Jour 5 – jeudi 31 janvier 2013 – escale à Palerme
Ahhhh...
Palerme... quelle belle escale...
Le bateau est à quai depuis 8h30, mais comme à notre habitude nous laissons passer la foule des premiers passagers. Nous sommes sur le quai à 9h30.
Ce jeudi 31 janvier, il fait un soleil sans nuages, sans vent, la température est idéale, autour de 20°C. Aujourd’hui nous allons marcher une bonne dizaine de kilomètres (au lieu des 5 km du circuit initialement prévu).
En sortant du port (la sortie est aux pieds du bateau), nous prenons l’avenue en face de nous (via Emerico Amari) jusqu’à la place du théâtre Politeama Garibaldi, avant de rejoindre la via Ruggiero Settimo jusqu’au Théâtre Massimo.
Inauguré en 1897, Le Teatro Massimo Vittorio Emanuele (le Grand Théâtre Victor-Emmanuel) est le plus grand bâtiment de théâtre d'
Italie, le troisième plus grand théâtre d'Europe. À Cherbourg nous possédons un petit théâtre à l’italienne, construit dans les années 1880 à une époque où la ville commençait à prendre de l'importance. Nous avons très envie de comparer notre petit théâtre à ses modèles de référence.
Sur le parvis du théâtre nous rencontrons Babytoum et sa petite famille, nous ferons la visite ensemble. La visite (obligatoirement guidée) dure 25 minutes et coûte 8 euros par personne. En juin dernier nous avions déjà remarqué qu'à
Palerme, les tarifs des visites sont assez élevés. Mais nous avons de la chance, notre guide parle français. La visite comprend la salle de théâtre (la scène est immense !), la loge royale et son salon privé ainsi que la salle pompéienne à l'acoustique étonnante.
Les bâtiments et monuments de
Palerme témoignent d'un faste révolu. La ville possède un charme parfois désuet au vernis craquelé ; les riches façades ouvragées aux enduits décrépis sont souvent noircies de pollution. Un antiquaire dirait certainement que les bâtiments sont dans « leur jus ».
Bien que rénové en 1997 après une longue période d’abandon, étrangement le théâtre Massimo n’échappe pas à la règle. Il est assez beau mais pas en très bon état (et que dire des sanitaires, ce jour-là dans un état de saleté déplorable ?). Mais nous ne regrettons rien : nous avons pu comparer, ce qui nous permet de conclure que le petit théâtre italien de Cherbourg est réellement magnifique. Nous ressortons fiers comme des papes de notre patrimoine local... Et chez nous, je tiens à le dire, la visite guidée n’a peut-être pas lieu souvent, mais au moins... elle est gratuite !
En ressortant du théâtre, nous empruntons une jolie ruelle en face pour rejoindre la Via
Roma, car nous savons que la Via Maqueda n’offre que peu d’attraits.
L’an dernier en juin, j’avais fait l’erreur de porter des tennis légères et trop plates ; plus on avançait dans la croisière, plus j’avais mal aux jambes, mal aux talons, mal aux mollets. J’avais beaucoup souffert sur l’escale de
Palerme, et j’avais eu du mal à terminer ma visite. Pour cette croisière de janvier je suis correctement chaussée, mes pieds et mes mollets répondent à l'effort sans broncher, et j’apprécie pleinement la promenade.
La jolie ruelle bordée de palmiers débouche sur la Via
Roma, que nous remontons vers la droite pour passer devant la place de la Chiesa Di San Domenico e Chiostro. L’an dernier, nous nous étions un peu perdus dans la ville, et grâce à deux touristes suédoises nous avions retrouvé la via
Roma en débouchant sur la place de cette belle église. Ça nous rappelle de bons souvenirs.
Un peu plus loin, avant de croiser la Via Vittorio Emmanuele nous parcourons les ruelles sur la droite (celles qui rejoignent à nouveau la Via Maqueda). Les ruelles commerçantes sont emplies de vendeurs à l’étalage (il fait si beau !) ; quant aux boutiques elles proposent des articles soldés en cette période de janvier. Nous repérons des vêtements pour homme de très bonne qualité, impeccablement coupés, soldés à 50%. Les prix sont vraiment très intéressants, au point que nous hésitons : on continue le parcours initialement prévu ? Ou on retourne au bateau récupérer la carte bleue ? Finalement, nous décidons de continuer. Le shopping attendra.
Un peu plus loin nous rejoignons le carrefour des Quatro Canti («les quatre chants »), un des symboles de la ville. Les immeubles du petit carrefour sont ornés en chaque coin d’une fontaine ouvragée.
Chaque fontaine représente un des quatre fleuves de la ville ; au-dessus des divinités (Vénus, Cérès, Bacchus et Éole) représentent les quatre saisons, surmontées des rois Charles Quint, Philippe II, Philippe III, Philippe IV, et enfin des quatre saintes patronnes de la ville.
Peut-être parce que j’étais fatiguée la première fois, ou parce que le carrefour était plongé dans l’ombre lorsque nous y étions passés l’an dernier (les rues sont étroites), j’en gardais le souvenir de belles façades, mais impitoyablement marquées par le temps et par la pollution. Toujours est-il qu’en cette journée de janvier, je les trouve encore plus jolies qu’en juin dernier.
À proximité immédiate des Quatro Canti, en tournant à gauche nous rejoignons la Piazza
Pretoria et sa fontaine centrale, sculptée de sujets d’inspiration mythologique.
En face de la fontaine, de l’autre côté de la rue (nous sommes à nouveau sur la Via Maqueda) et surplombant une petite volée de marches, les portes de l’église sont ouvertes ; nous décidons d'aller voir. OH-MY-GOD ! Que cette église est belle ! Nous avons bien fait d’effectuer ce petit détour !
J’ai remarqué un truc, c’est que passé midi ou 13 heures, les églises sont fermées en
Italie. Je me souviens que nous avions visité celle-ci en juin dernier (après fermeture, une petite entrée est accessible du côté de la Via Vittorio Emmanuele). Mais comme elle était fermée, elle était plongée dans l’obscurité et nous ne l’avions pas appréciée à sa juste valeur. Dans la lumière son intérieur est tout simplement incroyable ; si elle est ouverte je vous conseille d’aller y faire un tour, et en plus... c’est gratuit ! (ce qui n’est malheureusement pas le cas de toutes les églises à
Palerme...).
Nous continuons à nouveau sur la Via Maqueda, et à proximité immédiate nous arrivons à notre destination suivante, la place Bellini entourée des églises Santa Caterina, de la Martorana, et de l’église San Cataldo (avec ses 3 coupoles de style oriental).
Nous avons choisi de visiter la Chiesa Santa Caterina. La visite est payante (2 euros par personne, horaires de visite : 9h30/13h30). Emplie de marbres et de stucs sculptés, cette église est un pur joyau de l’art baroque.
Un peu plus loin sur la Via Maqueda (sur la droite) nous empruntons ensuite la Via Del Ponticello, que nous remontons jusqu’à la
Chiesa Del Gesù (église de Jésus), la plus importante église baroque de
Palerme.
Nous entrons : toute la nef et le chœur sont recouverts de sculptures. Comme la plupart des monuments de
Palerme, la visite est payante (5 euros par personne, ce qui permet d’accéder à la crypte et à un musée), mais nous n’irons pas plus loin : depuis l’entrée nous pouvons déjà bien apprécier l’intérieur de l’église, d’ailleurs magnifique, ça vaut le coup d’œil. En ressortant nous croisons Phtao et son amie accompagnée de ses deux grands fils, qui arrivent de la cathédrale : c’est l’occasion d’échanger nos premières impressions sur
Palerme.
Nous avions initialement prévu de nous arrêter là et de revenir au bateau, pour un parcours total de 5 km environ. Mais il fait un temps superbe, nous ne sommes absolument pas fatigués, nous avons largement le temps et nous avons envie de profiter au maximum de cette belle journée.
Nous revenons au carrefour de Quatro Canti, et bifurquons à gauche sur la Via Vittorio Emmanuele pour remonter vers la Porta Nuova qui se profile au loin. En juin dernier nous étions allés jusqu’au Palais des Normands (l’entrée nous avait coûté 9 euros par personne pour une visite complète, alors que les salles étaient inaccessibles ; nous n’avions pu visiter que la Chapelle Palatine, très belle mais si petite, pour le prix nous étions restés sur notre faim).
Sur notre route nous retrouvons avec plaisir la cathédrale que nous avions déjà visitée en juin. Honnêtement, l’intérieur n’a rien d’extraordinaire, mais l’extérieur vaut carrément le détour.
Nous retrouvons également en chemin (sur le côté gauche de la route en marchant vers la cathédrale) les vitrines un peu kitch d’une boutique d’articles religieux (avec une statue géante de la Vierge) côtoyant étonnamment une boutique d’articles militaires, toutes deux surplombées (il faut lever les yeux) de mannequins en habits de moines et d’évêques saluant les passants avec bienveillance. Amusant contraste.
Près de la Porta Nuova, sur la gauche un jardin de plantes exotiques. Dans la rue les façades sont belles, nous profitons de chaque porte ouverte pour admirer les superbes cours intérieures.
Nous revenons sur nos pas et nous nous arrêtons dans un petit bar pour faire une pause café et Gelati. Ce serait un crime de venir à
Palerme sans goûter à leurs glaces sublimes !
De retour aux Quatro Canti nous reprenons à droite, un peu par curiosité. Nous remontons l’avenue jusqu’à la gare ferroviaire, pour se perdre un peu dans les rues adjacentes, avant de reprendre l’avenue perpendiculaire (Via Abramo Lincoln) afin de rejoindre le front de mer.
Cette partie de la ville est beaucoup plus populaire. Il y a du trafic et du deal dans tout le quartier : nous remarquons plusieurs hommes faisant le guet, accostés discrètement par des véhicules et par d’autres hommes à pieds.
Plus loin sur la droite, à proximité immédiate du front de mer, l’entrée du jardin botanique et le jardin de la
Villa Giulia. J’avais lu que l’entrée était payante, mais nous nous promenons sans problème dans les allées du jardin de la
Villa Giulia. Nombreux sont les habitants de
Palerme à venir y flâner ou à s’y reposer tranquillement. Je ne suis pas sûre qu’il faille absolument en faire un but de visite (c’est tout de même assez éloigné du bateau), mais si on passe à proximité, les allées ombragées sont l’occasion d’une pause fort agréable.
Puis nous rejoignons le front de mer aménagé. En cette magnifique journée, nous prenons un bain de lumière et de soleil. Sur notre gauche, nous apercevons le port de plaisance et un peu plus loin derrière, le Splendida qui nous attend. Il est temps de rentrer.
Nous revenons en longeant la mer. Nous arrivons à l’entrée de la Via Vittorio Emmanuele et sa porte monumentale, apercevant au loin la Porta Nuova. Il nous faut ensuite contourner le port de plaisance avant d’accéder au terminal de croisières, que nous atteignons vers 16h00 pour un « tous à bord » fixé à 16h30. Mis à part une petite pause café, nous marchons depuis 9h30, un beau parcours.
Nous partons nous reposer à la cabine. Le bateau part à 17h00, la nuit finit par tomber. Depuis mon lit où je me suis allongée, je peux voir la côte illuminée s’éloigner doucement. Je n’échangerais ma place pour tout l’or du monde...
Ce soir c’est la seconde soirée de gala. Les tenues sont un peu moins habillées que pour la première soirée. En rentrant de
Palerme nous avons trouvé un carton d’invitation dans notre cabine pour assister à un cocktail en présence du commandant. Privilège apparemment dû à notre statut de membre du MSC Club (auquel nous avons droit depuis que nous avons effectué une première croisière en juin). Le rendez-vous est fixé à 20h15, après le spectacle au théâtre, avant le repas.
Nous nous rendons donc à l’entrée de l’Aft Lounge, où se masse une foule de passagers faisant la queue pour entrer. Une élégante hôtesse nous demande de lui présenter notre carton, que nous avons évidemment oublié dans la cabine... Elle nous laisse malgré tout passer avec un sourire, en nous invitant à le garder sur nous la prochaine fois. Le salon est plein, il est difficile de trouver une place assise. Nous trouvons une petite place au bar.
Le cocktail est à volonté, dès qu’un verre est vide il est immédiatement remplacé, accompagné de chips et de gâteaux apéritifs. Après le discours d’usage, le commandant prend le temps de discuter avec les passagers qui viennent le saluer. Monsieur Glacerine est impressionné de tant de proximité et de disponibilité.
Après le repas et un dernier tour sur les ponts, nous rentrons nous coucher. Le lendemain nous visiterons
Rome, la journée promet d’être fatigante, sans nous douter que le retour sera mouvementé...
Demain je posterai les photos de
Palerme !