Bonjour, je viens de passer beaucoup de temps à relire et rectifier mon texte, sélectionner et redimensionner des photos et au moment d'envoyer le message, impossible d'abord d'ouvrir ce fil, systématiquement la page qui s'ouvre est celle d'un autre fil et j'ai beau recommencer c'est toujours la même page.
Par je ne sais plus quel subterfuge, j'ai enfin réussi à ouvrir la bonne page. Et maintenant, comme toujours, le soir, impossible de télécharger des photos.
Je pense qu'ils désactivent cette fonction le soir à cause du trafic.
Ces beugs sont devenus un vrai problème sur VF
Préambule
Dans mon précédent message j’ai un peu mis la charrue avant les bœufs en ce sens qu’il s’agissait de la fin d’une journée bien chargée, commencée à 06h et je craignais de ne pas avoir le temps de rédiger un long article relatant cette sortie.
Je commencerais par vous dire que dégoûté par l’invasion de touristes partout dans
Chiang Mai et aux alentours, et à voir les songthaews allant au Doi Suthep ou en revenant, pris d’assaut et bondés dans un sens comme dans l’autre, j’ai renoncé très vite à me rendre au Doi Suthep, le Mont Saint Michel local.
Je me suis beaucoup aidé dans la préparation de mon voyage avec le site Thailandee.com qui présente beaucoup de sites intéressants « hors des sentiers battus ». Mais si sympathique que soit Mike, le garçon qui l’anime, à force de promouvoir ces lieux méconnus par des commentaires dithyrambiques et beaucoup de photos et videos -anciennes !!! – ils ont perdu tout leur charme et sont même devenus incroyablement fréquentés.
Mike conseillait donc vivement de visiter le Wat Phra Tat Doi Suthep à 6h du matin et un autre temple, le Wat Pha Lat, perdu en pleine forêt, non loin de « l’incontournable » Doi Suthep.
Le jour de
l’inénarrable défilé du dragon lors du Nouvel An chinois à Bangkok
j’avais rencontré un couple de français fort sympathiques que j’ai retrouvé tout à fait par hasard à
Chiang Mai quelques jours après mon arrivée. Ils m’ont appris que le Wat Phra That désert à 6h du matin c’était de l’histoire ancienne tant il avait été vanté, écrit, conseillé de bouche à oreille, - montré en photos et vidéos – de le visiter au lever du soleil... En revanche ils m’ont confirmé que la Wat Pha Lat accessible par le « sentier des moines », mieux connu sous le nom de Monk’s trail, restait une aubaine dans le genre « hors des sentiers battus ».
Donc, ce matin du samedi 15 février j’ai décidé de me lever vraiment aux aurores pour ne pas me mettre en route plus tard que 5h30. J’avais regardé l’itinéraire sur mon appli de randonnée. Il fallait compter 6 km depuis mon hôtel, soit 12 aller-retour et j’avais compris que le chemin proprement dit à travers la montagne pour monter au temple n’était pas très long donc je pensais que ça ferait 8 km au total, soit 16 aller-retour et je pensais redescendre avec un songthaew rouge.
Bien que réveillé à 4h40, je ne réussis pas à quitter ma chambre avant 6h30. Rue déserte. Aucun songthaew en vue. Je m’en doutais. Et me voilà en route, bien solide sur mes jambes ce matin. Me suis-je couché et levé trop tôt ? Toujours est-il que je dois faire plusieurs détours pour aller dans des temples... Non pour prier et me recueillir, mais pour libérer ma vessie qui ne se vide jamais totalement et se remplit tout aussitôt. De ce fait j’allonge considérablement mon chemin.
Je passe devant un certain nombre de boulangeries ou de petits boui-bouis qui vendent de la nourriture pour le petit déjeuner. Moi qui ne prends jamais rien de solide avant 11h ou midi, je me découvre affamé par toutes ces odeurs et ces plats appétissants. Mon regard est attiré par une vitrine présentant des sortes de beignets torsadés tout en longueur qui manifestement viennent tout juste d’être cuits. Trois pour 60 bahts. Ça m’a l’air très tentant. Ils ressemblent à nos beignets de boulangeries françaises. Je n’ai jamais vu cette sorte de beignet nulle part auparavant, ni jamais plus au cours de mon voyage en
Thaïlande. Il semble que ce soit une fantaisie de cette boulangerie. J’en achète un paquet de trois et je regretterai plus tard dans la matinée de ne pas en avoir pris deux lots. Jouxtant cette boulangerie, se dresse sur le trottoir un petit kiosque qui semble proposer un très bon café. Je tente ma chance, et, effectivement, bonne pioche ! Le cappuccino commandé se révèle excellent et très joliment décoré avec du sucre de canne roux et un verre de « thaï tea », servi par une petite jeunette très sympathique, très souriante.
J’apprécie beaucoup cet accueil matinal car je me suis aperçu que dans le centre historique de la ville, dans les restaurants ou dans les boutiques, la plupart des patrons ou serveurs (euses) ne sont pas du tout souriants ni très sympathiques et même, si on pose trop de questions, ils vous envoient paître (j’allais écrire un autre mot exprimant mieux leur comportement).
Comme j’ai pris du retard et que j’aimerais arriver avant que le jour soit vraiment installé, pour m’épargner la longue route aussi, je hèle un songthaew qui me demande carrément 200 bahts au lieu de 50. Je refuse. Un moment après avoir encore marché, un autre s’arrête qui me propose 100 bahts. Je refuse à nouveau mais je ne tarde pas à le regretter car je n’en finis pas de marcher, et j’ai l’impression d’avoir parcouru bien plus de kilomètres que ce que j’avais vu sur mon application. Je n’ai pas assez dormi, je ressens déjà la fatigue alors que je n’ai pas encore atteint le chemin qui s’élance à travers la montagne.
Quand j’y arrive enfin, je découvre un raidillon caillouteux engageant. Très pittoresque, mais difficile. Il est encombré de nombreuses grosses pierres enfouies dans la terre et parfois apparaissent des sortes de marches taillées dans la roche ou l’argile assez hautes. Toutefois j’apprécie de traverser aussi des passages de forêt de bambous.
Je voulais y arriver vers 6h30/7h pour profiter de la paix et de la sérénité du lieu tel que je l’ai vu sur la vidéo de de Mike
Et comme je savais qu’il y avait peu de monde qui allait à ce temple en forêt, je ne m’inquiétais pas de m’être attardé en route. Je pensais arriver là-haut vers 8h30. Mais maintenant que je suis sur ce chemin je suis étonné et je dirais même agacé de croiser dans les deux sens un tas de gens qui montent ou descendent du temple sans que personne ne dise bonjour. Les gens passent comme si j’étais transparent aussi bien ceux qui descendent que ceux qui arrivent derrière et me dépassent parce que je monte lentement, à mon rythme, par rapport à tous ces jeunes qui galopent.
A
Bangkok, dans la résidence où je logeais, si j’ai rencontré 3 personnes en deux semaines, c’est beaucoup. Mais ici à
Chiang Mai, l’hôtel est toujours complet et rempli de jeunes hommes et jeunes femmes souvent ne dépassant pas la trentaine. Et jamais, pas une seule fois, aucun d’eux ne m’a salué. Signe des temps ? Depuis ces 6 ou 8 dernières années où j’ai cessé mes voyages itinérants, les gens ont bien changé. Ou bien est-ce « l’esprit du touriste en
Thaïlande » ? Car je suis habitué, en
Inde, aux petits signes de sympathie, aux quelques échanges entre clients et surtout au moins bonjour quand on se croise dans les couloirs ou dans le hall. Là, ils vous marcheraient sur les pieds qu’ils ne vous salueraient même pas. Même le matin, dans le hall de l’hôtel là où le café est à disposition. Ils vous voient assis à la table à côté en train de siroter votre café. Ils se servent le leur et s’assoient tout près de vous ou bien traversent l’espace pour sortir, mais non, ça leur ferait mal au ventre de dire bonjour.
Et ici, sur ce chemin, pas même un sourire compatissant ou un mot gentil au vieux qui semble déjà épuisé à cause de la difficulté du terrain. Ces Français rencontrés à
Bangkok puis à
Chiang Mai, m’avaient prévenu : Il y a tout de même quelques passages difficiles et sportifs... Mais, comme d’hab, j’ai sous-estimé mes capacités qui ne sont plus ce qu’elles étaient il y a seulement un an ou deux... J’ai du mal à admettre que les années passent et que mon accident cardiaque - dû au vaccin anti-covid, je le redis ici - a laissé quelques séquelles.
Au fur et à mesure que je grimpe des groupes de 4, 6, 8, 10 personnes commencent à me rattraper et me dépassent. Mauvais signe... J’en déduis que ce chemin - et donc probablement ce temple - est très fréquenté et je regrette de ne pas être parti à 5h30 de l’hôtel pour être là-haut à 7h 7h30 sans personne.
Quand j’arrive enfin à destination je vois des gens partout. Ils sont là par centaines. Je suis dégoûté. Je me demande par où et quand ils sont arrivés là. Le lieu magique est défloré, et même carrément violé car ils ne respectent rien. Ni le lieu, ni les temples, ni les statues.
La cascade, presque à sec en cette saison se voit investie par tous ces « pèlerins » assis ou couchés dans son lit. Je peux dire adieu aux photos.
A un moment, un moine qui a aperçu ma mine de désapprobation alors qu’une minette à la tenue vestimentaire à la limite de la provocation se faisait photographier, son bras entourant une statue sacrée, laisse échapper sa colère :
- Ici c’est un lieu saint, mais ils croient que c’est une plage !
Même des stands itinérants se sont installés dans des allées pour vendre des boissons, des noix de coco et de la nourriture beaucoup plus cher qu’en ville.
Je ne vais pas laisser cette déconvenue gâcher ma journée et mon plaisir... Alors je prends mon temps pour m’égarer à travers la foule dans des recoins qu’ils délaissent et je trouve le moyen de réaliser de splendides photos pour mon plaisir personnel avec en plus le défi de n’avoir pas un seul bras, pied, jambe ou visage sur aucune d’elles.
Alors que je montais dans le chemin, j’avais vu une pancarte indiquant un autre passage sur la gauche mentionnant un temple à 500 m. En redescendant, je me dis :
- Tiens, je vais y aller... 500m ce n’est pas très loin... Je vais faire un détour. Peut-être que ce temple-là personne n’y va. « Ils » continuent tous tout droit jusque là-haut et personne ne va voir de ce côté donc avec un peu de chance, ce temple sera perdu dans la montagne, dans la forêt je vais y aller.
Et bien m’en a pris car je me retrouve très vite au cœur d’une jungle sauvage sans personne. Malgré ma fatigue, je m’étonne moi-même, de crapahuter comme si j’avais 40 ou 50 ans. Bien sûr je rencontre quelques difficultés parce que je manque de bâton. Car même si j’ai de très bonnes et fiables chaussures de randonnée, le terrain se révèle abrupt, glissant, escarpé, dangereux même. Je m’accroche à des branches, à des racines ou à des pierres et je continue d’avancer. Je dois parfois m’accroupir, m’agenouiller, enjamber des obstacles de troncs ou de rochers qui obstruent le passage, mais j’ai le cœur en fête tant par la beauté du paysage que par la difficulté de ma progression sportive.
Je me sens bien, je suis fatigué mais je me sens en forme. Oubliées les jambes en coton, oubliée la sensation de me déplacer sur un bateau...
Je ne sais pas où va me mener ce sentier, mais sûrement dans un lieu féérique et cela me motive et me donne force et courage pour affronter la difficulté du terrain
Et puis à un moment ça se met à descendre. Il n’y a rien pour s’accrocher et sans bâton, je glisse plusieurs fois, je crains de tomber à chaque seconde, peur surtout d’abîmer mon téléphone ou mon appareil photo que j’ai à la main. Ça devient très très difficile... Le terrain est tellement en pente, avec des espèces de marches taillées dans l’argile, très étroites et complètement à pic, que je ressens le vertige, auquel je suis sujet. Il n’y a rien pour s’accrocher, la nécessité d’un bâton devient cruciale. Ma petite voix se décide à intervenir :
- Là, tu fais le con ! Tu fais ton mariole à jouer les jeunots, tu vas finir par te casser la gueule. Tu feras quoi si tu te casses un pied ou une jambe ou même une simple entorse ?
Je lui réponds aussi sec :
- Oui, c’est sûr, mais la pancarte indiquait 500m, ça ne doit plus être très loin. Ce serait con de renoncer si près du but.
Je jette un coup d’œil à mon appli. J’ai parcouru 12 kilomètres... Je continue...
J’aborde un passage bordé de bambous. J’essaie d’en récupérer un cassé pour me faire un bâton de marche. Le bambou refuse de se laisser faire. Je m’accroche alors aux bambous bien enracinés. Je les saisis un à un... Mais là, maintenant, il n’y a plus rien sur les bords sur à peu près 30 ou 40 m et ça descend à pic dans le ravin. C’est vraiment casse-gueule. Je repense à certaines aventures du même style dans mes balades, solitaire, sans guide, dans les Himalayas où j’ai manqué d’y laisser ma peau car personne ne savait où j’étais. On ne m’aurait pas cherché... Et voilà qu’aujourd’hui, 10 ans après, ça me reprend ce goût du risque et de l’aventure. Alors je songe à rebrousser chemin. Soudain, j’aperçois un homme qui remonte. Un asiatique qui a l’air épuisé. Un « jeune homme » de 40 ans. Je lui demande :
- C’est encore loin le temple ?
- Oh oui !
- Oh, merde !
Il a l’air très fatigué, épuisé, même. Peut-être que la distance lui a paru longue à cause de sa fatigue ?
Alors je décide de m’asseoir pour me reposer moi-même un instant en attendant le passage de quelqu’un d’autre...
Au début de la balade je me réjouissais d’être seul sur ce chemin, mais à présent ça fait comme ce matin sur l’autre chemin. Peu à peu des gens derrière moi me rejoignent, me dépassent. Sans me voir... Sans m’adresser la parole. Sans me demander si je vais bien, si j’ai besoin d’aide... Je suis transparent. 2 ou 3 personnes... D’autres encore arrivent... Pareil. Je les suis des yeux. J’ai une confirmation de la difficulté du terrain : Une dame qui doit avoir une cinquantaine d’années manque de tomber... La petite voix recommence :
- II ne faut pas continuer, c’est trop risqué, sois prudent...
- OK je vais rebrousser chemin.
A ce moment des gens remontent... Des jeunes... Ils ont l’air épuisés ceux-là aussi. Eux disent bonjour et me demandent si le temple est encore loin...
Je suis étonné. Je me dis : Ah bon, ils vont au Wat Pha Lat, mais ils arrivent par un autre itinéraire. Je scrute devant moi au plus loin que je peux. Ça descend, ça descend dans le ravin... Je ne comprends pas trop ce que j’ai fait. Je finis par conclure que j’ai dû me tromper de direction à un moment sans m’en apercevoir...
Je me décide enfin à remonter. C’est beaucoup plus prudent, je risquerais vraiment de tomber. Et là, en remontant je me trouve sur un chemin extrêmement en pente, terriblement vertical, de nouveau avec des marches très étroites taillées dans l’argile, hyper casse-gueule, mais cette fois, j’aperçois des cordes attachées solidement aux bambous qui bordent le chemin. Le terrain est extrêmement difficile voire dangereux, mais on peut s’accrocher aux cordes pour monter facilement. Mais il me faut mes deux mains pour jouer les Tarzan accroché à ces cordes comme à des lianes. Je me décide à ranger téléphone et appareil photo dans mon sac à dos, et je me lance à l’assaut de la montagne... Bon il me faut fournir un gros effort dans les jeux de jambes, mais il n’y a plus de risque de se casser la gueule. Il suffit de bien tenir les cordes.
Et il faut monter, monter, et monter encore. Et cette fois plus personne en vue ni dans un sens ni dans l’autre. Plus je réfléchis et plus je me dis : mais ces cordes, je ne les ai pas vues en descendant et d’ailleurs je n’ai pas souvenance d’avoir descendu tant de chemin. Je me suis sûrement encore trompé de direction. Tant pis ! Je continue à grimper, grimper comme un singe. Je finirai bien par arriver quelque part. Et quand je parviens enfin tout en haut, je vois se dresser devant moi une muraille plus ou moins en ruine, un peu branlante, que je dois encore escalader au milieu de la végétation qui a tout envahi y compris la fin du chemin par lequel je viens d’arriver. Il s’agit d’un mur d’enceinte qui délimite l’espace d’un temple à l’abandon. Alors je comprends que je me suis trompé de chemin par deux fois. Ce temple que je vois sous mes yeux doit être celui qui était indiqué à 500m. Et ensuite après être tant descendu alors que géographiquement ça n’était pas logique, et que j’ai décidé de revenir sur mes pas, je me suis encore trompé de chemin dans ma remontée.
Finalement c’est une bonne chose puisque si je ne m’étais pas trompé cette deuxième fois, je serais revenu à mon point de départ à la pancarte, alors que là, par un itinéraire détourné, complètement original et fafelu, très sportif, je suis arrivé à ce temple perdu que je voulais voir.
Je prends le temps de m’asseoir un moment et je vérifie sur mon appli. Au lieu des 500m indiqués sur le panneau je viens d’effectuer 2km dans ce terrain si casse-gueule. Au total j’ai déjà parcouru 16km.
Je me relève et inspecte ce temple qui se trouve manifestement à l’abandon et désacralisé.
Je ne regrette pas mon équipée et suis ravi de découvrir ce sanctuaire en pleine jungle au milieu d’une végétation luxuriante. Après avoir fait le tour du temple et de ses environs, je marche encore un peu et je débouche à un endroit où un panneau indique le lieu : Anakamee Buddhist Park.
Je le cherche sur mes trois applis de GPS et sur aucune il n’apparaît. Je pense que c’est parce que le lieu est complètement désaffecté et oublié.
Je m’avance encore un peu et je découvre un peu plus loin, une espèce de boui-boui-guinguette-kiosque (si riche que soit la langue française, je ne vois pas le terme qui serait approprié) avec de jolis fauteuils en bambou et de superbes tables en bois exotique, où je reçois un accueil très sympathique et « friendly » et où je peux enfin me reposer longuement et m’abreuver copieusement car n’imaginant pas cette aventure, je n’avais pas emporté la moindre bouteille d’eau avec moi.
Mais je ne suis pas au bout de mes peines...
Je demande comment redescendre sur
Chiang Mai. Les charmantes jeunes femmes qui tiennent cette guinguette me rétorquent :
- A pied ou en voiture ?
- A pied !
Elles m’indiquent alors la direction par laquelle je viens d’arriver. Je me pense :
- Eh bien, elles n’ont pas dû l’emprunter souvent !!!
- Je suis vaillant et me suis reposé mais, non, je repars pas par ce chemin ! Alors la jeune-fille me dit :
- Tu peux aussi descendre par la route mais ce sera plus long !
J’opte pour la route.
- Plus long, je m’en fous, au point où j’en suis... Du moment que je n’ai plus à crapahuter dans la jungle !
Mais ce que je n’ai pas prévu, que je ne sais pas, c’est que par la route il n’y a aucun espace pour cheminer à pied. Je suis carrément sur la chaussée, complètement au bord, c’est assez dangereux pour un piéton.
Je commence à descendre, descendre, descendre, descendre et je marche et je marche et je marche et ça n’en finit pas. Je commence vraiment à être fatigué. Je consulte mon appli. J’ai déjà parcouru 20 km depuis ce matin. J’en ai encore pour 10 km jusqu’à l’hôtel. Je vais arrêter un songthaew...
Mais j’ai beau leur faire signe, aucun ne s’arrête. Ils sont bondés de touristes qui reviennent du Wat Phra Tat.
- Mon pauvre vieux, me dit la petite voix, tu es foutu, tu vas devoir te taper la route à pied.
Et je marche et je marche encore. Enfin un songthaew s’arrête... Il me demande 100 bahts. Je ne sais pas si c’est un prix correct. Par principe, mais surtout pour le jeu, je lui fais mon plus beau sourire et je tente :
- 50 !
- Ah, non, non, non, c’est loin, c’est 100 bahts...
Son véhicule est vide, il rentre à vide n’espérant aucun client sur cette route, à cet endroit. Il faut être le fou ou l’inconscient que je suis pour descendre à pied par cette route à forte circulation et sans bordure aucune. Alors j’insiste, pas par radinerie, mais toujours par jeu :
- J’ai plus beaucoup d’argent sur moi, je suis très fatigué, je viens de faire 25km... (je venais à nouveau de vérifier)
- Bon, allez ! 80 !
- OK 80
En fait ce n’est pas du tout excessif parce que cette route pour les voitures est infiniment plus longue, que le parcours que j’ai effectué ce matin par la montagne, par ce fameux chemin. Heureusement que je n’ai pas continué à pied parce que ça descend, ça descend, et ça virage, et ça virage et ça n’en finit pas... J’arrive à ma chambre à 15h30, absolument épuisé et le gars du songthaew qui n’a trouvé aucun autre client sur le chemin est ravi d’avoir gagné 80 bahts...
Cette sortie reste dans mes souvenirs une des plus belles que j’aie faite à
Chiang Mai. Et en voyant mes photos aujourd’hui, parmi les plus belles et réussies. Malheureusement avec seulement 10 autorisées c’est difficile de faire un choix car toutes sont différentes et toutes magnifiques pour mes fonds d’écran et mes souvenirs.