de toute façon droit ou pas droit, 2 réservations faites auprès de 2 compagnies sont indépendantes
leurs responsabilités ne sont pas engagées
et si on rate la correspondance, ça peut arriver c'est la faute à pas de chance
pour minimiser les risques, une seule solution: tout booker avec le même prestataire ou la même compagnie ou prévoir une assurance qui couvre ce genre d'imprévu
Droit ou pas droit ? On est en 2012 et en Europe occidentale

Non la responsabilité du transporteur est engagée
dès la première minute de retard (ne surtout pas confondre: principe de responsabilité, montant du préjudice et l'indemnisation versée).
Maintenant, le transporteur n'est pas tenu d'indemniser les conséquences de la propre "turpitude" du passager (on dirait bêtise de manière plus crue). Tu prévois un temps trop réduit entre deux contrats de transport, tu assumes... tout seul ! Tu as subi 30 minutes de retard cela t'a couté deux coups fils, tu sera indemnisé sur la base du coût des deux coups de fils... pas sur le préjudice que tu aurais pu peut être subir car il aurait pu se passer quelque chose d'improbable: on est pas aux
Etats-Unis!
Au cas présent: Oui AF est responsable du retard, oui AF doit indemniser, mais AF n'a pas à indemniser le passager qui a loupé sa "courte" correspondance lorsqu'AF n'a pas vendu le billet avec cette correspondance... au niveau du rerouting !
La chaine juridique et logique est celle-ci:
1°) Respect des obligations par les deux parties (on est en responsabilité contractuelle !) ?Oui => Pas de responsabilité,
Non => Engagement de responsabilité de la partie défaillante.
Ici AF est en retard, AF est donc responsable contractuellement de ce retard.
2°) Préjudice subi par le passagerIci c'est le coût du report de la réservation, les frais de restauration et d’hébergement, de télécommunication, le préjudice moral, etc.
A vue de nez 500 euros dont 330 euros pour
Oman Air et 150 euros pour l'hôtel...
3°) Préjudice indemnisé par la compagnie envers le passager:C'est le % de la part du préjudice subi qui sera à la charge du transporteur car il lui est imputable.
Autrement dit on va rechercher le % du préjudice qui n'est pas imputable au transporteur (soit du fait de la victime, soit du fait de la force majeure, etc.).
C'est la troisième étape du raisonnement et c'est là qu'une simplification est souvent opérée car si le transporteur n'est pas tenu à indemnisation au titre de l'étape 3, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas pour autant manquement à une obligation (Ex: Oui votre vol était en retard mais c'est le contrôle aérien qui a demandé à l'avion d'attendre; AF est responsable mais ce n'est pas indemnisable... sur le plan financier cela ne change rien, en revanche cela change des choses sur le principe juridique)
Ici on a un délai
inférieur à 4 heures (délai jugé normal par la Cour de cassation) entre les deux prestations de transport, le délai n'est pas raisonnable: 100 % de faute de la victime (et donc 0% Air France).
Zou les frais d'hôtels, d’hébergements, etc. ne sont pas indemnisables...
Au delà a de 4 heures la Cour de cassation considère que le retard n'est ni prévisible, ni insurmontable par le transporteur... car si on prend des prestations séparées on ne peut tenir rigueur du loupé qu'en cas de retard d'une importance exceptionnelle. La compagnie ne s'engage pas à t'amener de A à B puis à C mais uniquement de A à B à l'heure. Elle ne doit donc supporter les conséquences du transport irrégulier vers B. Par exception, elle doit assumer les conséquences vers C, au delà du préjudice propre, que si le retard à B est exceptionnel.
La norme est ici de
4 heures entre la libération du transporté (décomptée comme l'heure ou l'on peut quitter librement l'aéroport: ce n'est donc pas l'arrivée au bloc car cela doit prendre en compte les bagages et les contrôles éventuels à l'arrivée)
et l'heure à laquelle le transporté doit être à disposition du transporteur (donc le plus souvent l'HLE).
4 heures entre les deux, c'est 5 heures (
au moins) entre les horaires d'arrivée et de départ...
Au dessous de ce délai, le transporteur n°1 (ici AF) n'a pas à assumer les conséquences chez le transporteur n°2 de son retard (il a en revanche une simple obligation de "conseil" envers le passager).
Reste donc, en préjudice matériel: les frais de télécommunications (si l'appel est hors-forfait
ET que la compagnie n'a pas proposé d'appel depuis l'une de ses lignes), a priori ici c'est 0,00 € (forfait ou proposition d'appel par AF). sinon on aurait 3 minutes de téléphone à quelques centimes la minute (C'est le tarif publi-phone
France Télécom qui est pris comme référence) !
Bref zéro...
Reste le préjudice moral: A priori pas d’événement spécial de loupé (le fait de rater le mariage de sa fille par exemple).
Allez entre 20 et 50 euros :)
Donc oui AF est bien responsable d'une partie du préjudice subi, mais je doute que notre forumeur aille jusqu'au bout de son action car les frais de justice risquent bien dépasser les 50 euros en cause... Une démarche commerciale est probablement plus pertinente... :)
Évidement ce raisonnement ne se tient que pour les contrats de transports soumis intégralement au droit français.
Donc en résumé, si vous voulez grouper deux billets dont un pré-acheminement domestique et ne pas assumer le risque de misco seul, prévoir au moins 5 heures de marge (ce que personne ne fait, moi le premier) !