Bonjour
Les chevaux du Tamil Nadu ont l'air superbes. J'ai déjà eu l'occasion de voir des photos, cela donne envie. Au Gujarat, beaucoup plus nombreux mais plus rustiques et plus petits. Bon voyage avec Malkit au Gujarat, n'hésitez pas à me poser des questions sur des lieux improbables qu'il retrouvera sans problème, mais sans avoir les documents explicatifs que j'ai concocté ou trouvé pour les visites. Il a une mémoire d'éléphant.
Je continue mon carnet...
A 14 h 30, après un déjeuner rapide dans un dhaba juste avant l’embranchement pour Polo Forest, nous commençons notre découverte des monuments de Polo Forest, des temples disséminés dans la campagne sur une quinzaine de km. Nous sommes munis d’un document du GTRDC (Gujarat Tourism etc...) pour nous aider, plus le GPS... Le premier temple indiqué est le Shiva Vrisheswar Mandir, un temple fraichement repeint. « Om Shiva, Om Shiva » à plein pot dans les hauts-parleurs, singes joueurs, stop rapide, trop ripoliné, trop refait à neuf.
Retour sur le circuit proposé par le GRTDC pour quelques kilomètres. Il me semble que nous avons dépassé le deuxième temple, qui aurait du se trouver sur le bord de la route assez rapidement. Des gens que Malkit interrogent nous renvoient en arrière. Nous avions bien dépassé le second temple ! Ce qui semblait simple sur le papier se révèle un peu plus complexe... En fait, les temples ne sont pas exactement (pour certains) sur le bord de la route, comme cela apparait sur le document. Les indications de l’ASI existent mais il faut un sacré œil pour les repérer car elles sont couvertes de poussière et quasi invisibles si l’on ne fait pas attention. On arrive à un ensemble un peu ruiné mais néanmoins intéressant du 10e siècle. Les toits sont effondrés ou presque mais les portes sont finement sculptées (un peu comme ceux de la même époque vus au Madhya Pradesh une autre année).
On reprend la voiture pour quelques kilomètres encore et arrivons au Shakti temple, un ensemble de plusieurs bâtiments dont certains sont en triste état, consacrés à Shiva datant du 10ème siècle. Il fait très chaud et la rivière qui coule au bas des temples ne rafraîchit pas l’atmosphère. C’est un très bel endroit, sur les contreforts des Aravellis, avec les collines boisées en arrière-plan, la rivière, les arbres aux fleurs orangées qui donnent un coup de peps à l’ensemble, les pierres sculptées... Le temple se mérite car il est situé sur une haute plateforme que l’on atteint après quatre volées de six marches.
Le torana d’entrée a encore une belle allure,
deux des quatre templions qui entourent le temple central ont dû être retapés par l’ASI car ils sont en super état et arborent des sculptures et un toit magnifiques, les deux autres ne sont plus qu’un souvenir, il ne reste que les soubassements. L’ensemble s’appelle le Shakti Panchayata puisque qu’il s’agit d’un ensemble de cinq sanctuaires.
Sur la route, restes d’un tout petit temple enchâssé dans un fromager qui a complètement pris le dessus... Quelques kilomètres plus loin, sur le bord de la route, comme prévu sur le plan, un temple entouré de hauts murs. C’est le plus imposant de tous ceux que nous avons vu pour l’instant et nous ne serons pas, comme les autres fois, seuls pour visiter. Deux bus d’écoliers sont stationnés devant les murs et les gamins grimpent partout... Les coffres des bus sont remplis de grosses casseroles, d’immenses poêles, d’une passoire énorme, de gobelets et thalis en métal, d’une cocotte-minute qui a vu des jours meilleurs et de divers matériaux. En
Inde, quand on pique-nique en sortie scolaire, on pique-nique sérieusement ! J’imagine que les cuisiniers de l’école ont préparé du riz, du dal et des légumes pour tout ce petit monde...
Le panneau de l’ASI, un peu moins poussiéreux que les premiers que nous avons rencontrés nous indiquent que nous sommes au Sharaneshwar temple, du 15ème siècle, lui aussi dédié à Shiva et que ce type de temple entouré d’une enceinte (enclosure !) n’est pas courant dans le nord de l’
Inde). Il y a une entrée principale aménagée dans le mur d’enceinte qui ressemble aux portes que nous avons pu voir dans les villes fortifiées du Gujarat, avec de beaux brackets, des faux balcons ouvragés. Le temple devait être assez important : il est original, composé de deux étages encore debouts (le toit a disparu) et d’une espèce de véranda qui coure tout autour du bâtiment, et ce sur les deux étages. La véranda est soutenue par des colonnes sculptées sur la partie supérieure.
Il y a ici et là des pierres non remontées qu’habituellement nous ne pouvons admirer de près. 4 pierres triangulaires devant former initialement le plafond d’une « chapelle » latérale gisent sur le sol : sur chacune d’elle, des musiciens aux pattes d’oiseaux avec des instruments différents.
La rivière coule tranquillement tout le long de la route et curieusement, c’est extrêmement propre et bucolique. Pas de papier gras ni de sacs plastiques comme partout ailleurs. Les indiens ont l’air de respecter les pancartes « Keep clean Polo Forest » ! Il faudrait mettre ce type de pancarte un peu partout dans le pays si cela marche ici, pourquoi pas ailleurs !
Arrêt rapide dans un autre temple du 15e siècle, toujours consacré à Shiva, en piteux état lui aussi mais très photogénique car la pierre est très rouge et les sculptures ressortent bien.
Dernier arrêt pour l’ensemble jaïn. Il faut traverser pieds nus un gué bétonné submergé par la rivière. Il y a beaucoup de monde, des indiens uniquement, en famille, en sortie scolaire ou en groupes d’amis.
Le passage de la rivière est marrant pour tout le monde sauf pour C. qui se rend compte, au milieu du gué qu’elle n’a plus qu’une chaussure à la main. Il y a pourtant un grillage de chaque côté du gué mais un grillage troué par endroit... On regarde autour de nous en vain, le courant a du emporter la chaussure... qui était très confortable pour voyager. Sa paire de basket étant dans la valise, malheureusement située en dernière position dans le coffre, C jette l’éponge et décide de rester vers Malkit pendant que nous partons en exploration. Nous marchons quelques centaines de mètres sur un chemin au milieu d’une forêt encore clairsemée à cette époque de l’année et arrivons dans un lieu magnifique. Des ruines devant nous, mais sur la droite, une centaine de mètres plus loin, un temple très original et très beau, avec des jalis incroyables, représentant pour certains des animaux ou des personnages.
Devant toutes ces belles choses, je me décide à aller chercher C. et Malkit. Je les retrouve devant le gué et les envoie admirer le temple (C. avec mes chaussures du 41 à ses pieds en 38 !)
Pendant ce temps-là, je suis pieds nus au bord du gué à multiplier les selfies (c’est eux qui font des selfies, pas moi !) avec tous les indiens qui passent par-là (jeunes en goguette, profs ou instits accompagnants les élèves...)et se demandent bien ce que je fais là, assise seule les pieds dans l’eau. De mon côté, je ne me gêne pas pour photographier tout ce petit monde et le temps passe vite.
Je mets pas mal de photos de Polo Forest pour vous donner une idée de l’endroit, je n’ai pas trouvé grand-chose sur internet quand j’ai préparé mon circuit.
C’était notre dernière visite au Gujarat, puisque nous commençons notre remontée sur
Delhi juste après Polo Forest... On rejoint assez rapidement Vijaynagar et de là, par une route très belle mais sinueuse passant dans des villages du sud du
Rajasthan, on arrive sur l’autoroute menant à Udaipur. Petit arrêt chaï et clop à Rishavdeo en prenant le temps de revoir, de nuit, le superbe temple (photos inmontrables, nulles) et ses immenses éléphants en pierre verte qui montent la garde devant l’entrée. Je l'ai déjà visité lors d'un autre voyage et ce temple vaut vraiment la visite, tout comme
Dungarpur, tout près de là, une petite ville du sud du
Rajasthan, encore pas très visitée. Arrivés à Udaipur vers 20 h 30 juste pour dormir, dans un superbe hôtel pas cher que Malkit connaissait situé dans la périphérie, au bord d’un des lacs. Pas le courage d’aller en ville après cette journée bien remplie, on se contente d’admirer la vue depuis le resto sur le toit.
Jeudi 25 et vendredi 26 février
Deux longues journées de route, entrecoupées de pauses chai, dhaba, derniers achats (on a encore de la place !) pour remonter sur
Delhi, même si il n'y a que 750 km... ou plutôt parce que 750 km en
Inde, c'est pas de la tarte !
Udaipur -
Jaipur le jeudi et
Jaipur -
Delhi le vendredi... une sacré expédition mais on l'a déjà fait par le passé. On aurait pu prendre l'avion et laisser Malkit rentrer seul mais nous n'avons jamais envie de le quitter trop tôt et préférons l'accompagner pour cette "épreuve" !
En vrac, quelques remarques :
- nous sommes très étonnés du développement de
Jaipur où nous n'avons pas mis les pieds depuis 2010 : la ville s'est modernisée incroyablement dans les faubourgs. Le centre est toujours aussi beau, une unité architecturale qu'aucune ville du Madhya, de l'Uttar ou du Gujarat n'arrive à égaler, même à 5%. Je comprends pourquoi le
Rajasthan est proposé par les Tour opérateurs, même si je n'ai plus envie pour ma part, d'y retourner (il faut dire que je connais bien, mais trop touristique, trop de sollicitations de toutes parts). Le traverser en partie chaque année pour rentrer me suffit !
- La circulation est toujours aussi dingue sur la route entre
Jaipur et
Delhi mais il nous semble que c'est plus policé, moins dangereux. Presque plus vu de véhicules à contresens. L'
Inde change vite !
- Arrivés vers 15 h à
Delhi, on retourne au musée de l'artisanat (craft museum qui est plutôt un musée d'art tribal) encore en travaux, partiellement fermé et encore gratuit cette année. Chaque année, on y repasse, espérant la fin des travaux et la réouverture de toutes les salles mais cela traîne... A ne pas manquer, même si il n'est pas encore fonctionnel complètement, tant pour les collections à l'intérieur que les reconstitutions de l'habitat tribal ou les mises en scènes à l'extérieur, avec des sculptures de chevaux en terre cuite, des peintures tribales. Une superbe boutique vient d'ouvrir avec des objets de toute beauté, à des prix intéressants et étiquetés !
- Encore pas pris le temps de repasser une journée à
Delhi, cela fait bien longtemps que je n'y arrive que la veille du départ, dommage, mais à chaque fois, je n'arrive pas à tout caser ce que je voudrais ! Du musée, on va saluer et dîner dans la famille de Malkit, qui vit pas très loin de l'aéroport. Son épouse nous a entre autres plats, préparé des aubergines divines. Le temps passe vite et il est déjà l'heure de rejoindre l'aéroport, notre vol est à minuit ce vendredi !
Encore un magnifique voyage en
Inde, qui ne sera pas le dernier... j'ai déjà quelques idées pour le prochain !