L'
Auvergne libre de quoi ?
Des mélangés d'origine comme moi ?
Bon, je dois tout de même avoir 0,01% de sang auvergnat en cherchant bien à 12 générations au dessus...

Ce dont on s'aperçoit sans doute, en tous cas ce dont je me suis aperçu avec les voyages et les années, c'est que l'on vit, sinon plus heureux, du moins plus apaisé dans les pays qui ont un rapport à l'identité nationale plus simple et intuitive que la
France.
Je l'ai ressenti de façon encore plus nette dans les années covid, par l'ambiance, le discours, le ton des médias, le son même de la voix sur les radios.
Dans l'immense majorité des pays du monde, la nation est de langue, de culture, de sang ou de frontière : on sait qui on est, d'où on vient, où on va, et la question ne se pose pas d'adhérer ou pas, de porter ou pas l'identité nationale. Quand on doit blâmer, on sait qui, quand on doit souffrir, on sait pourquoi.
Mais en
France nous avons Rousseau et Ernest Renan, qui nous valent de devoir faire non pas Etat à partir d'une nation, mais nation à partir d'un Etat préexistant ; le tout dans la sublimation de l'agrément chaque matin renouvelé d'une liberté collective et tout de théorie.
Chez Rousseau c'est nickel, et ça a de la gueule, un vrai sujet de commentaire de bac ; mais dans le monde actuel, postcolonial, de communication instantanée, d'image, et de consumérisme, ça ne fonctionne plus, et ne fonctionnera à mon avis plus jamais.
Qu'une Auvergnate y souscrive et transcende ses origines dans cet idéal est une chose, dont je ne saurais douter, mais qu'une population cosmopolite et mondialisée y trouve son compte, que des individus maîtres de leur corps, de leur esprit et de leur identité s'en satisfassent, une autre chose.
C'est pourquoi un Turc, un Hongrois, un Islandais, un Ecossais, se sent structurellement plus à l'aise, plus serein, et probablement plus heureux qu'un Français, et plus libre factuellement, au quotidien.
Alors face à cet obstacle, l'idéologie se durcit, les valeurs se crispent, la laïcité perd son esprit de 1905, abandonne ses fondamentaux libéraux pour qu'on lui fasse jouer le rôle d'une religion, à partir de 2005, c'est vraiment très net, et tout analyste en convient - mais on se retrouve dans un pays sans valeurs claires, polarisé sur des oppositions vaines de principe, et où, ne t'en déplaise, les gens ne sont pas heureux et ne vivent pas bien.
Michel