Apparrement ils s'en fichent de perdre les clients aux revenus les plus bas. Ce qui les intéresse c'est les clients qui ont des moyens financiers aisés et les hommes d'affaires qui ne payent pas leurs billets. C'est eux qui rapportent le plus à la Compagnie (jusqu'à présent).
Sans doute, mais:
Est-ce qu’en ces périodes difficiles ce marché n’est pas en diminution importante ? Est-ce bien le moment de réduire les clients potentiels ? A moins qu’AF n’ait prévu de réduire de façon importante ses capacités, mais cela ne me semble pas cohérent avec le discours « pas de licenciements » affiché pour l’instant.
Je reste toujours dubitatif devant le discours récurrent concernant les passagers « haute contribution ».
D’abord parce que quand on ramène le prix du billet à la surface (et au poids) occupés dans les avions la différence devient moins importante qu’il n’y paraît au seul vu des tarifs.
Par exemple si on prend les deux versions des A 343 d’AF, la comparaison est facile et indiscutable (plus compliqué pour les autres avions avec les galleys ou toilettes différentes): dans un cas 36 J / 236 Y, dans l’autre 30 J / 261 Y.
Donc 6 J « valent » 25 Y, soit 1 siège business pour 4.17 sièges Eco. J’entends bien que dans le second cas il faut fournir 4 repas (mais qui ne sont certainement pas au même prix unitaire en Y qu’en J !) ou transporter plus de poids de bagages. Disons donc que le rapport de coût est de 4 seulement. Notons tout de même que la surcharge carburant est identique quelle que soit la classe. Donc sur un vol AR vers l’Asie les 4 sièges Eco « rapportent » à AF 800 euros de surcharge carburant, le siège affaires 200 euros seulement, alors que la masse à transporter (y compris la part de la masse à vide de l’appareil) n’est certainement pas dans un rapport de 1 à 4, même en intégrant les bagages.
Plus globalement (parce que cette affaire de surcharge carburant c'est juste une escroquerie visant à faire payer les billets primes) je viens de regarder pour un AR
CDG HKG, avec séjour sur place de plus d’un mois départ en mars, retour en avril (dates correspondant à mes besoins professionnels, mais ce sont les mêmes prix autour des jours choisis).
Bilan:
Eco (en H): 1209 euros
Business (en D): 4077 euros.
Rapport: 3.37, inférieur au rapport de coût de 4.
Certes AF va devoir donner plus de miles aux 4 passagers Eco qu’au passager affaires, mais seulement dans un rapport de 1 à 2 entre Eco (4 H à 75% au 01/04) et Affaires (1 D à 150 %)
Au global celui qui part en Eco dans ces conditions subventionne donc la classe Affaires.
Un autre élément de réflexion est que les compagnies qui proposent des offres seulement business ont du mal à perdurer. Une des raisons est que les voyageurs business ont besoin de vaste réseau et de flexibilité horaire. Et cela est plus facile si on a aussi des passager éco qui aident à maintenir des fréquences élevées sur les destinations les plus demandées.
Dans ce cas la présence de passagers eco aide à maintenir des vols qui attirent les voyageurs affaires. C’est un avantage indirect pour la compagnie.