Oltean · 2 septembre 2011 à 23:56 · 173 photos 166 messages · 32 participants · 36 757 affichages | | | | À: Oltean · 10 septembre 2011 à 8:00 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 41 de 166 · Page 3 de 9 · 3 726 affichages · Partager Hello
Il me semble qu'au View, c'était le point de vue le plus apprécie de John Wayne et non pas de John Ford  . D'ailleurs le John Ford Point se situe là où on peut se faire prendre en photo sur un cheval.
Magnifiques photos en tout cas de ce site très photogénique.
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Il me semble qu'au View, c'était le point de vue le plus apprécie de John Wayne et non pas de John Ford  . D'ailleurs le John Ford Point se situe là où on peut se faire prendre en photo sur un cheval.
La vérification est d'autant plus simple que j'avais pris soin de photographier la pancarte... Ta mémoire est meilleure que la mienne, depuis The View il s'agissait bien de John Wayne. Dans mon émerveillement j'ai confondu les deux.
Magnifiques photos en tout cas de ce site très photogénique.
Merci, quand j'aurai un peu de temps je vais préparer une petite sélection pour poursuivre l'illustration. | | | Toutes les photos sont superbes mais le coucher puis levé du soleil encore plus ! Waouh ! Bravo et vivement la suite 
Merci ! Quand je suis entré dans la chambre de The View avec Monument Valley dans l'embrasure de la porte-fenêtre, j'ai tout de suite pensé aux images qui ouvrent et terminent La prisonnière du désert...
Voici donc mon modeste hommage à John Ford. | | | À: Oltean · 10 septembre 2011 à 19:50 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 44 de 166 · Page 3 de 9 · 3 642 affichages · Partager
Capté depuis Goulding's Lodge | | | À: Oltean · 10 septembre 2011 à 19:59 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 45 de 166 · Page 3 de 9 · 3 636 affichages · Partager Et, bien sûr, le cow-boy modèle.
| | | À: Oltean · 11 septembre 2011 à 16:49 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 46 de 166 · Page 3 de 9 · 3 584 affichages · Partager Bonjour Oltean,
D'abord, comme d'autres lecteurs, j'apprécie tes références mais surtout la façon dont tu les confrontes à la réalité au moment où tu la découvres, et aussi ton humour.
A la lecture de ton intitulé je me suis dit: "tiens c'est la tendance de la rentrée, un regard critique sur l'Ouest". A ce stade, on frise la pub mensongère: dans la case "le pénible" je n'ai relevé que les flamants roses à Vegas (quel animal ne serait patibulaire dans un tel contexte) et le fait que les steaks ne coûtent pas 3$ (le Routard ne t'avait pas prévenu?  )
Par contre on sent bien que tu nages dans le meilleur: ne forces pas ta nature. 
A moins que tu aies gardé le pénible pour la fin? | | | À: Itat · 11 septembre 2011 à 17:04 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 47 de 166 · Page 3 de 9 · 3 580 affichages · Partager Bonjour Itat
là tu me confortes dans l'idée qu'acheter un guide (du genre celui que tu cites ou autre) ne sert à rien! Je n'en ai jamais acheté et n'en achèterai jamais
C'est marrant ces monomaniaques qui reviennent toujours et exclusivement dans la même région, par ailleurs facile à visiter, qui préparent leur voyage dans les moindres détails et qui parlent ainsi des guides. J'ai parcouru la première fois le Mozambique seul, en 4x4, avec pour seul viatique Le Petit Futé, et il a été utile, même si je conviens que c'est ce qui se fait de plus léger. Si un jour tu sors des sentiers battus et des destinations courrues, tout en voulant garder la liberté d'improviser, je te conseille d'emporter un très bon guide, ça existe. Les Bradt sont réputés parmi les meilleurs pour les destinations qu'ils couvrent. | | | À: Voyajou · 11 septembre 2011 à 17:21 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 48 de 166 · Page 3 de 9 · 3 570 affichages · Partager Salut Jean
Ai-je parlé des guides pour le Mozambique? Me semble que non  . Bien sûr que je parle de ma propre expérience, il me semble que c'est pas la peine de le préciser dans chacun de mes posts  . D'ailleurs on est ici sur un CR qui parle du Mozambique ou de l' Ouest américain?
Merci de ne pas faussement extrapoler sur mes dires 
Quant à ça:
C'est marrant ces monomaniaques qui reviennent toujours et exclusivement dans la même région,
tu pouvais le garder pour toi 
Et toi, tu sais faire autre chose que critiquer sur un forum? | | | À: Itat · 11 septembre 2011 à 17:35 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 49 de 166 · Page 3 de 9 · 3 557 affichages · Partager Ah, désolé! Normal que tu le prennes comme ça, mon message était un brin provocateur mais je répondais à ce qui me semblait être une outrance de ta part, à savoir que tu n'acheterais jamais de guide papier.
Et toi, tu sais faire autre chose que critiquer sur un forum
Ben je sais pas, jettes un oeil à mes messages! Et puis, critiquer, c'est sain, non? D'autant qu'il s'agit plus souvent d'émettre un avis différent, de proposer un autre angle, un autre regard. J'espère par exemple qu'Oltean ne prendra pas mon message comme une critique | | | À: Voyajou · 11 septembre 2011 à 17:49 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 50 de 166 · Page 3 de 9 · 3 549 affichages · Partager Peut être que je me trompe mais je l'ai pris comme "moi j'ai visité plusieurs régions du monde" et "moi je fais hors des sentiers battus". Jamais de guide papier pour la destination Ouest USA... Pour le reste je n'ai pas étudié la question à vrai dire. Et puis je ne prétends pas détenir LA vérité.
Pour moi, donc pour l' Ouest américain, hors des sentiers battus et guide papier ne vont pas ensemble  . Par exemple, se retrouver dans le même hôtel ou dans le même resto que tout ceux qui ont le guide... Moyen quoi 
Encore une fois je ne prétends pas détenir la vérité...
La critique, j'accepte, mais j'ai senti de la moquerie dans ton post.  Voilà
Je m'excuse auprès d'Oltean de polluer son carnet. | | | À: Voyajou · 11 septembre 2011 à 18:04 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 51 de 166 · Page 3 de 9 · 3 528 affichages · Partager Bonjour Jean,
A moins que tu aies gardé le pénible pour la fin?
Hélas ! oui, le pire c'est pour un peu plus tard, pour l'instant je reste sur ces moments de pur bonheur... comme tu l'as deviné... A suivre bientôt sur ce forum | | | À: Itat · 11 septembre 2011 à 19:25 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 52 de 166 · Page 3 de 9 · 3 503 affichages · Partager Je m'excuse auprès d'Oltean de polluer son carnet.
Ce scrupule t'honore. De mon côté les échanges dérivés du thème principal ne me dérangent pas, ils peuvent être porteurs d'informations utiles. Je ne me considère certainement pas comme le "propriétaire" de ce fil de discussion que je n'ai fait qu'initier... et que j'entretiens de temps à autre. Voilà voilà, no problemo comme disent les Simpsons. | | | À: Oltean · 11 septembre 2011 à 23:36 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 53 de 166 · Page 3 de 9 · 3 463 affichages · Partager Sans mister Goulding, l'histoire du cinéma aurait été autre. C'est lui qui, dans les années 1930, alla persuader John Ford de venir tourner ses westerns dans le désert rouge de Monument Valley. Cela n'avait rien d'évident : sans vraie route, l'endroit n'était pas accessible. L'eau était rare, et la région faisait partie de la réserve navajo.
Mais rien ne put réfréner l'enthousiasme de John Ford pour ce panorama sans équivalent. Il restait donc au cœur de l’Amérique de telles merveilles ! Stagecoach allait révéler John Wayne au monde. Nous connaissons ce film sous le titre maladroitement traduit de La chevauchée fantastique. La diligence de l’histoire, ou son exacte réplique, est exposée devant la maison de Mr Goulding, aujourd’hui transformée en musée, si l’on peut dire. Il s’agit plutôt d’une reconstitution in situ de scènes domestiques de la famille Goulding : la cuisine avec ses ustensiles, le salon équipé d’une TSF et d’un gramophone, la chambre à coucher... On est surpris par la modestie de la maison, si petite dans une perspective si étendue. A deux pas de là, l'authentique cabane de John Wayne.
Plus tard, pour Searchers ( La prisonnière du désert), une véritable petite ville allait être construite pour accueillir équipes, acteurs et chevaux.... J'aime à croire que c’est ici même que nous nous installons pour un jour. L'endroit possède un restaurant et quelques chambres. Le lieu est empli de charme, plus encore que l'hôtel The View, un peu trop impersonnel dans sa modernité faussement ancestrale.
Les bâtiments en bois de Goulding’s Lodge, la piscine en contrebas, la vue surplombant un aérodrome desservis par des petits avions de transport, octroient au lieu un indéniable cachet d'authenticité. La vue sur la vallée des monuments est remarquable, bien qu’éloignée de la réserve navajo.
Nous prenons la voiture pour aller voir le Mexican Hat, rocher dont le sommet évoque, paraît-il, un chapeau mexicain. La curiosité est bien là, décevante en réalité, mais l’intérêt se trouve à l’évidence dans la route que nous empruntons. Elle longe en la contournant un peu la Monument Valley, que nous ne finissons pas de contempler. Son paysage héroïque éblouira notre retour vers Goulding’s Lodge. Notre prochaine étape sera la ville de Kanab, autre haut-lieu des westerns. Mais comme on le verra il ne s’agit pas précisément de la même classe de films.
Le chemin vers Kanab nous rapproche pas à pas des merveilles de la civilisation. Bientôt, affiches publicitaires et annonces de fast food accompagnent notre route. A l’approche du Lake Powell nous faisons le point sur les curiosités de la région, quand une pluie épaisse vient refroidir nos projets. Dans ces conditions il faudra oublier la trempette dans le lac et la visite d’ Antelope Canyon, intrigante fissure dans la roche aux jeux de lumières déconcertants, dit-on, mais terriblement dangereuse quand il pleut.
Nous demandons au GPS de nous guider vers l’un des seuls restaurants recommandés par le Routard. La prosaïque ville de Page s’avère dénuée du moindre charme. Nous croisons quelques expéditions de touristes ridiculement juchés sur des camionnettes aménagées mais sans véritable toit. De ce fait, ils sont trempés jusqu’aux os. Je ne me vois décidément pas parmi ces pauvres gens ayant payé pour se faire ainsi exhiber à travers la ville, chemisettes grassement collées au corps et sac plastique sur la tête, tout dégoulinants de flotte... Je me sens aussi gêné qu’eux. Le tourisme organisé en Arizona n’est décidément pas fait pour les jours de pluie.
Nous faisons plusieurs fois le tour du pâté de maisons pour trouver une place à proximité du restaurant Fiesta Mexicana. Quand je descends de l’auto, je constate que les caniveaux sont parcourus d’un flux impétueux et sale, et nous devons faire de grandes enjambées pour ne pas nous trouver à notre tour détrempés.
Heureuse surprise, le restaurant mexicain n’est pas l’endroit toc décrit par le Routard. Le décor est kitsch mais ne fait que reprendre une esthétique courante chez le voisin du sud, comme devrait le savoir tout guide touristique digne de ce nom. La cuisine est savoureuse, le service impeccable assuré par d’authentiques Latinos avec lesquels j’échange quelques phrases, pour changer de mon anglais un peu trop laborieux.
Nous reprenons la route alors que le ciel retrouve en quelques minutes une teinte azurée. Le soleil de la Sun Belt aura tôt fait d’assécher les vestiges de l’averse monumentale. Nous profitons, en quittant Page, d’un arrêt à une station essence de North Wahweap Drive (dont la gérante parle un français émaillé de r délicieusement grasseyés) pour visiter une zone résidentielle construite sur une pente douce inclinée vers le lac. Le quartier est souverainement placide avec ses larges allées et ses villas couleur crème sagement alignées. Chacune possède son double emplacement pour voiture et bateau. Nous étions habitués aux autos spacieuses, nous découvrons les cabin cruisers effilés et équipés de moteurs monstrueux. La plaisance sur le Lac Powell est visiblement affaire de puissance et de vitesse ! Dire que j’imaginais trouver là les inoffensives coques de bois de nos latitudes... Je ne parviens pas à me faire à l’idée qu’ici, l’échelle n’est simplement pas la même.
Direction Kanab, Zion, Bryce, autant de noms qui n’évoquent rien du Far West aux novices que nous sommes. Nous passerons pourtant là-bas les journées les plus typiquement américaines de notre séjour.
| | | À: Oltean · 12 septembre 2011 à 7:25 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 54 de 166 · Page 3 de 9 · 3 443 affichages · Partager Hello
J'ai moi aussi un bon souvenir du Goulding's où j'avais logé en 2009. En effet très authentique, chargé d'histoire. Il n'y a guère que le restaurant qui nous avait déçu: cher, quelconque et service sans sourire...
Merci pour cette suite | | | À: Oltean · 12 septembre 2011 à 13:16 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 55 de 166 · Page 3 de 9 · 3 397 affichages · Partager votre carnet est un plaisir, j'ai hâte de lire la suite!
pour la ville de Page et les visites alentours, est-ce un choix d'y avoir passé si peu de temps? ne le regrettez-vous pas ?...
je m'explique: lors de la préparation de notre circuit pour juillet 2012, j'avais prévu 1 nuit sur Page pour visiter antelope canyon lower et profiter du lac powell; pensant que ce serait suffisant car on lit souvent que cette ville n'est pas agréable et très touristique. cependant, en lisant des carnets et en voyant des photos, j'ai finalement rajouté une 2ème nuit à Page car je trouve qu'il y a de jolies choses à voir: le lac powell, antelope canyon (faut aussi avoir beau temps!  donc sur 2 jours, plus de possibiltés) mais aussi horshoes bend, navajo bridge et lees ferry...
comme vous avez voyagé avec un enfant de 6 ans (notre fils fêtera ses 7 ans à notre retour de voyage), je voulais savoir si vous auriez aimé passer plus de temps dans cette ville et ses alentours ou pas... pour voir si j'ai bien fait de rajouer 1 nuit ou si ce n'est pas nécessaire.
merci. | | | À: Jonanaclem · 12 septembre 2011 à 18:49 · Modifié le 12 sep. 2011 à 20:18 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 56 de 166 · Page 3 de 9 · 3 356 affichages · Partager Bonjour Clémence,
votre carnet est un plaisir, j'ai hâte de lire la suite!
J'en suis ravi !
pour la ville de Page et les visites alentours, est-ce un choix d'y avoir passé si peu de temps? ne le regrettez-vous pas ?...
La réponse est difficile. D'abord, disons que non, parce que nous avons prévu un séjour en deux parties (d'abord un circuit à partir de Las Vegas, puis un parcours de Los Angeles à San Francisco), et que le temps prévu pour chaque partie a été estimé de manière à pouvoir chaque jour faire un peu de route et avoir ensuite un peu de repos (piscine, simples ballades en ville, etc.)
Nous ne voulions pas saturer notre programme c'est pourquoi notre rythme de marche fut assez placide. Sans enfant, évidemment ce ne serait pas la meme chose.
Mais oui, naturellement, nous avons conscience d'avoir raté des visites hors du commun, j'ai parlé des villes fantômes par exemple, Antelope Canyon et ce que vous citez, sans parler de la très faible durée passée à visiter Grand Canyon, Zion, Bryce...
Je pense que la réponse est strictement personnelle. Nous avons privilégié quelques endroits choisis avec VF et nos guides, tout en ménageant notre temps de conduite. D'autres choix sont évidemment tout à fait respectables.
comme vous avez voyagé avec un enfant de 6 ans (notre fils fêtera ses 7 ans à notre retour de voyage), je voulais savoir si vous auriez aimé passer plus de temps dans cette ville et ses alentours ou pas... pour voir si j'ai bien fait de rajouer 1 nuit ou si ce n'est pas nécessaire.
Je laisserai à plus expérimenté que moi le soin de répondre sur Page, que je n'ai fait que traverser... cependant, la réponse doit prendre en compte ce que vous feriez à la place de la 2e nuit à Page. A choisir entre une journée à Page et une autre à Kanab, je n'hésiterais pas, tant Kanab nous a plu ! | | | À: Itat · 12 septembre 2011 à 18:55 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 57 de 166 · Page 3 de 9 · 3 350 affichages · Partager J'ai moi aussi un bon souvenir du Goulding's où j'avais logé en 2009. En effet très authentique, chargé d'histoire.
Absolument. C'est pour cela, je crois, que je préfère cet endroit à l'hôtel The View, malgré ses immenses qualités.
Il n'y a guère que le restaurant qui nous avait déçu: cher, quelconque et service sans sourire...
Nous n'y avons mangé qu'une fois. Nous avons été bien reçus et je me souviens avoir dégusté un bel hamburger (mais il y avait mieux ailleurs, c'est vrai). Au passage, le restaurant était bondé de Français... et de Chinois. | | | À: Oltean · 12 septembre 2011 à 20:32 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 58 de 166 · Page 3 de 9 · 3 325 affichages · Partager merci pour ces infos.
je pense que nous aurons une partie de circuit commune, celle autour de las vegas par contre, nous avons choisi de remettre à plus tard les villes de la côte et avons privilégié le yellowstone, je verrai en lisant la suite de vos aventres si c'est un choix judicieux avec un enfant!  ... nous aussi, nous essayons de faire un circuit sans trop de route quotidienne et en privilégiant les pauses, enfant oblige!
en fait, pour la partie autour de Page, nous avons prévu de partir de Bryce canyon en fin de matinée, de nous arrêter à Kanab pour manger et visiter le petit musée sur le cinéma, ensuite de poursuivre la route vers Page en nous arrêtant à old paria moovie set et en fin de journée, baignade à Page. le lendemain, on aimerait faire antelope canyon lower le matin et une petite croisière en bateau sur le lac l'aprem. le surlendemain, remonter vers kanab en prenant la route 89A qui passe par lees ferry, horshoes bend et passer la fin d'aprem dans la ville de kanab où nous dormirons avant de partir pour Zion... voilà! je pense qu'on passera tout de même un peu de temps à kanab... | | | À: Oltean · 12 septembre 2011 à 23:30 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 59 de 166 · Page 3 de 9 · 3 293 affichages · Partager Une énorme lettre K marque de sa blancheur la colline voisine. Kanab s’annonce ainsi de loin aux visiteurs terrestres et aériens. Le Parry Lodge, belle maison coloniale qui rappelle Gone with the wind, se trouve à l’endroit où la route principale s’incurve vers la gauche. Le hall d’accueil est décoré par une multitude de clichés d’acteurs venus ici même tourner des centaines de westerns. Beaucoup de portraits sont dédicacés, mais les noms ne me disent pas grand-chose. Je note qu’au-dessus du passage vers les cuisines, quelqu’un a fixé une photo d’Annie Girardot, avec ces simples mots : « 1931 – lundi 28 février 2011. 79 ans. Bon voyage Annie, we will never forget you ». Les amateurs de cinéma du coin savent donc regarder au-delà de leur production locale. Un pied de nez aux contempteurs de l’Amérique profonde et évidemment inculte.
Notre chambre se trouve dans l’une des habitations qui cernent un grand espace derrière l’accueil. Nous serons protégés des nuisances sonores de la route. Au centre de la place, une vieille grange (Old barn) héberge un cinéma où chaque soir la direction projette un western tourné dans la région. Les séances sont gratuites pour les hôtes.
Nous héritons de l’habitation baptisée « Broderick Crawford », un obscur acteur des années 1950 (qui devait tout de même tourner avec Fellini dans Il Bidone). Un grand lit, un bureau, une salle de bains, une télévision. Pas de réfrigérateur, mais l’accès au distributeur de glace est gratuit. Nous garderons ainsi bien au frais dans une poche isotherme nourriture et boissons.
Le Parry Lodge possède une histoire similaire à celle du Goulding’s Lodge de Monument Valley. Les époux Parry s’employèrent à faire venir les vedettes de Hollywood à Kanab. Sur place, ils trouveraient calme, hébergement, piscine et naturellement les décors ad hoc pour les paysages sauvages. Le Parry Lodge deviendrait ainsi le pied à terre des équipes de tournage.
J'ai le sentiment que la ressemblance s’arrête là. Quand John Ford réalisait ses chefs d’œuvres à Monument Valley, ce sont souvent des tâcherons sans génie qui venaient tourner des séries B à Kanab. Telle est du moins mon impression en contemplant la liste interminable des films réalisés ici, où les classiques ne sont pas absents mais assez rares. L’art irremplaçable du grand cinéaste versus l’industrie ronronnante des seconds couteaux sans lendemain... Je me souviens des secondes parties de soirée de La dernière séance, la fameuse émission disparue d’Eddy Mitchell, avec ses films parfois sympathiques mais bien justement oubliés.
Seuls quelques noms de vedettes donnés aux habitations nous parlent encore : Tyrone Power, Frank Sinatra, et même un certain Ronald Reagan, qui ne devait certes pas espérer accéder à la notoriété par ses seuls talents d’acteur.
Nous testons la piscine. Malgré le grand soleil, l’eau est un peu fraîche, histoire de nous rappeler que la ville est en altitude. 1500 mètres tout de même, c’est un demi-kilomètre plus haut que le centre-ville de Chamonix ! Nous comprenons l’écriteau dressé à l’entrée de Kanab : capitale américaine des sports de neige. Et nous n’étions qu’au début de nos découvertes...
La ville de Kanab pose une incessante question au visiteur de passage. Sommes-nous dans un décor complaisant ou dans la réalité ? Est-là un miroir aux alouettes destiné à éblouir le gogo, ou une authentique cité de l’Ouest ?
La ville est un décor. L’imposante boutique de souvenirs flanquée d’un grizzli en bois massif et d’un indien statufié plus toc que nature ne laisse pas de place au doute. L’endroit est abondamment desservi par des autocars de touristes venus faire le plein de babioles pseudo- navajo ou incontestablement westerns made in China. Au beau milieu des rayonnages, on entend dans le français le plus courant des exclamations sur le prix bon marché des Levi Strauss. Chaque trottoir est muni d’un cadre de bois semblable à ceux qu’utilisaient les cow-boys pour attacher leurs montures avant de se rendre au saloon. Partout, de petits écriteaux racontent la vie d’un acteur venu jadis jouer dans quelque movie périssable. Un peu plus loin, nous visitons un véritable décor de cinéma. Nous sommes dans le faux érigé au rang du réel. L’une des tables exposées a appartenu, dit-on, à Buffalo Bill. L’inventeur du western, cette chanson de geste d’une histoire fantasmée, était aussi un homme d’action, vengeur de Custer et massacreur de bisons. Légende et histoire deviennent à ce point inextricables.
La ville est authentiquement américaine. Ces vieux messieurs qui se baladent stetson sur la tête ne jouent pas un rôle. J’entre dans la boutique de photos pour nettoyer mon capteur. Le propriétaire est un old timer au visage marqué par le soleil de l’ Utah. Sa large moustache et son chapeau à bords relevés rappellent les plus belles gueules photographiées par Robert Clark dans son exploration de l’Amérique profonde. Sans fioritures il m’annonce son aversion pour l’univers de la photo numérique avant de me vendre comme à regret un kit de nettoyage. Sa boutique est remplie de matériels hétéroclites, objectifs de l’autre millénaire, trépieds, guitares, poupées et partitions musicales.
A ma fille en arrêt devant une statue grandeur nature du Coyote de Road Runner (Bip Bip), il déclare : « C’est mon personnage favori. Malgré tout ce qu’il vit il essaye encore et encore. He never gives up. » Par la façon dont il énonce ces mots, je devine qu’il s’agit là d’une véritable profession de foi. Il répète : « Never give up. » S’accrocher coûte que coûte à cette petite ville entourée par la nature, inondée de soleil l’été et l’hiver isolée par la neige. Refuser le monde froid du digital. Ne pas céder aux simagrées du monde moderne. Regarder les autocars de visiteurs comme de simples événements épidermiques qui n’altèreront jamais l’âme de la cité. Un parfum d’éternité émane de cette boutique ancrée dans l’histoire.
| | | À: Oltean · 15 septembre 2011 à 23:51 Re: Grand Ouest américain - le meilleur et le pénible Message 60 de 166 · Page 3 de 9 · 3 184 affichages · Partager Plus bas en ville, je remarque la pancarte d’une brocante.
La boutique se trouve un peu à l’écart, dans une maison de taille moyenne. Le propriétaire tiré de sa somnolence par mon irruption m’accueille par une plaisanterie de bienvenue. Je ne sais pas ce qu’il m’a dit, certainement un jeu de mots que mon anglais de cuisine ne me permet pas de comprendre. « Ce n’est pas grave, vous chercherez dans le dictionnaire », ajoute le gérant malicieux, avant de m’inviter à explorer le lieu. Il se renfonce dans son siège et se rendort aussitôt. J’aime les brocantes. Celle-ci a tout du grenier d’une Grandma : vieux jouets, armes décoratives, robes des temps jadis, publicités des fifties... J’aimerais ramener de belles assiettes ornées de dessins naïfs, mais je crains qu’elles ne résistent pas au voyage. Je repars avec une authentique plaque minéralogique aux armes de l’ Utah.
Nous visitons le musée de la ville. Une nouvelle fois nous observons que le mot de « musée » est trompeur. Ici, pas d’objets exposés sous verre que l’on contemple pour tromper son ennui. La vaste salle tient à la fois du bazar et de la bibliothèque. La mémoire de la ville y est entreposée. Les archives scolaires côtoient relevés cadastraux, drapeaux et uniformes de parade. Le visiteur a accès à tout. Je consulte un recueil de correspondance. Il s’agit de véritables lettres des années de guerre, écrites depuis l’Europe en feu par les jeunes recrues du pays. J’ai l’impression de fouiller dans des affaires privées tant la correspondance touche à l’intimité des familles. Et pourtant non, je suis bien dans un musée où chaque pièce est dûment répertoriée. L’attachement à la nation, si étonnante pour nous Français qui tenons le patriotisme en piètre estime, surgit du moindre détail. Etoiles, bandes de couleur qui représentent les treize états fondateurs, pygargues à tête blanche sur fond rouge sont partout pour rappeler que nous sommes « sur la terre de la Liberté et la patrie des braves. »
Le Routard énonce doctement que la ville étant située dans l’austère Utah, toute vente d’alcool ne saurait se faire que dans des lieux sévèrement contrôlés. J’ignore sous l’emprise de quel stupéfiant ce chapitre a été rédigé et par quelle aberration il a pu passer les différents stades de contrôle avant publication, car il suffisait de visiter le supermarché du coin pour trouver bouteilles de vin californien et packs de bière impeccablement alignés. En guise de pièce à conviction, je photographie les bouteilles sous le regard des clients amusés.
Je remarque qu’une des bières porte le curieux nom d’Evolution Amber Ale. L’étiquette représente le dessin classique du primate adoptant la station debout puis transformé en homme, ici en train de boire un bon demi. Un sceau précise avec humour : « créé en 27 jours, pas en 7. Darwin approved ». Cette marque a été imaginée précisément pour railler l’obscurantisme des Mormons qui envisagent de bouter Darwin hors de l’école. La simple existence de cette bière démontre, n’en déplaise à certains, que l’ Utah n’est pas l’endroit totalitaire que certains esprits bien intentionnés vous vendent, et que la fronde démocratique s’y exerce avec verdeur.
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