanique et latine, contrairement au couple français/anglais); l'autre difficulté étant d'ordre grammatical (déclinaison de l'allemand).

La difficulté d'apprentissage des deux autres langues citées, l'anglais, l'italien et la lingvo internacia, est directement corrélée à son degré d'opacité.

La facilité d'apprentissage de la lingvo internacia est la cause de son succès croissant sur Internet (pratiquée dans plus de 200 pays). D'abord parce que c'est la seule langue que l'on peut apprendre en autodidacte sur Internet. http://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage_de_l'espéranto http://fr.lernu.net

Cette langue est exclusivement construite sur des racines indo-européennes, dans les proportions suivantes:

- racines franco-italiennes: 40 % - racines anglo-germaniques: 25 % - racines slaves: 10 % - puis: autres langues latines, grec.

La grammaire est régulière, à l'instar de la grammaire chinoise (mandarin) où persane (farsi)

Cette langue est équitable, elle est la langue officielle d'aucun peuple ou nation. Elle est stricte et exclut toute forme de variante régionale.

Sa prononciation utilise des phonèmes universels, prononçables par tous.

Sa construction est logique: affixation de la racine pour la nuancer, et donc exprimer sans biais possible une idée ou un sentiment. La phrase émise est construite de sorte à être reçue de façon formelle, à être décryptée par le récepteur sans approximation liée aux idiomes des deux langues natales.

L'Humanité a créé trois langages logiques universels et univoques: le langage mathématique, le solfège et la lingvo internacia. C'est comme c'est écrit, et ça s'écrit d'une seule façon.

Des études de l'UE ont montré que l'anglais n'était réellement compris efficacement que par moins de 5 % des Européens non-anglophoes. L'UE a conclu à un échec de la généralisation de l'anglais.

NB: en linguistique, l'anglais dédié à cet usage transnational est qualifié de langue véhiculaire, et non de langue internationale, comme on peut abusivement (... ou idéologiquement) le lire ou l'entendre ça et là).

Les problèmes découlant de l'usage d'une langue nationale comme langue véhiculaire sont les suivants:

- deux locuteurs dont l'anglais est pour l'un deux la langue natale provoque une dissymétrie en terme de rapport de force. L'échange n'est pas équitable.

- deux locuteurs non-anglophones de naissance utilisent leur anglais personnel, ayant des lacunes inévitables qui ne seront pas les mêmes que celles de son interlocuteur. d'où des biais de compréhension.

Et puis il y a des précédents historiques d'usage de langues nationales comme langue véhiculaires. L'anglais n'est pas la première langue à avoir été utilisée sur un registre transnational. Avant lui, il y a eu, près de nous deux langues qui ont suivi ce sinistre chemin: l'araméen au Proche-Orient et le latin dans le Bassin Méditerranéen.

Ces langues étant parlées ... et dénaturées par des non natifs ont systématiquement périclité. L'araméen s'est morcelé et a donné des apports importants à ce qui deviendra les langues sémitiques actuelles, et le latin a littéralement implosé en perdant ses déclinaisons qui faisaient sa richesse littéraire. "de la" est une forme grammaticale commune à toutes les langues latines actuelles, car cet abandon des déclinaisons est apparu au sein du latin-même du fait d'une succession de dégénérescence d'usage (latin populaire, bas latin). Car l'Empire Romain était en grande partie peuplé d'étrangers, de populations transfuges, au gré des conquêtes militaires et de l'accaparement d'esclaves.

De ces deux langues il ne reste rien en tant que telles. Une forme d'araméen tardif est encore pratiqué dans une zone géographique restreinte (région de Petra, Jordanie) et même le latin d'église n'a jamais été parlé comme tel dans une quelconque région et à une quelconque époque dans l'Empire Romain. C'est une reconstruction à usage interne au sein l'Eglise Apostolique et Romaine.

Ces précédents de mort annoncée d'une langue nationale "élevée" (ou rabaissée !...) au titre de langue véhiculaire inquiète sérieusement les linguistes et les écrivains Anglo-saxons actuels.

Cette crainte est née il y a quelques décennies déjà en Grande-Bretagne, et a traversé l'Atlantique au point d'inquiéter l'Administration Américaine du Président Obama, celui-ci ayant évoqué l'étude d'un projet de loi ayant pour objectif d'instaurer l'apprentissage obligatoire de la lingvo internacia en deuxième langue, afin de promouvoir cette langue à l'échelle internationale, en lieu et place, à terme, de l'anglais. Nous connaissons le rôle du lobbying aux USA; ce projet de loi, s'il voit le jour, ne sera pas l'oeuvre d'un supposé lobby esperantiste, mais bien d'un lobby animé par des intellectuels américains soucieux de l'intégrité pérenne de leur langue.

Continuer ainsi, au niveau européen international, de promouvoir l'anglais comme étant la "langue internationale" (sic) n'est pas un grand service à rendre à cette langue anglaise chargée d'histoire et de littérature. Des courriels en anglais bizarre affluent dans la BAL de Sir William Shakespeare. Alors, forcément, ce dernier enfourche son destrier et accoure à Buckingham pour s'exclamer: "Sire, il y a quelque chose de pourri dans notre Royaume!"

PS: je n'ai plus le lien sous la main, mais l'UE dépense chaque année des centaines de millions d'euros à payer, entretenir et loger des milliers de traducteurs dans ses différentes instances, à Strasbourg, Bruxelles ou Luxembourg.

Cet état de fait est bien une reconnaissance en règle de l'échec de l'apprentissage et de l'usage de l'anglais au sein de l'UE. Des institutions, mais aussi dans les échanges interpersonnels, touristiques, économiques et amicaux de toute sorte dans un si grand espace de libre échange.

Un petit stage obligatoire de 150 heures d'espéranto pour nos euro-technocrates, euro-bureaucrates, euro-députés et le personnel qui leur est adjoint, quelles économies en perspective pour nous autres contribuables européens !
ZU Zurab Regular ·
Bonjour à toutes et à tous,

Comme cela a été évoqué, pour l'anglais notamment, une des principales, voire la principale difficulté pour l'apprentissage d'une langue est son degré d'opacité.

Cher ArbaraElfo,

Merci pour votre manifeste pro domo en faveur de l'espéranto, manifeste auquel je me permets de réagir en tant que linguiste, en espérant que vous ne m'en voudrez pas trop...

Mille pardons mais l'orthographe d'une langue donnée ne constitue qu'une difficulté parmi d'autres, et certainement la principale... Prenez le cas du géorgien, pour ne citer que lui (n'y voyez aucun chauvinisme déplacé de ma part), et vous constaterez que bien qu'il se prononce comme il s'écrit, et inversement, il fait néanmoins partie des langues les plus complexes qui se puissent trouver dans le monde...

Ce terme de linguistique recouvre une donnée statistique portant sur le degré de concordance entre l'écrit et l'oral, c'est-à-dire le pourcentage de mots qui ne s'écrivent pas comme ils se prononcent et inversement.

L'anglais et le français figurent de loin parmi les langues les plus opaques du de notre continent, avec une opacité supérieure à 80 %.

Ce pourcentage que vous avancez est totalement arbitraire et devrait être ramené à environ 50%, ce qui ne serait déjà pas mal... Je me permets d'ajouter que les gaéliques irlandais et écossais sont encore plus « opaques » que l'anglais ou le français, ne se lisant que rarement comme ils s'écrivent...

Une phrase comme bidh i a' tighinn dhachaigh a dh'aithghearr (elle rentrera bientôt à la maison) ne se prononce absolument pas comme elle apparaît, et ce n'est qu'un exemple parmi des milliers...

Ce qui n'est pas le cas de l'allemand, où la principale discordance porte sur l'écriture des voyelles longues, que l'on fait suivre d'un "e" ou d'un "h".

Ce n'est pas vrai non plus... Certaines voyelles sont longues par nature, lorsqu'elles ne sont pas suivies d'une consonne doublée, notamment. Quelques exemples qui me viennent immédiatement à l'esprit : Vater, Brot, Tod, lägen, Boot, etc. ...

La seule langue entièrement transparente est la lingvo internacia (esperanto). D'où son succès croissant sur Internet, sa simplicité et sa syntaxe hyper-logique par agglutination d'affixes autour de la racine permettant de nuancer le langage et l'écrit de façon formelle, sans distorsion de compréhension entre les locuteurs.

Langue totalement artificielle créée voici une centaine d'années ne pouvant s'enorgueillir d'aucun passé époruvé, du point de vue historique, d'aucune littérature classique et destinée avant tout aux locuteurs de langues romanes, ce qui exclut ipso facto l'humanité dans son entier. Si un Finlandais, un Hongrois ou un Chinois devaient en aborder l'étude, par exemple, ils éprouveraient de multiples difficultés, à la différence d'un Français, d'un Italien ou d'un Espagnol...

Un institut allemand ('Institut de Pédagogie cybernétique de Paderborn: http://fr.wikipedia.org/...tique_de_l'espéranto) a mené une étude sur la facilité d'apprentissage de l'allemand par des Européens non-germanophones de naissance. Le protocole utilisé a consisté à étudier l'acquisition de l'allemand, (ainsi que des autres principales langues européennes pour comparaison) par une population précise, les élèves de classe de terminale ayant étudié une langue étrangère en première langue.

Le critère pris en compte a été la détermination du niveau moyen obtenu en allemand par le panel de Français au terme de ces 2 000 heures d'apprentissage d'allemand première langue.

Voici ce que cette étude a montré:

Pour obtenir le même niveau d'acquisition d'une autre langue, lorsque 2 000 heures d'allemand auront donc été nécessaires, il aura fallu:

1 500 heures d'anglais pour atteindre ce même niveau; 1 000 heures pour l'italien; 150 heures pour la lingvo internacia (esperanto).

Là encore, chiffres totalement fantaisistes ne tenant absolument pas compte de la personnalité de chaque élève et des facultés naturelles qu'il peut présenter ou non pour les langues précitées...

Ce qu'on peut en conclure:

L'allemand est très difficile à apprendre pour un Français du fait du vocabulaire initialement inconnu, car ces deux langues ne sont pas issues de la même filiation au sein des langues indo-européennes (branches germanique et latine, contrairement au couple français/anglais); l'autre difficulté étant d'ordre grammatical (déclinaison de l'allemand).

Les déclinaisons d'une langue sont loin d'en constituer la difficulté majeure, surtout celles de l'allemand plutôt aisées, par rapport à celles de l'islandais, par exemple...

La difficulté d'apprentissage des deux autres langues citées, l'anglais, l'italien et la lingvo internacia, est directement corrélée à son degré d'opacité.

Absolument pas d'accord, la prononciation de l'anglais étant autrement plus complexe que la façon dont il écrit ses phonèmes...

La facilité d'apprentissage de la lingvo internacia est la cause de son succès croissant sur Internet (pratiquée dans plus de 200 pays). D'abord parce que c'est la seule langue que l'on peut apprendre en autodidacte sur Internet.

On peut parfaitement apprendre d'autres langues sur Internet à la condition de s'y employer sérieusement, en frappant aux bonnes portes, si je puis m'exprimer ainsi, par le biais de sites fiables...

Cette langue est exclusivement construite sur des racines indo-européennes, dans les proportions suivantes:

- racines franco-italiennes: 40 % - racines anglo-germaniques: 25 % - racines slaves: 10 % - puis: autres langues latines, grec.

Ne m'en veuillez pas si je ne vois vraiment pas en quoi cela représente un avantage...

La grammaire est régulière, à l'instar de la grammaire chinoise (mandarin) où persane (farsi)

Désolé mais la grammaire du fârsî est loin d'être régulière (voir la formation du pluriel et celle des noms d'origine arabe, la conjugaison où le verbe à l'infinitif présente parfois un autre thème dans les formes conjuguées du présent et du passé, les participes ou encore les verbes composés).

Cette langue est équitable, elle est la langue officielle d'aucun peuple ou nation. Elle est stricte et exclut toute forme de variante régionale.

Que veut dire « équitable », s'agissant d'une langue ? En quoi le fait que l'espéranto n'est la langue d'aucun peuple ou nation en facilite-t-il l'usage, du strict point de vue linguistique ?

Sa prononciation utilise des phonèmes universels, prononçables par tous.

Comme ceux du latin classique qui se prononce comme il s'écrit, par exemple...

L'Humanité a créé trois langages logiques universels et univoques: le langage mathématique, le solfège et la lingvo internacia. C'est comme c'est écrit, et ça s'écrit d'une seule façon.

Même s'il y aurait beaucoup à dire sur cette autre assertion, le solfège n'étant que l'aboutissement de plusieurs systèmes coexistants qui remontent à Pythagore, en quoi cela désigne-t-il l'espéranto comme langue mondiale ?

Des études de l'UE ont montré que l'anglais n'était réellement compris efficacement que par moins de 5 % des Européens non-anglophoes. L'UE a conclu à un échec de la généralisation de l'anglais.

Pardonnez-moi mais pouvez-vous citer les sources de ces chiffres abracadabrantesques, s'il vous plaît ?

Les problèmes découlant de l'usage d'une langue nationale comme langue véhiculaire sont les suivants:

- deux locuteurs dont l'anglais est pour l'un deux la langue natale provoque une dissymétrie en terme de rapport de force. L'échange n'est pas équitable.

- deux locuteurs non-anglophones de naissance utilisent leur anglais personnel, ayant des lacunes inévitables qui ne seront pas les mêmes que celles de son interlocuteur. d'où des biais de compréhension.

Je suis au regret de vous affirmer que si l'espéranto devenait koinê internationale, il en irait de même...

Et puis il y a des précédents historiques d'usage de langues nationales comme langue véhiculaires. L'anglais n'est pas la première langue à avoir été utilisée sur un registre transnational. Avant lui, il y a eu, près de nous deux langues qui ont suivi ce sinistre chemin: l'araméen au Proche-Orient et le latin dans le Bassin Méditerranéen.

Et aussi le français ou encore l'italien, et cela dès le XVIème siècle...

Ces langues étant parlées ... et dénaturées par des non natifs ont systématiquement périclité. L'araméen s'est morcelé et a donné des apports importants à ce qui deviendra les langues sémitiques actuelles, et le latin a littéralement implosé en perdant ses déclinaisons qui faisaient sa richesse littéraire. "de la" est une forme grammaticale commune à toutes les langues latines actuelles, car cet abandon des déclinaisons est apparu au sein du latin-même du fait d'une succession de dégénérescence d'usage (latin populaire, bas latin). Car l'Empire Romain était en grande partie peuplé d'étrangers, de populations transfuges, au gré des conquêtes militaires et de l'accaparement d'esclaves.

Les déclinaisons d'une langue ne font nullement sa « richesse littéraire » : c'est le passé de la langue elle-même et ses auteurs qui la constituent... Cette histoire de la langue latine et de son évolution présente des raccourcis qu'il est impossible de ne pas réfuter, l'usage populaire d'une langue la faisant évoluer de façon naturelle...

De ces deux langues il ne reste rien en tant que telles. Une forme d'araméen tardif est encore pratiqué dans une zone géographique restreinte (région de Petra, Jordanie) et même le latin d'église n'a jamais été parlé comme tel dans une quelconque région et à une quelconque époque dans l'Empire Romain. C'est une reconstruction à usage interne au sein l'Eglise Apostolique et Romaine.

Il est évident que le latin dit « ecclésiastique » n'a jamais été parlé stricto sensu par les populations de l'Empire Romain, puisqu'il n'apparaît en tant que tel qu'avec les Carolingiens et notamment avec l'avènement de Charlemagne... Simple question de logique historique... Cela étant dit, le latin a toujours été la langue officielle des structures et ministères de l'Imperium, et cela jusqu'au milieu du XVème siècle.

D'autre part, je me permets de vous informer qu'il continue d'être pratiqué par des millions de passionnés au nombre desquels je me permets modestement de m'inclure. Il demeure aussi langue officielle du Vatican et notamment du Saint-Siège... Dire qu'il ne « reste rien » de la latinitas chère à Érasme ou à d'autres est plus que hâtif...

Ces précédents de mort annoncée d'une langue nationale "élevée" (ou rabaissée !...) au titre de langue véhiculaire inquiète sérieusement les linguistes et les écrivains Anglo-saxons actuels.

Cette menace pèse sur toutes les langues qui se trouvent réduites à l'état de langue vernaculaire, et en l'occurrence sur le globish actuel insupportable, pidgin monstrueux qui ferait bondir Byron, Twain ou Wilde...

Cette crainte est née il y a quelques décennies déjà en Grande-Bretagne, et a traversé l'Atlantique au point d'inquiéter l'Administration Américaine du Président Obama, celui-ci ayant évoqué l'étude d'un projet de loi ayant pour objectif d'instaurer l'apprentissage obligatoire de la lingvo internacia en deuxième langue, afin de promouvoir cette langue à l'échelle internationale, en lieu et place, à terme, de l'anglais. Nous connaissons le rôle du lobbying aux USA; ce projet de loi, s'il voit le jour, ne sera pas l'oeuvre d'un supposé lobby esperantiste, mais bien d'un lobby animé par des intellectuels américains soucieux de l'intégrité pérenne de leur langue.

Pourriez-vous, là encore, citer vos sources, s'il vous plaît ? En effet, ce scoop (pardonnez l'anglicisme) me paraît énorme...

Un petit stage obligatoire de 150 heures d'espéranto pour nos euro-technocrates, euro-bureaucrates, euro-députés et le personnel qui leur est adjoint, quelles économies en perspective pour nous autres contribuables européens !

La suppression des multiples organes européens malades et le retour urgent à l'Europe des Douze apparaîtra très bientôt comme le seul remède aux dépenses insensées et aux multiples maux dont les Européens souffrent actuellement. De surcroît, si nous devions élire une langue commune à toute l'Europe, il conviendrait de revenir au latin, et cela pour des raisons tant historiques que culturelles...

Bonne fin de journée !
Je ne fais plus de traductions, et surtout pas pour de vulgaires tatouages, qu'ils soient ou non tibétains...
KU Kujila Globetrotter ·
Ce terme de linguistique recouvre une donnée statistique portant sur le degré de concordance entre l'écrit et l'oral, c'est-à-dire le pourcentage de mots qui ne s'écrivent pas comme ils se prononcent et inversement.

L'anglais et le français figurent de loin parmi les langues les plus opaques du de notre continent, avec une opacité supérieure à 80 %. Ce pourcentage que vous avancez est totalement arbitraire et devrait être ramené à environ 50%, ce qui ne serait déjà pas mal... Je me permets d'ajouter que les gaéliques irlandais et écossais sont encore plus « opaques » que l'anglais ou le français, ne se lisant que rarement comme ils s'écrivent...

Une phrase comme bidh i a' tighinn dhachaigh a dh'aithghearr (elle rentrera bientôt à la maison) ne se prononce absolument pas comme elle apparaît, et ce n'est qu'un exemple parmi des milliers...

Et que dire des langues asiatiques... surtout si l'on n'en connaît pas les caractères, les alphabets ou les abécédaires ! Car à la base, il ne s'agissait pas seulement d'évoquer les langues européennes, mais les langues du monde...
ZU Zurab Regular ·
Et que dire des langues asiatiques... surtout si l'on n'en connaît pas les caractères, les alphabets ou les abécédaires ! Car à la base, il ne s'agissait pas seulement d'évoquer les langues européennes, mais les langues du monde...

Je souscris entièrement à cette évidence de taille que vous rappelez !
Je ne fais plus de traductions, et surtout pas pour de vulgaires tatouages, qu'ils soient ou non tibétains...
HA HarveyNorman ·
Bonjour,

Au risque de deterrer un sujet ancien, je tenais quand meme a m'exprimer. Je m'excuse d'avance pour les accents, j'ai un clavier qwerty. Je suis tres loin de connaitre toutes les langues du monde, mais je serais curieux de savoir si grammaticalement il y a une langue plus compliquee que le francais. De plus, le "R" phonetique de la langue francaise me semble plutot unique. Je veux dire, on en fait quand meme des concours (cf les timbres de l'orthographe) et je me demande si les laureats font du zero-faute. Je pense ne pas me tromper en disant que tres peu de personnes sont capables d'ecrire le francais sans faire de faute d'ortographe sans se relire. D'autre part, quand je vois la tristesse de l'orthographe des personnes de ma generation, je me dis que bientot les gens capables d'ecrire le francais correctement seront des perles rares. Retrouve-t-on ces 3 elements dans une autre langue ??

Si les langues agglutinantes sont censees etre des langues plus compliquees je n'approuve pas du tout. Quand je vois qu'en japonais pour dire "n'est-ce pas?", il suffit de rajouter "ne" a la fin du mot, je suis curieux de savoir comment un japonais prononcerait "n'est-ce pas". Apres certes ca semble simple dit comme cela, j'imagine que c'est plus complexe que ca en a l'air. J'avais essaye d'apprendre le turc seulement a l'aide d'internet, et si phonetiquement j'etais incapable de reproduire certains sons de la langue turque (tel que le ı, i sans point), a l'ecrit je l'ai trouve d'une incroyable facilite.

Je n'ai pas eu l'occasion d'apprendre le thai, par contre j'ai passe 15 jours en Thailande, phonetiquement la langue ne m'a pas parue insurmontable. Par contre j'ai vecu quelques mois avec un Coreen, la j'avais du mal a prononcer ne serait-ce que les prenoms, qui paraissent pourtant faciles a l'ecrit (Sangwon, Hyeji...) D'ailleurs ici en Australie beaucoup d'asiatiques "s'inventent" un nouveau prenom car les anglophones ne sont pas capables de les prenoncer.
KU Kujila Globetrotter ·
Je veux dire, on en fait quand meme des concours (cf les timbres de l'orthographe) et je me demande si les laureats font du zero-faute.

Il ne faut pas croire, les Allemands font aussi des fautes en écrivant leur langue, et les Anglais aussi...

De plus, le "R" phonetique de la langue francaise me semble plutot unique.

Il est assez proche du R allemand.

Quand je vois qu'en japonais pour dire "n'est-ce pas?", il suffit de rajouter "ne" a la fin du mot, je suis curieux de savoir comment un japonais prononcerait "n'est-ce pas". Apres certes ca semble simple dit comme cela, j'imagine que c'est plus complexe que ca en a l'air.

J'apprends le japonais depuis quelques années... S'il y a parfois des choses simples, c'est notamment une langue extrêmement difficile à écrire. Bien davantage que le français (alors que les japonais connaissent notre alphabet)...

Il y a aussi dans le japonais plusieurs niveaux de politesse qui constituent un véritable casse-tête (qui impliquent différentes manière de formuler les phrases et de prononcer les mots, les verbes et les terminaisons). Et différentes manières de compter : on ne compte pas de la même manière les étages d'un immeuble, les voitures, les contenants, les objets fins, etc. Ce ne sont que deux exemples... parmi tant d'autres, et qui démontrent qu'on ne peut pas s'en tenir au "n'est-ce pas" pour déclarer que le japonais est plus simple que le français...

Par ailleurs, pour un Italien, le français sera presque simple à apprendre. Il sera très difficile pour un Japonais car il n'y a aucune racine commune. c'est pourquoi il n'y a, à mon avis, pas "de langue la plus difficile de monde" dans l'absolu...
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
De plus, le "R" phonetique de la langue francaise me semble plutot unique. --

Il est assez proche du R allemand.

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Je suis d’accord, et aussi avec HarveyNorman:

- Il semble que la prononciation du francais ait été influencée par les langues germaniques, que l’on pense à toutes ces tribus qui sont passées par notre territoire. À tel point qu’une région entière, la Bourgogne, doit son nom à une tribu germanique qui a fini par s’y installer, les Burgondes. Sans parler des Francs qui ont donné leur nom à notre pays. La France est bien plus germanique que les Francais veulent bien le penser.

- Ce „r“ n’a rien à voir avec le „r“ roulé d’autres langues latines, ni avec le „r“ non „roulé“ de la plupart des anglophones. Le „r“ francais (et allemand) se prononce comme un râclement léger du fond de la gorge, sans utiliser la langue, alors que tous les autres „r“ auxquels je puisse penser utilisent la langue d’une facon ou d’une autre. Je ne m’exprime pas très bien car je ne suis pas un spécialiste, mais je pense que „notre r“ est effectivement unique .... et un handicap de prononciation quand nous (francophones) voulons apprendre une autre langue (à part l’allemand).

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