Je suis vraiment désolé de tant tarder entre deux publications. Je ne suis pas très en forme, je suis si fatigué que je n'ai même pas le courage de rédiger cette suite. Chaque jour je dis demain, comme les Indiens !🤣
J’avais prévu d’aller au Wat Sri Saphan (le temple d’argent) dès mes premiers jours à
Chiang Mai. Mais comme chacun le sait, on ne peut pas toujours faire ce que l’on a prévu quand on est en voyage...Quand j’ai enfin réussi à m’y rendre, il y avait tant de monde au guichet - l’entrée de ce temple est payante - que j’en suis reparti aussitôt...
Un moine assez âgé, voyant ma mine déconfite, s’est approché de moi... Il croyait que je ne voulais pas payer et commença à me faire un raisonnement pour justifier le paiement...
- Ce n’est pas pour l’argent... C’est qu’il y a beaucoup trop de monde...
- Alors viens un matin tôt ou alors un samedi soir.
Il avait envie de parler ce gentil moine... Je lui ai dit que j’étais bouddhiste... J’aurais mieux fait de me taire, car en lui apprenant que j’étais bouddhiste « tibétain », il m’a semblé qu’il se renfrognait un peu... Et puis c’est difficile d’expliquer à un Thaï qu’on peut être de conviction bouddhiste, tout en gardant un certain recul, sans se confondre en prières, dévotions, et prosternations à longueur de semaine (pour ne pas dire de journée).
Il me conseilla de revenir un samedi soir parce que ce jour-là, se déroule un office religieux particulier. Il m’indiqua aussi que de jeunes garçons faisaient aussi des danses traditionnelles devant le temple, et qu’il fallait les encourager... Et il ajouta malicieusement :
- Et tu ne trouveras pas autant de touristes parce que le Saturday night market est tout à côté et c’est surtout là que vont les touristes...
Alors, aujourd’hui 15 février, il faut impérativement que je m’y rende ce soir puisque c’est mon dernier samedi à
Chiang Mai.
Je me sens si fatigué par mon escapade de ce matin - dont je reparlerai dans un prochain message - qu’il ne saurait être question, cette fois-ci, de m’y rendre à pied, même après m’être reposé deux heures à la chambre.
A 17h j’appelle une voiture avec l’application Grab. Je reconnais aussitôt la voix typique du chauffeur. J’avais eu affaire à lui récemment pour une course. Bien que le tarif soit fixé par Grab (comme Uber), il me demanda quel prix je voulais mettre...
- Je ne comprends pas... Je veux mettre le prix qui s’est affiché pour la course...😇
Il le multiplia par trois ! Je lui répondis qu’il n’était pas question que je paie trois fois le prix qui m’a été fixé officiellement par Grab. Il m’a raccroché au nez... 😡
Même scenario aujourd’hui. Il ne me demande pas combien je veux mettre. Mais il annonce d’emblée 95 bahts, soit 30 bahts de plus que le tarif affiché par Grab. Je ne vais pas dépenser de l’énergie à discuter pour... 1€, même si je n’aime pas faire ce raisonnement que beaucoup de gens font. D’abord parce que je n’aime pas cette mentalité de prendre le touriste pour une vache à traire et puis parce que c’est une question de relativité... Par rapport au coût de la vie, proportionnellement, c’est beaucoup plus... C’est comme si un taxi me demandait en
France 45€ pour un déplacement de 15€.
- Je te déposerai à l’entrée du marché parce qu’il y a le marché du samedi soir et on ne peut pas arriver jusqu’au temple en voiture. La rue est barrée.
- Oui, oui, je sais...
Mais je ne me rappelais pas la distance. Il faut parcourir un long chemin parmi la foule pour gagner le temple d’argent. Bien qu’il soit encore tôt, même pas 17h30, il faut se frayer un chemin à travers cette fourmilière mouvante et gesticulante. Les gens marchent au pas, changent de côté, s’arrêtent à un stand, puis brusquement se dirigent vers l’autre en face. Il faut éviter les cornets de cacahuètes et autres beignets bien gras, sans parler du gobelet de smoothie ou du cornet de crème glacée qu’ils tiennent négligemment et qui dégouline sur votre bras ou votre épaule... Ils se bousculent et me bousculent.
- Qu’est-ce qu’il lui prend à celui-là de vouloir marcher si vite ?
Et vlan je reçois un coup de coude en plein dans l’œil !

Il me faut une bonne demi-heure pour atteindre le temple...
En ce début de soirée, curieusement, l’enceinte du lieu saint est presque déserte ce qui me donne la possibilité d’admirer l’intérieur - interdit aux femmes - 😡en toute tranquillité, puis de prendre mon temps à l’extérieur pour admirer à loisir le travail des orfèvres sur les quatre côtés du temple.
Les sculptures et gravures d’argent resplendissent au soleil couchant.
Certaines sont déjà à l’ombre... - On va encore me dire que mes photos sont trop sombres et qu’on ne voit rien -.

M’en fous, moi je les trouve très belles mes photos du temple d’argent en fin de journée... 😇
Je craignais d’arriver trop tard...
Je suis fatigué. Tiens là il y a des sièges devant une grande statue de Bouddha... - Dorée, comme il se doit -.
Et sans l’avoir voulu me voilà embringué dans la cérémonie en tant que participant...
Une dame me met entre les mains une jolie coupelle en métal argenté en forme de lotus contenant une bougie plate. Je la remercie chaleureusement pensant qu’elle me l’offre pour la cérémonie, mais que je pourrais la garder. 🤣😇. Mais en l’observant attentivement je comprends qu’elle est bien trop précieuse pour m’être offerte.
Je me retrouve avec les bouddhistes à participer à la prière. Un regard circulaire m’informe que je ne suis pas seul touriste occidental à participer. Mais nous sommes bien peu nombreux. Une table est dressée au pied des escaliers conduisant dans le temple d’argent et des moines prennent la parole et récitent des prières (?) Nous sommes tous reliés par un cordon de coton blanc qui, suivant tout un cheminement, est lui-même relié aux statues sacrées.
Si bien que je suis en quelque sorte condamné à rester à cette place. Je n’allais pas les surprendre (choquer ? vexer ? humilier ?) en quittant mon siège. Quand arrive le moment où il faut se lever pour la procession avec les bougies allumées, j’offre la mienne à ma voisine de chaise qui me remercie chaleureusement, toute contente, mais ne comprend pas mon geste.
Presque aussitôt après, la dame qui m’avait remis cette coupelle s’étonne que je ne l’aie plus en main et me remet un autre lampion - bien ordinaire cette fois – Elle s’étonne que je décline son offre et je ne sais comment lui expliquer que je veux filmer la procession aux flambeaux...
- Si je participe à la procession, je ne peux pas filmer.
Elle insiste beaucoup pour que j’y participe et tient absolument à ce que j’accepte sa bougie et me joigne aux autres personnes. C’est pour moi un grand moment de gêne car elle s’obstine tellement que je me demande si je ne suis pas en train de commettre un grave impair offensant.
Certes je suis de cœur et d’esprit avec eux, je suis aussi en communion de ferveur, mais non, je ne souhaite ni chanter ni processionner. Je suis touché par cet instant de grand recueillement, mais je préfère ne pas me joindre à eux.
La lumière du soleil couchant associée à l’illumination très colorée du temple transportent le lieu hors du temps. Je fais encore beaucoup de photos et de films pour immortaliser cet instant magique tandis que les dévots s’éloignent, non sans avoir rapporté et placé leur coupelle d’argent dans une corbeille destinée à les récupérer... Pour la semaine prochaine... 🤣, me laissant enfin à ma solitude et à mes réflexions.
Avant de regagner ma chambre je traîne quelques temps dans le marché nocturne du samedi soir parmi une foule dingue, dingue, dingue, dingue... Ce n’est plus un plaisir. Je n’ai pas vraiment faim mais je me laisse tenter à nouveau par un plat local qui ne ressemble pas du tout à la photo de ce que j’ai commandé et - une fois de plus - pas épicé du tout. Grrrr... Pour compenser cette frustration je m’offre un délicieux jus de fruit de la passion sans adjonction ni d’eau, ni de glaçons, ni de crème glacée. Malheureusement, ils l’avaient salé comme ils le font en
Inde avec les jus de citron. J’aurais préféré qu’il soit nature ou à la rigueur sucré mais ce goût salé ne me convient pas du tout. Je l’avale quand même jusqu’à la dernière goutte pour les bienfaits de ce breuvage comme je l’aurais fait d’un médicament.
Je ne m’attarde pas car cette foule me chavire d’autant plus qu’un rapide coup d’œil à mon téléphone m’apprend qu’aujourd’hui j’ai parcouru 25 km...