C'est bien beau de dire j'aime ou j'aime pas, mais justifier c'est
mieux. Et là je parle pour moi, vu que mes propos sur la bouffe de Costa
on été diversement appréciés.
Avant qu'on m'accuse de faire des chichis (sous prétexte que j'aime le
bon thé) je précise que ma préférence va au bistro du coin et au plat du
terroir plutôt qu'à l'étoilé michelin.
Bon maintenant le sujet qui fâche.
Premier problème chez Costa: le pain est immangeable. Des petite boules
sèches, blanches et dures, des gressini raides comme la justice qu'on
vous fait pompeusement choisir dans un panier (au club ou samsara). Déjà
la base d'un bon repas c'est d'avoir du pain correct. J'ai du mal à
comprendre comment des français peuvent s'en satisfaire, peuple qui a le
meilleur pain du monde.
Corollaire du pain, l'absence de fromage. Enfin je ne peut pas appeler
fromage les quelques tranches d'une préparation industrielle qu'on ne
servirait même pas dans les cantines scolaires.
Sinon, la qualité des plats est très aléatoire. Il peut y avoir une
viande passable (on ne vous demande jamais la cuisson souhaitée, tout
arrive archi-cuit) et soudain derrière une horreur: une escalope
"milanaise" avec une chapelure plus épaisse que la viande et qui
recouvre toute l'assiette. Ou encore des pâtes à la bolognaise qui
dégagent une odeur de fond de veau industriel (limite canigou). Tout
cela servi avec grand cérémonial. Un soir au samsara on a eu une sorte
de paté collant en entrée (pourtant le nom mettait en appétit) à
décrocher un dentier (vu l'âge moyen de la clientèle c'était risqué).
Aussi l'habitude de mettre des pommes de terre un peu partout dans les
plats du soir, c'est vraiment lourd. De même que les pâtes. Pourtant
j'adore les pâtes mais le soir n'est vraiment pas le moment idéal pour
s'enfiler des féculents simples vite transformés en graisse par le
corps. Evidemment c'est pas cher, alors.
Ils jouent beaucoup sur la présentation pour en mettre plein la vue mais
derrière il n'y a pas grand chose. Le problème principal est la qualité
des insuffisante des ingrédients. Exemple: les oeufs brouillés ou
omelettes du matin sont totalement insipides. On n'a l'impression
d'avoir rien en bouche. Je ne demande pas des oeufs bio (quoique), mais
déjà s'ils pouvaient utiliser des vrais oeufs (et pas de la poudre) ce
serait bien.
Et puis c'est lassant d'être constamment pris pour des pigeons ou des
vaches à lait, quand il n'y a pas une bouteille de vin correcte à moins
de 25 euros. Qu'il faut payer 4/5 euros pour un expresso, un jus
d'orange pressé, une bière ou un coca. Ou bien qu'il faille se balader
avec des tickets rationnement pour acheter ses boissons, comme pendant
la guerre. Pas très classe.
La glace à l'italienne, on dirait de l'eau sucrée. Au buffet il y a ces
belles machines où chacun peut venir tirer sa glace molle. Je ne sais
pas ce qu'il mettent dedans mais je n'en ai pas repris. On est très loin
des gellati trouvés à chaque coin de rue en
Italie.
Alors oui on s'est rabattu sur le buffet pizza certains soirs, seul truc
simple, fiable et rapide. Ca évite de rester coincé deux heures à table
avec de la bouffe de cantine alors qu'on a un longue excursion dans les
jambes, un excellent livre à lire et qu'il faut en plus se lever à 6h30
le lendemain pour l'excursion suivante.
En gros je ne me rappelle pas d'avoir mangé un truc vraiement bon
pendant ces dix jours, le mieux était fade, le pire immangeable. Mais
j'ai quand même aimé cette croisière, ma première, c'est dire si la
bouffe n'était pas mon critère essentiel.