Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Marien33 · 20 mars 2025 à 14:26 · 299 photos 250 messages · 18 participants · 15 029 affichages | | | | À: Marien33 · 17 mai 2025 à 13:30 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 141 de 250 · Page 8 de 13 · 1 087 affichages · Partager C’est en passant à travers une large porte ornée de deux soldats qui semblent en garder l’entrée
que je distingue, encadré dans cette ouverture, un joli temple doré qui s'élève au fond d’un vaste espace fleuri lui aussi...
Je franchis cette porte sans que les soldats fassent le moindre geste ni ne prononcent une seule parole pour m’en empêcher...
Tout au fond d’une vaste place se découpe l’ensemble spectaculaire des bâtiments du Wat Ratchabophit, dominés par un immense chedi doré.
L’intérieur de l’édifice me donnerait presque l’impression d’être entré dans une église d’inspiration gothique du fait de l’abondance de toutes ses dorures et de ses arabesques en feuilles et en fleurs.
Mais je suis bien dans un temple bouddhiste car la statue sacrée trône au-dessus d’un autel rutilant et chamarré.
Ici, point de foule ni de nuisance sonore. Je prends le temps d’admirer ce magnifique plafond de cathédrale gothique.
Puis je profite, pour une fois, de la paix et de la sérénité du lieu pour prendre un moment de détente et de méditation en me joignant aux quelques très rares fidèles en prière.
Je savoure longuement cet instant de repos, rafraîchi par les nombreux et énormes ventilateurs disséminés dans l’enceinte sacrée - que j’ai effacés sur les photos -,
avant d’affronter la foule qui m’attend au Wat Arun.
Je me rends compte en rédigeant cet article, avec cette recherche des temples, la visite du musée du Siam et la découverte du cimetière royal que décidément je n’ai pas du tout préparé ce voyage contrairement à ce qu’ont pu en penser certains d’entre vous ici. Je m’étais renseigné sur les lieux à visiter, les villes et régions où me poser, les moyens de transports... Mais une sorte de torpeur et de ras-le-bol de l’ Inde à cette époque, ont fait que je ne pensais qu’à changer d’horizon et voyager sans aucun programme vraiment défini. Je n’ai rien lu, rien cherché. Complètement à l’opposé de ma façon de voyager. J’ai abordé la Thaïlande comme on échoue sur une plage après un naufrage. Tout était à découvrir. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Marien33 · 18 mai 2025 à 15:31 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 142 de 250 · Page 8 de 13 · 1 038 affichages · Partager Donc je suis allé au Wat Arun, et même si le temple est superbe, c’est vraiment un plaisir gâché par ces milliers de touristes qui vont et viennent partout, qui se prennent en photo devant le monument, sans même s’occuper du temple lui-même ni de son esthétique.
Malgré mon suprême agacement, je reste très calme, très patient, car lorsque je calcule comment faire la photo, quel serait le réglage le plus approprié, sous quel angle, de quel point de vue, quand il y a une seule seconde où je peux appuyer sur le déclencheur sans personne devant le temple, eh bien, non ! Il y a toujours un clampin qui vient se placer devant l’objectif, que ce soient des Occidentaux ou des Asiatiques.
Les gens sont étonnés que j’attende qu’ils s’éloignent pour prendre la photo. Ils ne comprennent pas. Quand ma patience est récompensée, un autre qui attendait la même chose que moi, mais pas pour la même raison, vient prendre la pose à son tour.
Je suis stupéfait par la quantité de (jolies) filles revêtues de tenues thaïlandaises traditionnelles. Certaines sont tout à fait quelconques, mais d’autres sont de vraies princesses portant bijoux et diadèmes.
La première fois que j’en ai vu une ainsi parée, un matin assez tôt, dans je ne sais plus quel temple, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une jeune femme de la famille royale, puis comme elle posait pour des photos, j’ai pensé que c’était une actrice ou un mannequin célèbre.
Mais quand elle se sont multipliées par dizaines puis par centaines, j’ai compris qu’elles étaient costumées. Et enfin, au cours de mes déambulations j’ai découvert les nombreuses boutiques de location de costumes traditionnels pour la journée, peut-être pour une heure, le temps d’une photo...
Certains jeunes hommes sont aussi costumés, mais contrairement aux filles, ils me paraissent grotesques dans leur accoutrement. Peu d’entre eux m’évoquent de jeunes princes de Siam. Ces femmes sont les pires à supporter. Non seulement elles prennent toutes sortes de poses plus ou moins ridicules, mais elles ne sont jamais satisfaites du résultat. Il faut recommencer la photo des dizaines de fois... Et quand ce ne sont pas elles qui masquent l’objectif, ce sont leurs ombrelles...
Je perds patience. Même si j’ai conscience que je ne ferai pas LA photo du siècle, que nous sommes des millions à vouloir photographier le wat Arun sous tous ses angles et de tous les points de vue, à toute heure de la journée et particulièrement le soir quand il est illuminé, pour mon propre plaisir, pour mon futur carnet de voyage, pour mes copains de YouPic qui ne sont jamais allés en Thaïlande, j’ai vraiment envie de faire quelques belles photos du Wat Arun.
Je finis par en prendre mon parti et je mitraille un peu au hasard en espérant pouvoir effacer tous ces indésirables en post traitement.
Après quelques prises de vue intéressantes, je me sens toujours si peu solide sur mes jambes que j’envisage de rentrer à ma chambre. Mais il n’est que 15h, c’est un peu idiot de rentrer si tôt. Je vais aller voir le San Chao Kian An Keng.
Mais je suis dans un mauvais jour car de nouveau je n’arrive pas à le trouver sur mes applis. Alors je vais au hasard le long de ce que je crois être le Chao Praya et je grimpe sur un pont duquel je découvre de très belles vues sur le fleuve. En cherchant un peu sur Google map j’apprends que je suis au-dessus du Khlong Bangkok Yai. J’aperçois les installations de traitement des eaux, et sur ma droite une énorme toiture qui ne peut être que celle du Wat Kalayanamit Woramahawithan d’après le plan de Google Map que j’ai sous les yeux.
On en parle dans un prochain message...
Je m'aperçois que je suis en train de tomber dans le piège de remplir un article de photos quand on n'a pas grand chose à raconter... Et puis nous sommes tous très fiers de nos photos et nous avons envie de les montrer... | | | À: Marien33 · 19 mai 2025 à 19:24 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 143 de 250 · Page 8 de 13 · 993 affichages · Partager Je vais au hasard le long de ce que je crois être le Chao Praya mais je ne parviens pas à dénicher le San Chao Kian An Keng. Je finis par aboutir au Wat Kanlayanamit Woramahawihan, mais après m’être perdu au sens propre comme au sens figuré dans le labyrinthe de Bangkok Yai. Je parcours des kilomètres à travers des ruelles très authentiques. Parfois, arrivé au bout d’un long boyau, je dois rebrousser chemin car c’est une impasse. Beaucoup de passants sont surpris de voir un touriste venir s’égayer dans ces parages. Mais à leurs sourires de bienvenue, j’ai le sentiment qu’ils sont heureux que quelqu’un vienne enfin se promener dans leur univers. Je repense à cette marée humaine du wat Arun que je viens de quitter à peine une heure plus tôt, alors que je suis absolument seul étranger ici.
Je suis en plein monde local et je bénis Bouddha de m’avoir empêché de trouver le sanctuaire que je cherchais, afin que je découvre une partie totalement ignorée de Bangkok. Ce qui est très curieux, c’est que je souhaitais, depuis mon arrivée, aller explorer ces quartiers « de l’autre côté » des khlong. On propose aux touristes toutes sortes de balades en bateau sur les khlongs d’où l’on voit comme je l’ai dit et montré dans un message précédent, des maisons pittoresques typiques. Mais je me demandais qui vivait là. Sont-ils de grands chanceux de dérouler leur vie dans un environnement préservé de la folie de la ville, ou bien se cache-t-il derrière ces maisons traditionnelles des conditions de vie très dures ? J’avais eu la même démarche au Kérala dans les backwaters d'Allepey. J’y avais découvert un tout autre aspect que celui que l’on admire depuis un bateau à travers les canaux... Il ne m’avait pas été aisé de trouver les chemins. On les voyait ces chemins depuis nos embarcations de touristes. Des gens y circulaient. On voyait les enfants partir à l’école le long de ces sentiers. Mais par où passer pour y accéder ? Ici à Bangkok la difficulté me paraît plus grande encore pour trouver les voies d’accès à ces maisons. Y a-t-il seulement un accès terrestre ou bien les gens ne peuvent accéder chez eux que par bateau ? Quelle catégorie de personnes vivent là ? Et aujourd’hui, par le plus grand des hasards, parce que je me suis un peu égaré, parce que j’ai « raté » un temple, je tombe sur ces maisons par l’arrière...
Et j’ai ma réponse. Je découvre plus que de la pauvreté. Je découvre la misère.
Je l’avais connue dans plusieurs villes en Inde, en particulier à Kolkata. Mais je ne l’imaginais pas en Thaïlande. Depuis une semaine que je navigue au milieu de l’opulence - je n’ai pas encore découvert le luxe qui me sautera à la figure à la fin de mon séjour -, je n’imaginais pas ces taudis. Tout ce que j’avais vu de Bangkok au cours de mes longs parcours pédestres dans plusieurs secteurs de la ville, me laissait croire à une pauvreté de type occidental, puisque la Thaïlande est si occidentalisée.
Aujourd’hui je prends conscience de la précarité de vie dans ces baraques qui tiennent à peine debout. Je m’imagine la situation quand, à la saison, arrivent des pluies diluviennes qui s’abattent sur ces piteux toits de tôles. Ce que l’on voit de l’extérieur n’est rien en comparaison avec ce que l’on discerne à l’intérieur en passant devant ces portes grandes ouvertes. D’ailleurs mon regard n’ose pas insister. Y-a-t-il seulement des portes pour fermer ces masures ? Et quelle promiscuité ! On a intérêt à bien s’entendre avec les voisins.
Si les ruelles que j'emprunte se montrent propres et sans détritus, d’autres me paraissent n’avoir rien à envier aux sordides venelles nauséabondes envahies d’immondices que l’on peut rencontrer en Inde. Ici aussi je découvre des rues-poubelles bien dissimulées à la vue des passants. Je pourrais me juger voyeur, mais la gentillesse, le naturel avec lesquels on me sourit, m’ôtent vite ce sentiment de culpabilité. Au début, je n’ose pas faire de photos. J’ai honte de photographier la misère. Alors je fais semblant de faire des vidéos d’ensemble de la rue pour ne pas avoir l’air de photographier leurs maisons, leur misère. Je photographie seulement de jolies façades, des ruelles proprettes... Mais on m’invite à faire des photos, alors je n’hésite plus. Je demande toujours l’autorisation, qui m’est aussitôt accordée avec le sourire, presque avec enthousiasme.
Un facteur commun à toutes ces habitations c’est la profusion de plantes et de fleurs qui les caractérisent toutes, comme un espoir de bien vivre dans un bel environnement. Je me sens bien plus heureux de cette incursion que si j’avais visité un temple tout en dorures.
- Je me demande pourquoi tu fais toutes ces photos ? Ah, la revoilà, la Petite Voix. Aujourd’hui elle est dans le registre culpabilisateur. - Je veux montrer aux gens qui ne connaissent pas ce visage de la Thaïlande, qu’il existe bel et bien. C’est ça aussi la Thaïlande ! C’est pas seulement des plages idylliques, des paysages de paradis terrestre, des marchés à touristes avec de la nourriture à profusion, des centres commerciaux d’un luxe, que moi petit Français qui vis dans une toute petite ville - coquette - des Pyrénées, je ne pouvais imaginer. Mais là j’anticipe... Ce n’est pas non plus un roi, le plus riche de toutes les têtes couronnées de la planète, avec une fortune personnelle évaluée entre 40 et 70 milliards de dollars selon les estimations...
Je passe là beaucoup de temps et marche des kilomètres, malgré mes jambes en caoutchouc et la chaleur intense, à travers toutes ces petites ruelles. Et puis parfois je me retrouve sur de grandes avenues en plein soleil.
Et, tiens, justement, alors que je longe une petite rue en contrebas d’une immense route à quatre voies construite en hauteur, parallèle à cette dernière, j’aperçois de la lumière qui filtre à travers les grilles de soupiraux surélevés et j'entends des bruits bizarres qui semblent provenir de l’espace situé sous cette immense artère à quatre voies. Une ouverture béante, je n’appellerais pas ça une porte, me permet de distinguer un vaste espace sombre qui semble être une usine ou une manufacture...
Je jette un œil à l’intérieur et même si le lieu, mal éclairé, me semble assez sombre, je distingue des fourneaux, des vapeurs qui s’en échappent, une odeur de cuisine s’en dégage, plane dans l’espace et vient titiller mes narines alors que je n’ai toujours rien avalé depuis ma mauvaise soupe aux nouilles de ce matin. - Et tu t’étonnes d’avoir les jambes faibles ? - Toi, ça va comme ça. Je n’ai trouvé aucun endroit où manger au wat Arun ni dans aucune de ces ruelles. Ou plus exactement, si, j’ai trouvé des gargotes mais qui n’étaient pas plus engageantes que les maisons du quartier, alors je n’ai pas osé y acheter quoi que ce soit.
Un cuisiner me voit et me fait signe d’entrer. - Je peux faire des photos ? L’autorisation et accordée. Manifestement la curiosité est réciproque. Je suscite à la fois un certain amusement mitigé de surprise et à la fois une certaine réserve, presque une totale indifférence sur les visages de ces femmes qui continuent leur travail malgré mon intrusion dans ce lieu, mais comme si je n’existais pas. Devant ces visages fermés, une fois encore je m’interroge : Ne suis-je pas indiscret ?
Mais non, les sourires commencent à fleurir sur les lèvres. Je m’approche des paniers entassés afin d’en voir le contenu... Ce sont tout pleins de ces petits chaussons en feuille de bananier fermés par des petits brins.
Ailleurs de petits tas d’espèces d’épinards cuits attendent que des femmes les utilisent pour fourrer ces petits chaussons que d’autres employées sont en train de confectionner.
Employées ou s’agit-il d’une petite entreprise familiale car tout ce petit monde n’atteint pas la trentaine de personnes présentes. Aucun(e) ici ne parle anglais pour pouvoir répondre à mon questionnement. Et d’ailleurs je n’ose pas poser de questions, je me sens intrus, je ne veux pas les perturber dans leur travail. Ils ont tous l’air si absorbé par ce qu’ils font en dépit de leur accueil à mon égard. Style on veut bien te montrer et que tu fasses des photos, mais ne nous empêche pas de travailler, on n’a pas que ça à faire...
L’atmosphère comme le lieu sont totalement surréalistes. Je me demande si je rêve. Cette « manufacture » - quel serait le bon mot pour ça ? - est installée sous la structure qui supporte la route à quatre voies au-dessus. C’est sombre, mal aéré par quelques soupiraux grillagés, il y règne une chaleur d’enfer. L’ensemble donne au lieu un air de fabrique clandestine en temps de guerre.
Je suis vraiment heureux d’être tombé sur ce site. Pour moi, ça vaut tous les Wat Arun et autre Grand Palais de Bangkok. Il est certain que je n’aurais jamais pu le découvrir si je m’étais déplacé en taxi ou en tuk-tuk. La magie de la visite d’une ville à pied. Mon seul regret est de ne pas avoir pu poser de questions. Pour qui, pour quoi, ces personnes travaillaient-elles ? | | | À: Marien33 · 19 mai 2025 à 23:27 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 144 de 250 · Page 8 de 13 · 971 affichages · Partager Vraiment étrange cette "manufacture" sous la route à quatre voies... Bravo pour ce reportage ! | | | À: Marien33 · 20 mai 2025 à 18:54 · Modifié le 21 mai 2025 à 2:19 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 145 de 250 · Page 8 de 13 · 923 affichages · Partager Avant de parler de ma visite du Wat Kanlayanamit Woramahawihan, je m’interroge sur la tournure qu’a pris ce carnet. Trop de photos. Cela va complètement à l’encontre de ma conception d’un carnet de voyage. Pour moi ça ne doit pas devenir un album photo. Et pourtant certaines me semblaient importantes (ou intéressantes) à montrer, surtout quand je n’ai pas grand chose à dire sur le sujet...
Par ailleurs, je suis surpris en relisant ce que j’ai écrit à des amis sur mon séjour à Bangkok à propos de mes difficultés à tenir sur mes jambes. Je n’ai absolument aucun souvenir de cet état-là. Je garde un excellent souvenir de mon séjour à Bangkok avec l’impression d’en avoir bien profité d’avoir été en pleine forme d’avoir beaucoup marché et sans avoir ni souffert de la chaleur, ni d’un quelconque souci de santé...
Pourtant, en me relisant, je m’aperçois que ça n’a pas toujours été évident de visiter tous les lieux que j’avais prévu de visiter et je me rends compte combien je vis au ralenti et combien mon rythme-sportif-de-vieux-encore-vert en a pris un coup après mon accident cardiaque, conséquence du vaccin-anti-covid. Désolé si j’enfonce encore le clou. C’est ma façon à moi d'avoir une pensée pour François. Je lui en avais parlé quand nous nous sommes accrochés à la réouverture de VF, et malgré nos dissensions cela nous avait rapprochés. C’est donc en pensant très fort à lui que je parle et reparle de mon accident cardiaque, conséquence du vaccin anti-covid.
Finalement je me dis que j’aurais dû intituler mon carnet : « Le voyage d’un vieux en Thaïlande » 🤣
Mais reprenons...
Finalement, je me retrouve aux portes du Wat Kanlayanamit sans l’avoir voulu. Je savais qu’il était dans ce secteur, mais j’avais renoncé à le chercher vraiment.
L’ensemble, immense, comprend plusieurs bâtiments dont le principal, le wihan, si j’ai bien compris, est en rénovation, complètement couvert de bâches et fermé au public. Je peux tout de même pénétrer dans le hall d'ordination où trône un gigantesque Bouddha, la plus grande statue de Bouddha de Bangkok. Ces statues dorées, de taille toujours de plus en plus impressionnante, me laissent indifférent. Je suis bien plus sensible à des représentations plus modestes en bronze, en pierre ou en bois que l’on peut admirer dans les musées.
En revanche, la ferveur des fidèles qui prient en brûlant encens et bougies me captive particulièrement. Toutefois, ces manifestations de dévots en nombre ne m’incitent pas à me recueillir et à méditer. Cette agitation de ruche me perturbe. Je fais encore la comparaison avec les temples du Ladakh et du Zanskar dont le calme et la sérénité invitaient à la concentration et au bien-être spirituel.
Aujourd’hui j’aurais eu envie d’acheter quelques paquets d’encens et des cierges afin d’être en communion avec toutes ces personnes en prière, mais je ne réussis pas à trouver le calme intérieur et la ferveur nécessaires pour y parvenir. Je me contente de faire quelques photos de ces vastes coupes emplies de sable dans lesquelles se consument des centaines de baguettes d’encens dont les volutes parfumées se répandent tout autour de l’espace sacré.
En reprenant le chemin du retour à la chambre, j’ai encore le bonheur de faire quelques explorations inattendue dans des quartiers méconnus.
Je suis témoin de quelques scènes intimistes qui m’émeuvent toujours quand je suis plongé dans le réel, dans la vie locale authentique.
C’est alors que j’aperçois une porte entr'ouverte qui semble donner accès à un temple. Puisque ce n’est pas vraiment fermé, je pousse un peu cette porte et je m'introduis, sans encore le savoir, dans l’enceinte du Wat Hong Rattanaram .
Une bande de joyeux moinillons sont en train de jouer au foot. Je leur fais comprendre que je veux les filmer. Ils se figent d’un coup et vont s’asseoir sagement sur un muret et il m’est impossible de les faire repartir à leur partie de ballon. Je ne comprends pas pourquoi ma présence les inhibe à ce point.
Quand je pénètre dans la salle d’ordination, je ressens cette fois ce qui m’a manqué dans mes visites précédentes. La salle est magnifique, illuminée par de grands lustres en cristal. De somptueuses peintures ornent les murs. Seulement deux fidèles et un moine sont là en prière ou en méditation. Je savoure intensément ce silence et cette sérénité et je peux enfin me recentrer et méditer un moment.
Lorsque je ressors, les moinillons ont repris leur ballon et leur partie de foot et cette fois se laissent filmer. Mais un jeune moine d’environ 18ans intervient et leur confisque le ballon. Peut-être étaient-ils punis et jouaient-ils sans en avoir l’autorisation et ce serait peut-être la raison de leur immobilisation subite quand je suis entré et que je les ai dérangé dans leur partie ?
Je me suis laissé surprendre par l’heure au cours de ma méditation. Je n’ai pas vu le temps passer. Le soleil est maintenant couché. Je me régale à faire quelques belles photos au bord du Chao Praya avant de prendre le bac pour gagner l’autre rive. Mais il est trop tard, j’ai raté le bateau pour rentrer à ma chambre. Ils arrêtent leur service à 17h30/18h... Je suis donc obligé de rentrer en métro et de cheminer encore longuement jusqu’à la station. La boucle est bouclée : Je suis revenu au point de départ, devant le Musée du Siam ! Je suis épuisé, j’ai les guiboles en coton... Je n’ai toujours rien mangé de la journée, mais je n’ai pas faim. Puisque je n’ai pas faim, autant rentrer à la chambre. Qui dort, dîne dit-on.
- Bon, là tu déconnes vraiment, même si tu n’as pas faim, tu dois t’obliger à manger avant de rentrer. Ton histoire de jambe, c’est que tu ne manges pas assez, tu es sous-alimenté. Peut-être aussi déshydraté. Tu ne bois pas assez... La voix de la sagesse, encore une fois...
Donc je me rends au restaurant à côté de l’hôtel. Je commande trois plats mais une fois de plus, ce qui arrive ne correspond pas du tout à ce que je pensais. C’est joliment présenté mais ça ne correspond pas à ce que j’avais imaginé. Et pour cause : il n'y a aucune explication sur le menu. Ils indiquent juste porc avec ceci, poulet avec crevette comme cela... Et quand le plat arrive sur la table, c’est la désillusion de mon fantasme. Il y a des pages et des pages sur le menu et tout se ressemble... Ce soir, je commande une salade de papaye « with fruits ». En fait, les autres fruits, dont les pommes dominent. Il y en a beaucoup, ça déborde du bol. Ils auraient dû écrire : salade de fruits avec papaye. J’en ai l’eau à la bouche, comme on dit... Dans mon esprit, je m’offrais un peu de douceurs pour terminer mon repas. Mais, non, c'est bien une « salade ». Avec du vinaigre. Beaucoup de vinaigre. Le cuisinier a eu la main lourde. Mais c’est bon. Ça me rappelle le vinaigre balsamique. c’est un peu sucré et très parfumé par un condiment que je n’arrive pas à identifier.
Auparavant j’ai commandé un plat à base de porc. Il m’a été servi avec des espèces de galettes de riz grillé ou poêlé. J'ai adoré, j’ai trouvé ça très bon, c’était un peu gras, mais c’était délicieux. En revanche la viande était hachée comme du steak haché. Ce n’était pas mauvais mais ce n’était pas bon. A ce jour, je n’ai pas encore réussi une seule fois à me dire que je me régale avec un plat thaïlandais dont je rêvais. Je m’étais dit, il faut que je mange assez mais les plats étaient copieux. Deux auraient été suffisants. J’ai eu du mal à finir, je me suis forcé par crainte de commettre un impair
Quelle journée !!! | | | À: Marien33 · 21 mai 2025 à 9:45 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 146 de 250 · Page 8 de 13 · 882 affichages · Partager Bonjour 
Très jolie photo toute en délicatesse de la jeune femme de profil.
J'avoue que je ne fais que survoler les images des temples, je n'en peux plus des temples. Je n'en peux plus non plus de cette énumération de tous ces noms, le temple ceci, le temple cela, des noms que je ne retiendrai jamais et qui m'indiffèrent totalement. Je ne sais d'ailleurs pas comment il est possible de s'en souvenir ! Mais bon, ça peut aider des prochains voyageurs probablement ?
Je préfère 1000 fois quand vous vous égarez et que vous racontez entre mots et photos une vie qui existe hélas et que l'on cache aux visiteurs, voilà alors de grands moments de partage entre vous et les lecteurs que nous sommes. Merci pour ça.
A bientôt pour la suite du voyage... | | | À: Dolma · 21 mai 2025 à 14:34 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 147 de 250 · Page 8 de 13 · 857 affichages · Partager Bonjour Dolma Merci pour le retour
je n'en peux plus des temples. Je n'en peux plus non plus de cette énumération de tous ces noms, le temple ceci, le temple cela, des noms que je ne retiendrai jamais et qui m'indiffèrent totalement. Je ne sais d'ailleurs pas comment il est possible de s'en souvenir ! Mais bon, ça peut aider des prochains voyageurs probablement ?
Eh bien nous sommes deux au moins alors car moi aussi j'ai eu une indigestion de temples. Et pourtant j'ai continué à en visiter encore d'autres après avoir quitté Bangkok. Moi non plus je ne retiens pas les noms et je m'en fiche. C'est d'ailleurs aussi pourquoi je me passe d'un guide, même anglophone puisque je sais que j'aurais oublié ce qu'il m'a expliqué au bout de 5 minutes. raison pour laquelle j'avais décliné l'offre gratuite de l'audioguide au musée du Siam. Mais oui, tu as bien compris, je pense que ça peut éclairer des voyageurs, leur donner envie de visiter -ou fuir- tel ou tel temple dont j'ai parlé.
Je préfère 1000 fois quand vous vous égarez
Eh bien tant mieux, car il y aura d'autres moments d'égarements, même si je me suis obligé à rester souvent sur la grand-route pour tester et voir où elle me conduirait... | | | À: Marien33 · 25 mai 2025 à 20:01 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 148 de 250 · Page 8 de 13 · 771 affichages · Partager J'apprécie beaucoup ce carnet avec ses photos, y compris des temples ! Tu oses photographier la misère qui reste assez facile à trouver même à Bangkok au bord de la Chao Praya, moi je me contente de passer. J'adore la fabrique de bouchées vertes! Pour les temples j'ai voulu apprendre les différents styles comme chez nous pour l'art roman, gothique, renaissance...et les différentes d'architectures régionales. J'ai fait la même chose pour les représentations de bouddha: styles birman, ayuthaya, sukhotay, et ses différentes postures. Mais je peux quand même avoir une overdose...comme à Rome avec les églises ou à Florence avec les vierges et les christs. Il faut doser et varier les plaisirs. Quand je compare tes photos aux miennes je vois que je photographie beaucoup de détails d'architecture et d'éléments décoratifs...et pas assez de scènes de rue banales qui sont d'abord la vie des Thaïs. J'attends la suite, bon courage. | | | À: Gaura · 1 juin 2025 à 15:24 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 149 de 250 · Page 8 de 13 · 696 affichages · Partager Merci, Noëlle, pour ce sympathique et encourageant message. Plus d'une fois j'aurais envie d'arrêter la locomotive à charbon, c'est trop épuisant et je ne sais pas faire fonctionner un TGV... Mais par respect pour les quelques passagers nostalgiques qui ont pris un billet dans le vieux train à charbon, j'irai jusqu'au bout même s'il faut faire des pauses pour récupérer un peu d'énergie. Là je suis renté en France il y a 5 jours... 48 h de voyage épuisant, deux autres jours pour récupérer du voyage, deux autres jours encore pour me réadapter à ma nouvelle vie, à mes nouveaux horaires, à mon nouveau rythme...
J'apprécie beaucoup ce carnet avec ses photos, y compris des temples ! Pour les temples j'ai voulu apprendre les différents styles comme chez nous pour l'art roman, gothique, renaissance...et les différentes d'architectures régionales. J'ai fait la même chose pour les représentations de bouddha: styles birman, ayuthaya, sukhotay, et ses différentes postures.
Il fut un temps, où, comme toi, je m'intéressais à tous ces détails architecturaux. maintenant avec l'âge, il s'est installé une sorte de désintérêt car je sais qu'au bout de 5 minutes j'aurais oublié ce que j'ai appris.
Mais je peux quand même avoir une overdose...
Ouf ! Ça me rassure.
Il faut doser et varier les plaisirs
C'est ce que j'ai fait au cours de ce voyage, mais c'est vrai qu'à Bangkok j'ai surtout vu des temples. Oui, je suis encore à Bangkok ! Pour la bonne raison que j'y ai passé un tiers de mon séjour en Thaïlande, quand la plupart des voyageurs, font trois p'tits tours et puis s'en vont...
Quand je compare tes photos aux miennes je vois que je photographie beaucoup de détails d'architecture et d'éléments décoratifs...et pas assez de scènes de rue banales qui sont d'abord la vie des Thaïs.
A chacun son style. Moi je fais les deux, mais c'est vrai que je m'intéresse beaucoup plus à la vie des gens dans leur quotidien plutôt que photographier toutes les curiosités touristiques. Pour celles qui n'ont encore rien compris, je redis que je n'ai rien contre les touristes en soi, sauf quand ils deviennent si envahissants que ça devient infernal. Quand ils arrivent à être supérieurs en nombre aux autochtones et que tout ce qui est mis en place pour les divertir se fait au détriment de la vie locale, ça n'a plus d'intérêt pour moi.
Allez, je me remets au travail... | | | À: Marien33 · 1 juin 2025 à 16:39 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 150 de 250 · Page 8 de 13 · 676 affichages · Partager Bienvenue chez nous ! pour quelques mois je suppose, j'espère avoir des récits de ton séjour en France. Qu'est devenu ton chien ? tu le vois toujours ? à bientôt la suite de tes péripéties. | | | À: Marien33 · 2 juin 2025 à 15:55 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 151 de 250 · Page 8 de 13 · 620 affichages · Partager Je viens de reprendre mes quelques notes personnelles, mon carnet de voyage à moi et je m’aperçois que j’aurais dû intituler ce carnet : « le voyage d’un vieux bonhomme en Thaïlande ». Au moins ça aurait été clair et m’aurait évité des quolibets du genre : « Mort aux vieux ! » ou « Le lecteur est désorienté : il ne sait plus si Jean-Marie aime ou n'aime pas, s'il suit les conseils ou pas, s'il oublie ou pas, s'il est fâché ou non. Que de contrepieds ! »
Et je m’en fous si on me trouve gâteux dans ce que je raconte. Je répète toujours à ceux qui ont la moquerie facile (sous toutes ses formes) à propos des vieux. « Tu verras comment tu seras, toi, à mon âge ! ». Que certains le veuillent ou non, plaisanter sur des handicaps (la vieillesse, la surdité, l’obésité, le manque de membre(s), et j’en passe...) est une forme de discrimination. Sous couvert de plaisanterie - de mauvais goût -, on révèle son intolérance.
Et donc, oui, je parlerai de ma santé et de mes (in)capacités physiques, car je suis fier malgré ces difficultés d’avoir fait ce que j’ai fait, que je fais encore aujourd’hui et que je ferai demain tant que j’aurai la gnaque pour voyager. Bien d’autres plus jeunes que moi n’en seraient pas capables quand je lis leurs carnets.
Donc, une semaine après mon arrivée, je ressentais toujours cette impression de marcher comme si j’étais ivre ou si j’étais sur un bateau. Cette impression d’avoir des jambes en caoutchouc ou en coton, qui ne vous portent pas. D’autres auraient appelé leur assurance pour se faire rapatrier ou au mieux, seraient rentrés bien vite en France par leurs propres moyens. Mais je ne suis pas de ceux-là. Je ne baisse jamais les bras face à la maladie. Marche ou crève ! Je préfère mourir en escaladant une montagne pour avoir présumé de mes capacités que rester toute une journée dans un fauteuil devant un écran de télévision.
Peut-être pour ça que je suis toujours là...
J’avais réservé mon billet d’entrée au sommet de la Maha Nakhon Tower, bien avant de quitter la France. Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Moi, je trouve que tous ces buildings, surtout quand ils sont groupés, avec des hauteurs, des formes, des styles différents, constituent une prouesse architecturale, une œuvre d’art, une magnifique vision de la modernité tout autant que Versailles.
J’étais impatient de voir ça. Pour moi, Bangkok, c’était ça bien plus que le Grand Palais. J’aurais zappé ce dernier sans trop de regrets mais je n’aurais pas manqué mon ascension au 81ème étage de la Maha Nakhon Tower.
Et ce matin, une fois encore, je me sens mal. Dans mon corps tout va bien, dans ma tête tout va bien, mais je ne tiens pas sur mes jambes. Que ce soient les conséquences des « cookies-surprise » ou un effet de la pollution atmosphérique, il faut bien accepter la réalité : Je ne tiens pas sur mes jambes.
La nuit dernière, j’ai encore dormi 10 heures, je me suis senti un peu mieux au niveau de mes jambes et de mon équilibre au réveil, mais c’est pas encore gagné. Je décide donc de ne pas sortir et de me reposer puisque je dois aller à 16h à la tour Mahanakhon.
Je me contente de me rendre au marché qui se trouve tout près de ma chambre. Je découvre un marché authentique, pas du tout pour les touristes, pour une fois, fréquenté uniquement par les gens du cru, les gens du quartier qui font leurs courses. L’endroit est extrêmement animé.
Rien à voir avec le Pat Pong night market, plutôt désert... Ici les chalands sont à touche-touche, on se bouscule, on se marche sur les pieds, on se donne des coups d’épaules, j’ai du mal à avancer... Je ne sais pas si c’est l’effet de la foule, mais plus que jamais je me sens terriblement en déséquilibre. A un moment, je sens mon corps entraîné en avant comme si ma tête pesait 100kg. Je sens que je vais m’écrouler, là, au milieu de cette foule. Mais au contraire c’est elle qui me porte et m’emporte. Je songe à la chanson d’Edith Piaf : « Emportés par la foule... » Je ressens vraiment un curieux effet, je suis vraiment inquiet, je me dis que je vais m’affaler là, d’un seul coup, devant tout le monde. Pourtant j’adore la folie de ce marché très authentique.
Soudain, j’aperçois sur un stand des crevettes énormes, comme j’en cherche depuis que je suis arrivé, elles sont cuites. Il me reste au réfrigérateur une excellente sauce bien piquante achetée la veille au soir pour accompagner des brochettes de porc. Ça fera bien mon affaire. - J’en voudrais 6 ou 8 ! - Pas possible, c’est la boîte entière. En fait elles sont congelées. En tout cas je prends la boîte pour 280 bahts. Pour compléter, j’achète quatre pilons de poulet grillé.
De retour à la chambre je passe 6 crevettes au micro-ondes, et avec le poulet et la sauce piquante, je me fais un festin. Meilleur que tout ce que j’ai mangé jusqu’à ce jour dans les restaurants. J’ai acheté aussi des petits gâteaux qui semblent confectionnés avec de la crème de riz. Ils paraissent particulièrement alléchants, mais une fois en bouche ils se révèlent répugnants : gélatineux, sans aucun goût, à peine sucrés...
Toutefois manger dans cette chambre n’est vraiment pas pratique elle n’est pas du tout adaptée, malgré la présence du réfrigérateur, du micro-ondes et de la bouilloire. Deux bols, deux assiettes, deux mugs, deux cuillères et deux fourchettes les complètent. Un petit bureau au revêtement plastifié voudrait jouer à la fois le rôle de table à manger et celui de plan de travail, mais il échoue dans ses deux emplois. Il est beaucoup trop étroit et inconfortable pour bien s’installer et pour manger. Il n’y a pas d’évier non plus. Il faut laver la vaisselle dans le lavabo. Ce n’est pas pratique et surtout pas hygiénique. Il existe un coin repas sur le toit mais ça nécessite de transporter la nourriture là-haut. Ce n’est pas du tout fonctionnel.
J’ai aussi pris au marché deux cafés. L’un à l’orange et l’autre avec de la menthe et du jus de grenade. C’était vraiment bizarre comme truc. C’était très joli par les couleurs. J’ai pensé que ce devait être infâme mais j’ai eu envie d’essayer. En fait, j’ai une bonne surprise car sans être excellent ça se révèle néanmoins très bon et très rafraîchissant parce qu’ils servent toujours toutes les boissons avec beaucoup de glaçons. Ils mettent quantité de glaçons partout !
Après mon petit gueuleton, je m’allonge un instant pour me reposer et voilà que sans m’en apercevoir, je m’endors comme une masse. Comme je ne pensais pas m’assoupir, je n’ai pas mis d’alarme et je me réveille après plus de deux heures. J’ai failli rater mon rendez-vous, il est presque 16 heures. L’heure où je dois aller à la tour. Heureusement, je loge à 5 minutes de là.
Je suis bien reposé. J’ai l’air de bien tenir sur mes jambes d’être reposé et me voilà parti sans trop de difficulté. Mais une fois là-haut, surtout en fin de soirée, je ressens à nouveau cette impression de tituber comme si j’avais bu ou fumé un joint. Toujours cette sensation d’être sur un bateau avec un sol qui bouge. Alors, quand vous êtes au sommet d’une tour de plus de 300m de haut, vous avez conscience qu’elle va s’abattre d’un coup avec tous les gens qui sont dessus.
Je remarque que l’affluence accentue mon malaise.
En tout cas je me régale à faire des photos, et je ne regrette pas les 1600 bahts pour monter jusqu’ici. Il s’agit d’un forfait qui comprend aussi une consommation et deux autres attractions, mais elles ne m’intéressent pas. Je suis tout à la contemplation du paysage, du changement de couleurs du ciel et des hauts buildings au fur et à mesure que le jour diminue et c’est l’explosion d’étincelles quand tout s’illumine une fois la nuit tombée.
1600 bahts c’est 45 euros, c’est un peu cher, mais c’est pour moi une très belle attraction, je ne regrette pas cette dépense. Beaucoup moins que si j’avais fait un tour en bateau sur les khlongs pour le même prix. J’avais choisi le tarif jour et nuit pour pouvoir faire des photos de jour et également au coucher de soleil et la nuit. Sinon le prix est de seulement 900 bahts en journée, avant le coucher du soleil.
Quand je suis monté à 16h, j’étais seul dans l’immense ascenseur et quand je suis arrivé à l’étage, il y avait très peu de gens
Ils sont arrivés en fin d’après-midi un peu avant le coucher du soleil et ça n’a pas arrêté ensuite. A présent ça grouille de monde mais les gens se respectent assez les uns les autres pour les photos. Ce n’est pas du tout comme dans les autres sites que j’ai visités. Une fois de plus je constate que ce qui intéresse la majorité des personnes ici présentes, ce n’est pas le spectacle du coucher de soleil qui accorde une dimension extrêmement photogénique à ces géants de verre et de métal
mais c’est de se faire prendre en photo avec la ville illuminée ou le coucher de soleil en fond. Très peu de personnes font des photos du paysage en soi. Et de nouveau, j’ai l’impression que les gens me regardent bizarrement, parce que moi je fais des photos du paysage. Je me moque de la consommation non commandée, je prends tout mon temps, je reste-là jusqu’à 20 heures.
La visite est très bien organisée et le personnel est très gentil, très poli. Pourtant avec ces foules il pourrait être désagréable. Mais non il reste toujours très souriant et courtois.
Quelque chose m’a particulièrement frappé quand je suis arrivé et qui se reproduira tout au long de mon séjour, c’est l’absence totale de contrôle de sécurité malgré de si énormes rassemblements. Ça m’a rappelé un temps bien lointain où les conditions de voyage étaient si confortables. Ça m’a montré combien nous sommes à présent bien programmés et formatés pour accepter toutes ces mesures de sécurité qui ont grandement compliqué les conditions de voyage.
Tout en bas à l’entrée on vous demande d’ouvrir votre sac, mais de toute façon, ils ne font que jeter un vague coup d’œil. Aucune sorte de sac n’est acceptée. J’ai failli laisser le mien à la chambre mais j’ai craint d’avoir besoin de quelque chose en cours de route. C’était totalement stupide de ma part puisque je savais qu’on me le prendrait. Mais comme j’ignorais comment la visite se passerait j’ai préféré prendre mon sac devinant qu’il y aurait des casiers de consigne.
Mais ceux-ci étaient entièrement automatisés. Pour introduire le sac je n’ai eu aucun souci. Un employé s’en est chargé. Casier ouvert, on met le sac à l’intérieur, on referme la porte et la machine délivre une carte - à laquelle je n’ai prêté aucune attention - Mais quatre heures plus tard, pour récupérer le sac voilà une toute autre affaire ! Encore un système informatique avec QR code, lecture magnétique, etc. Et cette fois, personne pour s’en occuper ! Je ne comprends absolument rien à ce que je dois faire pour récupérer mon sac. Il y a plusieurs opérations à réaliser pour ouvrir la porte. L’explication est donnée en anglais, mais ce sont des termes particuliers que je ne connais pas. Un groupe de filles asiatiques arrivent et récupèrent leurs sacs en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et je reste comme un imbécile devant la machine, incapable de récupérer mon sac. Elles sont gentilles, les filles, elles veulent m’aider. Tu fais comme ci, puis comme ça, etc... Mais je ne comprends pas plus leurs mots que ceux qui sont écrits. Alors je leur demande de faire l’opération à ma place. Mais la porte ne s’ouvre pas ! Elles réessaient mais sans plus de succès. -Il y a manifestement un problème avec ta carte et le QR code... Tu dois appeler un agent.
Aucun agent en vue ! Je pars à la recherche de l’un d’eux et quand enfin j’en trouve une, un long moment plus tard et à l’autre bout de cette espèce de hall où sont situés les casiers, pas aimable du tout celle-là parce qu’elle était bien planquée à ne rien faire, et à discuter avec une copine ou quelqu’un de sa famille, et que nous revenons au casier, nous en trouvons la porte grande ouverte ! Mon sang ne fait qu’un tour, car de loin je ne vois pas le sac ! Pour le coup, elle m’engueule de l’avoir dérangée pour rien, en me prenant pour un débile, alors que moi je vérifie vite si le sac – qui est bien là - n’a pas été ouvert et visité pendant mon absence. Ouf ! tout est là, pas de problème ! | | | À: Marien33 · 2 juin 2025 à 20:18 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 152 de 250 · Page 8 de 13 · 594 affichages · Partager Hello, il y a une réduction pour les vieux comme nous, genre moitié prix à certains moments.
Tu as réussi à marcher sur le sol transparent ? C’est assez impressionnant de voir le bas de l’immeuble sous ses pieds genre 58 étages plus bas..... | | | À: Dennis2 · 2 juin 2025 à 20:33 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 153 de 250 · Page 8 de 13 · 590 affichages · Partager Hello, il y a une réduction pour les vieux comme nous, genre moitié prix à certains moments.
Bonjour, oui j'en ai profité de temps en temps. Ce que j'ai apprécie c'est qu'en Thaïlande tous les vieux sont égaux. En Inde la réduction ne s'applique qu'aux Indiens !
Tu as réussi à marcher sur le sol transparent ? C’est assez impressionnant de voir le bas de l’immeuble sous ses pieds genre 58 étages plus bas.....
je voulais essayer, mais il y avait trop de monde, donc il fallait attendre son tour, revêtir des chaussons spéciaux et l'appareil photo n'était pas autorisé alors que c'est ça qui m'aurait plu... Et puis je suis sujet au vertige... J'aurais été capable de m'asseoir au beau milieu et de ne plus pouvoir en bouger 🤣 Mais ce n'était pas 58 étages, mais 81 !!! | | | À: Marien33 · 3 juin 2025 à 11:18 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 154 de 250 · Page 8 de 13 · 546 affichages · Partager Hélas, il y a plus d'un parc national en Thailande où le tableau des tarifs affiche plusieurs prix pour les thais, y compris un tarif faible ou nul pour les plus de 60 ans mais juste à côté un tarif unique pour les étrangers. | | | À: Marien33 · 7 juin 2025 à 21:34 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 155 de 250 · Page 8 de 13 · 446 affichages · Partager Aujourd’hui 28 janvier, je me prépare à sortir à 7h30. Je n’ai pas assez dormi. Je me suis réveillé à 03h30. Impossible de me rendormir. Alors, au lieu de rester dans mon lit à tourner et virer, je me lève et avant d’établir mon programme de la journée, je fais une lessive. Je ne risque pas de réveiller mes voisins puisque les machines sont sur le toit-terrasse. C’est une bonne chose que l’autonomie d’un appartement. Je conseille vraiment aux voyageurs qui restent plus de 3 ou 4 jours dans une ville, de choisir l’option appartement. Ce n’est pas plus cher qu’une chambre et c’est plus spacieux, mieux équipé et surtout on est plus indépendant et libre.
Puisque je n’ai pas réussi à trouver tout ce que je souhaitais voir à Thonburi la fois dernière, je vais y retourner et tâcher de repérer le San Chao Kian An Keng, ce petit temple chinois introuvable l’autre jour et qui a la particularité d’être proche de deux temples bouddhiques, de l’église Santa Cruz et de la mosquée Bang Luang. J’ai vraiment besoin de le localiser, car j’ai lu en ligne qu’il s’y déroulerait une activité intéressante demain pour le nouvel an chinois.
J’aime bien sortir tôt le matin vers 7h. Il n’y a pas grand monde dans le métro. Pas encore. Et pareil sur les navettes fluviales. Les touristes dorment encore et les thaïs, je ne sais pas pourquoi, on ne les voit pas. Peut-être ne commencent-ils pas à travailler si tôt ? Peut-être se rendent-ils au temple de leur quartier avant d’affronter la journée, comme le font les hindous ? En tout cas ce matin, à nouveau, le bateau est quasiment vide. Et une fois encore il ne me dépose pas au bon débarcadère. Il ignore celui que j’ai demandé. Peut-être parce que je suis seul à vouloir descendre là ? Il me dépose un peu plus loin donc il faut que je fasse un parcours à pied. Je dois traverser le fleuve sur un grand pont, le Mémorial bridge.
J’aime beaucoup cette architecture à la Eiffel.
Je suis détendu, je me sens particulièrement bien physiquement et psychologiquement.
A la sortie du pont, je n’arrive toujours pas à localiser ce petit temple chinois que je cherche depuis deux jours. Les trois applications de GPS l’ignorent... Alors, comme je l’avais fait dans mes premiers jours dans le quartier du musée du Siam, je décide de ne plus chercher avec le GPS mais avec mon intuition et d’aller au hasard. Je ne le trouve pas davantage, mais en longeant des grilles qui bordent le large trottoir sur lequel je chemine, je distingue un superbe jardin à la végétation luxuriante, rehaussée par des reconstitutions de rochers, de grottes, d’escaliers de pierre et de sentiers abrupts qui montent à l’assaut d’une « montagne ». Des temples s’y élèvent au sommet.
Ce petit parc semble superbe, mais il paraît bien gardé par ces hautes et solides grilles. Je n’y vois personne... Il doit s’agir d’une propriété privée. Soudain, miracle, j’aperçois un petit couple d’amoureux qui semble chercher un coin discret pour s’abriter. Alors c’est que l’on peut entrer... Ils m’indiquent que je dois continuer à longer les grilles puis contourner l’enceinte et l’entrée se situe à l’arrière... Je suis émerveillé à la vue de ce jardin. Des arbres et des plantes tropicales à foison.
On se croirait presque en pleine jungle. Mais une jungle bien ordonnée et apprivoisée. S’agit-il d’un jardin dans un temple ou un temple dans un jardin ? Le centre est presque totalement occupé par la reconstitution d’un vaste étang comportant cette « montagne » en son centre, au sommet de laquelle s’élève un élégant chedi tout blanc tandis que d’autres chapelles et chedis plus modestes mais tout aussi délicats sont bâtis sur des rochers. De nombreuses tortues s’ébattent dans le « lac » je peux remarquer les espèces à carapace molle que je n’avais jamais vues qu’en photo auparavant. Je croise l’une d’entre elles dans l’allée qui ceinture cette pièce d’eau, ce qui me permet de l’observer de très près. Il s’agit encore d’une espèce que je n’ai jamais vue jusqu’à ce jour. Elle semble interloquée. Elle me regarde et me scrute tout autant que je le fais moi-même, puis, rassurée par mon impassibilité, elle reprend sa promenade, cahin-caha, en m’ignorant. Dans le bouddhisme, les tortues sont sacrées. Elles représentent la création, l’endurance, la force et la longévité.
Ce lieu est un havre de paix et de sérénité qui convient tout à fait à mon état d’esprit placide en ce lumineux matin. J’apprendrai plus tard qu’il porte le nom de Khao Mo et que la montagne serait une représentation du Mont Meru . Le Khao Mo ou Khao Mor est une technique de jardinage thaïlandaise traditionnelle.
Mais je ne suis pas au bout de mes surprises, car en sortant de cet espace magique, je m’aperçois qu’il se situe dans l’enceinte du Wat Prayurawongsawat Worawihan, dont j’ignorais l’existence et sa situation géographique à laquelle je suis parvenu tout à fait par hasard en recherchant mon petit sanctuaire chinois introuvable. Lorsque je pénètre dans le temple, une cérémonie est en train de se dérouler. De magnifiques peintures ornent les murs et les colonnes.
Et dans ce décor d’or et de lumière, le costume des moines prend une tout autre dimension.
Je suis surpris par la présence de chaises bien alignées en rangées, tout comme dans une église, occupées par des jeunes filles en uniforme, chemisier blanc, jupe bleu marine, chaussures noires et chaussettes blanches. On les croirait sorties tout droit du Couvent des Oiseaux. Tandis que par la présence de ces sièges ainsi disposés il semble qu’on assiste à un office religieux chrétien. Je n’avais jamais vu de chaises disposées ainsi dans les temples visités jusqu’alors, même lorsqu’il s’y déroulait un office, et je n’en verrai pas non plus ultérieurement au cours de mon voyage.
Une autre curiosité de ce temple est un immense chedi immaculé qui abrite des reliques de Bouddha et dont une grande pancarte que l’on ne peut rater prévient le visiteur que ce monument a reçu le prix d’excellence pour la conservation du patrimoine par l’UNESCO, en 2013.
Lorsque l’on y pénètre, on est saisi par l’impressionnante charpente qui le soutient
Et jouxtant le Chedi, se trouve le Phra Prayu Phantakhan, musée de statues de Bouddha dans lequel sont conservées des reliques en provenance du Sri Lanka. | | | À: Marien33 · 7 juin 2025 à 22:09 · Modifié le 8 juin 2025 à 12:12 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 156 de 250 · Page 8 de 13 · 442 affichages · Partager Et en allant ainsi à la recherche de ce que je veux voir et que je ne trouve pas, je tombe sur bien des curiosités tout au long de la journée. Certaines que j’ai envie de dépister, mais que je ne réussis pas à trouver et d’autres totalement inattendues. Je me fourvoie de nouveau dans des ruelles ignorées qui desservent les baraques le long des khlongs. Je dis des baraques car ce ne sont pas pour moi des maisons. La plupart d’entre elles sont à moitié en planches à moitié en briques, les autres totalement en planches.
Je m’obstine à chercher le San Chao Kian An Keng, donc je m’enfonce à travers les venelles du labyrinthe de ce quartier jusqu’à tomber devant un restaurant qui est en train d’ouvrir. Le sourire engageant du patron me rappelle que si je ne veux pas connaître à nouveau des faiblesses dans les jambes, je dois m’alimenter. Il est déjà 11h, je n’ai pas vu le temps passer, alors je m’offre un brunch plutôt qu’un petit déjeuner. Comme souvent dans les quartiers populaires une grande affiche fait office de menu présentant toutes sortes de photos des plats. L’une des images se montre particulièrement alléchante : une sorte de soupe avec des crevettes et du riz. Un plat qui se révèle absolument délicieux. Je dirais même que depuis que je mange au restaurant à côté de mon hébergement, recommandé par mon propriétaire et supposé excellent, je ne m’y suis pas vraiment régalé. Ici, je me lèche les babines. Ce plat est vraiment délectable, copieux et beaucoup moins cher que dans l’autre. 140 bahts. Je déteste la soupe habituellement - un mauvais souvenir d’enfance ? - mais ce qui se trouve devant moi est un bouillon rempli de multiples légumes variés, agrémenté d’herbes aromatiques que je ne connais pas, extrêmement parfumé, et – enfin ! - cette fois-ci, très pimenté. Les restaurateurs des secteurs touristiques ont pris la fâcheuse habitude d’omettre le piment afin de s’adapter à la clientèle occidentale au palais délicat.
Ce que je désirais trouver, c’était le fameux quartier portugais des descendants de Vasco de Gama. Il en existe une communauté dans ces parages. Je l’ai longtemps cherché sans le trouver et voilà que je tombe pile dessus sans l’avoir voulu. D’abord l’église Santa Cruz dont je voyais le clocher sans réussir à trouver dans ce dédale, le bon chemin qui y conduit. A partir de là j’emprunte une jolie ruelle, tout au bout de laquelle se situe un petit musée portugais.
J’y reçois un chaleureux accueil et suis époustouflé par la qualité de ce petit musée et de son agencement qui retrace toute l’histoire et le parcours des Portugais à partir de Vasco de Gama, sur de grands panneaux explicatifs au réez de chaussée. Puis un escalier conduit à l’étage où il se démarque d’un musée habituel par l’absence de vitrines. Il se présente comme la reconstitution de l’intérieur d’une maison d’un autre temps. Pas de barrières, pas de cordages, aucune séparation. On y circule à travers les pièces comme si l’on était un invité dans cette famille d’une époque lointaine, parmi les meubles anciens sur lesquels se trouvent des objets de la vie quotidienne. C’est vraiment très original et émouvant. On semble vraiment transporté dans le passé. On s’attendrait presque à y rencontrer un personnage qui nous inviterait à prendre un café chez lui. Je suis surpris car cette disposition à risques (vol, détérioration) est manifestement respectée par les visiteurs qui ne touchent à rien. Peut-être parce qu’ils sont si peu nombreux à se rendre jusqu’ici. Et puis le tri sélectif culturel du public fait son travail... Je ne peux m’empêcher de penser que si l’on était en Inde, les personnes en visite tripoteraient tout... Une autre issue, conduit sur une sorte de balcon-terrasse d’où l’on embrasse à 360°, tout le paysage alentour, et tout particulièrement les pittoresques toitures des maisons anciennes de ce quartier.
Au réez de chaussée se situe, ce que j’appellerais un « salon de thé » où l’on peut consommer différentes sortes de café, chocolat, thé, et bien sûr toute une panoplie des incontournables smoothies. L’espace est ouvert sur un jardin de petite taille, mais particulièrement bien entretenu.
Tout un pan de mur est remplacé par une jolie grille sur laquelle sont suspendues de nombreuses orchidées et autres plantes luxuriantes arrosées par intermittence par un ingénieux système de brumisation automatique et un éclairage particulier donnant l’illusion de se trouver en pleine forêt tropicale au lever du soleil.
Je commande un café et pour l’accompagner je demande un « biscuit » car je ne me souviens plus du nom de la spécialité de ce quartier, le khanom farang. Il s’agit d’un biscuit tout à fait spécifique à ce seul endroit de Thaïlande et de Bangkok même. Vous n’en trouverez nulle part ailleurs. Cette pâtisserie qui date de l'époque d' Ayutthaya est dérivée des recettes portugaises, mais sans levure - difficile de s'en procurer à l'époque -, et avec des œufs de cane plutôt que de poule. Seulement trois pâtisseries en fabriquent encore dont une qui les prépare depuis 5 générations. On dit que ce petit gâteau est divin. Donc j’ai envie de le goûter et je pense qu’ici j’en aurais l’occasion. La dame ne comprend pas bien le mot biscuit. Alors je parle de « cake » pour accompagner mon café. - Ah mais nous n’en avons pas. Mais je vais aller en chercher chez moi. - Non, non, je vous en prie, c’est inutile, c’est très gentil... Mais la voilà déjà partie sans tenir compte de ma réponse. Cette dame, dans la cinquantaine, est très distinguée, d’une grande élégance vestimentaire. J’ai envie de dire le chic français. Elle porte sur son visage un très léger type thaï, par ses yeux à peine bridés, mais si je l’avais rencontrée dans un autre contexte j’aurais pensé à une Française ou une Italienne ou Espagnole. Elle a dû être très belle. Et elle l’est encore. Je suis sûr qu’elle va me rapporter ces petits biscuits de supermarchés que l’on trouve dans tous les 7/11. Mais j’ai mal pensé car elle m’offre d’excellents petits gâteaux. Des biscuits, certes, mais très raffinés qu’elle devait avoir chez elle pour offrir à ses visiteurs. Si bien que pour lui faire honneur, je les déguste avec un onctueux chocolat à la menthe.
Après avoir longtemps flâné dans ces ruelles bordées de maisons avenantes et fleuries, je décide de rentrer à mon terrier en passant par Talat Noi dont je n’avais qu’ébauché la visite. Mais auparavant j’envisage de me rendre à l’église Santa Cruz, qui, malheureusement, se trouve fermée. Il se tient-là un petit (re)vendeur de la pâtisserie qui fabrique les famaux khanom farang. Quel bonheur ! Je vais pouvoir succomber à mon péché de gourmandise. Il s’avère en effet que le gâteau est excellent, craquant à l’extérieur et fondant dans la bouche à l’intérieur, avec une saveur très proche du biscuit à la cuiller de mon enfance, ce qui ne manque pas de me provoquer l’effet « madeleine de Proust » qui complète mon bonheur. J’emprunte alors une sorte d’allée cimentée qui court tout au long du fleuve jusqu’au Memorial Bridge, emprunté ce matin. Cette balade, presque solitaire, au bord du fleuve parachève ma superbe journée à Thonburi.
Je rejoins Talat Noi après avoir traversé le quartier de Samphanthawong
où je vis quelques scènes locales très sympathiques qui m’enthousiasment, comme ce groupe de jeunes hommes et jeunes femmes qui effectuent probablement une répétition d’un ballet (pour les manifestations du Nouvel An Chinois ?). Une dame d’un certain âge s’est jointe à eux et s’applique à faire tous les mouvements mais elle n’est pas dans le rythme et effectue tous ses gestes de bras et de jambes complètement à contre-temps des autres danseurs qui n’en ont cure. Mais pour moi ce spectacle est particulièrement désopilant. Il est regrettable pour vous qu’on ne m’ait toujours pas expliqué comment télécharger une vidéo ici sur un carnet de voyage.
La première fois que j’ai entendu parler de Talat Noi, c’était il y a presque un an. Mon propriétaire à qui je disais mes goûts pour les lieux peu fréquentés, voire insolites, me l’avait chaudement recommandé comme tel. J’ai appris que c’était le cas il y a une dizaine d’années... Mais à force de le répéter et de le promouvoir, ce quartier perdu est devenu maintenant très touristique. Certes ce n’est pas la foule du Grand Palais ou du Wat Arun, mais c’est quand même un lieu très couru, particulièrement des jeunes et surtout les touristes asiatiques, probablement même les touristes thaïs. Les plus insupportables sont les filles qui minaudent, se font des scenarios ridicules entre elles, qui durent un temps incroyable. Quand ce sont des couples, c’est l’homme qui est de corvée et doit recommencer encore et encore la prise de vue. On vérifie chaque photo sans bouger de la place. Et toi, tu attends, tu attends, tu attends... Si tu fais signe que tu aimerais bien toi aussi faire une photo, mais sans elles sur ton cliché, elles sont offusquées par ta demande et regardent tout autour cherchant la personne censée se faire photographier. Elles semblent étonnées de ne pas trouver la personne. Et pour cause, je suis seul ! Mais qu’est-ce qu’il veut faire lui ? Alors on me demande si je veux me faire photographier devant le monument ou l’objet du « décor » Mais non, ce n’est pas moi que je veux photographier, je veux photographier ce qui te sert de « fond ». Elles sont stupéfaites que je veuille photographier un massif de fleurs, une façade de maison, une vieille porte, une statue, un mur couvert de peintures... Elles s’entre-regardent, éberluées, éclatent de rire... se moquent de moi entre elles ouvertement...
En poursuivant mon chemin, j'admire au passage les vieilles mécaniques abandonnées au pied d'un arbre tandis qu'un templion miniature se niche entre ses branches
Je découvre tout à fait par hasard une magnifique ancienne maison chinoise du 19ème siècle, le So Heng Tai Mansion. Le lieu est magnifique, mais, à mon avis, gâché par une piscine surélevée qui occupe presque toute la superficie de ce qui devait être une charmante cour.
Alors, là, elles se déchaînent dans une orgie de photos et de vidéos... Au bord de la piscine, devant les massifs de fleurs, devant les arbres, depuis la galerie tout en dentelle de bois. Elles sont partout à la fois... J’attends qu’elles partent. Ah, mais non ! Elles s’installent, s’allongent autour de la piscine, prennent des pauses lascives sur les matelas de la galerie...
D’autres arrivent... C’est un ballet importun incessant. Que dis-je ? C’est un hall de gare où les gens vont et viennent dans un flot continu. Je suis dégoûté. Je m’apercevrai que j’ai raté toutes mes photos de cette magnifique maison...
Me voici à présent devant la célèbre « Turtle car », une Fiat 500 des années 60, l’emblème de Talat Noi... Le scenario photos se renouvelle... C’est la Tour Eiffel de Talat Noi... On vient ici pour la voir en vrai. Elle est en photo partout en ligne et dans les magazines et dépliants touristiques.
Après une si belle journée, je sens le stress et l’énervement me gagner. J’entre boire un chocolat pour me rasséréner dans le « bar à chocolat » (chocolate bar) qui se tient tout à côté, mais ici aussi c’est l’arnaque à touristes. C’est toute une organisation pour obtenir la boisson fétiche pour un prix violemment exagéré (200 bahts je crois me rappeler, mais à vérifier), servi dans un gobelet... en carton, que tu vas boire dans un coin minable et étriqué. Même pas chaud le chocolat ! Et pas terrible non plus alors que je viens d’en déguster un fabuleux quelques heures plus tôt au Musée portugais... Je m’éloigne de la foule, au hasard, je rencontre quelques vieilles bâtisses
qui n’intéressent personne. Ouf ! Enfin seul ! Il faut dire que la ruelle n’est pas très engageante avec ses façades délabrées, des fils de fer barbelés devant les fenêtres... Tiens, par ici les peintures sur les murs sont fraîches et pimpantes
et n’attirent pas les visiteurs. Les habitants vaquent à leurs occupations, aucun touriste. Je reprends pied.
La journée touche à sa fin, je me dirige vers l’embarcadère pour rentrer chez moi en repensant aux meilleurs moments de cette superbe journée de balade et en essayant d’oublier Talat Noi... | | | À: Marien33 · 8 juin 2025 à 9:03 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 157 de 250 · Page 8 de 13 · 414 affichages · Partager Merci de nous faire découvrir le Khao Mor, je ne connaissais pas et j’irai le voir la prochaine fois ! | | | À: Dennis2 · 8 juin 2025 à 10:46 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 158 de 250 · Page 8 de 13 · 400 affichages · Partager Merci de nous faire découvrir le Khao Mor, je ne connaissais pas et j’irai le voir la prochaine fois !
Merci beaucoup, ça me fait plaisir de servir à quelque chose ici... Pas moi, mais ce que j'écris... | | | À: Marien33 · 8 juin 2025 à 11:49 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 159 de 250 · Page 8 de 13 · 390 affichages · Partager Bonjour Marien
J'ai particulièrement apprécié ce dernier compte rendu riche, hors des sentiers (re)battus, factuels, droit à l'essentiel et magnifiquement illustré. Un "reportage" comme je les aime.
Merci.
Calaf | | | À: Calaf · 8 juin 2025 à 11:58 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 160 de 250 · Page 8 de 13 · 384 affichages · Partager Bonjour Marien
J'ai particulièrement apprécié ce dernier compte rendu riche, hors des sentiers (re)battus, factuels, droit à l'essentiel et magnifiquement illustré. Un "reportage" comme je les aime.
Merci.
Calaf
Merci beaucoup Alain, ça m'encourage à continuer... | Carnets similaires sur la Thaïlande: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 421 visiteurs en ligne depuis une heure! |