Après mon aventure du jour précédent, j’ai envie/besoin de repos. Je me remets donc à des visites touristiques bien plan-plan, bien classiques.
Au programme, ce matin, le Wat Phra That du Doi Saket, les sources chaudes de San Kamphaeng, la grotte de Muang On, les villages artisanaux de Bo Sang et San Kamphaeng... Tout cela dans le même secteur géographique et non loin de
Chiang Mai.
J’ai la surprise de voir arriver le chauffeur en compagnie de sa femme.
- Elle aimerait bien visiter le temple... me dit-il.
Je ne vais pas lui refuser ce plaisir, mais ça m’agace un peu de devoir balader la bourgeoise alors qu’il n’avait pas fait l’effort de baisser un peu son « devis ». En quelque sorte il lui offre une belle sortie aux frais du client...
Au début, elle se montre très timide, discrète et réservée puis au fur et à mesure de la journée ils se comporteront en jeune couple en voyage de noces et j’ai l’air d’être, moi, le gêneur de service dans leur intimité. J’observe cependant quelque chose d’émouvant à voir ce couple déjà dans une bonne quarantaine, - lui peut-être un peu moins âgé qu’elle - se comporter comme de jeunes mariés. Ils se prennent par la main, se font des câlins et autres marques d’affection... A les regarder de plus près lui ferait à peine 45 ans mais elle en porte bien 55 avec un visage assez marqué malgré les soins apportés à sa toilette et à son maquillage
Arrivés au temple, eux ne semblent guère intéressés, voire pas du tout, par l’architecture, le clinquant doré - encore ! -. Après avoir fait leurs dévotions et leur nombre de circumambulations autour du chédi, ils se dirigent droit à la voiture comme si nous devions partir.
Je fais comme si je ne comprenais pas et je pars me promener à travers les allées. Et c’est alors que je découvre une sorte de colline au sommet de laquelle se dresse un nouvel énorme Bouddha doré accessible par un immense escalier monumental rebutant. Mais j’aperçois sur un côté une rampe qui permet l’accès en voiture. Qu’à cela ne tienne, je monterai à pied à défaut de prendre les escaliers.
Parvenu au sommet, je débouche sur une immense esplanade au centre de laquelle se dresse cette gigantesque statue de Bouddha, que, pour une fois, je trouve assez jolie. Sur le devant, le parvis donne accès à une vue assez époustouflante non seulement sur la descente de l’impressionnant escalier et les sanctuaires, mais aussi sur toute la campagne environnante.
A l’arrière de la statue s’étend une esplanade qui conduit à un temple en forme de dôme dont je délaisse la visite car je me suis déjà bien attardé à faire de nombreuses photos et je me sens bridé dans ma visite par la présence du chauffeur et sa femme qui doivent m’attendre et se demander ce que je fais et où je suis, depuis une heure et demie que je les ai quittés.
Je m’offre la descente des 230 marches - je les compte une à une – pour rejoindre la voiture.
Effectivement, quand je les retrouve ils sont en train de manger et lui me fait comprendre qu’Elle - qui fait franchement la gueule - est affamée.
Je leur parle de mes découvertes qui les surprennent et dont ils semblent ignorer l’existence et la possibilité d’accès en voiture par la rampe.
Si bien que lui paraît très intéressé, - peut-être pour y amener des touriste une autre fois - et entreprend de se rendre sur cette colline.
Ils sont émerveillés par cette découverte. Et finalement nous allons visiter également l’intérieur du dôme.
Les murs et la coupole sont décorés de magnifiques peintures qui ne sont pas encore terminées, puisque deux ou trois échafaudages permettent à quelques artistes peintres de poursuivre avec talent leur travail sur les murs.
Subitement le chauffeur n’est plus pressé de partir et engage une longue conversation avec un des peintres. Ce qui me permet de photographier et filmer à la fois l’œuvre et les artistes dans leur activité.
Un regard circulaire m’apprend que Madame a disparu...
Elle ronge son frein à l’extérieur.
Un employé nous recommande d’aller voir le « skywalk » un peu plus loin sur l’arrière du dôme. L’attraction est payante mais le tarif n’est pas du tout excessif. Je crois me souvenir de 50 bahts...
Effectivement pour moi qui suis sujet au vertige la promenade au-dessus du vide sur des plaques de verre est assez impressionnante. Je découvrirai au cours de la suite de mon voyage qu’il se trouve des « skywalk » disséminés un peu partout où se présentent des ravins et points de vue impressionnants. J’apprendrai que c’est l’attraction « à la mode » qui fait fureur non seulement en
Thaïlande mais dans toute l’Asie.
www.tourismethai.fr/...relles-vertigineuses
Je leur paie l’entrée du skywalk, mais elle ne souhaite pas tenter l’expérience. Son mari me remerciera chaleureusement à plusieurs reprises pour lui avoir fait découvrir ce temple qu’ils ne connaissaient absolument pas. Tout au moins, ils n’y étaient jamais venus et pensaient qu’il ne s’agissait que du sanctuaire principal que nous avions visité en arrivant.
Ils m’emmènent ensuite pour manger dans une sorte de village d’artisans à San Klang (San Kamphaeng), apparemment très prisé des habitants de
Chiang Mai, qui n’est ouvert que le week-end. J’aime beaucoup ce lieu et son ambiance de grande kermesse avec de multiples stands et attractions, très couleur locale, apparemment tout à fait méconnu des touristes occidentaux. C’est tout à fait le genre d’endroit où j’aimerais flâner deux ou trois heures en m’arrêtant à chaque stand, comme dans un Salon et profiter de cette atmosphère festive. Manifestement c’est un endroit décontracté pour... familles aisées, tant par la qualité - et le prix - que pour ce qui y est vendu. Mais c’est aussi un lieu culturel et artistique qui attire plutôt un public un peu « intello ».
De nombreux kiosques de créateurs proposent de magnifiques et originaux vêtements... essentiellement pour des femmes. Curieusement, pour les hommes, je ne vois que quelques pantalons qui ne m’intéressent pas et pas la moindre chemise !
Nous déjeunons dans un restaurant très original qui n’est autre qu’un autobus désaffecté et reconverti en salle de restaurant...
Ici non plus, ils ne sont jamais venus...
Comme je l’ai indiqué au début de mon message, j’avais prévu de visiter la grotte de Muang On, toujours dans le même secteur. Mais lorsque nous arrivons nous découvrons qu’il faut monter une quantité astronomique d’escaliers, bien plus encore que ceux du temple ce matin. Ni eux, ni moi n’avons le courage de les affronter d’autant plus que l’heure avançant il commence à faire bien chaud. Alors nous repartons aussitôt sans même descendre de voiture.
Alors nous mettons le cap sur les geysers et sources chaudes de Sankampaeng où, stimulé par mes « guides », je sacrifie au rite local de la cuisson des œufs dans un petit panier en vannerie - qui se révéla plus tard en plastique à mon grand désappointement car je l’avais gardé en souvenir. Plusieurs grands panneaux disposés en divers endroits - car le lieu est assez vaste - indiquent le nombre de minutes à laisser le panier tremper dans le bassin de la source, selon la cuisson des œufs désirée. Pour moi c’est l’option œufs à la coque.
Ici aussi, je resterais bien volontiers un peu plus longtemps pour profiter de l’ambiance locale, cette fois populaire (populeuse ?), - avec toutes ces jambes alignées, aux pieds plongés dans une sorte de petit canal d’eau chaude - et très différente de celle un peu huppée et « bourge » que nous venons de quitter.
Mes guides-papier notifiaient qu’il ne fallait pas y aller le week-end et surtout le dimanche parce que ça grouillait de thaïlandais. Effectivement il y a beaucoup de monde mais ce n’est pas non plus la folie. Je les trouve beaucoup plus supportables que les Indiens, surtout parce que ça ne hurle pas. C’est très populaire, certes, mais un peu à la bonne franquette, pas désagréable. On n’est pas à se bousculer les uns les autres.
Je testerais volontiers le bain dans une piscine - privative toutefois - comme je l’avais fait un an auparavant à
Bali.
Mais le chauffeur a avalé une montre et, commençant à connaître mes goût pour la flânerie et la photo, il semble inquiet de me voir traîner loin derrière eux, et pressé de nous conduire à Bo San, le village artisanal des fabricants d’ombrelles où nous visitons le Centre - officiel ? - de fabrique d’ombrelles.
Ici aussi je me laisserais volontiers tenter par quelques superbes ombrelles pour moi, mes amis et ma famille, mais cela occuperait trop de place dans ma valise. Et puis je n’ai pas le budget nécessaire car le prix est déterminé à l’aune de la qualité et de la valeur artistique de chacune.
Je me contente de faire de nombreuses photos, ces magnifiques réalisations se prêtant à des photos hors du commun par leurs exquises harmonies de couleurs, et par la façon dont elles sont groupées et exposées.