bonjour à tous,
Au chevet...
- Vous voulez dire, Docteur, qu’elle doit continuer à prendre le médicament qui l’a envoyée à l’hôpital (et que vous lui avez prescrit ?)
- Oui, Il ne faut pas arrêter d’un coup. Et vous savez, je sais de quoi je parle : je travaille pour la société qui fabrique ce médicament. C’est un très bon médicament. Vraiment.
J’ai trouvé ça un peu... heu... Woerthien et j’en ai pris une boîte : contre-indiqué en cas de faiblesse ou d’anémie. J’ai regardé le médecin, interloqué. Il m’a pris par l’épaule avec un grand sourire :
- Ne craignez rien, c’est un protocole très courant. On l’applique systématiquement en cas de crise. J’ai fait ma thèse de bionomie là-dessus, justement.
- De bio quoi ?
- De bio – nomie : c’est l’économie libérale appliquée à la biologie, c'est de l'économie médicale. Par exemple, là, on purge et on affaiblit votre amie afin qu’elle puisse repartir sur de bonnes bases : c’est comme les politiques de rigueur que vous allez bientôt subir en
France, mais appliquées à la médecine.
- Ah ? Heu, super ! Mais c’est pas un peu dangereux ?
- Mais non, mais non, au pire : le patient meurt... mais sur de bonnes bases ! Et puis, de toute façon : on ne peut pas faire autrement. C’est a-bso-lu-ment impossible. La théorie néolibérale l’interdit : Verboten ! Sacrilège ! Tabou !
Petit précis d'humanisme...
Un saint homme tenait un jour une conversation avec Dieu...
Il lui dit:
- Seigneur, j'aimerais savoir comment est le paradis et comment est l'enfer
Dieu conduisit le saint homme vers deux portes.
Il ouvrit l'une d'entre elles et permit ainsi au saint homme de regarder l'intérieur.
Au milieu de la pièce, il y avait une immense table ronde. Et, au milieu de la table, il y avait une grosse marmite contenant un ragoût à l'arôme délicieux.
Le saint homme saliva d'envie.
Mais,...
Les personnes assises autour de la table étaient maigres et livides. Elles avaient toutes l'air affamées. Elles tenaient des cuillères aux très longs manches, attachées à leurs bras. Toutes pouvaient atteindre le plat de ragoût et remplir une cuillerée. Mais, comme le manche de la cuillère était plus long que leurs bras, elles ne pouvaient ramener les cuillères à leur bouche.
Le saint homme frissonna à la vue de leur mal et de leurs souffrances.
Dieu lui dit :
- Tu viens de voir l'enfer.
Tous deux se dirigèrent alors vers la seconde porte. Dieu l'ouvrit, et la scène que vit le saint homme était identique à la précédente.
Il y avait la grande table ronde, la marmite de délicieux ragoût, qui fit encore saliver le saint homme.
Les personnes autour de la table étaient également équipées de cuillères aux longs manches.
Mais, cette fois, les gens étaient bien nourris, replets, souriants et se parlaient en riant.
Le saint homme dit à Dieu:
- Je ne comprends pas !
- Eh bien, c'est simple, répondit Dieu à sa demande, c'est une simple question de caractère. Ceux-là se nourrissent les uns les autres, tandis que les gloutons et les égoïstes ne pensent qu'à eux-mêmes.
Glané ici et là sur d'autres forum...