Sentir ses jambes, sentir ses crampes, sentir sa fatigue, se demander ce que l'on trouvera au bout du chemin...C'est à chaque fois un réel plaisir. Ce plaisir je pensais l'avoir perdu il y à 3 ans quand une kiné m'a rendu visite en réa. Je venais de subir un AVC. Ho, je savais ce qu'il m'arrivait. La veille au soir quand ma rupture d'angiome est survenue je savais trés bien de quoi il s'agissait.Cependant je n'ai pus m'empecher de me dire tout au long de mon baptéme d'helicoptére (quelle idée de le faire allongé dans une coquille entourré d'urgentistes et en pleine nuit.....pff c'est tout moi ca

), de me dire donc, que ma vie ne serait plus jamais la meme, et que dés lors je devrais y trouver un nouveau sens.Cette quette de sens nous anime tous de facon plus au moins consciente. Alors que je m'etais endormis en songeant qu'a mon reveil il faudrait composer avec un corps meurtit, je me suis reveillé en me disant qu'a court terme il me fallait songer avant tout à ne pas me faire de fausses idées sur ce qu'il me serait dorenavent permis. Aiee, voilà qu'on m'annonce que la marche serait compromise. Voilà qu'un regard attendrit sur le "jeune" que je suis me faisait compendre que mon etat etait bel et bien ce que je redoutais. Mais bon aprés tout soigner les autres c'est mon metier, pourquoi ne pas en faire de meme avec moi ?? Me demander ce que represente la maladie ou le handicap chez mes patients pour mieux les aider etait ma preoccupation premiere. Voilà que ce matin là, je me retrouvais à leur place (a vai dre ce n'etait pas la premiere fois, mais cette fois ci c'est arrivé alors que j'etais devenus un soignant.).
Ce sentiment de solitude face a mon destin est un sentiment si fort qu'il me suffit de repenser a ce jour pour que ma chaire et que mon esprit le ressentent.
Ce matin là je me suis fait une promesse, si je remarche, je ne cesserais de marcher.Vous savez ce genre de marchandage inconscient que l'on fait avec nous meme lors d'un deuil necessaire à une nouvelle naissance.....
Cette promesse, j'ai eu et j'ai toujours l'occasion de la tenir. En effet il m'a fallut peu de temps pour me remettre debout.Motivation ou chance ? là n'est pas la question, là n'est plus la question.
Aujourd'hui je peux remarcher, certes il m'a fallut de longs mois pour passer outre mes apprehentions et mes angoisses. Si aujourd'hui je peux sans soucis en parler, si aujourd'hui l'envie me viens d'en parler avec vous, sur un forum que je connais à peine, c'est peut-etre parceque c'est là que ce trouve le sens de toute cette histoire.
Passionnés de voyages, passionnés des autres, passionnés du depassement de sois, amoureux de la nature, amoureux de la terre, on passe sur ce forum, on s'y arréte, on y poste, on lit, on s'emerveille, on s'emeut, bref, on se retrouve dans les recits des autres, on retrouve nos reves, nos ambitions, parfois nos deceptions.Pour ma part je retrouve chez vous, ce qui m'anime en tant que professionel d'une part mais aussi en tant que randonneur debutant. Cette irresistible attirance vers l'ailleurs et vers les autres. Cette curiosité saine dont on sait que chaques decouvertes et chaques reponses à nos attentes d'avant depart va d'une part combler une part de vide que l'on à tous en nous, mais surtout nous donner l'energie de relancer la machine et aller encoe plus loin et/ou profond dans nos quettes.
En lisant ces qqs lignes j'imagine fort aisement que certains vont se demander à quoi me sert d'ecrire celà ? d'autres y trouveront certainement un echo plus personnel voir intime. Si je decide de parler de mon histoire, de mon accident et de mon metier c'est aussi et surtout parceque le peu de temps de passer ici m'a permis de constater que beaucoups sur ce forum, se sentent concernés par le sort de leurs congenaires. Entre les sections humanitaires, les etudiants paramedicaux qui cherchent des stages, ou tout simplement ceux pour qui voyage rime avec decouverte des autres, on se rend compte aisement que le voyage n'est pas que recréatif, que le depassement de sois n'est pas qu'un exploit physique, mais avant tout un voyage interieur. Et c'est là que je me retrouve, c'est là que d'entrée je me suis sentis profondement et intiment à l'aise sur ces pages.
Quand il m'a etait possible de marcher, j'ai tenus ma promesse, au depart j'arpentais les couloirs de l'hopital sans cesse, puis à ma sortie je me suis mis à en faire de meme dans ma ville, à la campagne, bref, mes jambes etaient et sont toujours mon moyen de locomotion principal. Puis le temps etait venut de reprendre une activité, malgrés qqs soucis persistants et qqs sequelles insidieuses, j'ai repris mon activité au domicile des patients, une moyenne de 15km par jour à pieds. Oui et ? me direz vous : et tout simplement la magie.... Oui ce sentiment fut magique, marcher la tete levée, contemplatif, admiratif de ce qui m'entourais, le plaisir d'avoir un rythme personnel non lié au conraintes mecaniques des transports, le plaisir de faire le point entre deux interventions, d'avoir le temps et l'occasion que seule la marche proccure d'etre attentif à son environnement, le plaisir tout court de se sentir intiment lié à la nature, au sol bref à la terre.
Cette periode fut pour moi une immense decouverte sur le point du soin apporté aux autres. Etre disponible en tant que soignant etait devenut si facile, si normal quand mes soins et mon attention arrivaient suite à une grande bouffée d'air, à une marche, à un parcours à la lumiere changeante au grés du temps, des saisons, de la vegetation et de la faune.
Prendre soin de sois pour prendre soin des autres, devise si chére à tout soignant, aujourd'hui là est le sens de ma vie, le sens de ce qui m'est arrivé.
Depuis les choses evoluent, en effet, j'ai quitté mon emploi pour excercer autrement. Le virus de la marche et de 'impregnation de la nature grandissant à vue d'oeil, j'ai decidé de troquer le confort douillé du domicile et de l'emploi fixe, contre le travail en interim et le "nomadisme".
Alors que j'ai toujours voulus voyager dans les pays exotiques, me disant que mon metier le permet, je me dis qu'avant d'aller voir ailleurs si la terre est réellement si belle, il me faut un point de comparaison, c'est ainsi que je me retrouve depuis plusieurs mois a sillonner le sud de la
france. Bah oui il fallait y penser

, la
France est vaste, et malgrés ce qu'elle nous apporte ou non, il faut bien admettre qu'elle est belle et contrastée. Et si demain je dois partir en mission humanitaire, si demain je dois rejoindre mes amis en
océanie, une chose est sure, c'est ici et non ailleurs que j'ai fais mes premiers pas en tant que marcheur, randonneur, contemplatif amateur.....
Ce n'est pas une declaration d'amour à la
France, mais plutot un rappel à mes collegues qui revent d'ailleurs, qui comme moi pendant longtemps ont etaient pris entre hesitation de faire le grand saut et ce sentiment de non accomplissement en restant fixé au meme endroit.
Les autres c'est vous, c'est moi, allez à leur rencontre, s'enrichir de leur culture de leur difference, ne necissite toujours pas de passer les frontiéres. Loin de moi l'idée de juger qui que soit, de porter un regard teinté d'un sentiment negatif sur vos envies. J'ai seulement envie de vous rappeler qu'à defaut de grand saut, on peut commencer par un petit pas. A defaut d'
everest, on peu s'emerveiller, s'emouvoir, se depasser, vire ou renaitre dans les alpes, le jura ou autres.
Nous avons tous nos reticences, nos hesitations face aux changements radicaux de cap, mais une chose est sure on apprecie la vie comme on apprecie la marche : A son rythme....
Il y a trois ans, il me semblait utile de marcher pour me sentir vivant, aujourd'hui je veux rester en vie pour pouvoir marcher encore et encore.
Petit à petit je comprend que ce qui fait de moi un soignant attentif ce n'est pas le fait d'avoir connut de facon si rude la condition de soigné, non ce qui fait de moi ce que je suis, et ce qui fait de vous des personnes attentives aux autres et surtout attentives à vous memes, c'est ce que nous à offert la terre, ses paysages, sa beauté, sa diversité.... Etre voyageur n'aurait certainement pas de sens si nous etions incapables d'enrichir nos relations de tout les jours en restituant ce que la nature nous offre. Vous connaissez beaucoup de gens pret à partager un tresor au lieu de le garder jalousement secret ?
moi oui, je vous connais vous.