"Et de mon côté, j’ai reçu tant de cadeaux que je ne vous en ferais pas la liste (faut pas faire des envieux, c’est pas sympa). Je vous dis le plus tendre : des graines et de la tourbe, graines de théier de Chine, graines de palmier des Canaries, graines de séquoia de Californie, graines de Caféier du Brésil, graine de l’arbre à soie. Ainsi, je vais m’essayer comme chaque année à faire pousser des arbres chez moi, je vais réussir la germination, m’écrier de fierté et pouffff, le séquoia restera un filament blanc incertain;"
Pondy, ça me fait très plaisir de voir que l’huître, qui d’ordinaire a des effets aphrodisiaques, ne ta pas engloutie. J’avais déjà alerté tous les aéroports de
France et donné ton signalement à toutes les grandes gares.
Interpol était déjà sur le coup, concentrant toutes ses recherches sur une affaire de détournement de petites graines à l’échelle internationale. Mais comme le budget (alloué par VF!) s'est avéré être insuffisant, ils ont interrompu leur enquête ! Autant te dire que je suis soulagée de te voir refaire surface!
Donc je te dédie volontiers la suite du "récit..."--
Suite du récit de quelques voyageurs des temps modernes
Préambule, le premier en 2008:
«
L'année a commencé par les tirs de feux d'artifices de Sydney à Moscou alors qu'un million de personnes se rassemblaient sous la fameuse boule de Times Square à NewYork qui fêtait ses 100 ans, et alors que Pékin célébrait l'entrée dans son année olympique. »
Et... l’espoir fait vivre :
«
En Russie, Vladimir Poutine a présenté les derniers vœux de sa présidence, affirmant avoir relancé l'économie et surtout d'avoir rendu au pays et à ses habitants le sentiment de constituer une nation unie. » Ben voyons !
Je me traîne une petite forme aujourd’hui. Pourtant, je n’étais ni à
Sydney, ni à
Moscou, ni à Times Square !
J’espère que tous les VFistes se sont levés du bon pied en 2008, et surtout que l’année sera riche en voyages.
Les filles du « récit... » ont passé le réveillon avec leurs partenaires respectifs, elles se remettent lentement d’une soirée placée sous le signe de l’amour extrême et de leurs retrouvailles au café placées sous le signe des bavardages.--
C’est la tournée de Mado.
Elles ont bien besoin de se rafraîchir les idées après que Sophie leur ait raconté sa première nuit, pour le moins sulfureuse selon ses dires, avec Pat. Il est parfois difficile de s’imaginer de quoi les gens sont capables... si on s’en tient à leur allure! En tout cas, le fait que Sophie ait eu l’air fatiguée n’a franchement rien d’étonnant et strictementt rien à voir avec sa cure d’amaigrissement.
Elle pense intensément ces derniers temps à une phrase d’un des bouquins de Le Clézio :
« Il n’a pas de plus grande émotion que d’entrer dans le désert. Aucun désert ne ressemble à un autre, et pourtant, chaque fois le cœur bat plus fort ».Et elle se dit qu’ils entrent, Pat et elle, dans leur propre désert comme dans un rêve... à la recherche du secret des dunes, laissant le vent les transcender, comme si, désormais, il n’y avait qu‘ eux sur cette terre...
Quand Anny, à son tour, s’est mise à raconter à Mado et Sophie ses vacances en
Crète, c’est redevenu plus terre à terre!
Anny, jusque là, a toujours cru en sa bonne étoile. C’est une optimiste née, le genre de nénette sympa, parfois crédule, voire naïve mais finalement fonceuse, une fille principalement animée par des tendances altruistes et idéalistes, allant jusqu’à avoir une attitude très zen par rapport à la mort et tout ce qui l’entoure!
Mais à l’écouter, on dirait que la rencontre virtuelle d’une part, puis infiniment charnelle avec Vincent, l’a transportée à jamais sur une autre planète, l’installant quasiment au bout de deux semaines de vacances dans une névrose d’échec et de superstition.
Après que le Tour Opérateur, chez qui elle a réservé son séjour à Djerba avec sa propre carte de crédit, (rappel: Vincent ayant perdu la sienne sur le parking de Carrefour) les ait reprotégé sur la
Crète en dernière minute, le couple jovial s’est retrouvé à l’aéroport d’
Athènes, confronté à une des plus dures grèves générales de l’histoire grecque depuis la mort d’Alexandre le Grand».
«Aucun avion ne quittera le sol grec à partir de ce matin 11 heures » a titré le Figaro ce jour-là alors qu’ils viennent d’atterrir à
Athènes. Ils ont donc vécu le même genre de tragédie grecque, digne d’Antigone en l’occurrence, que Mado et Gérard à
Rome six mois auparavant. Mado est toute compassion, elle en a presque les larmes aux yeux, quand elle écoute sa copine raconter la prise d’assaut du guichet d'Olympic Airlines... digne du siège Troie par Ulysse et Agamemnon!
Après être montés deux fois voir le Parthénon et avoir dormi une nuit dans un hôtel bruyant du centre ville, Vincent et Sophie ont enfin pu prendre leur vol pour
Héraklion.
C’est à partir de ce jour-là que la météo s’est détraquée. Il n’y a quasiment plus eu un jour sans nuages, un après-midi sans averse et rafales de vent. Il faut dire que le début du mois de décembre n’est pas la meilleure saison pour voyager en
Crète. Pourtant, les trois guides touristiques de Vincent s’ accordent pour dire que l’hiver est en général d’une grande douceur sur les côtes !
Mado et Sophie ont pouffé jusqu’à l’asphyxie quand Anny leur a raconté que les deux tourtereaux ne se sont pas laissés démonter par l’humeur lunatique du climat, Vincent ayant déballé dès le premier jour en souriant toute sa panoplie de sex toys !!
Anny parle convaincue et (apparemment expérimentée qu’elle est) du danger de devenir accro à une sexualité mécanique. Mais Vincent est, (toujours selon ses dires) un expert en jeux sexuels et d’une imagination débordante....
( (ndlr : dois-je vous rappeler le principe des questions par mail pour les curieux qui aimeraient connaître les détails et les effets sur Sophie du vibromasseur déficient?))
Après s’être plutôt bien acclimatés à l’île et avoir découvert sa beauté à force d'excursions en voiture de location, Sophie et Vincent ont décidé d’aller faire un tour sur l’île voisine de Gavdos. Au terme d'une journée de déambulations, les deux curieux sont rentrés pour finir leur visite dans une église orthodoxe visiblement en cours de restauration. Au moment d’en ressortir, ils ont trouvé la porte fermée à double tour. Au bout de deux minutes de doute, cinq d’énervement, trois de panique et dix d’animosité, Anny a fini par appeler le numéro d’urgence de l’île.
Une fois délivrés... par un pompier désabusé, ils ont découvert qu’un ouvrier les avait tout bonnement enfermés après avoir fini sa journée de travail. Le temps filant plus vite qu’on ne le pense en vacances, le dernier ferry pour la
Crète était déjà reparti. Anny, dans un état de délabrement psychique avancé a finalement trouvé la force de réunir toutes ses connaissances en grec pour demander l’asile chez un des soixante habitants de l’île.
La deuxième semaine de vacances a été, à l’instar de la première, une succession de mauvais coups du sort, confirmant sans exception la théorie de la loi des séries!
Mado baille en écoutant Anny leur raconter les derniers déboires de l’arrivée à Roissy (bagages restés bloqués à
Athènes, dégâts des eaux dans son appart etc).
« - Ma pauvre, mais tu vas faire comment ? C’est bien beau l’épanouissement sexuel... mais ce type te colle la poisse comme du rouge sur les dents. Tu ne peux pas continuer comme ça, tu as l’air crevée franchement !! Si toutes les vacances tournent au cauchemar... Je l’ adore ce mec, impossible de m’en passer. Je suis dans une dépendance affective totale. Tu sais, après tout, la vie est une quête d’émotions et de connaissances nouvelles. J’ai l’impression que Vincent est mon ecstasy, ma cocaïne. C’est indescriptible ce truc. Je suis consciente de ma pathologie et des risques mais je ne peux pas m’en décrocher ! T’es sûre que tout va bien ma pauvre ? Et le sevrage, tu y as déjà pensé ? Tu te couches à 22heures ce soir avec une tisane camomille sinon tu vas nous faire se retourner Freud dans sa tombe. Bon, moi les filles, je vous adore mais j’ai mon Gérard qui est sur le point de me demander en mariage, alors ce serait bête de rater le coche ! En plus, je crois que je vais faire une micro-sieste, j’ai sans arrêt des nausées depuis que je suis rentrée des Emirats. Vous allez voir que je vais avoir contracté des amibes ou un truc de ce genre, moi !»--
Voilà. Ca m’épuise ces histoires ! A moins qu’en vieillissant, on supporte de moins en moins les fêtes malgré les efforts surhumains qu’on fait pour se tenir en forme !
J’ai hâte de voir Yann rentrer de
Colombie et retrouver Gérard dans un restau cambodgien. Pour une fois, ils seront plus bavards que les pépettes !
Ca vous branche?