| En Isaan: une famille, un village GeorgesOZ · 7 avril 2017 à 11:20 · 32 photos 271 messages · 27 participants · 18 914 affichages | | | | À: Fgf · 9 avril 2017 à 8:16 Re: En Isaan: une famille, un village Message 21 de 271 · Page 2 de 14 · 1 098 affichages · Partager Merci pour vos récits, c'est très agréable à lire, je vous encourage à continuer...
Merci Bertrand, ça me fait bien plaisir d'entendre ça. Vous êtes sur quel côté de Koh Pha Ngan? | | | À: GeorgesOZ · 9 avril 2017 à 9:47 Re: En Isaan: une famille, un village Message 22 de 271 · Page 2 de 14 · 1 067 affichages · Partager rassure moi ce n est pas autobiographique, c'est un roman | | | À: Tinorossi · 9 avril 2017 à 9:52 Re: En Isaan: une famille, un village Message 23 de 271 · Page 2 de 14 · 1 064 affichages · Partager rassure moi ce n est pas autobiographique, c'est un roman
Ben non, c'est du 100% auto-bio..  Si tu évitais de lire les âneries écrites par le troll Charlie; donc si tu lis tout le texte, mot après mot en évitant justement les diagonales, tu t'apercevras que notre ami George parle de son village et donc de ses habitants. | | | À: GeorgesOZ · 9 avril 2017 à 10:49 Re: En Isaan: une famille, un village Message 24 de 271 · Page 2 de 14 · 1 043 affichages · Partager 3 ScolarisationQuelques mots peut-être sur la scolarisation qu’a connue Y ? Cela permettra de mieux cerner le personnage (non fictif) et son milieu.
Y a fréquenté la petite école de son village de quelques 500 habitants jusqu’à l’âge légal de 12 ans. Après quoi, comme ses parents n’avaient pas d’argent et ne percevaient pas le besoin de pousser plus loin, Y s’était vouée à son rôle traditionnel de « petite dernière s’occupant de ses vieux parents ».
Les choses ont sans doute changé pour le mieux entretemps, mais nous ne parlons pas d’une époque tellement reculée que ça. Il s’agit de l’afin des années ’70 et de la première moitié des années ’80.
Pour les petits malins que je soupçonne de compter sr leurs doigts pour en déduire son âge, je préciserai que j’ai l’habitude, ayant beaucoup roulé ma bosse et étant devenu méfiant, de poser des fausses pistes un peu partout. Mais tout en restant assez près de la réalité.
Y m’a souvent parlé de son école. Son instituteur dormait en classe, ne s’intéressait pas beaucoup à ses élèves et les battait régulièrement. Au lieu de les garder en classe, il trouvait d’ailleurs normal de les envoyer désherber ses champs pour des salaires ultra-misérables.
Pendant son adolescence, elle a travaillé comme bonne dans une famille Chinoise d’une grande ville de l’Isàán, pour apporter quelques petits deniers à ses parents. Il n’y a pas trop longtemps, nous sommes allés rendre visite à cette famille Chinoise et nous avons été accueillis avec une très grande gentillesse. Y appelle le père et la mère de famille « Papa » et « Mama » et a une relation tout à fait filiale par rapport à eux. J’ai dû m’agenouiller devant eux, avec Y, pour leur présenter nos cadeaux. Il n’était bien sûr pas question de venir les mains vides. On nous a fait un cadeau 2 ou 3 fois plus important sur notre départ. J’avais eu le plaisir d’une discussion en Thaï parfait avec eux, bien qu’ils parlent normalement le « Phasàá Isàán ».
Ils nous avaient fait visiter leurs magasins – impressionnants – et fait voir les quelques maisons modernes qu’ils ont construites à côté pour étendre leur empire. J’avais rencontré une de leurs filles, éduquée à grands frais à Singapour. Etc etc : des gens qui ont la tête solidement plantée sur leurs épaules !
Y sort un peu de l’ordinaire des filles de la campagne de l’Isàán. Non pas seulement parce qu’elle est nettement plus jolie que la moyenne, mais surtout parce qu’elle a fait des efforts pour apprendre l’Anglais toute seule. Et comme je l’ai déjà dit, elle parle un Thaï bien plus correct que la plupart des gens que je connais dans son village et dans les alentours.
Je lui ai donné le goût de la lecture. La première fois que je lui ai proposé de chercher un ou deux livres (en Thaï bien sûr), nous étions avec une de ses nièces. Elles sont toutes deux immédiatement allées vers le rayon « Religions » pour choisir une publication bouddhiste locale. Mais par la suite, j’ai su élargir ses horizons et elle a parcouru l’histoire : des Vikings, de Rome, de Gengis Khan, d’Einstein, de Che Guevara, de Hitler, de Napoléon etc. Puis elle a lu L’Iliade et l’Odyssée, Le Petit Prince, L’Alchimiste de Paulo Coelho, L'Amour aux temps du choléra de Gabriel García Márquez. Dernièrement, elle est plongée dans un livre de William Somerset Maugham, et elle a déjà Les 10 Petits Nègres d’Agatha Christie et Le Chien des Baskerville d’Arthur Conan Doyle ouverts sur la table. C’est moi qui lui choisis les livres (en Thaï) car, bien évidemment, elle ne sait rien de la littérature internationale.
Je lui demande parfois comment c’est, à quoi elle me répond simplement « sanouk ! ». Souvent, à Bangkok, elle est l'une des rares personnes ayant un livre ouvert sur les genoux dans le BTS. Pour une très modeste paysanne de l’Isàán sans la moindre éducation à proprement parler, elle en est arrivée à un niveau de lecture largement supérieur au niveau moyen de ceux de ses compatriotes qui ont eu la chance d’une scolarisation supérieure. Il n’y a pas que les gens de l’Isàán que je connais dans ce pays, j’ai aussi côtoyé pendant des années les gens qui travaillent dans les bureaux de Bangkok. | | | À: GeorgesOZ · 9 avril 2017 à 12:57 Re: En Isaan: une famille, un village Message 25 de 271 · Page 2 de 14 · 998 affichages · Partager En fait, j'ai acheté le livre vert dès que tu en as parlé dans ce premier post il y a quelques années... Maintenant, je sais lire mais pas encore rapidement, écrire me demande beaucoup d'efforts. L'oral reste assez poussif comme je ne vis pas en Thaïlande mais je m'acharne. Cette langue est passionnante et je prends tout ce que vous, qui êtes sur place, pouvez en dire comme des pépites...mais je comprends bien que tout le monde ne va pas forcément en redemander. Le portrait de Y est très touchant. En le lisant, j'ai pensé à deux ou trois femmes thai que j'ai rencontrées, un peu le même parcours, autodidactes et ayant envie d'apprendre malgré une scolarité lacunaire. Je trouvais cela magnifique et j'étais fière de les connaître mais j'avais un peu de peine de voir qu'elles gardaient une sorte de complexe face à des personnes ayant reçu une instruction institutionnelle. Trop modestes, mes amies, j'espère que Y a surmonté ça. Merci de ces récits personnels et généreux, très sanuk de te lire encore.... Christine | | | À: Nolack · 9 avril 2017 à 14:53 Re: En Isaan: une famille, un village Message 26 de 271 · Page 2 de 14 · 953 affichages · Partager Bonjour de nouveau Christine,
Je suis ravi de savoir que mes conseils ont pu servir à qqn. Je considère le « livre vert » comme une véritable bible. C’est écrit par qqn qui maîtrise totalement le sujet (c’est un Thaï), et c’est amené d’une façon absolument logique. D’ailleurs, le système d’écriture Thaï est très logique et traduit parfaitement les sons et les tons. Apprendre le Thaï sans savoir lire un minimum, ce serait un peu comme monter l’ Everest de nuit et sans éclairage !
L’écriture Thaï a été mise au point, si je me rappelle bien, vers le 14-ème siècle (on dit que le roi Ramkhamhaeng en est l’auteur?). Elle est d’inspiration khmère (les Thaïs ont énormément appris des Khmers, dont ils ont envahi le territoire). L’écriture khmère elle-même était dérivée des écritures brahmiques (donc indiennes), et je crois qu’on retrouve, après ces quelques réincarnations (si, si !  ) l’approche systématique et logique de la phonétique qui caractérise les anciennes méthodes indiennes.
Malgré les divergences avec tout le temps qui s’est écoulé, je crois reconnaître encore assez bien la similitude entre les signes diacritiques du “u” ou du “I”, avec les lettres “m” et “l” du Devanagari, lui aussi dérivé des vieilles écritures brahmiques.
Quant au personnage de Y, tu me fais grand plaisir en manifestant ton admiration. Elle le mérite. Elle n’a pas la moindre gêne vis-à-vis des gens qui lui seraient en théorie supérieurs, que ce soit par la classe sociale ou par l’éducation. Elle m’a souvent accompagné dans mes rencontres socio-professionnelles et y a toujours été très à l’aise. Les gens m’ont très souvent fait la remarque de son charme et de sa grâce naturelle. Tous mes amis m’ont dit que j’avais de la chance de l’avoir rencontrée. En général, les gens diraient plutôt le contraire, que c’est la « pauvre fille de basse extraction sociale » qui a eu de la chance de rencontrer un « étranger ayant une bonne profession, bien éduqué etc etc » (je devais arrêter car je parle ici de moi-même  ). C’est pour dire qu’elle fait une bonne impression sur les gens.
Tout ça s’ajoute à une très grande gentillesse, une dévotion sans faille, un sens du devoir, et aussi un goût prononcé pour faire la fête. En plus, elle est très jolie ! C'est son visage que j'ai mis en avatar. | | | À: GeorgesOZ · 9 avril 2017 à 15:12 Re: En Isaan: une famille, un village Message 27 de 271 · Page 2 de 14 · 938 affichages · Partager Tout ça s’ajoute à une très grande gentillesse, une dévotion sans faille, un sens du devoir, et aussi un goût prononcé pour faire la fête. En plus, elle est très jolie !
Hello, Ma femme a en tous cas la quatrieme des 5 qualités :)... bon je vais encore me prendre un coup d outil a saak sur la tête. Anyways vos recits sont un plaisir a lire. Merci. La suite ! | | | À: GeorgesOZ · 10 avril 2017 à 0:17 Re: En Isaan: une famille, un village Message 28 de 271 · Page 2 de 14 · 859 affichages · Partager Merci Georges, oui, votre femme est tres jolie.On devine qu'elle a du caractere.  Je vous encourage a continuer a decrire votre vie en Isaan que je trouve tres interessante bien que ne l'ayant jamais visitee.Je me suis contente du nord et du sud.J'habite a present une petite ile pres de Mindanao depuis 5 ans. | | | À: Nato233 · 10 avril 2017 à 6:26 Re: En Isaan: une famille, un village Message 29 de 271 · Page 2 de 14 · 843 affichages · Partager Ma femme a en tous cas la quatrieme des 5 qualités :)... bon je vais encore me prendre un coup d outil a saak sur la tête. Anyways vos recits sont un plaisir a lire. Merci. La suite !
Si votre “4-ème qualité” est “avoir un gout prononcé de la fête », c’est en fait une qualité assez courante chez les Thais, et pas seulement les « khon Isàán ».
Je mentionnais cette qualité parce qu’il ne faut absolument pas croire que Y est devenue une « souris de bibliothèque » ! 
C’est quoi, votre « outil à saak », c’est le truc pour tatouer ? Un équivalent dangereux du rouleau à pâtisserie de chez nous ! | | | À: Lemonk68 · 10 avril 2017 à 6:32 Re: En Isaan: une famille, un village Message 30 de 271 · Page 2 de 14 · 838 affichages · Partager Merci Georges, oui, votre femme est tres jolie.On devine qu'elle a du caractere.  Je vous encourage a continuer a decrire votre vie en Isaan que je trouve tres interessante bien que ne l'ayant jamais visitee.Je me suis contente du nord et du sud.J'habite a present une petite ile pres de Mindanao depuis 5 ans.
Salut Raph ! Bísch vo’ Mélhusa ?  J’avais passé une semaine idyllique quelque part vers Mindanao, il y a presque 40 ans! J’aimais bien les petites maisons avec leurs petits jardins devant, simples mais coquets, et des plages et des coraux magnifiques à ne plus savoir où donner de la tête.... Totalement vierges (à l’époque). Je suis sûr que ce n’est pas mal du tout pour se la couler douce ! | | | À: GeorgesOZ · 10 avril 2017 à 7:53 · Modifié le 10 avr. 2017 à 9:09 Re: En Isaan: une famille, un village Message 31 de 271 · Page 2 de 14 · 817 affichages · Partager Digression linguistique
Voici un exemple parmi tant d’autres des différences entre le Thaï “standard” et le “Phasàá Isàán”, qui est en fait une variation du Lao. Rappelons aussi que le Lao et le Thaï « standard » appartiennent à la même famille linguistique Tai-Kadai. De plus, plusieurs régions du Laos actuel ont été vassales du Siam, ce jusqu’à l’époque colonialiste. On comprendra avec tout ça que le Lao (et donc le « Phasàá Isàán ») et le Thaï « standard » sont des langues très proches l’une de l’autre.
Donc, cet exemple :
Un filet de pêche se dit “hàié » (le son « ai » de « haie » mais long et avec un ton tombant-remontant) aussi bien en Thaï standard qu’en « phasàá Isàán ». “Lancer le filet » se dit « wìiang hàié” ou “ thàawt hàié” en Thaï standard mais “wan hàié” en “Phasàá Isàán”.
Puisque nous sommes sur "thàawt"«, mentionnons en passant que "thâawt » (un autre ton), veut dire « frire ». Mais il est facile de confondre avec « thàawt » qu’on emploira dans l’expression « thàawt raawng tháao » = enlever ses chaussures", et aussi avec “tòt” = péter.
NB: Je note « o » pour un son « o » bien fermé et « aw » pour un son « o » très ouvert (difficile je crois pour les francophones). Je garde ici la transcription utilisée par le site thai-language.com : pour ce son « o » très ouvert, le site adopte une notation d’inspiration anglophone (c’est le même son que dans « saw » = la scie, ou « raw » = cru, ou « awe » = étonnement).
Un jour, sur le point de rentrer dans le salon d’une auberge à Sakon Nakhon, j’allais enlever mes chaussures quand la patronne m’a dit « mâi tâwng thàawt raawng tháao » = « vous n’avez pas besoin d’enlever les chaussures ». Sur quoi j’ai répondu « tòt láaeo ! ». Je voulais bien sûr dire que je les avais déjà enlevées mais je me suis immédiatement rendu compte que je venais de répondre à cette charmante dame que “j’avais déjà pété”!  J’avais peut-être poliment ajouté un « khráp » final, mais cela n’empêche que la dame en question a dû être assez étonnée ! Mais, assez typiquement, il n’y avait pas eu la moindre trace d’étonnement sur son visage.
Ce genre de qui-pro-quo arrive très souvent, et même pour ceux qui ont déjà une bonne connaissance de la langue!
Je raconte cette petite anecdote pour illustrer à quel point il est essentiel de faire méticuleusement attention aux subtilités de la prononciation en Thaï.
En corollaire, ce qui paraît être un bon jeu de mots pour un farang ne l’est très souvent pas du tout pour les Thais. Quand on dit qu’une bonne blague est de dire “ Pai Pai” = “je vais à Pai”, je ne crois pas que le Thaï moyen comprenne de quoi on parle car pour lui (ou elle), s’il s’agit bien de la même consonne “Po Pla”, le premier mot est court et le second a une syllabe longue, une différence énorme pour n’importe quel natif du pays. | | | À: GeorgesOZ · 11 avril 2017 à 2:02 Re: En Isaan: une famille, un village Message 32 de 271 · Page 2 de 14 · 990 affichages · Partager Je mets parfois un peu de temps avant de donner la suite à mon histoire. J’ai bien des choses à faire, que je veux avoir derrière moi quand arriveront les jours de Songkran. Cela fait des jours que je nettoie les nids de pigeons sous les toits, une véritable infection. J’ai mis en place des grillages pour empêcher les récidives, avec quelques touches de maçonnerie là où il fallait. J’ai aussi installé des cloisons en bois, après les avoir peintes, sur la terrasse, et un grillage pour supporter les plantes grimpantes, pour couper le soleil implacable de l’après-midi et gagner en intimité par rapport au voisin. Les petites bières en fin d’après-midi n’en seront que plus fraîches ! 
Mais voici quand-même une nouvelle page :
4 Les Jeunes : les enfants des deux aînés
Après avoir décrit Y et ses frères et sœurs, je vais maintenant aborder la génération suivante. Je n’ai pas besoin de parler des deux fils de Y, c’est déjà chose faite. Comment aborder les nombreux cousins et cousines ? Allez, une méthode en vaut bien une autre, je vais commencer par les frères et sœurs de Y les plus ages puis progresser vers les plus jeunes.
Après une dizaine d’années de fréquentation, je ne connais toujours pas les « chêuu lên » (les « noms pour jouer ») de tous les neveux et nièces. Quant aux noms officiels, ceux de l’état civil, je ne connais que celui de Y et, par son adresse courrielle, celui d’une de ses nièces. Cette situation un peu bizarre vient de ce que les gens n’ont pas tellement l’habitude de se présenter. J’ai remarqué la même tendance parmi mes collègues Thais quand je travaillais à Bangkok, donc des gens issus de milieux très différents de celui des « chaao naa » de l’Isàán.
Le frère aîné, Phîi Lek, vit dans un village pas très loin de NBND (rappel : « Nàáwng Bâan Naa Dii », le village de Y), sans aucun doute le village de sa femme. La fille aînée est mariée, elle habite une maison voisine de celle de Phîi Lek. Son mari, comme le veut la pratique courante, vit avec la famille de sa femme. Phîi Lek a une fille plus jeune qui étudie à Bangkok et que je n’ai rencontrée qu’une fois. En plus du riz et de la canne à sucre, il cultive un plot de mûriers et élève des vers à soie. J’ai souvent vu la famille traiter les vers et la soie de l’état brut jusqu’à la teinture. C’est beaucoup de travail pour les quelques dizaines de milliers de bahts qu’ils doivent en tirer mais pour eux c’est bien sûr un appoint appréciable.
Nous avons mangé quelques fois des vers à soie chez Phîi Lek : c’est loin d’être mon plat favori. Cela ne surprendra personne si je précise que c’est filandreux. Il reste toujours quelques fils dans l’affaire. Phîi Lek me disait en plaisantant que quand on chXX après, on doit tirer les fils du cXX.  Une plaisanterie assez osée venant d’un Thai, en tout cas en présence d’un Farang. Je l’ai souvent dit, les Khon Isàán (ceux que je connais) sont des gens simples mais non grossiers.
La sœur aînée, Phîi Thong, a 3 fils (à ce que je sache). Je sais que l’aîné est (était ?) marié dans une famille près de Khon Kaen, mais comme je le vois très souvent dans NBND, je me demande s’il n’a pas divorcé. C’est un brave garcon, un peu fruste peut-être mais toujours près à aider pour des petits travaux. L’an dernier, quand Y a découvert avec effroi que le plancher de notre chambre se faisait ronger par les termites  , il n’a pas fallu trois heures pour qu’il vienne nous en changer quelques planches. Les termites sont un fléau par ici, on voit régulièrement circuler les camionnettes des « châng puàak ».
NB: «Pluàak » est le terme officiel mais les « Khon Isàán » ne prononcent pas les « l » et « r » dans les composés « pl » « kr », « kl », « tr » et autres (de même pour beaucoup de Thais dans d’autres régions).
Il y a quelques mois, le fils en question s’est fait percuter en sortant en scooter sur la route qui traverse NBND par un motocycliste qui passait à grande vitesse. Le scooter est parti à la casse - ou au rebut : peut-être a-t-il été intégré dans l’"exposition permanente » qui décore la cour de Phîi Thong ? Quant au fils, il s’est retrouvé pour plusieurs semaines à l’hôpital de l’ »ampheuu » avec une jambe cassée et plusieurs contusions. J’étais allé le voir avec toute la famille, ce qui m’avait donné l’occasion de voir de près à quoi ressemble un hôpital local. Au risque de déplaire aux bien-pensants qui hantent VF, je dois dire que je n’avais pas été favorablement impressionné. Mais il en est bien sorti quand-même et me dit ne plus avoir de problème à la jambe.
Je ne sais pratiquement rien du deuxième fils. Quant au cadet, je l’ai rencontré plusieurs fois, jamais au village mais dans les lieux visités par la troupe de « Molam » dont il est l’une des vedettes. Il est sans doute le plus fin et le plus intelligent des trois frères.... et toujours accompagné de superbes jeunes filles. Il y a du choix dans une troupe de "molam" qui n'est pas loin de faire une centaine de personnes! 
NB : pour ceux que mon récit intéresse mais qui ne savent pas ce qu’est le « Molam », je recommande de chercher sur mes récits précédents (voir mon lien). On ne peut pas prétendre connaître la culture de l’Isàán si on ne connaît pas le « Molam ». | | | À: GeorgesOZ · 11 avril 2017 à 5:06 Re: En Isaan: une famille, un village Message 33 de 271 · Page 2 de 14 · 961 affichages · Partager Quel agréable moment de vous lire au quotidien en prenant café et petits croissants | | | À: Pricillan · 11 avril 2017 à 8:15 Re: En Isaan: une famille, un village Message 34 de 271 · Page 2 de 14 · 920 affichages · Partager Quel agréable moment de vous lire au quotidien en prenant café et petits croissants
Bonjour Freddy!
Merci, ça fait plaisir de se savoir apprécié | | | À: GeorgesOZ · 11 avril 2017 à 23:31 Re: En Isaan: une famille, un village Message 35 de 271 · Page 2 de 14 · 798 affichages · Partager Je meuh rrrrrégaaaale, captive:, de votre Saga, Ge  rges. "Pierre, Paul et Jacques", Version Issan, personnifiant Son quotidien...quotidien. Un témoignage unique qui transcende l'impudeur du récit intime : un <Je>, témoin, qui s'efface avec bienveillance éclairée et respect derrière le <Nous> des Vôtres. Bon courage pour la Suite Familiale&Villageoise.
Cordialement,
PâneL3 | | | À: PâneL30 · 12 avril 2017 à 2:06 · Modifié le 12 avr. 2017 à 3:27 Re: En Isaan: une famille, un village Message 36 de 271 · Page 2 de 14 · 780 affichages · Partager Merci Pânel, c'est sympa de ta part de percevoir une petite dimension littéraire dans mon feuilleton ! 
(Não é preciso de me chamar de senhor !  )
Pour le style, j’aimerais me rapprocher de V.S. Naipaul. Surtout dans ses récits de voyage « Parmi les Croyants » (titre original « Among the Believers », je ne suis pas sûr que cela ait été traduit en Français ; en Allemand et en Espagnol, oui). Tout en en restant un observateur presque impersonnel, il arrive à faire des portraits profonds des pays (musulmans) qu’il visite. Mais je dois le dire avec beaucoup d’humilité. Cela demande beaucoup de talent et beaucoup de travail ! | | | À: GeorgesOZ · 12 avril 2017 à 2:20 Re: En Isaan: une famille, un village Message 37 de 271 · Page 2 de 14 · 777 affichages · Partager Voici pour accompagner le café et les croissants de ce matin ! 
5 Les Jeunes : les enfants de Phîi Han
Passons à Phîi Han, une femme très gentille, très simple. Je peux dire la même chose de son mari, un type très doux qui a des emplois dans la communauté, je n’ai jamais très bien compris quoi exactement. Ils ont 3 enfants qui ne se ressemblent pas tellement les uns aux autres, de plusieurs points de vue. Y m’a dit que l’aîné, Boy, s’était récemment mis à apprendre à lire et à écrire. Il doit avoir dans les 35 ans. Il n’avait pas montré beaucoup d’ardeur à l’école et ses parents ne l’avaient pas trop poussé non plus. Boy est le seul de la famille à avoir les cheveux un peu crépus, un « throw-back » peut-être de quelques gênes aborigènes véhiculés dans la population de l’Isàán.
Après Boy, il y a Faai, une amie proche de Y. Elles avaient longtemps partagé une petite chambre du côté de On Nut, à Bangkok, que j’avais visitée un nombre de fois. Comme à elles deux elles avaient 4 enfants, Y avait passé des années à dormir sur le ciment, le matelas n’étant pas assez grand. La salle de bains faisait à peu près 1 mètre carré.  Le balcon était ridiculement petit mais une de mes amies Françaises (elle est plus menue que moi) m’a dit qu’elle avait pu y dormir pour profiter de la fraîcheur de la nuit.
NB : dormir sur le ciment : je l'ai vu plus d'une fois.
Faai est l’une des jolies filles de la famille. Elle est aussi une très brave fille et n’est jamais la dernière à se joindre à la fête. Elle a eu une fille et un fils d’un type de l’Isàán dont elle s’est séparée il y a bien longtemps tout en gardant des rapports amicaux. Je ne sais pas si les enfants ont souvent vu leur père depuis la séparation, c’est-à-dire depuis leur tendre enfance.
Faai a eu de multiples emplois à Bangkok et dans les îles, surtout à Koh Pha Ngan. Elle y avait travaillé dans un restaurant, saison touristique après saison touristique. Il y a quelques années, elle était revenue au village pour Songkran avec un Canadien sympa mais un peu trop porté sur l’alcool. Je le vois encore tituber hilare dans les rues de l’ »ampheuu », la bouteille de bière à la main, dès avant midi et en pleine cagna. De retour à Bangkok, il s’était bagarré dans un bar et s’était retrouvé en taule.  Faai avait murmuré une affaire de « yaa bâa » (la « meth » qui fait des ravages en Thailande), mais peut-être s’agissait-il des types avec lesquels le Canadien s’était bagarré. Je ne sais pas si c’est à cause de ça, ou si c’est pour d’autres raisons, mais nous n’avons plus jamais entendu parler de lui. 
Puis il avait été question d’un jeune Australien, plus stable, plus posé que le Canadien paraissait-il. Il avait donné de l’argent à Faai pour qu’elle se construise une petite maison dans la rizière. La maison est toujours bien là mais le jeune Australien est parti en fumée assez rapidement, l’affaire d’un ou deux ans.
Enfin, dernièrement, il y a un autre Australien et là, il semblerait que Faai ait enfin touché le gros lot car il y a eu mariage il y a quelques mois  , puis départ pour l’ Australie, quelque part dans l’arrière-pays de Melbourne. Les deux enfants de Faai sont restés au village. Y me dit qu’ils suivront leur mère d’ici 2 ans, quand la situation aura été consolidée avec les autorités Australiennes. Ce sera peut-être bien pour la scolarisation du fils, qui aura alors dans les 12-13 ans, mais ce sera un peu tard malheureusement pour la fille qui sera alors déjà sortie de l’adolescence.
Le troisième enfant de Phîi Han, Waen, est plus boulotte que les autres filles de la famille mais n’est pas vilaine non plus. Elle et son mari Phet travaillent régulièrement dans un restaurant quelque part vers Lat Phrao, à Bangkok, et autrement font plusieurs petits boulots en Isàán, dernièrement ils vendent des chaussures sur les petits marches de la cambrousse. Tous deux sont très amicaux et toujours prêts à aider. Waen parle un Thai plus correct que la moyenne, cela vient de tout ce temps passé à Bangkok mais surtout de ce qu’elle a la tête bien posée sur les épaules. Phet a plus d’hésitation à parler Thai correctement, mais il fait preuve d’une curiosité inhabituelle vis-à-vis du monde en dehors de la Thailande. Sa curiosité est souvent facilitée par les boissons diverses dont j’ai le secret et qui délient bien les langues.  Il y a quelques jours encore, j’avais déniché dans un carton une bouteille de cachaça encore pleine, un reste de mes voyages à Rio, et je m’étais mis à faire quelques caipirinhas. Comme souvent, c’est la bouteille qui a intrigué Phet, une bouteille d’Ypióca joliment prise dans sa paille tressée. Cela nous a menés à parler des colonies, du commerce triangulaire et de la traite des esclaves.
Waen, elle, ne boit normalement pas, sauf quand c’est vraiment la fête, là elle ne se fait pas attendre non plus !
Waen et Phet ont deux petites filles toutes mignonnes pour lesquelles ils ont des projets d’éducation louables. Ils rêvent de les voir accéder à des emplois qualifiés dans une banque, par exemple, avec des salaires de 20-25,000 bahts par mois (500-600 Euros par mois). Tout en étant aussi cools et relaxes que les autres gens de la famille, ils sont un peu moins insouciants. | | | À: GeorgesOZ · 12 avril 2017 à 12:02 Re: En Isaan: une famille, un village Message 38 de 271 · Page 2 de 14 · 705 affichages · Partager Voici pour accompagner le café et les croissants de ce matin ! 
5 Les Jeunes : les enfants de Phîi Han
Passons à Phîi Han, une femme très gentille, très simple. Je peux dire la même chose de son mari, un type très doux qui a des emplois dans la communauté, je n’ai jamais très bien compris quoi exactement. Ils ont 3 enfants qui ne se ressemblent pas tellement les uns aux autres, de plusieurs points de vue. Y m’a dit que l’aîné, Boy, s’était récemment mis à apprendre à lire et à écrire. Il doit avoir dans les 35 ans. Il n’avait pas montré beaucoup d’ardeur à l’école et ses parents ne l’avaient pas trop poussé non plus. Boy est le seul de la famille à avoir les cheveux un peu crépus, un « throw-back » peut-être de quelques gênes aborigènes véhiculés dans la population de l’Isàán.
Après Boy, il y a Faai, une amie proche de Y. Elles avaient longtemps partagé une petite chambre du côté de On Nut, à Bangkok, que j’avais visitée un nombre de fois. Comme à elles deux elles avaient 4 enfants, Y avait passé des années à dormir sur le ciment, le matelas n’étant pas assez grand. La salle de bains faisait à peu près 1 mètre carré.  Le balcon était ridiculement petit mais une de mes amies Françaises (elle est plus menue que moi) m’a dit qu’elle avait pu y dormir pour profiter de la fraîcheur de la nuit.
NB : dormir sur le ciment : je l'ai vu plus d'une fois.
Faai est l’une des jolies filles de la famille. Elle est aussi une très brave fille et n’est jamais la dernière à se joindre à la fête. Elle a eu une fille et un fils d’un type de l’Isàán dont elle s’est séparée il y a bien longtemps tout en gardant des rapports amicaux. Je ne sais pas si les enfants ont souvent vu leur père depuis la séparation, c’est-à-dire depuis leur tendre enfance.
Faai a eu de multiples emplois à Bangkok et dans les îles, surtout à Koh Pha Ngan. Elle y avait travaillé dans un restaurant, saison touristique après saison touristique. Il y a quelques années, elle était revenue au village pour Songkran avec un Canadien sympa mais un peu trop porté sur l’alcool. Je le vois encore tituber hilare dans les rues de l’ »ampheuu », la bouteille de bière à la main, dès avant midi et en pleine cagna. De retour à Bangkok, il s’était bagarré dans un bar et s’était retrouvé en taule.  Faai avait murmuré une affaire de « yaa bâa » (la « meth » qui fait des ravages en Thailande), mais peut-être s’agissait-il des types avec lesquels le Canadien s’était bagarré. Je ne sais pas si c’est à cause de ça, ou si c’est pour d’autres raisons, mais nous n’avons plus jamais entendu parler de lui. 
Puis il avait été question d’un jeune Australien, plus stable, plus posé que le Canadien paraissait-il. Il avait donné de l’argent à Faai pour qu’elle se construise une petite maison dans la rizière. La maison est toujours bien là mais le jeune Australien est parti en fumée assez rapidement, l’affaire d’un ou deux ans.
Enfin, dernièrement, il y a un autre Australien et là, il semblerait que Faai ait enfin touché le gros lot car il y a eu mariage il y a quelques mois  , puis départ pour l’ Australie, quelque part dans l’arrière-pays de Melbourne. Les deux enfants de Faai sont restés au village. Y me dit qu’ils suivront leur mère d’ici 2 ans, quand la situation aura été consolidée avec les autorités Australiennes. Ce sera peut-être bien pour la scolarisation du fils, qui aura alors dans les 12-13 ans, mais ce sera un peu tard malheureusement pour la fille qui sera alors déjà sortie de l’adolescence.
Le troisième enfant de Phîi Han, Waen, est plus boulotte que les autres filles de la famille mais n’est pas vilaine non plus. Elle et son mari Phet travaillent régulièrement dans un restaurant quelque part vers Lat Phrao, à Bangkok, et autrement font plusieurs petits boulots en Isàán, dernièrement ils vendent des chaussures sur les petits marches de la cambrousse. Tous deux sont très amicaux et toujours prêts à aider. Waen parle un Thai plus correct que la moyenne, cela vient de tout ce temps passé à Bangkok mais surtout de ce qu’elle a la tête bien posée sur les épaules. Phet a plus d’hésitation à parler Thai correctement, mais il fait preuve d’une curiosité inhabituelle vis-à-vis du monde en dehors de la Thailande. Sa curiosité est souvent facilitée par les boissons diverses dont j’ai le secret et qui délient bien les langues.  Il y a quelques jours encore, j’avais déniché dans un carton une bouteille de cachaça encore pleine, un reste de mes voyages à Rio, et je m’étais mis à faire quelques caipirinhas. Comme souvent, c’est la bouteille qui a intrigué Phet, une bouteille d’Ypióca joliment prise dans sa paille tressée. Cela nous a menés à parler des colonies, du commerce triangulaire et de la traite des esclaves.
Waen, elle, ne boit normalement pas, sauf quand c’est vraiment la fête, là elle ne se fait pas attendre non plus !
Waen et Phet ont deux petites filles toutes mignonnes pour lesquelles ils ont des projets d’éducation louables. Ils rêvent de les voir accéder à des emplois qualifiés dans une banque, par exemple, avec des salaires de 20-25,000 bahts par mois (500-600 Euros par mois). Tout en étant aussi cools et relaxes que les autres gens de la famille, ils sont un peu moins insouciants.
Merci pour les recits interessants..pour moi qui connais pas bien Issan mais il y a de tout comme partout ailleurs..et il me semble que les gens d'Issan connaissent parfaitement et parlent parfaitement le thai car ils apprennent a l'ecole..cependant il me semble quand ils sont entre eux la langue maternelle et naturelle reprennent..actuellement je suis en Issan du Sud pres de la frontiere cambodgienne ou les gens parlent un khmer thai pour la fete de song kran..je parle un peu le thai..le lao mais du tout le khmer thai qui est completement different du khmer..voila meilleures salutations et joyeux song kran.. | | | À: Tanguy1980 · 12 avril 2017 à 13:09 Re: En Isaan: une famille, un village Message 39 de 271 · Page 2 de 14 · 1 006 affichages · Partager ... il me semble que les gens d'Issan connaissent parfaitement et parlent parfaitement le thai car ils apprennent a l'ecole....
Salut et Joyeux Songkran de même!
"Connaître parfaitement le Thaï". Peut-être est-ce le cas dans d'autres régions que la mienne. Là où je suis, ce n'est pas le cas. Bien sûr, ils l'apprennent à l'école, mais dans quelles écoles et jusqu'à quel âge, ça reste à voir. Ils le comprennent bien puisque c'est la langue de la télé et celle de l'administration. Mais quand il s'agit de parler, pour beaucoup de gens que je connais, là c'est moins parfait, c'est le moins qu'on puisse dire!
Corrige-moi si je dis des bêtises, mais je crois qu'il y a (au moins) 2 sortes de Khmers en Thaïlande. Ceux qui sont arrivés à l'époque des Khmers Rouges, et qui pourraient parler pratiquement la même langue que ce qu'on parle au Cambodge. Et ceux qui y sont depuis toujours: on pourrait facilement comprendre que les derniers parlent une version de Khmer très différente. | | | À: GeorgesOZ · 12 avril 2017 à 14:35 Re: En Isaan: une famille, un village Message 40 de 271 · Page 2 de 14 · 978 affichages · Partager bonsoir Georges c'est exact..je suis dans une famille khmer thai ou thai khmer..les jeunes parlent parfaitement le thai car ils apprenent a l'ecole..j'ai pu echanger avec les enfants.en thai.et ceux qui travaillent a krung thep bangkok..nais quand ils rentrent au village pour la fete Song kran ils reparlent la langue maternelle..les autres khmers fuyant le khmer rouge je ne connais pas peut etre plus pres encore vers la frontiere..cependant meme les khmers du pays cambodge ils parlent differemment selon d'ou..pour revenir a la langue malgre mes 53 ans en suisse quand on se tetrouve entre les gens de meme origine on parle la langue maternelle (vietnamien) meme si nous pouvons aisement nous causer entre nous en frsncais..mais c'est comme cela..c'est un insctinct de conservation on dirait..voila bonne fete de song kran a rous.. | Carnets similaires sur la Thaïlande: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 426 visiteurs en ligne depuis une heure! |