Mademoiselle Chambon de Stéphane BRIZE
Dans une ville des Bouches du
Rhône qu’on a bien du mal à identifier, Jean, maçon, marié, un enfant, rencontre l’institutrice de son fils, Mademoiselle Chambon, par l’intermédiaire de la pose d’une fenêtre et l’écoute d’un adagio de Barber, qu’elle va jouer pour lui...
Ce qui n’aurait pu être qu’une banale histoire d’adultère provinciale, se transforme par le jeu de deux magnifiques acteurs, Vincent Lindon et Sandrine Kimberlain, en une sonatine de pudeurs et de gestes retenus...
Les banales certitudes du quotidien des deux personnages en sont ébranlées, sans une quelconque vague pour venir le troubler, les chemins droits qu’ils s’étaient tracés, les habitudes, les rites familiaux, malgré et surtout grâce à la présence lourde et affective des proches (Jean-Marc Thibault surprenant...) on sent deux être au « bord de la crise de nerf », mais ce sont deux « taiseux »...
Il ne se passe rien dans ce film et pourtant l’intensité du drame que vivent cet homme et cette femme responsables n’en est que plus percutante...
Les regards, les silences, la messagerie du téléphone à laquelle on répond pas, les CD de l’adagio que l’on ne veut plus écouter, la peinture choisie ensemble dont la couleur est si belle que l’on en peindra toutes les fenêtres, n’empêchent pas le « Sur la route de Madison » qui se prépare...
Stéphane BREZE procède de cette école d’écrivains et de cinéastes dite « minimaliste »... avec des choses très simples, avec la vie de tous les jours, il arrive à nous tenir en haleine sur un thème mille fois éculé, où même les gares, les trains qui partent à l’heure, prennent une signification...