ELECTIONS - Le Parti Pheu Thai pourrait être contraint de revoir sa stratégie, et de penser à quelqu'un d'autre que Yingluck Shinawatra pour occuper le poste de Premier ministre si de nouvelles élections devaient avoir lieu, selon une source proche du parti au gouvernement. Cette dernière fait l'objet de plusieurs poursuites, à l'issue incertaine. Elle doit répondre de négligence dans la mise en oeuvre du programme des subventions versées au agriculteurs, à un moment ou ceux qui descendent sur
Bangkok et prennent position aux abords de l'aéroport de
Suvarnabhumi pour être payés.
Le parti Pheu Thai se battra bec et ongles pour remplir son rôle de parti de gouvernement, même s'il semble probable que madame Yingluck prendra du recul. La "National Anti Corruption Commission (NACC)", qui a convoqué le Premier ministre jeudi pour lui signifier les charges retenues contre elle, dispose de deux mois pour boucler son enquête. Une inculpation est de nature à mettre sur la touche l'actuel Premier ministre. Alors que la stratégie adoptée par le parti Pheu Thai était de faire bloc derrière madame Yingluck qui refusait de démissionner sous la pression des manifestants, cela pourrait changer à force de durer. La pression monte depuis que les partisans du "People's Democratic Reform Committee (PDRC)" s'en prennent directement aux entreprises plus ou moins liées à la famille Shinawatra. Il y a aussi des risques de nouvelles poursuites de la part des opposants et des agriculteurs.
Le parti Pheu Thai pourrait avoir intérêt à désigner un leader qui n'appartient pas à la famille Shinawatra, comme il l'avait fait après le coup d'état, en demandant à Samak Sundaravej de devenir Premier ministre. Il a été congédié par la Cour Constitutionnelle pour avoir touché quelques dizaines d'euros en donnant des cours de cuisine à la télévision. Le parti semble s'orienter vers un profil différent de celui de monsieur Samak, qui pourrait ressembler à celui de Chalerm Yubamrung.
Cependant, la famille Shinawatra semble prendre ses marques. Yaowapa Wongsawat, la sœur aînée de madame Yingluck, qui occupe un poste important au sein du parti Pheu Thai, a appelé à la mobilisation des militants contre les partisans du PDRC.
Noppadon Pattama, un stratège du parti Pheu Thai et un proche collaborateur du Premier ministre renversé Thaksin Shinawatra, considère que madame Yingluck dispose de deux mois pour prouver qu'elle n'est pas coupable de négligence. Elle est maître d'oeuvre des décisions politique, pas de leur application.
Certains avancent le nom de Somchai Wongsawat, le mari de madame Yaowapa, comme candidat potentiel. (source : bangkokpost)