Excellent effectivement!
L'histoire de ces jeunes colombiennes qui font commerce de leur ventre (d'une toute autre façon que les thaïlandaises...) donne froid au dos. Comment imaginer pouvoir stocker une soixantaine de capsules de drogue dans son estomac puis devoir les restituer de "l'autre côté" de la frontière américaine? C'est ce que font les "mules", de jeunes filles poussées par la précarité personnelle et la pauvreté familiale, au péril de leur vie (si une capsule s'ouvre pendant le transport, c'est la mort; si les douanes américaines les chopent, c'est la prison pour longtemps...). Le film est très bien fait: le désarroi personnel au départ (famille à charge, patron dans une usine de fleurs irrascible, petit ami incompréhensible...) et puis cette "solution" qui se présente par une rencontre avec un trafiquant...
L'actrice principale est pleine de talent:
Catalina Sandino Moreno est une Lena Olin toute jeune.
Ce film et quelques autres actuellement à l' affiche ("
Voyage en famille" argentin, "
Mon trésor" israëlien...) est l'occasion de faire le point sur l'hégémonie des grands complexes cinématographiques. Ils programment presqu'exclusivement des films commerciaux, des films grand public, des films à gros budget et finalement énormément de navets... Les films "petits" par le budget mais "grands" par le sujet traité et par le talent du réalisateur et des acteurs sont systématiquement "refoulés". Et parmi eux, une flopée d'excellents films étrangers, dont la programmation est réduite à peau de chagrin. ("2046" et "Holy Lola" seraient-ils programmés à une aussi grande échelle si leur réalisateur était cambodgien?) Face aux grands complexes, certaines salles font heureusement de la résistance, mais elles sont très minoritaires et confinées à quelques grandes villes seulement...
Khaldoun