Déclaration sur Facebook du Premier ministre Yingluck Shinawatra à propos des accusations formulées par la Commission nationale anti-corruption (CNAC)
Concitoyens thaïlandais respectés et chers riziculteurs
Je réaffirme qu'au cours des deux années durant lesquelles j'ai exercé les fonctions de Premier ministre, j'ai servi le pays avec honnêteté, intégrité, sans ménager mes efforts, en ayant conscience des difficultés du mandat que m'a confié le peuple thaïlandais. Je ne vais pas renoncer à mes responsabilités qui sont de protéger les intérêts de notre peuple, et de défendre notre système démocratique, avec Sa Majesté le Roi comme chef de l'Etat.
La Commission nationale anti-corruption (CNAC) a décidé de mener une enquête à propos du programme gouvernemental de soutien des cours du riz, à la demande du Parti démocrate. La CNAC a exprimé ses soupçons le 28 janvier 2014, en portant préjudice à la réputation du gouvernement. Elle a poursuivi son travail de déstabilisation en annonçant le lancement d'une enquête officielle le 31 janvier 2014, en réunissant l'ensemble de la commission d'enquête et en confiant les investigations au professeur Vicha Mahakul et à monsieur Prasart Pongsiwapai. Une note officielle m'a informée que mes droits seraient respectés, que le dossier serait traité de manière impartiale et transparente au cours de la procédure engagée par la CNAC.
J'imaginais, au début, qu'en prenant en compte mes fonctions actuelles de Premier ministre, je bénéficierai d'un traitement juste et équitable, et que la procédure prendrait en compte des témoignages fiables et des preuves tangibles, sachant que la loi recommande la mise en oeuvre d'une procédure qui ne souffre pas de retards, sans précipitation ni remise en cause des droits de la personne mise en cause.
Mes Chers Concitoyens
Ma mission, en tant que Premier ministre et également présidente du Comité national de la politique rizicole, est de nature politique. Au plan opérationnel, la mise en oeuvre de cette politique respecte un cadre, des procédures, et fait appel à l'intervention d'organismes publics et de fonctionnaires qui appliquent les orientations politiques.
Le gouvernement n'intervient pas directement, et n'a pas le pouvoir de donner des ordres ou de contourner le travail des fonctionnaires. La mise en oeuvre des décisions doit être conforme aux résolutions du Cabinet, qui s'inscrivent dans le cadre du discours de politique générale prononcé à la Chambre des représentants, conformément aux articles 171 et 178 de la Constitution thaïlandaise. J'ai toujours veillé à ce que les rapports du gouvernement avec le secteur privé respectent des principes de transparence et qu'il y ait toujours un décompte précis de fait pour chaque opération.
On a annoncé que je faisais personnellement l'objet d'une procédure, alors que je n'ai aucune responsabilité au niveau opérationnel. Comme je suis accusée, je suis obligée de faire valoir mes droits au cours de la procédure et, par conséquent, de demander d'examiner les preuves et les témoignages, dans le respect des droits qui me sont reconnus par la Constitution de la
Thaïlande. Je pourrais alors expliquer que je ne suis pas impliquée dans les actes que me reproche la CNAC.
J'ai adressé deux recours à la CNAC depuis le 11 février 20104, notamment une note qui demande à l'institution de remplacer le professeur Vicha Mahakul par un autre membre de de la Commission. Je n'ai pas obtenu de réponse. Au lieu de cela, le 18 février, au cours d'une conférence de presse, j'apprenais que j'étais convoquée le 27 février à 14h00.
Il ne s'est écoulé que seulement 21 jours entre la date de dépôt de la plainte à mon encontre et l'annonce du 18 février. La CNAC n'a jamais consacré aussi peu de temps à l'examen d'un dossier politique qui lui était soumis.
Un membre du précédent gouvernement a été accusé de nombreux faits de corruption, concernant notamment le régime d'assurance du riz. Il n'y a aucune procédure d'engager dans ce dossier en particulier, alors que la CNAC n'a mis que 21 jours pour me mettre en cause.
Mes concitoyens thaïlandais,
Je tiens à vous assurer que j'ai accompli ma mission dans un esprit de justice, contrairement à ce que laisse supposer les accusations formulées par la CNAC à mon encontre. Je n'ai rien fait de mal. A ceux qui m'accusent de ne pas avoir interrompu le programme de subvention du riz, je réponds que cette mesure a permis d'élever le niveau de vie des agriculteurs. Je suis accusée dans ce dossier par ceux qui veulent renverser mon gouvernement. J'espère que la CNAC va entendre les témoins que je vais citer. Le respect des règles de droit doit permettre d'établir mon innocence.
S'il y avait une vraie justice, sans intervention dans le calendrier politique, la CNAC n'aurait pas agi en intervenant de telle manière qu'elle favorise ceux qui veulent renverser le gouvernement. Et que dire des dossiers du gouvernement précédent qui sont enterrés, toujours en cours d'examen depuis 2013, et des dossiers épineux qui concernent le renflouement des institutions financières après la crise économique de 1997.
La CNAC doit prouver qu'elle exerce sa mission dans un esprit de justice, en respectant la Constitution.
Je demande à tous les riziculteurs de ne pas céder au découragement, face aux difficultés de la situation que nous vivons. Nous allons résoudre ce problème et surmonter tous les autres obstacles ensemble... Nous modifierons le programme si nécessaire...