Isis, comme disait Sénior CH, tu es la seule à te comprendre. Si tu as un décodeur, je suis preneur, car pour ma part....rien compris à tes propos !

Quelle face voudrais-tu donc que je sauve ? et de qui ? de quoi ?


Je suppose que tu veux parler de relations (oh, le bien grand mot pour un temps aussi court...) avec des professionnelles ?
Bon, et bien si c'est de ça qu'il s'agit...oui, sans problèmes ! j'assume mes frasques.
Si, (chose assez rare), je suis seul dans ma vie et que sur le moment l'idée me semble bonne, je ne vois pas où est le problème.
Pas n'importe où, ni avec n'importe qui, ni dans n'importe quelles conditions, mais s'il n'y a pas de soupçon de cohercition, pourquoi pas ?
Tu sais certaines font le choix de ne pas bosser dans une rizière pour 2 €/jour. Ou de ne pas finir leurs vies caissières à
Minsk. Tout simplement. Chacune d'entre elles n'a pas forcément une histoire à la Zola en réalité.
A te raconter surement, par contre ! mais, c'est seulement parce que tu es bon public. Et qu'au fond de toi, c'est cette histoire-là que tu as envie d'entendre, non ?
Si Tatiana la Lettone, Noy la Thailandaise ou Jenny la Ghanéenne t'expliquait qu'en fait eles ont une "bonne vie" (ou dans tous les cas bien meilleure qu'avant) les entendrais-tu ?
Je vais te donner un exemple concret, en
thailande puisque c'est l'endroit que je connais le mieux et dont je parle le mieux la langue.
Une fille de l'Issan (région est de la
Thailande bordant
Laos et
Cambodge) travaillant 10h00/jour à la ferme gagne environ 120 Baht (+/- 2, 50 €). Elle doit donc gagner deans les 3660 Baht/mois les mois où elle est embauché tous les jours (75 € environ). Dans un village, ça lui permet de bouffer (on ne crève pas de faim en
Thailande), de s'habiller, d'avoir une télé (très important !). Bref, de vivre à la mode "Thai des champs". mais toutes les choses qui la font réver (fringues de marque, bijoux, boites de nuit...) qu'elle voit à la télé (et dont lui parlent ses "copines" qui, elles "bossent" déjà dans les coins à touristes), pas question ! pas assez de blé !
A 20 ans elle a déjà deux gosses, un mari alcolo et chomeur qui la dérouille régulièrement s'il ne l'a pas déjà laissé tomber....
mais, surtout, en plus de ce tableau de rève, elle vit dans un trou où la plus proche "épicerie" (zone sinistrée !) se trouve à 15 bornes. A 20h00 toute les lumières sont éteintes et tout le monde pionce jusqu'au lendemain 6h00 ! Et...re-belote jusqu'à sa mort.
Alors quand une copine de son village lui dit qu'il ya du boulot pour elle, dans le bar où elle bosse, et bien elle re-file les marmots à ses parents (trop heureux d'avoir avec eux une garanti de virements mensuels) et...le bus pour Pattaya ou Phuket !
Là, elle bossera dns un beer-bar. Elle sera payé environ 3000 Baht/mois (son fixe) mais plus pour se casser le dos dans une rizière ! elle bouffera grace aux pourboires partagés en fin de soirée et si elle veut elle se fera des "extras" en se faisant embarquer par un étranger qui lui laissera au moins 1000 baht. Avec un peu de chance, si elle n'est pas trop vilaine, et dés que ses copines lui auront enseigné toutes les ficelles du "métier" elle se trouvera un (ou deux, ou dix !) pauvres types qui tomberont amoureux d'elle et lui enverront des mandats tous les mois (persuadés qu'elle a "tout arrèté pour eux, qu'elle les aime et qu'elle est retourné au village en attendant leur prochaine visite).
Elle vivra dans la grande ville, au milieu des strass et des lumières, claquera son fric dans les fringues (et autres denrées essentielles), enverra du blé à la famille (devenant ainsi "quelqu'un" au bled), picolera avec ses "collègues de travail", jouera une bonne partie de son blé....la vie, quoi.....
Et de temps en temps, un blanc pour regonfler les finances.
Quand tu discutes "vraiment" avec elles, elles te disent que la plupart de leurs "clients" sont plutôt cool et que même les pénibles ne le sont pas autant que l'ex-mari !
Ce que je veux te faire comprendre avec ce trop long message, c'est que les choses ne sont pas aussi simplistes et tout noir, tout blanc que ce que tu imagines. loin de moi l'idée de faire l'apologie de quoi que ce soit. Simplement relativiser un peu les choses. Les remettre dans leur contexte. Ne pas tout voir avec nos yeux et notre morale occidentale.
Aprés, je crois que ni toi, ni moi, n'avons les moyens (ni l'envie pour ma part) de tarnsformer le quotidien de ces filles chez elles en conte de fée.
Alors, partant de là, et si le choix n'est pas contraint.....j'ai du mal à voir où est le problème.