Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Marien33 · 20 mars 2025 à 14:26 · 299 photos 250 messages · 18 participants · 15 043 affichages | | | | À: Marien33 · 8 avril 2025 à 16:37 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 61 de 250 · Page 4 de 13 · 980 affichages · Partager J’avais dit que je ne « raconterais » pas dans l’ordre, en suivant mon calendrier. Mais là je suis un peu perdu et il faut que je raccroche les wagons à la locomotive car je m’aperçois que je commence déjà à oublier... Ce voyage sera le voyage des bouleversements. Je crois l’avoir écrit. Et si je me répète, il faut me le dire. Rien de ce que j’ai l’habitude de faire dans mon quotidien et surtout ce que j’ai l’habitude de faire en voyage.
J’ai coupé mon message en deux. Trop long à lire pour les uns, pas assez de photos pour les autres. On arrive vite à 10 autorisées par message
Première partie J’ai hérité, à mon corps défendant, des méthodes de mon père pour préparer un voyage. Il prévoyait vraiment TOUT au jour le jour, presque à heure fixe de ce que vous allions visiter ou faire. C’était un mordu du guide Michelin, le rouge, celui qui indiquait les hôtels et les restaurants. Et il n’était pas question de déroger à ses principes, à son programme, à sa Loi. La seule chose que je trouve intelligente dans l’établissement d’un itinéraire et d’un programme de voyage, c’est qu’à partir du moment où l’on commence à l’établir, le voyage commence aussi. Et c’est un réel bonheur. C’est la seule raison qui m’a fait imiter mon père. Mais moi je n’hésite pas à effectuer des changements au cours du périple selon les circonstances, et particulièrement depuis que je sillonne l' Inde. Mais là, en Thaïlande, ce sera le voyage des changements et des modifications. Je rencontrerai plusieurs fois des déceptions qui n’ont cependant jamais entamé ma bonne humeur et mon plaisir.
Unanimement, tous mes amis et connaissances en Inde, m’ont tous posé la même question : - Mais tu voyages seul ? Personne ne t’accompagne ? Tu n’as pas engagé un guide ? Comment tu vas faire pour réserver un hôtel ? Pour te déplacer ? Pour savoir où et comment visiter des lieux ? Ils m’ont TOUS affirmé qu’il est impensable pour un Indien de partir ainsi à l’aventure, tout seul... Pour eux, il faut obligatoirement passer par un voyagiste et se déplacer en groupe ou en famille, ou au minimum, à deux ou trois frères ou copains.
Parmi les plus grandes modifications dans mon rythme de vie, ce sera mes heures de début et de fin de journée. Je n’arriverai jamais, à Bangkok, à sortir avant 10h alors que je pensais sortir très tôt à 6h juste au lever du jour. Mais Bangkok ne se visite pas à 6h du matin... A part les marchés... Alors quelle importance ?
Au cours de cette première journée de déambulations, j’ai parcouru 20 km sans m’en apercevoir, sans être particulièrement fatigué. C’est ma façon de visiter une ville. Toujours à pied. Si les distances sont trop longues entre deux points, je peux utiliser un bus, un tuk-tuk, mais sinon, c’est pedibus cum jambis. Je me rendrai vite compte que finalement, la fameuse Bangkok qui s’étend sur 28 km ou quelque chose comme ça, ne nous concerne pas nous les touristes... C’est une affaire de huit à dix kilomètres au grand maximum. Evidemment à condition de ne pas loger en dehors d’un périmètre raisonnable.
En cette première journée, j’ai décidé d’appliquer le plan prévu la veille, c’est à dire dans mon secteur, dans un rayon de cinq à six kilomètres. Le nez au vent, la fleur à la bouche, et le téléphone en main pour le GPS. Quand même, j’ai beau râler sur la modernité, parfois elle a du bon la modernité. Le GPS, quand il ne se met pas à nous jouer des tours (et des détours), c’est vraiment un outil extraordinaire pour visiter une grande ville à pied. L’avantage de circuler à pied, c’est qu’on voit beaucoup de choses qu’on raterait si l’on se déplaçait en tuk-tuk ou en taxi. Ce sont mes petits plaisirs inattendus : une façade de maison, un petit temple caché dans une ruelle,
un minuscule boui-boui rempli de thaïs affamés, ce qui signifie que la cuisine est excellente et très probablement pas chère.
C’est aussi la trouvaille d’une petite boutique aux prix très doux. Tiens, justement, hier je me suis acheté une magnifique chemise brodée d’un dragon très discret. J’ai craqué aussitôt. A peine arrivé, le premier soir. - Ne te mets pas à faire des achats en ce début de voyage... Tu en trouveras tous les jours ! Vous croyez peut-être que c’est encore elle, ma petite voix intérieure ? Ben non, tout faux. C’est ma copine Monique. Quel rabat-joie, celle-là ! Elle n'a pas son pareil pour vous saper le moral ou vous donner des leçons.
Pas étonnant que je me sois perdu. Oh qu’elle a l’air sympa cette ruelle ! Je vais aller voir... Je ferai demi-tour pour retrouver mon itinéraire et ne pas me perdre. Oui, mais surgit une autre ruelle tout aussi sympathique. En la suivant, en tournant à droite, puis à gauche, j'ai un bon sens de l’orientation, je devrais me retrouver d’où je suis parti. Mais Bangkok est une sorcière, elle vous ensorcelle, elle vous fait confondre la droite avec la gauche, le nord avec le sud, l’est avec l’ouest. Elle vous tourneboule la tête vous croyez avoir parcouru 150m mais en réalité vous avez marché pendant un kilomètre. Et puis, à force de regarder partout, on ne s’aperçoit pas qu’on rate une venelle par laquelle on était passé mais sans l'avoir remarqué, la tête dans les étoiles, les yeux écarquillés, toujours le nez au vent et la fleur à la bouche. Elle commence à piquer du nez, la fleur, en fin de journée. Mais moi je ne m’en aperçois pas, je suis sur mon petit nuage, et que je tourne à droite, et que je tourne à gauche, et que je m’attarde sur une devanture de boutique ou un étal de cuisine de rue. Tiens, je vais m’offrir une noix de coco et je complèterai avec un smoothie au fruit de la passion. Il faut s’hydrater. C’est le leitmotiv. - Oh, merde, où je suis ? Je croyais avoir regagné mon point de départ, mais je ne reconnais plus du tout... Au secours ! GPS. Mais hier il faisait la grève mon GPS. Il avait perdu le Nord, lui aussi. Ou bien il a voulu me jouer un tour pour voir si j’allais plutôt m'énerver ou plutôt m’affoler. Rien de tout ça. Euphorique, le mec. Non, non, j’ai pas encore fumé, même s’il y a des hash shops partout... - Dis, tu leur racontes... ? Ta gourmandise... Ça, cette fois, c’est la petite voix. Elle est sacrément coquine. - Non, je vais pas leur dire. Ici, sur VF il faut toujours faire attention à ce qu’on raconte... Les censeurs veillent au grain. - Bon, bon, mais quand même, je crois que ce serait sympa que tu leur racontes
Je m’obstine à me débrouiller seul sans GPS. Le nez au vent, la fleur à la bouche... Même s’il ne reste plus que la queue, car la corolle est maintenant sous le menton ! Et puis, il y a toutes ces lumières mirobolantes, plus fascinantes les unes que les autres et qui se ressemblent toutes dans leur différence et leur unicité.
Tiens, je viens de lâcher un juron, un sonore Merde ! Mais où je suis ? J’ai trop ouvert la bouche, la fleur est tombée. Tant pis, je ne vais pas la ramasser, d’ailleurs ce n’est plus qu’un semblant de fleur, une limace gluante à force d’être mâchonnée... - Non, mais là tu t’égares... Ça c’était hier... Si tu leur parlais d’aujourd’hui... - C’est que j’avais oublié de leur dire, hier... Aujourd’hui ? Ben pareil, le nez au vent, la fleur à la bouche. Je viens d’en acheter une toute fraîche, devant un temple... Il y a des temples partout ici.
Si vous avez des problèmes de prostate, Messieurs, mais vous aussi Mesdames qui n’avez pas de problèmes de prostate, je veux dire si vous avez fréquemment besoin de vider votre vessie, c’est pas compliqué à Bangkok. J’avais demandé à Joël : - Y-a-t-il des toilettes publiques ? Ma question l’avait un peu déconcerté, je crois... Il m’avait répondu qu’il n’en avait guère vus mais qu’il y avait des cafés et des restaurants partout... Oui, mais un thé ou un café c’est diurétique, alors dix minutes plus tard, il faut aller boire un autre thé ou un café... C’est sans fin...
Mais les Thaïs doivent savoir ça, car il y a des toilettes dans tous les temples. Et comme il y a des temples partout, partout, partout... Et en plus ces locaux sont particulièrement bien entretenus. La porcelaine brille. On y mangerait !
J’ai donc visité beaucoup de temples le matin, au cours de ce voyage...
- Faut pas boire tant de thé et de café le matin quand tu te réveilles et que tu dois beaucoup marcher...
Mais en ce matin de première vraie sortie, je suis émerveillé de découvrir tous ces gratte-ciel autour de moi.
Je trouve cette architecture magnifique. Pour moi c’est aussi esthétique et époustouflant qu’un temple bouddhiste, qu’il soit ancien ou moderne.
J’y reviendrai en temps voulu, Joël, mais puisque tu l’as évoqué, je trouve le temple bleu et le temple blanc à Chiang Rai, très esthétiques, même si c’est du Tout Béton. Et puis, j’aime ce côté kitsch des asiatiques dans leur art religieux extravagant. Ce qui m’a frappé aussi à Bangkok c’est cette association, cette confrontation, cette heureuse co-habitation entre les temples - anciens ou modernes - très tarabiscotés, clinquants, de l’or, de l’or, de l’or - ou plutôt du doré - et de hauts buildings hyper modernes tout de verre et d’acier, d’une sobriété aussi majestueuse que tranchante avec la bimbeloterie des temples.
Mais très souvent, on est replongé dans le traditionnel, oublié dans un coin par les promoteurs, à moins qu’il ne soit farouchement défendu par les occupants du lieu. C’est la magie de la promenade à pied. Ici, ce sera un ancien bâtiment traditionnel encore debout, voisinant avec un gratte-ciel
et là, à peine un peu plus loin, plus ou moins secrètement cachées, quelques maisons en bois.
Ce que j’ai beaucoup apprécié partout au cours de mon voyage, partout où je suis passé, ce sont ces petits templions que de modestes habitants ou de riches sociétés de banque ou d’assurances, édifient devant leur porte, dressés sur une plateforme fixée sur un pilotis de bois ou de béton.
Je m'en suis fait tout une collection de photos, des plus modestes et naïfs aux plus sophistiqués et extravagants.Vous voyez de quoi je veux parler ? Je ne sais pas ce qu’ils sont dans la culture Thaï. Un culte aux ancêtres du lieu ? Une protection de la maison ? Du bâtiment ? Du magasin ?
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Tout en avançant à la recherche de ce cimetière chinois oublié, j'ai remarqué la propreté et l’hygiène des rues. Le rare mendiant ou le pauvre bougre qui n’a pas assez dormi pendant sa nuit, peut se reposer en s’allongeant sur le trottoir sans baigner dans les ordures, les immondices, les crottes de chiens ou de singes ou les bouses de vaches, ni ramasser les virus et bactéries des crachats des passants. Les trottoirs sont nets et probablement nettoyés chaque jour ou presque ?
Celui-ci s’est même bricolé un oreiller confortable en attendant le client...
Je ne dois plus être très loin maintenant, car voici que je déniche, tout à fait par hasard un petit temple chinois, bien loin de tous ceux que j’avais vus en photos en ligne et sur mes guides. Pourtant je suis assez éloigné de China Town.
Mais le cimetière chinois, complètement oublié, complètement abandonné, sera tout autre. J’ai beaucoup marché et fait appel à mes méninges pour le trouver, parce que cette fois encore, le GPS ne m’a pas été très utile. Il est comme les Indiens, le GPS. Plutôt que dire qu’il ne sait pas, qu’il n’a pas compris, il vous envoie à une autre adresse qui lui parle, à lui...
J’ai compris pourquoi je n’arrivais pas à le trouver, ce cimetière chinois... entouré de dépotoirs et d’immondices. Il était censé se trouver au sud-est d’un parc du même nom. Alors je cherchais des arbres, des fleurs, de l’herbe, des allées... Et je ne rencontrais qu’une sorte de no man’s land à l’herbe desséchée, brûlée par le soleil. J’ai fini par découvrir une sorte de petit bois, en pleine ville...
Ça doit être par là, ah, oui, j’aperçois une tombe qui émerge d’un fouillis de branches, de feuilles, et de lianes. Mais cet espace est entouré de fils de fer barbelés pas très engageants. Bon, je vais faire le tour, même si je suis en nage et en plein soleil. Un carré, quatre côtés, que du barbelé bien serré. Pas de portail ni de barrière. Inaccessible !
On le disait si pittoresque cet ancien cimetière chinois ! Mais c’est un dépotoire de vieilles planches, de volets, de plaques de polystyrène, de vieux sacs, de gravats. Pourtant j’aperçois quelques tombes aussi oubliées que photogéniques. Qui repose ici ? - C’est râpé pour les photos ! - C’est mal me connaître, je n’ai pas fait tous ces kilomètres pour repartir bredouille. En faisant attention où je mets les pieds et les mains, je parviens à glisser mon objectif, mon poignet, et une partie de l’avant-bras à travers les barbelés...
Ce cimetière bucolique aurait pu être un endroit merveilleux pour se ressourcer, pour se reposer...
Mais à peine ai-je fait quelques pas en quittant ces modestes HLM pour défunts laissés pour compte, que je retrouve mes gratte-ciel tant aimés. N’y aurait-il que des gratte-ciel, partout dans ce secteur de la ville ? Qui habite là ? Qui vit là ?
Je m’apercevrai à la nuit tombée que 80% à 90% des fenêtres ne sont pas éclairées. Ces appartements de luxe sont vides d’habitants. Juste le prestige pour l’architecte d’avoir construit un gratte-ciel.
Ce qui m’a enchanté lors de ma visite au Wat Yannawa, le Temple du Bateau, ce n’est pas ce temple ultra moderne en forme de bateau, édifié dans un goût douteux, mais le métissage encore une fois entre architecture moderne et architecture conventionnelle.
Non seulement le contraste est saisissant entre les bâtiments anciens et ce fameux temple-bateau, mais surtout la domination des gratte-ciel édifiés tout autour n’écrase pas ces pagodes d’un autre temps.
Au contraire, je trouve qu’ils les mettent en valeur, comme un écrin a l’art de présenter un bijou.
Je suis rentré bien fatigué de cette première journée. Non, pas fatigué. Je ne trouve pas le terme exact, juste je sentais les 20 kilomètres dans mes pieds. Pas même dans mes jambes. Mais surtout je me sentais ravi de cette première incursion dans la capitale Thaïlandaise, alors que ce fut une journée de découvertes décevantes, car après la déconvenue du cimetière chinois, suivie de celle de ce bateau en forme de temple, plutôt que temple en forme de bateau, j’ai dû subir la grande désillusion d’un marché aux poissons fermé de toutes parts alors que je l’avais atteint courageusement sous un soleil ardent. Bien sûr ce devait être en début d’après-midi, mais j’avais lu qu’il était incroyablement vivant à toute heure de la journée, même s’il battait son plein tôt le matin... Puis ce fut le tour de la très recommandée Mr Kukrit Pramoj house par notre ami Joël. Fermée définitivement... Fermé également à l’heure où je l’ai atteint, le Wat Hua Lampong, mais j’ai eu tout de même le bonheur d’assister aux multiples dévotions, impressionnantes de ferveur de tout un peuple Thaï qui se pressait pour prier, demander, quémander quelque bienfait accompagné d’offrandes de fleurs et d’encens envoûtants
devant des dizaines de statues recouvertes de ces fameuses minuscules feuilles d’or qui, à force, finissent par complètement défigurer - et enlaidir - celui qu’elles sont censées honorer.
Pourquoi j’ai aimé Bangkok ? Parce que c’est une ville pleine de vie et de frénésie, mais pas aussi bruyante qu’on veut bien le dire. Les gens qui l’affirment ne sont jamais allés en Inde. Même des « petites » villes que j’ai visitées comme Bangalore, Ahmedabad, Kolkata, m’ont exténué tant elles grouilaient de gens inciviques, d’automobilistes et motards hystériques, la main greffée sur leur manette de klaxon ou le contraire, je ne sais pas, je n'ai pas regardé de trop près. J’ai seulement entendu le résultat de la greffe.
Ce jour-là, j’ai découvert que Bangkok était une ville touristique, très visitée, mais qui restait une ville Thaï absolument authentique, pour mon plus grand bonheur. Chaque jour j’y ai vécu un moment inédit comme par exemple en ce premier jour, le tournage d’un film, genre comédie musicale... En plein centre ville à la station de métro proche de mon hébergement. Malheureusement je ne peux vous montrer les courtes videos que j’ai pu réaliser à la sauvette, puisque je ne sais pas comment il faut faire pour les télécharger.
Après une douche réconfortante j’ai trouvé un restant d’énergie pour retourner au Pat Pong night market pour m’abreuver de jus de fruits et de smoothies et surtout m'offrir la surprise que je vous garde pour un prochain message. | | | À: Marien33 · 8 avril 2025 à 18:04 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 63 de 250 · Page 4 de 13 · 955 affichages · Partager Thank u na khrap ! | | | À: Marien33 · 10 avril 2025 à 17:41 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 64 de 250 · Page 4 de 13 · 867 affichages · Partager vite, la suite ! | | | À: Milou2008 · 12 avril 2025 à 18:59 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 65 de 250 · Page 4 de 13 · 814 affichages · Partager Ces effluves envoûtants qui flottent dans l’air 24h/24 dans les couloirs de ma résidence et s’immiscent jusque sous ma porte pour me chatouiller les narines, ces jolies feuilles vertes en éventail disséminées un peu partout dans la ville, ce mot magique : green, qui se répand des larges avenues illuminées jusqu'aux ruelles les plus étroites et glauques, ces boutiques engageantes, les unes par des lumières clinquantes et agressives, d’autres au contraire, plus que tamisées qui apportent un air mystérieux, énigmatique, ténébreux, clandestin sans pourtant l’être, cette ambiance à la fois d’exhibitionnisme et de pudeur secrète, énigmatique, de complicité d’initiés, tous de la même famille, ces salons confortables - ou pas - équipés de chaises-relax voire de divans moelleux et accueillants... qui laissent deviner une intimité partagée... Ça me rappelle les fumeries d’opium... dans une autre vie... Dans cette vie-ci, je n’ai jamais goûté à ces plaisirs-là...
Enfin si... On m’y a fait goûter tardivement à plus de cinquante ans. Un groupe d’amis, moyenne d’âge de 25 ans. Le joint passait de mains en bouches. J’aurais eu l’air con et surtout de ne pas être des leurs, eux qui semblaient si portés à s’enlever dans les airs à travers les volutes suaves. Rien. Aucun effet. Moi je suis resté en bas. Pour le coup j’avais l’air con en écoutant leurs échanges. C’était dur. Ils planaient dans un bien-être obscur et moi je stagnais dans une morosité encore plus obscure... pas eu envie de renouveler l’expérience.
Un ou deux ans, à moins que ce ne soit cinq ou dix ans plus tard, dans les mêmes circonstances, même cadeau échangé, dans un autre groupe, dans d’autres lieux, d’autres circonstances. Mais on aurait dit les mêmes 10 ans plus tard. On m’offrit le partage. Ah que oui ! J’espérais bien que j'allais m’envoler avec eux cette fois-ci. Ben non, je suis resté en bas cette fois encore. Je n’ai plus jamais retenté l’expirience. Non, non, j’ai pas fait une faute de frappe.
Pétain (maréchal), mais qu’est-ce qu’ils lui trouvent tous à cette feuille séchée à part son incroyable parfum !!!
Alors, ma foi, puisque je suis en Thaïlande, qu’un bon nombre d’années est passé, que j’ai mis beaucoup d’eau dans mon vin, et acquis beaucoup de sagesse - même si ça ne se voit pas sur VF -, une grande liberté de corps et d’esprit, que j’ai déjà failli mourir trois ou quatre fois et qu’à chaque fois, on ne veut pas de moi, là-haut, alors je vais essayer à nouveau. Mais cette fois, tout seul, sans personne pour me donner des leçons, pour me dire ce que je dois faire et ne pas faire. Personne pour me regarder, personne pour se foutre de moi parce que je suis un vieux pépère. Bon Dieu, avant de mourir, il faut vraiment que j’essaie !
Pendant tous ces mois de préparation de mon voyage, je n’y ai même pas pensé ! Et, allez savoir pourquoi, depuis que je suis arrivé ici, je ne pense qu’à ça : IL FAUT QUE J'ESSAIE ! Que j’essaie au moins une fois dans ma maréchal Pétain de vie. Une fois avant de mourir puceau de la fumette. Pas étonnant que je ne pense qu’à ça parce qu’il y a plus de « green shops » que de Seven/Eleven. Et pourtant je vous l’ai déjà dit, les seven/eleven ils sont partout, partout, partout en Thaïlande. On ne peut pas faire 20 mètres sans en trouver un ! Mais les green shops c’est tous les 2 mètres ! Je trouve ça plus joli, plus poétique de dire green shop. L’autre avec ses gros sabots, il m’avait abondamment parlé des rues chaudes et des bars à filles de mon quartier. Au Pat Pong night market, tu trouveras tout ce que tu voudras qu’il m’avait dit. J’ai vaguement aperçu, entre deux green shops, un ou deux bars à filles. Sans filles, ni dehors pour harponner, ni à l’intérieur. C’était grand ouvert. On pouvait voir sans être voyeur. Les tables et les hauts tabourets du bar étaient vides de clients et de filles. Ça sentait davantage le désert et la misère que la rigolade et la gaudriole. - Mais peut-être que tu y allais trop tôt, papy ? Mais l’homme aux gros sabots ne m’avait pas parlé de la jolie feuille verte en éventail, ni des green shops. A Pat Pong market (night le market) elles sont quasiment à touche-touche les green shops.
La première où j'entrai, ressemblait plus à un bar avec ses hauts tabourets qu’à une boutique. Je me sentais vraiment compètement abruti. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir demander ? Je n’ai rien eu à demander, car la fille m’a balancé la carte, le menu, si vous préférez. Un album, carrément, de plusieurs pages avec plein de jolies photos en couleur avec des noms bizarres qui m'étaient aussi inconnus et incompréhensibles que sur les menus des restaurants, écrits en Thaï. Ce n’était pourtant pas du Thaï. Notez au passage que dans les restaurants, les menus sont tout pareil. De véritables album de plusieurs pages avec aussi plein de jolies photos vous donnant envie de goûter à tout. Et tous les plats sont disponibles à la commande, à toute heure de la journée et de la soirée. Ce n’est pas comme en Inde où l’on vous propose toujours seulement trois ou quatre plats différents, partout les mêmes, dans tous les restaurants. Et quand de temps en temps vous avez la chance de trouver un restaurant qui propose une carte normale avec 12 ou 15 plats différents voire 20 ou 25, et que vous vous dites je vais enfin pouvoir varier et me régaler d’un plat que je n’ai jamais essayé, vous pouvez être sûr que le serveur va vous répondre d’un ton mielleux, à peine susurré, accompagné d'un sourire niais tout aussi dégoulinant de miel : - Sorry, sir, not available... - Bon, alors, je vais prendre ça... - Sorry, sir, not available... - Et celui-là, alors ? - Sorry, sir, not available... - Bon, alors qu’est-ce qui est available ? - Eh bien, ça, ça, ça et ça et il vous ressort la courte liste des quelques plats qu’on trouve partout ailleurs, mais 4 à 5 fois plus cher ici !
Un jour, après avoir fait le tour de trois ou quatre restaurants, je me suis tellement énervé que j’ai pris un stylo dans mon sac et j’ai rayé tous les plats sur son menu et écrit en gros : NOT AVAILABLE. Ce fut une brouille de plusieurs semaines avec Praveen que j’ai même crue définitive, tellement il est impensable - et inconvenable - pour un Indien, tout au moins un Malayalee, de s’énerver et de protester. Quant à Johny, quand je choisissais un tel restaurant et qu’il savait à l’avance qu’on allait nous jouer le scénario habituel du not available, il disparaissait sous la table au moment de la commande s’il n’était pas déjà parti à la washroom pendant que je passais commande au serveur, tellement il redoutait un esclandre. Je me suis bien calmé depuis, et je me contente de rire... Pourtant je me suis aperçu que mes manifestations de mécontentement étaient un zéphyr par comparaison aux tempêtes d’insultes et d’humiliations soulevées par les touristes-indiens-nouveaux-riches - les plus fréquents désormais -.
Mais revenons dans ma green shop.
Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire tous ces noms et toutes ces photos ? Alors il existe donc tant de variétés de haschich ? Ici, en Thaïlande, comme aussi dans les restaurants, tout est available ! Je me trouve piégé, je ne sais pas ce que je dois demander... La jolie petite Thaïe avec son adorable minois de poupée Barbie asiatique superbement maquillé, me regarde, effarée, affolée, comme si j’étais un extra-terrestre, car on ne lui a probablement jamais posé les questions qui viennent de jaillir de la bouche de cet individu. A-t-il Déjà trop fumé ? A-t-il trop bu ? Est-il complètement abruti ou totalement gâteux ? A ses yeux effrayés et à son sourire embarrassé, je comprends qu’elle ne sait que me répondre. Alors je lui rends son menu-album et, moi-même mort de honte, je m’empresse de sortir.
Après deux ou trois autres tentatives tout aussi vaines, où, cette fois, ce sont des clients qui me prennent pour le dernier des demeurés et se foutent ouvertement de ma gueule en faisant des commentaires tonitruants entre eux, ma petite voix, toujours aussi prompte à me conseiller me dit : - Tu ne demandes plus rien, ni ce que c’est, ni le nom, ni le dosage, ni le pourcentage... Tu regardes s’ils ont des gâteaux et tu t’achètes un gâteau et ni vu, ni connu, tu files le manger dans ta chambre. Manque de pot, je fais encore trois boutiques où l’on me présente également un menu-album où ne figure aucun gâteau.
Je crois l’avoir déjà écrit quelque part, je suis jusqu’auboutiste et quand j’ai décidé quelquechose, je ne lâche pas le morceau.
Enfin, j’aperçois dans une de ces jolies boutiques une sorte de vitrine réfrigérée avec diverses sortes de gâteaux. Il y a là un Américain passablement éméché. Je ne sais pas ce qu’il a bu, fumé, ou mangé, celui-ci, mais il est particulièrement bruyant et volubile et accapare la disponibilité du vendeur. Si bien que lorsque ce dernier me fait un signe pour me demander ce que je veux, je me décide brusquement, et sans réfléchir, je lui désigne un petit cookie dans la vitrine sans plus poser aucune question. - Ils sont vendus par deux ! - Ok alors donne m’en deux. Quand il m’annonce le prix, je manque de renoncer. Deux fois le prix de la jolie chemise que je me suis offerte hier pour seulement deux misérables petits cookies ! Mais, après tout ce cinéma, je ne vais pas renoncer au dernier moment...
Et me voilà parti comme un voleur manger mon cookie dans ma chambre.
Drôlement bon ! Si bon que je m’apprête à dévorer le second. - Non, tant qu’à faire, attends de voir l’effet que ça va te procurer. Garde l'autre pour demain. Et je me mets à mon ordinateur pour regarder mes photos de la veille et de la journée.
Deux heures après, rien ! Décidément je suis réfractaire à cette chose-là. J’envoie un message à mon petit voisin en France qui n’est ni aussi innocent, ni aussi stupide que moi et qui est bien au fait des effets supposés se produire... - As-tu demandé le dosage ? - Non - Peut-être c’est une arnaque, peut-être c’est un placebo. Normalement tu aurais dû ressentir des effets très vite. Prends le deuxième, tu verras bien... - Je ne suis pas convaincu du tout, il est tard, j’ai sommeil, demain je veux me lever tôt pour visiter le Grand Palais avant qu’il y ait trop de monde...
J’ai sombré très vite, mais je ne pense pas que ce soit l’effet du cookie. Plutôt la fatigue normale de la journée. Je n’ai aucun souvenir d’un état particulier, pas de rêve extraordinaire. Simplement la sensation d’être saôul ou quelque chose comme ça. Je me suis juste dit en dormant, sans me réveiller, mais conscient de l’avoir dit : oh, ça c’est l’effet du cookie. Mais au réveil aucun souvenir, sinon un effet de gueule de bois.
Je pars donc au Grand Palais avec cette impression de marcher comme si j’étais sur un bateau, mais ça c’est malheureusement quelque chose de chronique chez moi depuis mon accident cardio-vasculaire dont aucun médecin ne comprend la cause. Je suis habitué. C’est très désagréable. Toujours une très faible tension qui m’oblige parfois à rester assis. Mais comme je suis un battant, que je n’aime pas « m’écouter » et rester inactif, je fais avec... Mon petit voisin m’appelle : - Alors comment s’est passé la suite ? - Rien... Je crois que je l’ai pris trop tard ou plutôt que je me suis couché trop tôt. J’ai comme l’impression que ça m’a fait de l’effet dans mon sommeil, mais je n’ai aucun souvenir... - Cette fois-ci prends le plus tôt...
Je m’offre donc mon petit dessert vers 19h et il ne se passe rien de particulier... Ni à 20h ni à 22h ni à 23h. Je dois être hermétique, je ne dois pas être réceptif... Ou je me suis fait arnaquer. Soit rien dedans, soit très peu... Pourtant commercialement ce n’est pas très malin, surtout dans un pays ou après le sexe, c’est une des raisons principales d’un certain type de touristes qui viennent pour ça...
L’effet est arrivé le lendemain au réveil ! Mais pas l’effet attendu, pas l’effet espéré. Aucun effet mental ni de bien-être, ni d’euphorie ou quoi que ce soit du genre mais un effet physique terrible... Je ne tenais plus sur mes jambes. J’étais bien dans ma tête, mais je n’avais plus de jambes. Elles ne me portaient plus. Qu’allais-je faire ? Pas question d’aller dans un hôpital. Je suis plutôt comme un chat malade qui préfère se cacher dans un coin, couché, et attendre la mort... Je ne donnerai pas plus de détails ici. J’ai failli appeler mon assurance et demander mon rapatriement. Mais je crois à ma bonne étoile... Attends ça va passer... Je me suis renseigné en ligne mais appelé aussi mon médecin et mon petit voisin... J’ai appris des choses... Les gâteaux sont bien plus dosés qu’un joint. L’effet arrive beaucoup plus tard. Ne jamais manger un gâteau sans avis, sans en avoir parlé avec le type où je l’ai acheté, etc... Bref j’avais tout faux, j’avais fait tout ce qu’il ne fallait pas faire...
Trois jours, avant de retrouver mon état normal ! Mais après trois jours je trottais de nouveau comme un lapin. Et pendant ces trois jours croyez-vous que je sois dans mon lit ? Dans ma chambre ? Non, c’est mal me connaître. J’ai marché. Pas autant peut-être que les jours précédents mais 6 à 8 km au lieu de 15 ou 20. Et je les ai faits... en bateau... Non, pas sur le Chao Phraya ! Dans la rue, dans le métro, partout... Mais j’étais sur un bateau qui tanguait, qui roulait, parfois une vague un peu plus forte que les autres me basculait en avant, mais j’ai bien maintenu la barre et le cap.
Une sacrée expérience tout de même ! Une aventure de voyage dont je me souviendrai... | | | À: Marien33 · 13 avril 2025 à 11:04 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 66 de 250 · Page 4 de 13 · 768 affichages · Partager merci pour ce partage qui a égayé mon dimanche matin et ta promenade "en bateau" !
tu es courageux quand même ou inconscient d'avoir fait toutes ces tentatives ! moi, quand je dois être endormie pour une simple chirurgie, je résiste à fond, tellement j'ai horreur de perdre le contrôle, alors imagine tirer une taf ou manger un cookie amélioré !
à bientôt de tes récits ! | | | À: Milou2008 · 13 avril 2025 à 12:14 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 67 de 250 · Page 4 de 13 · 757 affichages · Partager tu es courageux quand même ou inconscient d'avoir fait toutes ces tentatives !
Ni l'un, ni l'autre. Je suis curieux de Savoir. J'aime découvrir. C'est vrai que j'ai souvent pris des risques dans ma vie, et encore maintenant... Merci d'avoir réagi à ce message... | | | À: Marien33 · 13 avril 2025 à 16:01 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 68 de 250 · Page 4 de 13 · 743 affichages · Partager Bonjour Bien rigolé avec ton gâteau, cela me rappelle mon voyage il y a 2 ans, devant ces Étals de dérive de feuilles... Nous étions 4 femmes un homme, dans le lot, 2 infirmières, 2 aides soignantes, nous l avons dissuade, c est vrai que les petits gâteaux nous faisaient de l oeil, notre copain a craqué, je vous dis pas la suite, la nuit pas très bien, le matin la cata, livide, vomissements, incapable de se déplacer, il nous a fait peur. c est vrai pas de dosage, rien de noté..
Continue à nous régaler de tes mots et photos. Françoise | | | À: Quensol · 13 avril 2025 à 16:16 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 69 de 250 · Page 4 de 13 · 737 affichages · Partager notre copain a craqué, je vous dis pas la suite, la nuit pas très bien, le matin la cata, livide, vomissements, incapable de se déplacer, il nous a fait peur.
Merci Françoise, pour le partage. C'estvtoujours sympa quandquelqu'unrebondit sur un truc que j'ai dit... Moi pas eu de vomissement, c'est déjà ça... | | | À: Marien33 · 16 avril 2025 à 12:22 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 70 de 250 · Page 4 de 13 · 656 affichages · Partager C'est pour moi STUPEFIANT de prendre connaissance de telles infos, du jamais vu en 40 ans d'expérience et après avoir croisé ou fréquenté de milliers et des milliers de consommateurs.
Le produit, si on le fume, met environ 5 à 30 mn pour agir. Ce sont d'ailleurs les produits de moins bonne qualité dont on sent l'effet le plus vite. Dans les coffee-shops d' Amsterdam, vous aviez le double effet kiss-cool en raison de l'exceptionnelle qualité de l'herbe et de la concentration du produit actif. Après 10mn, un léger effet de vertige, un sentiment diffus de bien-être, une sensibilité accrue à la musique. 20 à 30mn plus tard, la claque : une forme d'ivresse mais maitrisable contrairement à l'alcool, le temps qui semble se distendre, des fous-rires à n'en plus finir, puis par la suite de la soif et d'énormes envies de sucré ou de salé.
L'effet est plus brut quand le produit est ingéré car cela passe par l'estomac, qui les premières fois semble avoir quelques difficultés à identifier ce qui lui est proposé. On ne ressent donc les effets que 30 à 40 mn plus tard, parfois une heure. On est vite très très calmé voire légèrement abruti. Extrêmement cool, quoi, comme ils disaient... L'effet est aussi plus long, disons jusqu'à 5 heures. C'est déjà pas mal.
Il y a des réactions très variées si la personne est inexpérimentée, comme pour l'alcool ou les médicaments. Il y en a qui ne sont pas faits pour ça. Souvent, un accompagnement par quelqu'un d'expérimenté est souhaitable, un peu comme quand on apprend à faire du vélo 
Tout est question de dosage, ce n'est pas pareil de boire deux verres de 33cl de panaché ou deux verres d'eau de vie ! Les brownies de 3 X 3 cm, c'est à prendre en quatre fois, pas une seule. Les gros cookies, il ne faut pas en manger deux alors qu'un seul est suffisant pour huit petites expériences. La seule fois de ma vie où j'ai pris du Lexomil c'était aussi la seule fois où je n'ai pas regardé la notice. J'en ai donc pris deux le matin avant d'aller travailler, comme pour les médicaments contre le mal de gorge. Effectivement, j'ai vu le lendemain que le médecin m'avait prescrit d'en prendre un quart de comprimé ! Ce fut une journée à travers laquelle je suis passé comme un fantôme, parvenant je ne sais comment à faire mon travail correctement tout en luttant sans cesse contre le sommeil et l'engourdissement. Guère de souvenirs par la suite.
Bref, le Marien a été courageux de tenter une expérience de jeune, il a eu une aventure de plus à nous raconter mais je ne comprendrai jamais ni le fait de se sentir malade le lendemain ni la sensation de gueule de bois, cette dernière étant l'un des aléas de l'alcool uniquement.
Tu as visité la ville et beaucoup marché alors que le pays entier était en alerte maximale pour la pollution atmosphérique. Cela s'est même ressenti 200km plus au sud, zone habituellement non touchée. Le danger résidait plutôt là, heureusement que tu ne l'as pas ressenti. Miraculeusement, dirais-je même. | | | À: Marien33 · 16 avril 2025 à 12:46 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 71 de 250 · Page 4 de 13 · 652 affichages · Partager Le lendemain du premier cookie, je n’étais pas en grande forme, mais j’ai assez bien géré la situation qui n’était pas plus handicapante que certains jours de mon quotidien. Mais, comme je vous l’ai dit le lendemain du deuxième cookie, j’étais si mal en point sur mes jambes, que je suis resté couché.
- Il faut te bouger le popotin et sortir... Café, thé, vitamine C, mais ne reste pas dans la chambre toute la journée ! Il me fallait suivre cette injonction de ma petite voix qui parlait encore une fois avec sagesse.
Il était déjà 13h30, alors où aller pas trop loin ? Ben, tiens je vais aller au Khlong Toei Market.
Une de mes grandes attentes de ce voyage c’étaient les marchés. On m’en avait tellement parlé de ces fameux marchés de Thaïlande ! Je me suis toujours régalé à visiter ceux d’ Inde, quelle que soit la ville ou la région visitée. Ils sont tellement pittoresques et photogéniques ! Le membre « Partirdeloin » m’avait alléché en me décrivant le Khlong Toei Market : « Le Rungis de Bangkok, tu y trouveras tout ce qui se mange en Thaïlande, insectes, poissons frétillants, poulets encore tout chaud égorgés, boucherie en tout genre, grenouilles, légumes, fruits, avec au milieu des choses incongrues comme des prothèses dentaires. Bref, un lieu que seule Bangkok peut proposer... Pour un lève-tôt comme toi c'est un endroit idéal. Du local 100% et les seuls étrangers que tu croiseras seront pour la plupart des expats, et je suis persuadé que tu les compteras sur les doigts d'une main. Ceci dit, comme pas mal de choses parfois en Thaïlande, cela a peut-être changé. Je t'avoue ne pas y avoir été récemment, mais je n'y crois guère. » J’avais également visionné deux ou trois vidéos en ligne sur ce marché, filmées de nuit, et Mike de Thailandee.com vantait également le côté exotique de ce marché. J’avais prévu d’y aller très tôt le matin ou très tard le soir pour l’ambiance nocturne extraordinaire que j’avais adorée sur les vidéos en ligne.
Google Map et mon propre GPS m’indiquaient 3,8km, 52 minutes à pied. Parfait. C’était tout à fait gérable ! La première erreur que j’ai faite ce jour-là, peut-être parce que j’étais à côté de mes pompes, fut de ne pas avoir bien regardé mes plans. Le trajet s’est révélé très pénible. Un soleil de plomb, 35° ou 36° (à l’ombre) ce jour-là. Que des larges artères à 4 voies avec une circulation infernale. Pas de boutiques, pas de vie. Que du béton partout et des voitures, des voitures, des voitures, partout dans tous les sens !
Il y a de nombreux cafés à Bangkok, un peu partout, mais ce jour-là je n’en voyais aucun sur mon chemin, ni aucun temple non plus, j’étais assez embarrassé. Quand, enfin, je réussis à en trouver un, le temps de passer ma commande, et je filai aux toilettes... Ouf !
Tandis que je me délectais d’un délicieux café - j’ai fait une cure d'excellents cafés pendant tout mon voyage - et alors même que je m’apprêtais à partir, un client s’approcha de moi : - It’s yours ? Et il me tendit mon téléphone. J’ai ressenti une décharge électrique ! Il avait dû tomber de mon sac dans les toilettes et je ne m’en étais pas aperçu ! Ça faisait la deuxième fois en moins d’une semaine que je manquais de perdre mon téléphone.
Pendant que j’attendais mon vol en salle d’embarquement à Kochi, j’avais mis mon téléphone à charger ainsi que mon ordinateur sur une borne située à une dizaine de mètres de mon fauteuil. A Kochi, en salle d’embarquement, on a droit à de jolis fauteuils très confortables. Alors j’ai fait comme les Indiens. Comme je m’ennuyais, je me suis endormi. Et juste au moment où je me réveillai, encore un peu dans les brumes, je vis un mec qui prenait mon téléphone. Il débrancha le chargeur et fila rapidement avec l'appareil et le chargeur en mains. J’ai eu beau l’interpeller, il n’a pas répondu. Peut-être n’a-t-il pas entendu ? Et moi je ne pouvais pas courir derrière lui, à l’allure où il s’en allait. Mais tout à coup je vis qu'il s’apprêtait à embarquer pour un autre vol à une autre porte d’embarquement, alors, quand même, j’ai couru comme un fou, et j’ai réussi à le choper juste au moment où il allait passer le contrôle d’embarquement. Je lui ai littéralement arraché mon téléphone des mains. Il a prétendu qu’il s’était trompé, il croyait que c’était son téléphone qu’il avait oublié là-bas. Mais après coup, j’ai réfléchi. Ce qui me parut bizarre, c’est que je ne l’ai pas vu retourner à la borne chercher son téléphone (le vrai, le bon). Quel intérêt de nos jours à voler un téléphone portable, surtout un iPhone avec toutes ses sécurités, la possibilité de le localiser, etc... Sans le code personnel le voleur ne pourrait pas l’ouvrir et ce serait donc un vol inutile... J’aurais été dans un sacré pétrin, si j’avais dormi 5 minutes de plus et que le mec soit parti sur un autre vol avec mon téléphone. Perdre son téléphone de nos jours, c’est comme si l’on perdait subitement son cerveau.
Et là, dans ce café, je revivais la même scène. Si le client n’était pas allé aux toilettes et si j’avais quitté le café avant qu’il en sorte... Vous allez me dire : beaucoup de « si ». N’empêche, tous ces « si » auraient très bien pu se produire. Je n’ose plus trop parler de mes « protecteurs célestes » sur VF de peur qu’on me prenne pour un « allumé ».
J’ai fait une grosse erreur en choisissant d’aller au Khlong Toei Market dans l’état où j’étais et à cette heure qui n’était ni tôt le matin, ni tard le soir.... C’était le dernier endroit où il fallait aller.
Je n’ai absolument pas reconnu les lieux. Je pense que les lumières et l’atmosphère de nuit créent une impression beaucoup plus intense. J’étais très intrigué par les stands d’insectes. J’avais très envie de voir ça. Mais je n’en ai pas vu un seul.
En revanche, j’ai pu naviguer dans les flaques d’eau - pas très nettes mais moins repoussantes que les bouses de vaches ou les légumes en voie de pourrissement du marché de Pondichéry, le marché le plus immonde que j’aie jamais vu au niveau de l’hygiène, y compris ses abominables toilettes - à travers les allées, en évitant de me faire doucher par les seaux d’eau intempestifs balancés vigoureusement de droite ou de gauche. J’avais prévu mon pantalon le plus moche, le plus usé, pour cette circonstance à laquelle je m’attendais.
Je progressais à travers les têtes de cochons fraîchement tranchées, jetées pêle-mêle dans des baquets,
les étals de viandes et de tripes, qui, curieusement n’étaient absolument pas visitées par les mouches.
Je me suis senti bouleversé dans la partie réservée aux bêtes vivantes. J’ai beaucoup souffert pour ces pauvres canards entassés dans de sinistres cages en attendant que leur sort soit réglé
et pour ces malheureux crapauds attachés, vivants, eux aussi jetés dans un étroit bac. J’ai été ému par celui qui avait réussi - on se demande comment - à se libérer et qui essayait de prendre la tangente pour éviter le sort réservé à ses congénères. A moins qu’il ait été laissé volontairement libre de ses mouvements pour bien montrer à la clientèle qu’on lui vendait des animaux vivants et donc bien frais !
Ne me demandez pas pourquoi je mangeais des cuisses de grenouilles autrefois et pourquoi je ne peux plus aujourd’hui... Ben je vous le dis quand même, c’est depuis le jour où j’ai vu ces batraciens que nous avions pêchés le matin, adolescents, essayer de s’enfuir sur leurs deux pattes avant avec tout leur arrière-train tranché. Nous les avions bien assommées avec un grand coup sur la tête pour les tuer avant de couper les hanches et les cuisses. Mais soit elles étaient particulièrement accros à la vie, soit notre coup n’avait pas été fatal et, alors que nous en étions à la moitié du panier, nous avons vu les premières que nous croyions mortes, avancer sur leurs deux pattes avant...
Quant à l’idée d’avaler du crapaud ça me révulse.
Il est regrettable que vous ne puissiez voir ces infortunés poissons pas mieux lotis, encore vivants, qui tentaient en vain de sauter ou plutôt de tressauter en écartant leurs ouïes.
Je n'ai pas mieux apprécié le destin des tortues, moi qui ai longtemps oeuvré pour la défenses des cachalots et des tortues de mer, et qui sympathise avec les tortues d'eau que je rencontre chaque matin dans ma « petite jungle » quand je vais faire
mes 8 ou 10 km chaque matin le long de ma plage.
Pour de la nourriture fraîche, c’était de la nourriture fraîche ! Mais quel supplice pour ces animaux ! De quoi vous dégoûter de manger de la viande pour le restant de vos jours et devenir végétarien. J’aurais préféré ne pas avoir la certitude de la fraîcheur de la viande plutôt que voir le calvaire de tous ces animaux vivants, ou morts récemment, comme les cochons, dont on percevait encore un semblant de vie et de martyre sur les têtes amoncelées dans un baquet.
J’ai fait quelques vidéos qui vous « parleraient » mieux que mes mots, mais je ne sais toujours pas COMMENT INSERER UNE VIDEO DANS LE TEXTE D'UN CARNET. Alors, à défaut j’ai fait quelques captures d’écran extraites de ces vidéos, mais bien sûr, c’est moins impressionnant et la qualité de ces clichés laisse à désirer. | | | À: Marien33 · 16 avril 2025 à 13:06 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 72 de 250 · Page 4 de 13 · 649 affichages · Partager J’ai inspiré une grande goulée d’air pur, quand je me suis retrouvé dans le secteur de la viande « morte » et découpée, et celui des étals de poissons et animaux marins morts.
De nouveau des crapauds, mais bien morts cette fois.
J’ai trouvé que l’hygiène ne laissait pas à désirer, malgré l’absence de vitrines réfrigérées. De grands bacs remplis de glace pilée en faisaient fonction. Et je n’ai vu aucune mouche se balader sur la bidoche qui paraissait tout à fait fraîche et engageante. Je me serais volontiers offert une escalope si j’avais eu la cuisine escomptée dans mon hébergement.
Je ne suis pas du tout un fan des poulpes et calamars, mais je me serais régalé avec plaisir de quelques grosses crevettes si abondantes ici et peu chères en comparaison de leur prix au restaurant
Puis, subitement, je me suis retrouvé entouré de poétiques stands de légumes
et d’herbes aromatiques variées qui embaumaient tout autour de cette partie du marché.
En revanche, les étals de cuisine et de plats préparés ne m’ont pas fait saliver du tout. Peut-être était-ce à cause de toute cette « viandaille » étalée. J’ai préféré monter à l’étage où dans un immense hall occupant toute la surface du marché inférieur, seuls deux restaurants dont un spécialisé dans la cuisine du Myanmar semblaient désertés. Je les avais pourtant repérés sur les vidéos en ligne particulièrement appréciés par une nombreuse clientèle locale. Aussi me suis-je risqué à prendre mon repas ici et je ne l’ai pas regretté. Si un jour vous allez à ce marché, je vous recommande de monter à l’étage et de manger à ce restaurant du Myanmar sans vous laisser impressionner par l’immensité du lieu avec seules les quelques tables de ce restaurant dans un coin.
Donc, la visite de ce marché fut l'une de mes grandes déceptions en ces premiers jours à Bangkok.
C’est pourquoi il faut toujours se méfier des belles photos ou vidéos des autres...
J’ai un peu l’impression de ne pas avoir eu grand- chose à vous raconter cette fois-ci, mais j’espère quand même avoir réussi à vous emmener avec moi à travers les allées et ruelles de ce marché de Khlong Toei. Mais ne faites pas comme moi, allez-y plutôt tôt le matin ou après la nuit tombée. Ou... carrément en pleine nuit, quand les stands sont ravitaillés et que l’animation est à son comble (d’après ce qu’on en dit, puisque je ne l’ai pas vu de mes propres yeux) | | | À: Marien33 · 16 avril 2025 à 18:15 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 73 de 250 · Page 4 de 13 · 624 affichages · Partager a pu faim ! C'est pour ça que depuis l' Inde je touche à peine à la viande ! | | | À: Milou2008 · 19 avril 2025 à 4:07 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 74 de 250 · Page 4 de 13 · 571 affichages · Partager a pu faim ! C'est pour ça que depuis l' Inde je touche à peine à la viande !
Bonjour Milou, A cause de la mauvaise hygiène ou de la maltraitance des animaux ? Je sais que tu es toujours impatiente de lire la suite... Ça va venir, mais je suis très occupé en ce moment. Joyeuses Pâques ! Je suis invité demain à un repas de Pâques, mais ça va encore être expédié en 30 minutes maximum. Et si je veux un bon dessert digne d'un repas Pascal, il faut que j'en fasse un ou que je trouve une bonne pâtisserie, ce qui sera difficile ici dans une petite ville du Kérala, alors qu'on trouve tous les ingrédients pour faire un fabuleux dessert. En Thaïlande, au contraire, je ne savais que choisir... | | | À: Marien33 · 19 avril 2025 à 9:57 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 75 de 250 · Page 4 de 13 · 553 affichages · Partager les deux mon capitaine ! quand tu voix le poulet que tu as choisi égorgé devant toi, et qu'ils commencent à plumer alors qu'il bouge encore !
bon, parlons dessert, demain chasse aux oeufs de Pâques, les petits (qui ne croient plus aux cloches venant de Rome), viendront faire la chasse au jardin, et je t'enverrai des photos du dessert, pièce montée pistache praliné vanille, du meilleur patigoussier du coin !
Bonnes fêtes de Pâques à toi | | | À: Milou2008 · 19 avril 2025 à 12:38 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 76 de 250 · Page 4 de 13 · 535 affichages · Partager les deux mon capitaine ! quand tu voix le poulet que tu as choisi égorgé devant toi, et qu'ils commencent à plumer alors qu'il bouge encore !
Ici ils ne plument pas le poulet, hélas ! La méthode consiste à arracher la peau avec les plumes. On a toujours ici un poulet sans peau. Et ils ont décidé que la peau c'est pas bon. Je n'ai pas compris si c'est au goût ou pour la santé.Et moi j'adore la peau du poulet. La méthode c'est un coup de hachoir sur le cou. C'est pas pire que la guillotine pour des humains. Ensuite on jette le corps dans un grand bidon et tu entends/attends. Tu entends la bestiole qui est morte mais qui bouge encore un bon moment dans son bidon. Si elle n'était pas dans le bidon, je pense qu’elle courrait partout sans tête. Lors des Theyyams, je l’ai vu. Puis ils la coupent en menus morceaux. Moi je demande toujours seulement 4 ou 6 gros morceaux. Ensuite on te remet le paquet tout chaud dans les mains. Alors j’ai arrêté d’acheter du poulet ici. J’achète des morceaux tout prêts congelés au supermarché.
bon, parlons dessert, demain chasse aux oeufs de Pâques, les petits (qui ne croient plus aux cloches venant de Rome), viendront faire la chasse au jardin, et je t'enverrai des photos du dessert, pièce montée pistache praliné vanille, du meilleur patigoussier du coin !
Bonnes fêtes de Pâques à toi 
Je m'en doutais bien, c'est pourquoi je t'avais souhaité des Joyeuses Pâques
Mais où est la Thaïlande dans tout ça ? Sorry | | | À: Marien33 · 19 avril 2025 à 13:40 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 77 de 250 · Page 4 de 13 · 526 affichages · Partager Ici ils ne plument pas le poulet, hélas ! La méthode consiste à arracher la peau avec les plumes. On a toujours ici un poulet sans peau. Et ils ont décidé que la peau c'est pas bon. Je n'ai pas compris si c'est au goût ou pour la santé.
J'ai constaté la même chose partout où je suis passé en Inde: on ne mange pas la peau du poulet et les poulets sont vendus sans peau. Je pense que c'est plutôt culturel. Dans un pays où la culture est plus que largement marquée par l'hindouisme, toute ce qui concerne l'alimentation tourne autour de la pureté rituelle. L'organique, donc toutes les nourritures sont fondamentalement source de "pollution" pour l'âme et le corps, mais ce qui touche à l'animal et aux sécrétions corporelles l'est encore bien plus que le reste. Comme tout ce qui est religieux en Inde cherche toujours une justification dans la science, j'imagine qu'on doit argumenter que la peau est aussi vectrice de maladies. Donc pas étonnant que la peau soit enlevée et pas mangée. Moi aussi j'adore la peau bien croustillante, c'est ma partie préférée du poulet 😋 | | | À: Pagaljavab · 19 avril 2025 à 17:20 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 78 de 250 · Page 4 de 13 · 512 affichages · Partager J'ai constaté la même chose partout où je suis passé en Inde: on ne mange pas la peau du poulet et les poulets sont vendus sans peau. Je pense que c'est plutôt culturel. Dans un pays où la culture est plus que largement marquée par l'hindouisme, toute ce qui concerne l'alimentation tourne autour de la pureté rituelle. L'organique, donc toutes les nourritures sont fondamentalement source de "pollution" pour l'âme et le corps, mais ce qui touche à l'animal et aux sécrétions corporelles l'est encore bien plus que le reste. Comme tout ce qui est religieux en Inde cherche toujours une justification dans la science, j'imagine qu'on doit argumenter que la peau est aussi vectrice de maladies. Donc pas étonnant que la peau soit enlevée et pas mangée. Moi aussi j'adore la peau bien croustillante, c'est ma partie préférée du poulet 😋
Tu dois avoir raison pour ce qui concerne le côté religieux, cependant les poulets entiers congelés au supermarché ont bien la peau. Mais ils sont tellement petits que j'en achète rarement, je préfère en morceaux.
Au fait puisqu'on en parle, j'avais deux invités aujourd'hui et ils voulaient un plat français. Comme toujours... Mais j'ai renoncé depuis longtemps à cuisiner français pour des Indiens. J’avais acheté des moules et pensais faire une « mouclade » charentaise. Mais le plus âgé, m’avait dit hier. - Oh ! Super on va faire des moules biriyani !!! - 🤬🤬🤬 (en silence, dans ma tête) Alors je me suis gardé les moules pour moi au congélo et j'ai fait un « poulet basquaise ». Mais je ne peux pas m’empêcher de faire à mon idée, à mon goût. Donc j’ai ajouté du Kashmiri chili, du cumin, du garam masala et du gingembre frais, un piment vert. J'avais trouvé du vin blanc oublié dans un placard depuis un an... Il avait « madérisé » il était délicieux. Eux, ils ont encore mangé ça sans commentaire, en cinq minutes, sans se régaler. Et moi j’aime bien qu’on fasse des commentaires même pour dire j’aime pas... Le jeune s'est goinfré de riz, a donné sa part de poulet à l'autre et a jeté les poivrons/tomates à la poubelle !!!
Et encore une fin de repas à l’indienne qui m’a mis d’une humeur exécrable car chacun des deux a lavé sa propre assiette et je déteste cette habitude indienne, et ils ont foutu le camp dans la pièce à côté me laissant à table comme un con. Alors moi, de rage, je me suis servi le bon dessert que j’avais préparé et je me suis envoyé une grosse part tout seul, et une bonne rasade de vin blanc bien frais. Je ne les ai pas appelé. Z’avaient qu’à pas partir...
On va se faire remonter les bretelles par tous ceux qui suivent ce carnet pour mon voyage en Thaïlande... | | | À: Marien33 · 20 avril 2025 à 9:15 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 79 de 250 · Page 4 de 13 · 481 affichages · Partager | | | À: Milou2008 · 22 avril 2025 à 12:50 · Modifié le 22 avr. 2025 à 13:05 Re: Gratte-ciel, marchés, glaçons, tourisme, et cascades… La Thaïlande de la démesure Message 80 de 250 · Page 4 de 13 · 432 affichages · Partager Comme je l’ai déjà dit, je n’avais pas vraiment un projet particulier de visite. Je voulais simplement explorer cette nouvelle planète pour voir si je pourrais m’y acclimater au cas où je déciderais de migrer et d'abandonner celle où je vis la plupart de mon temps. Je parle bien sûr de la planète Inde, si différente de la planète Europe, et France en particulier qui ne me convient pas non plus surtout avec ce qu’elle est en train de devenir et le sombre avenir qui se pointe à l’horizon.
A ceux qui, ici, m’ont demandé de raconter dans ce carnet comment j’ai vécu ce voyage, comment j’ai perçu la Thaïlande, je répondrais que j’ai à la fois adoré et à la fois détesté. Si je disais vraiment ce que j’ai perçu négativement de la Thaïlande et peut-être des Thaïs, je suis certain que je me heurterais à une levée de boucliers et à une armée qui monterait aux créneaux pour défendre ses fantasmes de Paradis Terrestre où tout le monde sourit, où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. » Alors, pour éviter tout conflit, toute polémique, je resterai dans le consensus, mais avec mauvaise conscience car je ne serai pas franc.
Une des principales choses que je n’ai pas aimées c’est l’omniprésence d’un Bouddha déformé par des générations de fidèles mais plutôt par le clergé, comme tous les clergés. Et aussi l’omniprésence du Roi - jeune, bien qu’il frise les 75 ans - et de sa jolie Reine partout dans les rues, mais aussi et surtout sur les autels à l’instar de dieux qu’ils ne sont pas. Un fait qui m’a frappé également sur les autels bouddhistes de Thaïlande c’est la présence d’un Saint français... Partout, partout, partout, du plus modeste templion, au plus gigantesque et mégalomaniaque sanctuaire. Il s’agit de Saint Donatien, toujours représenté symboliquement par un cube carré avec une simple fente qui le féminise, en simple bois de modeste valeur, voire en carton, jusqu’à un coffret d’or couvert de pierres précieuses, mais la fente toujours bien accessible aux généreux dévots.
Malgré cela, j’ai pris mon pied quotidiennement à Bangkok grâce à l’extrême liberté que j’ai acquise grâce au métro qui m’a permis une autonomie totale pour me rendre, à mon gré, où me portaient mes pas une fois sorti de la station. Moi, le métro m’a donné cette sensation étrange d’être un peu un Thai et non un touriste quand je me trouvais dans les couloirs et dans les voitures. Sensation d’autant plus accrue que je n’étais l’objet d’aucune attention particulière, au contraire de l’ Inde où je suis perpétuellement la cible de mille regards inquisiteurs dans les transports publics. Certains en attraperaient même un torticolis pour parvenir à me disséquer visuellement.
J’ai apprécié et même adoré la gentillesse et la serviabilité des personnels quand j’ai eu besoin de quelques renseignements et repères pour me diriger dans ces couloirs sans mauvaise odeur, sans mendiants, sans colporteurs, sans mecs ou nanas qui viennent vous solliciter en vous forçant à écouter leurs chansons, leurs musiques, leur baratin pour apitoyer le chaland qui de toute façon n’en a cure... J’ai apprécié le confort des voitures et la climatisation raisonnable. J’ai savouré de pouvoir toujours y trouver une place assise, soit vacante soit qu’une personne bienveillante me cédât la sienne.
J’ai donc visité Bangkok à ma manière. J’ai eu la chance d’avoir deux stations de métro à ma disposition dans un périmètre proche de mon hébergement. L’une pour le métro aérien, le fameux sky train, le BTS, et l’autre pour le souterrain, le MRT. Je choisissais une station desservant un quartier, un secteur, que je voulais visiter, et ensuite, vogue la galère, je cheminais à pied le restant de ma journée, en essayant de fuir autant que faire se peut les lieux touristiques...
C’est ainsi que j’ai découvert le Wat Suthiwararam que peu de gens connaissent. Pour moi ce fut un petit joyau égaré dans la multitude des lieux religieux de Bangkok. D’abord par son jardin aux bizares statues d’extra-terrestres en dentelle de pierre.
On aime ou on n'aime pas, mais ça change des éternelles dorures clinquantes.
Je suis resté pantois en pénétrant dans la salle qui m’a semblé servir de bibliothèque toute décorée de rouge, noir, et or d’une parfaite harmonie.
Puis je me suis trouvé subjugué par les fresques dans la grande salle. Alors là, pardonnez-moi, je n’ai pas eu le temps de me familiariser avec les différents termes pour désigner les différentes salles et parties d’un temple thaï. De toutes façons je ne cherche même plus à savoir, car mon cerveau ne répond plus. J’ai déjà bien du mal à me souvenir des noms et prénoms d’anciens amis et collègues de travail, et du nom de certaines rues, alors les termes asiatiques, j’ai laissé tomber. Je me suis aperçu que lors des visites guidées et expliquées, incontournables et inévitables - sinon je les occulte soigneusement -, lors de la visite de certains lieux ou édifices, j’ai déjà tout oublié à la sortie. Vous verrez quand vous vieillirez, qu’arrivé à un âge certain on relativise, on élague, on ne retient que ce qui nous intéresse vraiment. Et d’ailleurs même quand ça nous intéresse, le cerveau nous joue des tours. C’est déjà beau de ne pas être « gaga » et de pouvoir encore un peu crapahuter de ci de là, et régaler tous ses sens au quotidien.
Donc, la fameuse « salle d’ordination », je ne sais pas ce qu’elle est ni à quoi elle sert, et ne cherche pas à le savoir. Je m’en fous. C’est beau - ou pas - et c’est tout. Mon ami Pagaljavab et d’autres aussi, très amateurs de temples bouddhistes vont trouver que c’est inadmissible. C’est pourquoi, mea culpa, pardonnez-moi de ne pas blablater sur des termes architecturaux ou religieux.
Donc cette grande salle était ornée de somptueuses fresques ultra modernes d'une grande fraîcheur et d’un goût aussi exquis que dépouillé.
Qui plus est, personne ici pour troubler le silence et la quiétude des lieux. Un des rares temples où j’ai pu m’attarder et, sans véritablement méditer, plonger en moi et goûter la paix et la béatitude du lieu et du moment.
Dans le fond de la salle un homme méditait apportant une note supplémentaire à la sérénité de ce temple. Un des rares temples, un des rares moments où j’aie pu ressentir ce bien-être et cette paix intérieure qui ne manquent jamais de me pénétrer dans les temples bouddhistes tibétains des Himalayas. Et encore aujourd’hui dans certains que je rencontre dans mes pérégrinations. Cette atmosphère de recueillement je l’attribue peut-être au dépouillement des ces pauvres temples qui ne croulent pas sous les incroyables amoncellements de dorures et de feuilles d’or qu’on leur a collé dessus.
Je dis cela car je n’ai réussi à trouver cette sérénité dans la plupart des temples à cause du va et vient continuels des visiteurs qu’ils soient là pour admirer, pour prier ou pour offrir...
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