Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Marien33 · 20 mars 2025 à 14:26 · 299 photos 250 messages · 18 participants · 15 042 affichages | | | | À: Marien33 · 10 juin 2025 à 19:31 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 161 de 250 · Page 9 de 13 · 1 076 affichages · Partager Aujourd’hui c’est le Nouvel An Chinois. J’avais lu sur Internet et un peu partout dans les guides qu’il y aurait des manifestations extraordinaires pour cette occasion. J’attendais ce jour avec impatience pour faire de jolies photos et des vidéos. J’ai demandé au propriétaire de ma résidence où je devais aller pour bénéficier du meilleur spectacle. Ma question l’a décontenancé. Il n’a pas su que me répondre. Il m’a dit qu’il allait s’informer. Après moult recherches et réflexions, moi, je pensais que le meilleur endroit devait être la rue Yao Warat à Chinatown. Un peu plus tard, il m’a répondu qu’il fallait aller à la rue Yao Warat, que tout se passerait là. Mais il n’a pas été capable de me parler du programme des festivités. Alors, j’ai cherché en ligne. J’y ai trouvé de nombreuses informations qui affirmaient toutes la même chose. Il était question de la danse du dragon et du défilé du dragon à travers les rues du quartier chinois à partir de la porte de Chinatown sur un parcours qui emprunterait la rue Yao Warat. Toutes annonçaient une célébration spectaculaire. Un site en particulier indiquait le programme, le défilé commencerait à partir de la porte de Chinatown le matin à 9h.
Je me réveille très tôt ce matin, à 6h30, j’envisageais de partir vers 7h30 afin d’éviter la foule dans le métro. Toutefois je ne réussis pas à partir avant huit heures et je suis à 8h30 à la porte de Chinatown. Auparavant j’ai traversé de larges artères superbement décorées de lanternes rouges, mais totalement désertées par les véhicules et les piétons. L’absence de foule me permet de dénicher la cour oubliée d’un petit sanctuaire qu’elle m’avait dissimulé jusque-là depuis que je viens dans ce quartier. Pourtant son « ciel » de lanternes rouges méritait bien quelques photos...
Je ne vois rien de particulier. J’avais trouvé peu de monde dans le métro et à présent, les passants se font rares à cet endroit. Je remarque de nombreux stands en construction. Essentiellement des stands de restauration. J’aperçois une scène sur laquelle s’affairent une dizaine de personnes effectuant des essais de sonorisation. Alors que je semble chercher, une dame m’aborde et m’annonce qu’à 16 heures il va se passer un événement. Je ne comprends pas exactement ce qu’elle me dit et je ne cherche pas à approfondir car je suis persuadé qu’elle m’indique le fameux défilé. En effet, à 9h il ne se passe toujours rien... 9h30 toujours rien. J’erre un moment dans ce secteur pour voir si je peux glaner des indices d’une quelconque activité festive. Mais ce ne sont que des stands de nourriture qui s’installent. Les lieux sont presque déserts. Seuls quelques hommes paraissent aller à leur travail tandis que quelques femmes vont au marché ou en reviennent.
Mes pas me portent sans que je le veuille jusqu’au Thian Fah Foundation Hospital. Ici règne une activité fébrile de ferveur intense qui contraste avec la désertion des autres rues que je viens de traverser.
La raison en est que dans la cour d’entrée s’élève un sanctuaire dans lequel se trouve une magnifique statue du bodhisattva Guanyin, datant de la dynastie Song. estimée à environ 800-900 ans. Sculptée en bois de santal et peinte en or, elle fut « prêtée » par la Chine en 1958 et reste conservée jusqu'à aujourd'hui. Ce sanctuaire, ouvert 24h/24, est très populaire auprès des Thaïs et des Chinois qui y prient pour leur santé, notamment pendant le Nouvel An Chinois.
Une fois de plus je ne me sens pas très solide sur mes jambes et je suis bien heureux d’apercevoir quelques chaises alignées devant l’entrée du sanctuaire. Hélas, elles sont toutes occupées. Mais devant ma mine déconfite, - à moins que je porte la fatigue et un grand âge sur mon visage - une dame me cède sa place et je m’y affale plus que je m’y assois. Je suis toujours en attente de la danse du dragon et du défilé, mais je prends conscience que je ne suis pas du tout en forme pour affronter la foule et ses débordements festifs. Je reste un long moment à observer les dévots et à faire quelques photos,
puis je décide d’aller me restaurer pour tâcher de remédier à l’hypotension. Et dans ces circonstances, autant fêter le Nouvel An Chinois à ma façon. Ce sera de nouveau un brunch car il n’est que 10h30. Mais pas n’importe quel brunch, je vais tester le restaurant que Joël m’a recommandé.
Ici aussi la carte est impressionnante sur plusieurs pages avec des photos fort alléchantes. On ne sait que choisir. Je me décide pour un canard rôti, accompagné de nouilles sautées à la mode de Hong Kong. Pour le canard, il est indiqué trois tailles de portions : petite, moyenne, et grande. Ne sachant exactement à quoi ces catégories peuvent correspondre dans l’assiette, j’opte pour la moyenne, craignant que « petit » ne soit pas assez copieux et « grand » trop. Trop c’est trop. Quand les plats arrivent enfin sur la table, car le service fut assez long, je reste médusé ! La taille moyenne du canard aurait bien largement suffi pour deux personnes. J’avais commandé le plat de nouilles pour accompagner le canard. En fait il s’agit d’un plat garni de toutes sortes de bonnes viandes : du porc, des crevettes, du calamar et une autre « viande ? » que je ne réussis pas à identifier, même après l’avoir goûtée.
L’ensemble du repas est particulièrement gargantuesque. Les deux plats sont absolument délicieux, mais pas assez salés et pas du tout pimentés. Je dois demander sel et piment pour relever l’assaisonnement. Je paye 600 Bahts, c’est-à-dire à peu près 17 €. En fait, je viens de me remplir la panse de l’équivalent de trois plats aux portions très généreuses. Je fais un bref calcul : dans un restaurant de cette catégorie, en France, j’aurais payé 25 ou 30€, un seul des deux plats. Je ne paierai pas aussi cher tous les jours mais j’avais faim, j’avais envie de manger dans un « vrai » restaurant pour changer un peu des gargotes et j’avais besoin de vérifier si en mangeant davantage mes problèmes d’hypotension diminueraient...
C’était sans compter l’hypotension postprandiale à laquelle je suis sujet depuis deux ans maintenant. Je tiens à peine debout. J’ai du mal à marcher. J’ai l’impression que je vais tomber... Il est plus de midi et cependant je ne décèle aucune activité laissant penser à un quelconque défilé. La circulation s’est faite beaucoup plus dense dans la rue Yaowarat. D’ailleurs à cette-heure-là il est ou trop tard ou trop tôt pour une parade. -Cette dame qui t’a renseigné ce matin, devait avoir raison. Le défilé du dragon sera à 16h et même peut-être un peu plus tard. On est en Thaïlande. Tu ne tiens pas debout, tu as besoin de dormir ou tout au moins de t’allonger. Rentre te reposer à ta chambre.
J’écoute ma petite voix sans discuter et me dirige vers le métro dans la foulée.
Mais ma surprise est de taille ! L’horreur ! Un flot, un torrent humain se précipite hors de la bouche du métro. La marée humaine est telle que je ne puis avancer, je suis même emporté moi aussi dans le sens opposé à celui que je dois emprunter pour atteindre les quais, celui imposé par la déferlante flamboyante. Le rouge vif, rouge coquelicot, est la couleur du Nouvel An Chinois. Chaque Thaïlandais a revêtu un vêtement écarlate, selon son goût et selon ses moyens, du simple tee-shirt à la robe ou la tunique la plus élaborée, la plus raffinée. On respire le vêtement neuf acheté pour la circonstance... J’essaye de me frayer un passage pour entrer dans le couloir conduisant aux quais, mais il ne cesse de vomir son bouillon sanglant. Personne n’entre, alors que des milliers sortent. Enfin je devine un homme qui se débat dans cette bousculade pour tâcher de pénétrer dans l’antre démoniaque. Je n’hésite pas, et sans scrupules, je m’accroche à sa veste et à sa taille, tandis qu’il joue des coudes pour ouvrir une brêche.
A peine allongé, je m’endors comme une masse. Heureusement j’avais mis une alarme. Elle me réveille, après plus de deux heures de sieste. J’ai bien récupéré. Je me sens en pleine forme. Prêt à affronter la cohue, mais cette fois-ci dans le bon sens.
Je quitte ma tanière un peu avant 16 heures. Beaucoup de monde dans le métro mais moindre qu’à midi. Toutefois c’est tout de même la folie pour sortir. Chacun veut passer le premier, tire, pousse, bouscule, piétine... Une réédition du scenario de midi. Cette fois, je me laisse guider et emporter par le courant et je me retrouve émergeant dans la rue Yahowarat. Ici, c’est la grande kermesse il y a des stands partout, partout, partout sur les trottoirs. Beaucoup de nourriture mais aussi de camelots qui vendent du rouge sous toutes ses formes : des vêtements, des casquettes, des chaussures,
des jouets pour les enfants...
La circulation pédestre se fait sur la chaussée.
Je commence à avancer au milieu de la chaussée, moi aussi, quand je m’aperçois soudain que de solides barrières métalliques sont disposées sur le trottoir, juste au bord de la chaussée. De nombreux badauds sont déjà accoudés à ces barrières, je réalise alors que ce sont les petits malins qui se réservent la meilleure place pour assister à la parade. Comme je souhaite aussi figurer aux premières loges pour faire des photos, je rejoins le trottoir et m’octroie une large place pour ne pas être gêné dans mes prises de vue. Il est alors un peu plus de 16h30.
Peu de temps après, un couple de Français prend place à côté de moi. Je les entends parler, et je me garde de le laisser paraître car je n’ai pas envie d’engager la conversation pour échanger toujours les mêmes questions banales : vous venez d’où ? Vous allez où ? Vous logez où ? Première fois en Thaïlande ? Ils demandent des renseignements à un hollandais qui semble bien connaître les coutumes du Nouvel An Chinois, car eux aussi sont là pour assister à la parade. D’autres Français s’approchent, des Anglais aussi. Mon espace se restreint comme une peau de chagrin.
Tout le monde attend le défilé et les questions fusent. Chacun est dans la même incertitude que son voisin. Chacun se demande quand va commencer la chevauchée fantastique du dragon dont il est dit qu’elle est étonnante et spectaculaire. Joël aussi m’avait prévenu : Fais attention que le dragon ne te saute pas dessus ! Une heure plus tard le monde attend toujours le défilé. Les barrières sont prises d’assaut de tous côtés et sur les deux trottoirs qui se font face. Soudain un bruit se propage, et enfle : Ça y est ça va commencer... En effet le personnel du service d’ordre fait évacuer la chaussée... S’avance alors un front d’une dizaine de femmes et d’hommes bien alignés, bien ordonnés, comme pour un assaut, et munis d’énormes balais en coco au moyen desquels ils nettoient la chaussée.
Je remarque que ce serait presque inutile car elle n’est pas vraiment souillée. Ici, la foule est respectueuse et l’on ne décèle ni gobelets en plastique, ni assiettes en cartons, ni sachets de nourriture, ni, ni, ni, etc comme ce serait le cas en Inde où l’espace public aurait été pris pour une décharge publique... Suivant la coalition des balayeurs, d’autres personnels armés ceux-ci de grosses pelles récupèrent les quelques détritus amassés de-ci de-là par les balais. Je suis à la fois perplexe et amusé en voyant des badauds interpeler les nettoyeurs pour leur signaler le moindre minuscule papier, guère plus gros qu’un mégot de cigarette, oublié ici ou là... Les mégots ? Il n’y en a pas un seul car il est interdit de les jeter sur la voie publique en Thaïlande. En un instant la voie est impeccablement toilettée...
Je pense qu’elle doit être « pure » pour la venue du dragon en tant que divinité...
A partir de cet instant nous attendons, attendons, attendons. J’en profite pour bien effectuer les réglages de mon appareil photo et de mon téléphone. Toutes les demi-heures, puis tous les quarts d’heure je dois les modifier en fonction de la baisse de luminosité avec l’avancée de la fin d’après-midi vers un début de soirée. Finalement la nuit tombe et toujours rien. Plus de deux heures sont passées depuis que je stagne ici.
Je m’aperçois que mon repas de Gargantua a fait son effet. Je n’ai plus de jambes en caoutchouc, elles me soutiennent fermement. Mais à force de me tenir immobile et debout j’ai l’impression qu’elles pénètrent dans mon tronc...
Toutes les personnes présentes s’interrogent sur l’arrivée du dragon... Quand je dis toutes les personnes, je parle des touristes... Les Thaïs ne montrent pas la même impatience... Ils doivent avoir l’habitude d’attendre, me dis-je...
A un moment, les questions plus irritées qu’impatientes à présent fusent de toutes parts en anglais... Un homme du service d’ordre répond : dans dix minutes. Une bonne heure passe encore... Je ressens une douleur dans la poitrine. Ça y est, c’est le col du fémur qui vient de heurter le bas de ma cage thoracique... A force de me tenir sur place et debout.
Enfin, peu de temps avant 20h avance un cortège... Des espèces de bus à l’ancienne mais flambant neufs et tout rouges, remplis d’hommes et de femmes assis, tous vêtus de chemises et de tee-shirt écarlates.
Mes voisins, comme moi, ignorons qui ils sont ni ce qu’ils sont tandis que la foule des Thaïs les acclame en hurlant et applaudissant. Les passagers leur renvoient leur enthousiasme par des signes de main tout aussi chaleureux, enthousiastes et euphoriques. Qui sont donc ces personnages ? Je ne le sais toujours pas aujourd’hui... J’entends les commentaires en français, en anglais, en espagnol... Tout le monde pense qu’il s’agit de « l’avant-garde ». Personnellement je suis étonné qu’il n’y ait pas la moindre fanfare annonciatrice de l’arrivée du fameux dragon et son cortège... Un cortège ? Oui un cortège d’une dizaine d’énormes Mercedes roule à la suite de ces espèces de bus.
La première voiture a des vitres teintées, on ne voit strictement rien à l’intérieur. Le bruit court que ce serait la fille du roi. Celle-ci, on ne la voile pas, mais on la dissimule aux yeux de la foule par des vitres teintées (peut-être blindées ? Qui sait ?) Le roi, lui, on ne le voit guère en Thaïlande. Il est dit qu’il préfère mener une vie de patachon en Suisse. Il a les moyens... Sa fortune est colossale. Il est souvent représenté par sa sœur ou sa fille... Ce ne sont que des « On dit ». Je n’avance aucune certitude...
Et derrière cette première voiture aux vitres fumées suivent une dizaine ou une douzaine d’énormes Mercedes, que, seul un chauffeur conduit, il n’y a personne d’autre à l’intérieur. Pas de vitres fumées. C’est quoi ces Mercedes ? Pourquoi sont-elles si nombreuses et... vides ? C’est l’écurie du roi ?... C’est un mystère pour moi. Une fois ces véhicules passés nous attendons d’entendre une fanfare et... enfin, la parade. Mais les Thaïs commencent à se disperser comme si de rien n’était, le Service d’Ordre à enlever les barrières. En un clin d’œil la foule se rue sur la chaussée et tout est fini.
Et nous, les touristes, nous nous retrouvons comme des cons. Il n’y a pas d’autre mot pour décrire notre déconfiture. Puis nous éclatons de rire. Mes voisins s’adressent tout naturellement à moi en Français. Mais comment diable ont-ils su que j’étais Français ? Je ne leur ai pas adressé une seule parole pendant ces trois heures et demie d’attente. Je n’ai communiqué que par sourires... Trois heures et demie pour voir passer une princesse invisible, « voilée » de surcroît derrière ses vitres fumées
Je suis dégoûté. Je rentre à ma chambre très frustré car aucune animation n’est en vue. Mais à quoi bon cette scène que j’ai vue ce matin avec ces gigantesques enceintes censées délivrer une musique tonitruante à un kilomètre à la ronde ? La foule euphorique va et vient dans un flot continu. Ils sont heureux.
Pour clôturer la soirée, j’aperçois une longue queue devant un stand. Tiens, que vendent-ils là ? Je m’approche et découvre de petits gâteaux qui ont l’air bien appétissants avec leurs jolies couleurs pastel. Jaune, mauve, rose, orange. A chaque couleur son parfum indiqué par une étiquette : ananas, groseille, rose, orange, cassis. Ils sont roulés dans du sucre glace et paraissent fabuleusement savoureux et onctueux. Je n’en ai vu nulle part ailleurs depuis que je me promène à travers Bangkok, aussi suis-je prêt à en acheter une dizaine de chaque couleur car ils ne coûtent pas cher, quand ma petite voix intervient à nouveau : - Tu ne vas pas en acheter tant sans savoir si c’est aussi bon que ça en a l’air... - Ah ! Oui, tu as raison. Je vais en prendre seulement un pour goûter
Mais en voyant cette longue file d’attente et les gâteaux qui se vendent comme des petits pains chauds chez nous, j’en achète cinq. Un de chaque couleur. Je me précipite sur le paquet. Sitôt acheté, sitôt mangé. Hélas ! Insipide ! Le supposé sucre glace n’est autre que de la farine de riz sans goût. Celui que j’ai en bouche censé être aromatisé à l’ananas - qui sont si parfumés et sucrés en Thaïlande – est une sorte de boule gluante, comme de la gélatine, non sucrée, à l’intérieur de laquelle se trouve une sorte de gelée indéfinissable à la saveur tout autant indéfinissable et ne correspondant certes pas au goût annoncé sur l’étiquette. Une fois que j’eus croqué une bouchée, cette gelée commence à dégouliner et à se répandre sur mes doigts. Alors je fourre la totalité de la boule dans ma bouche qui se trouve instantanément remplie de cette espèce de bouillie infâme qui ne fond pas, qui ne se dilue pas avec la salive qui reste telle quelle entre mon palais et ma mâchoire inférieure et je n’ai d’autre ressource que de l’avaler d’un coup après l’avoir mâchonnée sans qu’il ne se passe rien de plus au niveau de la sensation gustative. Je rentre le reste dans mon sac. On verra dans la chambre... Au même instant j’aperçois sur le trottoir une femme... - Une femme ? - Oui, c’est une femme, mais une femme-monstre. Ses jambes sont terriblement atrophiées, presque inexistantes et ses bras le sont aussi. Au bout de ces moignons, pas de main, mais seulement deux doigts. En Inde, elle aurait bien fait l’affaire d’un de ces salopards de maquereaux à mendiants. Mais peut-être est-ce aussi le cas ici ? Elle ne réclame rien, le regard seulement. Un regard qui ne demande rien. Un regard qui ne cherche pas à faire pitié. Juste un regard, comme un autre. J’aurais préféré que le sien ne croise pas le mien. J’ai honte de me sentir si bien, d’être ce que je suis à mon âge... Et de me plaindre de mon propre état. Je lui offre tant bien que mal le sachet de gâteaux qu’elle attrape entre ses deux doigts, comme une pince. En Inde, une fois, j’avais ainsi offert à manger à un mendiant. Il me l’a presque rejeté à la figure. Sans doute son maquereau voulait-il de l’argent et pas des chapatis... Celle-ci me remercie chaleureusement et me bénit du bout de ses moignons.
Ainsi prend fin ma journée du Nouvel An Chinois, à Bangkok. Peut-être ma plus grosse déception de ce voyage... | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Marien33 · 14 juin 2025 à 22:14 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 162 de 250 · Page 9 de 13 · 954 affichages · Partager A ce jour, 121 ouvertures de ce précédent message... Surprenant... merci de vous intéresser à ce que je raconte...
Une bien belle balade aujourd’hui, de nouveau guidé par mon Ange Gardien, la Providence, ma Bonne Etoile, le Hasard, selon le nom que vous préférez lui donner. J’ai programmé de visiter les temples que j’ai ratés la dernière fois à Thonburi. Je n’avais pas réussi à les trouver ou plus exactement, certains étaient trop loin de l’endroit où je me situais. D’autres étaient complètement au sud alors que moi je me tenais au nord de Thonburi. Et puis les noms que j’avais relevés en ligne sur des blogs, ou qui m’avaient été communiqués par des âmes charitables, étaient mal orthographiés, donc le GPS ne les avait pas reconnus.
Ce matin, je les ai bien repérés, je les ai groupés dans un seul secteur (entre deux et quatre kilomètres à la ronde) que j’ai choisi en fonction de la station de métro qui me convient le mieux et de sa facilité pour rentrer à mon hébergement en fin de journée, car à ce moment-là, je suis bien fatigué. Donc je m’assure de pouvoir trouver un métro ou un bus accessible pour me reconduire à ma chambre. A partir de ces temples qui me servent de point de repère, je pars délibérément dans des petites rues chaque fois que j’aperçois quelque chose qui me paraît intéressant. Aujourd’hui je ne me perds pas, je fais exprès de partir à l’aventure à travers de petites ruelles. Les maisons modestes sont toujours aussi décorées de fleurs, de plantes et même de jolies fontaines remplies de poissons rouges.
Parfois cela m’éloigne de mon itinéraire, ça me fait parcourir des kilomètres supplémentaires... Aujourd’hui, j’ignore encore en cet instant matinal que je vais atteindre les 15km.
Je découvre des temples qui ne sont pas du tout sur ma liste.
Chaque fois que j’en aperçois un au loin, je fais un détour. J’agis de même avec les vieilles maisons pittoresques. Je ne rencontre quasiment pas de touristes, mais de nombreux thaïs qui font leurs dévotions dans les temples. Eux font comme si je n’existais pas. Ils voient que je fais des photos, ils ne s’en offusquent pas mais ils ne cherchent pas à me faciliter la prise de vue. Ils vont et viennent comme si je n’étais pas là... Alors il est difficile parfois de réussir un bon cadrage, une belle capture sans une tête ou un bras qui surgit brusquement devant l’objectif. Mais ce n’est pas grave, Je reste patient et attentif à leurs gestes et leurs déplacements. J’attends qu’ils partent. Mais quelques fois cela prend beaucoup de temps. C’est un peu normal. Nous les touristes nous les perturbons dans leur pratique religieuse. Ils ont la priorité. Ils sont chez eux, donc je les laisse faire. Mais c’est parfois très long. On apporte des offrandes...
On fait ci, on fait ça, on installe des fleurs, et après on prie, puis on discute et on finit toujours par prendre des photos du temple, de ce qu’on y a mis, ce qu’on y a fait.
Il arrive souvent qu’on m’indique une chapelle ou une statue particulièrement vénérable et vénérée. Celle-ci avec ses yeux rouges et ses oreilles pointues m'évoque plus le Diable, Satan, Belzébuth, Lucifer que Bouddha...
Par exemple, aujourd’hui j’arrive dans un grand temple comprenant de nombreux bâtiments. Tout paraît fermé. Le lieu est désert et étrange. Comme je ne vois pas d’issue, je m’apprête à repartir... Mais une dame se trouve là qui ne semble pas être une employée, mais plutôt une nonne ou une dévote qui s’occupe pour l’heure de l’entretien des locaux... Elle m’aborde et s’adresse à moi en anglais, mais je ne comprends rien à cause de son accent. Je parviens à saisir quelques bribes par lesquelles elle m’explique avec force détails : - Si tu veux faire des photos, il faut aller là, là, là, et là... Tu vas pouvoir entrer par ici, tu vas continuer par là... Va d’abord à tel endroit, commence par ça. Tu vas voir un Bouddha couché... Tu traverses, et après tu accèdes à une autre chapelle... Je trouve ses conseils fort intéressants et sympathiques parce que j’allais m’en aller et effectivement il s’agit de voir des particularités inédites, qui ne sont pas mentionnées dans les guides et dont les touristes ne parlent pas, qu’ils ne vont pas visiter, qui ne les intéressent pas... Et moi j’adore découvrir ces aspects inhabituels, inconnus du tourisme.
Au sortir de ce lieu, je perçois la faim qui me tenaille... - Ah, oui, tu n’as rien mangé depuis ce matin. Tu n’as qu’un litre de thé dans le ventre... Ou plutôt dans la vessie... C’est idiot, tu aurais dû profiter de ta présence dans ce temple... En effet, tous les temples sont équipés de toilettes irréprochables d’hygiène et de propreté. C’est bien pratique et confortable. Tu as envie de faire pipi ? Cherche un temple ! Tu n’attendras jamais longtemps avant d’en trouver un. Il y en a vraiment partout.
Sur le coup je ne trouve aucune gargote où me sustenter. J’entrevois un petit réduit qui tient lieu de restaurant, tenu par deux garçons, avec deux tables sur le trottoir mais ils ne proposent juste qu’un plat ou deux. Ce n’est pas très tentant et de plus le lieu n’est pas très engageant. Et puis aucun client. Moi, quand c’est vide, je me méfie un peu. Et même beaucoup. En poursuivant mon chemin, je rencontre une espèce de grand hall, très haut, comme un hall de marché, mais ce n’en est pas un ou alors, il est fermé ce jour-là ou à cette heure-là. Je distingue-là tout un bric-à-brac assez bordélique. Tout à l’entrée de ce capharnaüm, une gargote ! Je regarde les photos. Elles ne me parlent pas. Tout est écrit en thaï. Le patron s’approche et entreprend de m’expliquer, mais je ne comprends rien à ce qu’il me dit.
Heureusement, mon téléphone fait des miracles. L’appareil photo effectue la traduction instantanée ligne après ligne. Il suffit de placer l’objectif en face du texte et la traduction apparaît aussitôt sur l’écran. C’est magique ! Rien ne me séduit, je suis sur le point de partir, quand « Elle » intervient. - Tu DOIS manger ! Tu es réveillé depuis 5h ce matin et tu n’as rien pris de solide, IL FAUT t’alimenter.
J’observe un peu mieux le lieu. On voit là de nombreuses tables, c’est un indice de forte clientèle. Un regard circulaire me dévoile une table où trois Thaïs sont en train de s’empiffrer tandis que deux autres, jumelées, sont occupées par une nombreuse famille locale. L’endroit doit être réputé.
Je commande un riz et curry de poulet et un chou « craquant ». Quand les plats arrivent sur la table le curry dit « de poulet » comprend aussi du porc, des crevettes et « autre chose » qu’une fois de plus je suis incapable d’identifier, et une abondance de légumes. En tout cas c’est absolument délicieux. Le chou « craquant » n’est guère craquant mais divinement goûteux avec son accompagnement de porc et de subtils ingrédients. Je me régale pour un total de 150 bahts. Le coût de ce repas compense celui d’hier à 600 bahts. J’entends de nouveau la petite voix : - Il te faut manger autant chaque jour. Ton histoire de jambes faibles c’est parce que tu ne manges pas assez.
Depuis deux ans ou trois j’ai adopté la diète intermittente sur le rythme d’un repas par jour. Mais quand on fait un seul repas par jour, il faut qu’il soit très copieux et moi je prends un repas normal et même un petit repas. - oui, et là, tu déconnes complètement. Il faut que tu manges davantage à ton repas de midi et tu verras bien à ton retour si tu as pris du poids ou pas. Tant pis si tu reprends un peu de poids mais il faut vraiment que tu manges plus. Et si tu prends du poids ce ne sera pas forcément de la graisse. Et tu vas pouvoir vérifier si tes faiblesses dans les jambes disparaissent.
Après cet excellent déjeuner, je reprends mon circuit des temples. J’avais renoncé à visiter les temples en me disant : Oh les temples, c’est toujours pareil, ils se ressemblent tous. Mais c’est comme les églises. Oui, elles se ressemblent toutes aussi par leur côté purement religieux, mais elles sont toutes différentes. Ici, les Bouddhas sont toujours différents, dans des ambiances différentes.
J’en visite cinq ou six, puis je rentre, très fatigué, après avoir passé une superbe journée, qui me console de la veille avec la déception du Nouvel An Chinois.
Je rentre à 18h30 en pensant retourner au marché de nuit, pas très loin de chez moi. Mais chaque fois que j’ai fait de grandes journées comme ça, une fois rentré je me douche et je n’ai plus envie de sortir. Je regarde mes photos de la journée, j’envoie deux ou trois messages et, très vite, il est l’heure de se coucher et non pas d’aller gambader même si je me suis un peu reposé. Et puis hier je m’étais couché à minuit et je me suis réveillé à 5h30 ce matin, mais j’ai pris le temps de glander un peu et de préparer mon itinéraire. Je ne suis pas sorti avant 9h30 Aujourd’hui j’ai tenu beaucoup mieux sur mes jambes. Je pense que je ne mangeais pas assez. Je constate que depuis deux ou trois jours où je mange beaucoup plus, je commence à aller bien. Aujourd’hui, j’ai vraiment marché normalement. De temps en temps mon pied accrochait ou je titubais un peu, mais ce n’était pas vraiment handicapant comme depuis le début de ce voyage. | | | À: Marien33 · 15 juin 2025 à 17:35 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 163 de 250 · Page 9 de 13 · 905 affichages · Partager Je te lis quand je le peux, parfois de manière un peu décousue et parfois légèrement en diagonale, et même si la Thaïlande ne me fait pas particulièrement de l'œil, j'aime toujours tes récits on ne peut plus subjectifs et vivants et à travers eux, je découvre ce pays, bien différent d'autres carnets. Mais cela pourrait être en Géorgie, au Chili, en Zambie ou en Nouvelle-Zélande, cette perspective singulière du voyage n'en serait pas changée. On lit Marien, le lieu est secondaire. Moi j'aime. | | | À: Pagaljavab · 15 juin 2025 à 18:04 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 164 de 250 · Page 9 de 13 · 895 affichages · Partager Je te lis quand je le peux, parfois de manière un peu décousue et parfois légèrement en diagonale, et même si la Thaïlande ne me fait pas particulièrement de l'œil, j'aime toujours tes récits on ne peut plus subjectifs et vivants et à travers eux, je découvre ce pays, bien différent d'autres carnets. Mais cela pourrait être en Géorgie, au Chili, en Zambie ou en Nouvelle-Zélande, cette perspective singulière du voyage n'en serait pas changée. On lit Marien, le lieu est secondaire. Moi j'aime.
😂 😂 😂 😂 😂 😂 😂 😂 😂 | | | À: Marien33 · 22 juin 2025 à 18:16 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 165 de 250 · Page 9 de 13 · 774 affichages · Partager Le 31 janvier et le 1er février marquent la fin de mon séjour à Bangkok.
Je suis revenu à la case départ aujourd’hui. Je suis extrêmement fatigué, mes jambes flageolent et de nouveau je revis l’impression d’être sur un bateau alors que j’ai bien mangé hier et que je viens de dormir 11 heures d’affilée. Je vais consacrer ces deux jours à faire quelques emplettes indispensables avant de m’en aller vers des cieux plus bucoliques.
Avant de quitter la Grande Ville, je suis chargé par mon amie voyante et un peu « sorcière » de lui procurer à bon prix un certain nombre de pierres et cristaux difficiles à trouver dans notre région, pour sa boutique et ses activités de litho thérapeute. Je dois également me mettre en quête du concessionnaire principal de Sony. Il doit bien s’en trouver un dans la Mégapole asiatique... La batterie interne de mon appareil photo est morte, il faut la changer. Et seul un technicien de Sony peut le faire, car il est nécessaire d’ouvrir l’appareil. Il me faut donc trouver ce concessionnaire. Google m’indique le « Central World ». Implanté à seulement trois stations de BTS (le métro aérien, autrement dénommé « sky train ») de mon hébergement, je décide de m’y rendre à pied.
Je m’étais juré de ne mettre les pieds dans aucun des grands Centres Commerciaux de Bangkok. J’avais trop d’a priori : - Je ne viens pas en Thaïlande pour visiter des Centres Commerciaux dont le luxe est indécent... - Oui, et quand tu seras à Chiang Mai tu t’en voudras de n’avoir pas eu le courage de changer ta batterie... - Très juste, j’ai trop besoin de cette batterie dont la panne m’oblige à tout reparamétrer à chaque fois que je dois changer de batterie (externe). Alors, quand cela se produit au beau milieu de scènes qui ne peuvent pas attendre ou ne supportent pas d’être interrompues trop longtemps, comme une parade par exemple, ou un spectacle, ou... un theyyam spectaculaire ... c’est assez ennuyeux...
Le Wat Pathum Wanaram Rachaworawihan se trouve sur mon chemin et très près du Central World. Même si j’affirme être saturé de temples, ce serait idiot de ne pas y faire une brève incursion.
Et je ne le regrette pas car je suis émerveillé par la magnificence du sanctuaire.
Lorsque je pénètre à l’intérieur du Central World, je reste époustouflé par l’immensité et la somptuosité du lieu. Il faut dire que depuis six ou huit ans, je boude les villes, que ce soit en Europe ou en Inde, et tout particulièrement les grands centres commerciaux. Dans mes deux pays, je coule des jours heureux - parfois malheureux - dans un village tranquille. Alors le pauvre provincial nigaud que je suis n’avait encore jamais envisagé un tel luxe et une telle immensité.
Assurément, je vais trouver ici un concessionnaire Sony qui pourra remédier à mon problème de batterie interne. Hélas ! Après d’infinies courbettes et sourires obséquieux et après avoir cherché dans tout le magasin une personne parlant l’anglais, on m’apprend qu’ils n’ont pas cette pièce et que je dois me rendre chez le concessionnaire officiel qui se situe au « Siam Paragon » - le plus mégalomaniaque Centre Commercial de Bangkok - et que là, ils pourront à coup sûr effectuer la réparation.
Le Hasard, la Providence, mon Ange Gardien, ma Bonne Etoile ou... Ganesh fait que le plus important marchand en gros de pierres et cristaux à des fins thérapeutiques, « énergétiques », « magiques », ou encore décoratives se situe également dans ce même secteur. Mes trois applis de GPS le localisent, mais une fois sur place, il m’est impossible de le repérer. A cet endroit ne se trouve qu’un autre centre commercial, banal celui-là, assez minable même, manifestement pour clientèle « fauchée ». Après avoir cherché en vain pendant un long moment, je m’apprête à partir, quand un commerçant qui a dû remarquer mes allées et venues, me demande ce que je cherche... Mis au fait de ma quête il m’indique que je dois aller au sous-sol. Je n’avais même pas remarqué qu’il y avait un sous-sol tellement les escaliers maçonnés et mécaniques qui y conduisent sont bien dissimulés dans un recoin presque obscur, dépourvu de commerces, tout à l’extrémité. Il fallait le savoir ! Il ne doit pas y avoir beaucoup de clients à se risquer là-dessous.
Toute la superficie de ce palier regorge de boutiques d’Indiens et d’Afghans lapidaires. Aucun Thaï. Celui que je cherche propose un choix absolument incroyable. J’entre dans la Caverne d’Ali Baba. Malheureusement le vendeur est concentré sur son téléphone et ne lève même pas les yeux pour me regarder. Je fais un long tour de toutes les vitrines et des énormes paniers et corbeilles qui regorgent de merveilles sans que le gars m’accorde seulement une minute d’attention. Je suis tellement choqué par ce comportement, que je ressors sans, moi non plus, lui adresser une parole. Une fois hors la place, je comprends que ce magasin faisant de la vente en gros, le gars m’a pris pour un touriste (ce que je suis en effet) et il n’était pas intéressé de vendre seulement une pierre ou deux...
Je suis resté trop longtemps ici, je n’ai pas envie de me rendre maintenant au Siam Paragon... Alors je flâne dans ce quartier animé avant de rentrer « chez moi ». Je réalise pour mon potentiel carnet de voyage, quelques vidéos surprenantes qui rendent parfaitement l’atmosphère qui règne ici. - J’ignorais alors qu’il me serait IMPOSSIBLE de les télécharger sur VF. - C’est donc sur le chemin du retour que je fais une découverte assez stupéfiante... Une rue... en hauteur... et... couverte et même, je dirais « interne ». En effet, le passage supérieur de sortie du métro, conduit à une longue et large galerie couverte, très surélevée au-dessus de la chaussée et des trottoirs.
Cette allée débouche sur ce qui est nommé « walk » (« promenade » ?). Il s’agit d’un long et fastueux parcours bordé de boutiques de luxe - encore ! - qui se trouve en quelque sorte imbriqué dans un nouveau centre commercial tout en longueur sur des centaines de mètres et à plusieurs niveaux. Mais d’après ce que je constate, seul l’étage où j’avance sert de « rue » aux très nombreux piétons qui y circulent, tandis que les niveaux inférieurs tout aussi somptueux restent presque déserts.
Puis cette « walk » débouche à nouveau sur une très longue allée couverte, à des dizaines de mètres au-dessus de la vraie rue. Ce qui doit totaliser au moins deux kilomètres d’une sorte de « promenade » intérieure dominant la vraie avenue. (Je n’ai pas compté ni calculé) A nouveau je suis abasourdi par cette nouvelle démesure.
Le lendemain achève mon séjour à Bangkok, car je ne prends pas en compte la suivante qui sera celle de mon départ pour Chiang Mai et donc je n’aurai ni l’esprit ni le temps de prévoir une quelconque visite.
Je me rends alors au Siam Paragon pour trouver ma batterie. Quand j’y pénètre, je reste médusé. La démesure d’aujourd’hui surpasse celle d’hier et même surpasse tout ce que l’on peut imaginer de la démesure d’un Centre Commercial.
Je m’empresse de dénicher le concessionnaire Sony perdu dans cette Babylone mercantile. Malheureusement, ici aussi je m’entends dire qu’ils n’ont pas la pièce sur place, que l’appareil doit être envoyé dans un service de réparation spécial et que cela ne se fera pas en moins de huit à dix jours. Je ne peux pas me passer de mon appareil pendant tout ce temps-là. -Tant pis pour toi, il fallait y penser en France et l’envoyer en réparation alors que tu n’en avais pas besoin.
J’entreprends alors de m’aventurer dans ce labyrinthe de galeries et de niveaux.
Je ne passe pas moins de trois heures à explorer le moindre recoin de cet antre démoniaque aux centaines de boutiques qui rivalisent de luxe, de lumière et d’excentricité visuelle. Je me frotte les yeux, croyant rêver, en apercevant des « boutiques de voitures ». Ici, l’on vend une voiture comme on le ferait d’une paire de chaussures. Tiens, ce matin je suis allé faire des courses au Siam Paragon, et je m’y suis acheté un grand téléviseur, une superbe robe rouge et... une magnifique voiture... Bien sûr, j’ai déjà vu des automobiles exposées dans des galeries marchandes, mais seulement une ou deux, pour la pub et puis dans le hall, pas dans une boutique entre un marchand de vêtements et un autre de cosmétiques.
Moi, ce qui m’intéresse ici, ce ne sont pas les magasins, ni ce que contiennent leurs vitrines, mais leurs enseignes, leurs lumières, leur design ultra moderne, c’est de pouvoir m’adonner à ma passion de la photographie. Les sujets de clichés se présentent et se renouvellent à l’infini par les lignes, les triangles, les rectangles, les parallélépipèdes coupés par des cercles, des sphères et des ellipses. Les courbes les plus folles s’entrecroisent en harmonie les unes avec les autres mais aussi avec les parallèles, les perpendiculaires, les horizontales, les verticales, les obliques... Quant aux couleurs, elles explosent en un kaléidoscope protéiforme sans cesse ondoyant.
J’alterne des centaines de photos et vidéos, non pas pour filmer les boutiques, mais pour l’extravagance de l’architecture, des lumières et des couleurs les plus psychédéliques... Ça me change des temples !!!
| | | À: Marien33 · 22 juin 2025 à 19:22 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 166 de 250 · Page 9 de 13 · 759 affichages · Partager Voilà qui s'appelle avoir un regard...et certainement aussi du flair | | | À: Marien33 · 22 juin 2025 à 20:19 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 167 de 250 · Page 9 de 13 · 753 affichages · Partager Et oui, les centres commerciaux sont devenus les nouveaux temples de la société marchande...
Et encore tu n’as pas été à l’Icon Siam.... | | | À: Dennis2 · 23 juin 2025 à 8:50 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 168 de 250 · Page 9 de 13 · 722 affichages · Partager Bonjour Denis
Et encore tu n’as pas été à l’Icon Siam....
J'ignorais qu'il y eût plus grand... Je viens de regarder en ligne... : « plus de 7000 magasins, 100 restaurants et même un marché flottant. »La démesure de la Thaïlande... Je ne m'étais pas trompé de titre... J'ignorais son existence. Et dire que je me suis tant baladé dans Thonburi...
« La meilleure façon de se rendre à IconSiam est de prendre les bateaux gratuits qui partent de la jetée de Sathorn, qui est reliée à la station BTS Saphan Taksin. Ces bateaux partent toutes les 10 minutes entre 09h00 et 23h00, et ne mettent que 5 minutes pour traverser le fleuve. »
Mon embarcadère/débarcadère préféré souvent utilisé dans mes déplacements... Tout près de mon hébergement... Peut-être irai-je la prochaine fois... Si je retourne en Thaïlande... Pour les photos... J'adore l'architecture moderne et ses défis, malgré sa folie et son extravagance.
Je n'arrête pas de me dire que malgré 2 semaines à Bangkok, j'ai dû rater beaucoup de lieux... | | | À: Marien33 · 29 juin 2025 à 19:17 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 169 de 250 · Page 9 de 13 · 565 affichages · Partager Aujourd’hui est mon dernier jour à Bangkok. Je dois libérer la chambre à 11h. C’est une bonne heure pour moi, qui me donne du temps pour ranger toutes mes affaires. Je pensais laisser mes valises à l’hôtel, et faire une dernière promenade pas trop loin jusque vers 16h30, le départ de mon bus étant prévu à 19h30. Mais finalement je change d’avis car je ne veux pas rater mon bus pour Chiang Mai à cause de la circulation, je partirai dès que je serai prêt. Je laisserai mes bagages en consigne à la gare routière et j’irai faire un tour au marché de Chatuchak que j’ai boudé le week-end précédent. C’est ma dernière journée à Bangkok, je veux en profiter encore un peu, même s’il est temps de gagner enfin d’autres horizons, même si j’ai beaucoup aimé Bangkok.
Me voilà à la gare routière. Personne ne m’a rien expliqué. Je ne sais pas ce que je dois faire pour trouver mon bus. Je pense qu’il me faut chercher le bureau de la compagnie afin de m’informer du numéro de quai. Habitué au chaos indien, je suis un peu nerveux... J’imagine qu’il me faut chercher mon bus dans la pagaille de tous ceux qui partent dans toutes les directions... Mais, à ma grande surprise, je découvre une organisation remarquable. Je me croirais dans un aéroport où tout est bien planifié.
Après avoir montré mon billet au bureau des informations générales, on m’indique que je dois faire le « checkin » au comptoir numéro 14. J’ai beau ouvrir grand mes yeux et mon cerveau, il faut me rendre à l’évidence, il n’y a pas de comptoir 14. On passe du 13 au 15. Nous serions en Europe, je comprendrais qu’il n’existe pas de comptoir n°13, comme il n’y a jamais de chambre n°13 dans les hôtels... J’ai vanté l’organisation trop vite. C’était trop beau... La disparition du comptoir 14 me pose un problème car le 13 et le 15 ne concernent ni ma compagnie, ni ma destination. Alors là, quand même, je pense : Tiens, c’est comme en Inde ! - T’as qu’à aller au 15, tu verras bien ce qu’on te dira...
- C’est pas ici ! M’aboie la fille du ton d’un garde-chiourme, le fouet à la main. Le pays du sourire qu’on m’avait dit ! Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis fait rembarrer. - Je sais bien, mais on m’a indiqué le 14 et je ne vois pas de comptoir 14.
Elle semble ne pas comprendre que je sois paumé et que je ne sache pas ce que je dois faire. J’ai plusieurs fois remarqué au cours de mon séjour que les Thaïs, surtout dans les secteurs touristiques, sont tellement habitués à tous ces voyageurs qui connaissent le pays et ses habitudes comme s’ils y étaient nés, qu’ils ne s’imaginent jamais qu’on puisse voyager chez eux pour la première fois et qu’on ne comprenne rien à leur organisation. La mégère me donne enfin une sorte de « carte d’embarquement » avec le numéro du quai où je dois aller. Pourquoi donc cette guenon a-t-elle fait tout ce cinéma puisqu’elle était habilitée à s’occuper de mon cas. Avec cette « carte d’embarquement » en main, je me sens rassuré. Comme dans un aéroport, il ne me reste plus qu’à me rendre sur le quai indiqué.
Nouvelle incompréhension réciproque à la consigne des bagages. L’employée ne prend en compte que ma valise et refuse le petit sac à dos isotherme qui contient tout mon matériel photo et autres accessoires électroniques. (Il est petit, mais lourd, et ne n’ai pas envie d’aller flâner au Chatuchak market avec ce poids sur mon dos.) - Only one bag ! - Ah, bon ? Il n’est pas possible de laisser plus d’un bagage ? Je lui fais remarquer que la fille avant moi en a laissé trois ! Alors pourquoi, moi, me limite-t-elle à un seul ? Le qui-pro-quo dure encore un moment avant qu’elle réussisse à m’expliquer que le tarif - un peu élevé, pense-t-elle - s’applique pour chaque bagage. Et elle avait décidé que je ne voudrais pas payer ce prix excessif pour un simple petit sac à dos, en plus de ma valise...
Enfin allégé, je peux filer au Marché de Chatuchak en attendant l’heure de mon bus. Il est à peine 12h. Pas un centimètre carré d’ombre ! Les touristes me surprendront toujours. Ils se plaignent constamment de la chaleur, et ici, ils défilent tous par centaines – je devrais dire par milliers – en plein soleil de midi, sans avoir l’air incommodé le moins du monde. Alors que moi, habitué à la chaleur - que j’adore et supporte habituellement facilement -, je me sens brûlé par ce soleil au zénith.
J’aime et je déteste à la fois cet endroit. Il est vrai que tout ce qu’on peut y trouver m’émerveille, notamment les fringues. Il y a même trop de choix. Si je devais acheter, je serais incapable de choisir dans cette profusion de vêtements. Je tombe en arrêt devant un short en patchwork dans un camaïeu de verts. Mais si j’en demande le prix, je suis foutu. Il faudra l’acheter après un long marchandage. Et je n’ai pas le courage de me lancer dans la négociation ni celui de l’essayer, et encore moins celui de rouvrir ma valise pour lui trouver une place. Je m’étais dit que je ferais mes achats les deux derniers jours, sauf si je trouvais des objets ou vêtements particuliers à Chiang Mai. Malheureusement, je reviens les 4 et 5 mars, et ça ne tombera pas un week-end... Au moment où j’écris ces lignes et vois la photo du short, je regrette bien mon moment de paresse. J’aimerais bien ne porter que ce short par cette canicule qui n’a rien à envier à celle de l’ Inde et de la Thaïlande.
La chaleur m’accable. De nouveau me voilà embarqué sur mon bateau par mer agitée. Pour la première fois depuis que je suis arrivé en Thaïlande et que je parcours 15 km chaque jour, je dégouline de transpiration. Je fais plus que dégouliner, je ruisselle ! Et je n’ai dû parcourir que 4 ou 5 km. Ma chemise est absolument trempée, particulièrement dans le dos. Et en conséquence le sac à dos est également tout mouillé. Cela ne m’était pas arrivé de tout mon séjour à Bangkok où pourtant je marchais beaucoup plus... Mais il est vrai que le marché se trouve en plein soleil. J’essaye de me maintenir à l’ombre des boutiques et des stands. Pour trouver un peu de répit, je m’offre un vrai bon repas dans un vrai restaurant sachant qu’avec cette foule, je risque d’être déçu... En effet, la jeune femme me conseille... - Ce plat n’est pas très épicé, Monsieur... - Mais, au contraire, je veux quelque chose de TRES relevé, très pimenté...
Après mon excellent repas, comme d’habitude, mes difficultés à me maintenir en équilibre augmentent. Je titube à chaque pas. Je retrouve cette impression de tête de cent kilos et des jambes en caoutchouc qui ne me portent pas. Je n’arrive toujours pas à en déterminer la cause pour tâcher de juguler ce mal-être. J’irai jusqu’au bout de mon voyage, je ne baisserai pas la garde. Je pense que c’est un problème de déshydratation aussi, pourtant je bois beaucoup. Mais je transpire aussi beaucoup... De temps en temps, guidé par ma petite voix intérieure, je prends de sages décisions. Je retourne donc à la gare routière.
J’arrive très en avance. J’ai plus de deux heures à attendre. Mais je n’en pouvais plus du bruit et de la foule au marché, indépendamment de mes problèmes d’équilibre.
Pour m’occuper je fais mes comptes mentalement. J’ai économisé, 20 000 bahts sur mon budget prévu pour Bangkok. Ça me donne une bonne marge pour louer une voiture et me balader. Mais je m’inquiète un peu car tout coûte à peu près le double et même parfois un peu plus du double du coût de la vie en Inde, notamment la nourriture... En Inde, quand je vais dans un bon restaurant, j’en ai au maximum pour l’équivalent de trois euros. Ici dans un restaurant moyen, je dois compter à chaque fois cinq ou six euros, qui peuvent même grimper jusqu’à sept. Alors je ne me suis contenté que de gargotes ou de cuisine de rue. Mais cette dernière reste aussi relativement cher, par rapport à mon budget « indien ». On m’avait dit que pour 70 à 80 bahts, on pouvait faire un repas, mais les restaurants alignent tous leur prix et il faut compter à peu près 120, 150, ou même 200 bahts pour un plat de base. Et si tu veux autre chose que du porc ou du poulet c’est tout de suite 250, voire 350 bahts. Un bon élément de comparaison s’avère être l’eau de coco. 70 à 80 bahts, la noix - plus souvent 80 que 70 - c’est-à-dire deux euros. En Inde, c’est 50 roupies, c’est-à-dire à peine un peu plus de 0,50 euro. La différence est identique pour presque tous les produits. Je ne pourrais pas rester six mois en Thaïlande, comme je reste six mois en Inde, je n’aurais pas le budget. De toute façon je me rends compte qu’il devient difficile de voyager à mon âge. Surtout seul. Je crains bien que ce soit mon dernier voyage hors Inde. En Inde, c’est différent parce que j’ai un logement bien à moi, à l’année. J’y reste six mois, je gère très bien, très facilement mon budget, même en payant le loyer de mon appartement à l’année, quand je reste en France...
N’y tenant plus, de fatigue, de chaleur, et d’ennui je me rends au quai 53 (je ne me souviens plus à ce jour du numéro exact) duquel doit partir mon bus pour Chiang Mai. Arrive alors un véhicule de la compagnie Sombat, portant en gros la mention CHIANG MAI. Je suis surpris car j’ai encore une heure à attendre avant le départ... Mais comme je suis toujours dans l’idée que ce n’est pas la pagaille et la précipitation comme en Inde où tout se fait toujours au dernier moment, je préfère monter dans le véhicule et attendre assis à l’intérieur plutôt que debout sur le quai. Je m’avance et montre ma « carte d’embarquement ». - Ce n’est pas celui-ci, tu es très en avance. Va t’asseoir là-bas et regarde le grand écran pour voir quand ton bus sera à quai.
Sitôt dit, sitôt fait. Je m’installe bien face à l’écran et pour me distraire je regarde défiler l’incroyable nombre de bus qui se succèdent sur l’ensemble de la gare routière, et sur le quai 53. J’aime bien ces ambiances de gare routière, d’aéroport, de gare ferroviaire, j’aime bien regarder les gens, on voit de tout... J’imagine qui ils sont, quelle est leur vie... Et mon attente se fait moins pénible... A la vitesse et au nombre auxquels se succèdent les départs de différentes compagnies et destinations, je révise mon jugement. Les véhicules arrivent et repartent très vite après avoir fait le plein de passagers. Alors je ne lâche plus l’écran des yeux. Trop peur de rater le départ du mien. Plus que jamais j’ai l’impression de me trouver dans un aéroport. Je vois s’afficher au fur et à mesure que l’heure avance, les horaires, les destinations, les noms des compagnies, les numéros de quais... mais jamais ne figure un véhicule de la compagnie Sombat pour Chiang Mai au quai 53.
Je ne vais pas encore jouer les papies inquiets de rater le départ et aller encore réclamer. C’est bien organisé, tout est clair sur le tableau qui continue sa danse. Si le bus n’est pas encore affiché, c’est qu’il doit être en retard ou qu’il arrivera au dernier moment. - Oui, mais remarque la petite voix, tous les autres bus sont annoncés 10 à 15 minutes avant l’horaire du départ prévu. Le tien est dans 10 minutes, va donc attendre maintenant au quai 53 au lieu de rester assis ici... Elle a encore raison, la petite voix... J’empoigne donc valise et sacs et retourne au quai 53. Pas de bus, peu de passagers attendent là. Je remarque au quai 52, juste à côté, un bus de la compagnie Sombat qui fait son plein de passagers. La plupart sont des touristes européens. Où vont-ils donc tous ces farangs ? Je regarde sa destination au cas où ils auraient changé le numéro de quai au dernier moment... Elle m’est inconnue. Ce n’est pas du tout celle de Chiang Mai. Là je commence à m’inquiéter. Une dame Thaï qui attend comme moi au quai 53 et qui m’observe depuis un moment à m’agiter et à regarder sans cesse ma montre ou ma « carte d’embarquement », s’approche de moi : - Où est-ce que tu vas ? - Chiang Mai- Sombat ? - Yes ! - Dépêche-toi, c’est celui-là, il s’en va... en me montrant celui qui était garé au quai 52 et qui vient de démarrer. Elle crie, elle interpelle, et dit que je vais à Chiang Mai. Le bus s’arrête net. Et l’espèce d’abruti qui m’avait dit que j’étais trop en avance s’empare de ma valise, et me pousse presque au cul dans le bus. Il ne pouvait ne pas m’avoir vu attendre à côté au quai 53. Il n’a jamais eu l’idée de me demander quel bus j’attendais. Ils étaient trop occupés lui, le chauffeur du bus et l’hôtesse à chahuter et à discuter entre eux en riant comme des baleines et des bossus tout à la fois. A peine mes fesses posées sur mon siège, le bus démarre et nous emporte pour Chiang Mai. Se trouver à la gare routière depuis le matin, puis depuis plusieurs heures cet après-midi, après mon bref petit tour à Chatuchak market, enfin une bonne heure avant le départ, sur le quai, et rater le bus, aurait été un comble !
Il s’agit d’un bus de luxe comportant seulement 20 places avec un siège qui s’allonge, un écran comme dans l’avion, WC, et autres commodités... Tant qu’on garde la position assise le siège, très large, comme un vrai fauteuil de salon est vraiment confortable mais la partie allongée est ridiculement courte. Il ne se trouve pas assez de place pour allonger les jambes, et pourtant je ne suis pas très grand. Je suis obligé de dormir en chien de fusil (position fœtale)... C’est en général la position que j’adopte chez moi pour m’endormir mais ensuite j’ai de la place pour bouger pendant mon sommeil, et changer de position, tandis que là, je me retrouve coincé, coincé, coincé... Et c’est une vraie glacière. Et pourtant j’avais prévu le coup, j’avais mis ma veste de ski. Au final, un voyage très long et très inconfortable que je ne renouvellerai pas si jamais je dois refaire un jour le trajet Bangkok- Chiang Mai. | | | À: Marien33 · 30 juin 2025 à 4:24 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 170 de 250 · Page 9 de 13 · 533 affichages · Partager Tu m'étonnes, ce sont des parcours pour les jeunes, et encore, parce qu'ils n'ont pas le budget pour faire autrement. Préparant nos séjours un an à l'avance, nos faisions de même pour nos réservations de vols intérieurs. Ce genre de trajet pour 2 personnes, sur Airasia on l'a toujours payé moins de 100 €. Certains disent que ça revient au même, entre le transfert et le temps d'attente à l'aéroport. Mais quand tu as un vol qui fait à peine une heure, tu as le sentiment d'atterrir juste après avoir décollé, tu te rends compte de ce que tu as gagné et ce que tu t'es épargné comme fatigue.
Autrement, à te lire j'ai l'impression que ton voyage a été un long chemin de croix. Tu ne l'as tout de même pas ressenti ainsi j'espère ? | | | À: Jojoone1 · 30 juin 2025 à 6:46 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 171 de 250 · Page 9 de 13 · 527 affichages · Partager Tu m'étonnes, ce sont des parcours pour les jeunes, et encore, parce qu'ils n'ont pas le budget pour faire autrement. Préparant nos séjours un an à l'avance, nos faisions de même pour nos réservations de vols intérieurs. Ce genre de trajet pour 2 personnes, sur Airasia on l'a toujours payé moins de 100 €. Certains disent que ça revient au même, entre le transfert et le temps d'attente à l'aéroport. Mais quand tu as un vol qui fait à peine une heure, tu as le sentiment d'atterrir juste après avoir décollé, tu te rends compte de ce que tu as gagné et ce que tu t'es épargné comme fatigue
Tu sembles imaginer que j'ai pris ce bus par économie (radinerie ?) ce qui n'est pas du tout le cas. J'ai d'autres raisons - qui m'appartiennent - pour avoir choisi de faire ce trajet en bus de luxe plutôt qu'en avion. Ta façon de voyager est différente de la mienne.
Autrement, à te lire j'ai l'impression que ton voyage a été un long chemin de croix. Tu ne l'as tout de même pas ressenti ainsi j'espère ?
Mon cher ami, encore une autre de tes interprétations ! Ce carnet est un témoignage. Un témoignage sincère de son déroulement. Je ne me plains pas, je raconte juste ce que j'ai vécu, comment j'ai géré certains aléas et les conditions dans lesquelles je l'ai effectué. Si pour toi mon voyage fut un long chemin de croix, alors c'est uniquement ton interprétation très personnelle. IL NE L'A PAS ETE POUR MOI ! Encore une fois, nous voyageons tous différemment... Je suis à peu près certain que dans les mêmes conditions de santé, tu aurais aussi très vite contacté ton assurance et demandé un rapatriement. Moi j'ai préféré continuer et faire avec... | | | À: Marien33 · 30 juin 2025 à 9:59 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 172 de 250 · Page 9 de 13 · 500 affichages · Partager Il ne faut pas sans cesse prêter aux autres des idées et des intentions qu'ils n'ont pas. Au bout d'un moment ça ressemble à une pathologie, laquelle réclame un traitement sauf si le cerveau est touché, auquel cas il n'y a rien à faire. Et puis on voudrait considérablement agacer son prochain qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Par la suite, avant chacune de mes interventions, je t'enverrai le texte que je prévois et tu pourras le corriger, le rectifier et le censurer dans le sens qui convient. | | | À: Marien33 · 30 juin 2025 à 17:10 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 173 de 250 · Page 9 de 13 · 462 affichages · Partager J’ai plusieurs fois remarqué au cours de mon séjour que les Thaïs, surtout dans les secteurs touristiques, sont tellement habitués à tous ces voyageurs qui connaissent le pays et ses habitudes comme s’ils y étaient nés, qu’ils ne s’imaginent jamais qu’on puisse voyager chez eux pour la première fois et qu’on ne comprenne rien à leur organisation.
Alors c'est un peu le contraire de l' Inde où ils ont tendance à penser que c'était toujours la première fois que tu viens 😂 Finalement, je ne suis pas trop étonné que ce soit une attitude commune en Thaïlande. Lointainement, j'ai l'impression que la masse touristique à certains endroits, surtout composé d'habitués, de résidents ou de quasi-résidents fait que les Thaïs considèrent cette présence comme pratiquement autochtone.
Voilà, je lis toujours ce carnet que j'apprécie beaucoup parce qu'il est vivant, les ressentis y sont spontanés, contrastés, ils ne cherchent ni à montrer une image positive ou négative du pays, mais il montre seulement comment cette expérience a été subjectivement vécue par son auteur. Et il ne me donne toujours pas envie de tenter la Thaïlande! | | | À: Pagaljavab · 30 juin 2025 à 18:00 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 174 de 250 · Page 9 de 13 · 449 affichages · Partager Moi aussi j'ai beaucoup de plaisir à lire ce récit si vivant et tellement "sur le vif" Vivement la suite.. | | | À: Pagaljavab · 30 juin 2025 à 20:34 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 175 de 250 · Page 9 de 13 · 431 affichages · Partager Il y a de tout. Beaucoup de thais se sont mis à nous expliquer le pays ou la vie, pensant que nous ne connaissions ni l'un ni l'autre. On leur raconte bien à l'école que leur pays est "le pays des hommes libres", qu'ils n'ont jamais été envahis et qu'ils sont les meilleurs. Dans les coins touristiques, l'étranger est un peu comme un boeuf qu'il convient de mener, de dispatcher, de transporter et de canaliser. De temps à autre, il y en a pourtant qui nous parlent thai, parce qu'ils estiment qu'on a une tête à connaitre le pays et sa langue. Toujours étonnant. Ne pas oublier toutefois que des dizaines de milliers d'occidentaux vivent en Thailande, une partie d'entre eux sachant communiquer avec les locaux. Peut-être les thais ont-ils aussi appris que leur pays a l'un des meilleurs taux de retour parmi les touristes...
L'expérience la plus parlante, ce sont ces employées de l'accueil du plus grand hôtel de la ville, dans une province peu touristique. Plusieurs se sont enfuies à notre arrivée, pensant qu'elles ne pourraient pas comprendre ce que nous allions demander et craignant ainsi de perdre la face, ce qui constitue la terreur ultime des thais. | | | À: Yan55 · 1 juillet 2025 à 9:57 · Modifié le 1 juil. 2025 à 10:22 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 176 de 250 · Page 9 de 13 · 385 affichages · Partager Moi aussi j'ai beaucoup de plaisir à lire ce récit si vivant et tellement "sur le vif" Vivement la suite..
Bonjour Anne, Merci beaucoup pour ton intérêt à lire ce carnet, mais je crains fort de n'avoir plus rien de particulier à raconter sur la suite de mon voyage. Des photos, seulement des photos... Et je considère que même si nous aimons montrer nos photos, ce n'est pas le but d'un carnet de voyage. Les photos sont là en quantité raisonnable - et d'ailleurs limitée - pour illustrer un texte. Pour moi, un carnet de voyage - je préfère dire un récit de voyage plutôt que carnet - n'est pas une vitrine à photos avec juste une légende passe-partout et souvent inutile du genre là c'est un potier, ici c'est un marché... Quand on voit très bien ce que la photo représente...
Ma mémoire me fait défaut et je n'avais pas pris de notes. Jusqu'à présent je me référais aux différents messages que j'avais envoyés à mes proches. C'est d'ailleurs comme cela que je découvre mes soucis physiques, car je les avais complètement oubliés, ne me souvenant que d'avoir fait un très beau et très agréable voyage. | | | À: Marien33 · 1 juillet 2025 à 10:14 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 177 de 250 · Page 9 de 13 · 381 affichages · Partager [C'est d'ailleurs comme cela que je découvre mes soucis physiques, car je les avais complètement oubliés, ne me souvenant que d'avoir fait un très beau et très agréable voyage.
Me voilà rassuré. Je ne sais pas pourquoi, je tenais à ce que ton voyage soit plaisant. | | | À: Pagaljavab · 1 juillet 2025 à 10:17 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 178 de 250 · Page 9 de 13 · 381 affichages · Partager Voilà, je lis toujours ce carnet que j'apprécie beaucoup parce qu'il est vivant, les ressentis y sont spontanés, contrastés, ils ne cherchent ni à montrer une image positive ou négative du pays, mais il montre seulement comment cette expérience a été subjectivement vécue par son auteur.
Merci Pagal, tu as tout compris. Et je suis désolé si je suis parfois complètement à contre-courant de tout ce qui se dit généralement dans les carnets de voyage sur la Thaïlande.
Et il ne me donne toujours pas envie de tenter la Thaïlande!
Alors là, je suis très ennuyé que ce que j'écris te fasse cet effet. Je ne suis pas d'accord avec toi car, comme tu le dis ce carnet est très subjectif et toi - ou un(e) autre pourriez avoir une tout autre vision de ce pays...
En plus, je ne parlais jusqu'à présent que de mon séjour à Bangkok. Bangkok n'est pas la Thaïlande, comme Paris n'est pas la France, comme les Parisiens - surtout les media - ont un peu trop tendance à le penser et à nous oublier, nous les pauvres petits Provinciaux. | | | À: Jojoone1 · 1 juillet 2025 à 10:20 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 179 de 250 · Page 9 de 13 · 380 affichages · Partager Me voilà rassuré. Je ne sais pas pourquoi, je tenais à ce que ton voyage soit plaisant.
Ah Non ? Ben moi je sais parfaitement pourquoi... 🤣 | | | À: Marien33 · 1 juillet 2025 à 10:29 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 180 de 250 · Page 9 de 13 · 374 affichages · Partager Je savais quand tu y étais mais j'étais loin de me douter de la plupart de tes péripéties, aventures et embûches... Tu me rappelles à travers ton récit qu'avec le temps j'ai idéalisé la plupart de mes voyages alors qu'ils ont comporté plusieurs séquences d'ennui, d'harassement, de dépit, d'exaspération. | Carnets similaires sur la Thaïlande: Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 386 visiteurs en ligne depuis une heure! |