Allez, un dernier mot sur l'art et la maniere de prendre les gens en photo. L'anecdote qui suit est vraie, et illustre bien tout ce qu'il ne faut pas faire - mais vous faites ce que voulez, oh forumeuses et forumeurs !
L'americaine et la vieille dame lao.Apres avoir sejourner a Don Khon/Don Det, j'attendais que le bus veuille bien partir de Ban Nakasang, en direction de Pakse, tout en mangeant une soupe. Le restaurant ouvert sur le marche me permettait aussi de regarder les gens qui achetaient pour leur journee. Un marche tres basique, les legumes etales sur le sol, ou sur des tretaux fait de bric et de broc.
C'est alors que je vis cette vieille lao, sur ma gauche, qui avancait tranquillement, les mains derriere le dos, affublee d'une enorme paire de lunettes, avec des verres comme des hublots ! Sur ma droite, deux touristes blanches entraient dans mon champ de vision. L'une d'entre elle, qui portait un sac de reporter en bandouliere, remarqua la dame lao. Elle donna son sac a sa supposee camarade, et se precipita vers la vieille. Elle lui demanda l'autorisation de la prendre en photo ; elle parlait fort, et, avec un tel accent, que je ne doutais pas qu'elle fut etatsunienne.
La vieille resta plantee, toujours les mains derriere le dos, tandis que l'americaine rejoignit sa compatriote, prit son sac, le deposa par terre, l'ouvrit, et en sortit un appareil, un objectif, entreprit de le mettre sur le boitier, mais, en etelant au regard de tout le monde ces objets de prix certainement prohibitif, elle ne se rendait pas compte qu'elle devenait aussi un objet, un objet de curiosite pour les laotiens qui commencaient a s'attarder en demi cercle autour des deux blanches. Et moi aussi je commencais a subodorer quelque chose de rejouissant, du coup je cessais de manger ma soupe pour me repaitre du spectacle.
L'americaine prit un appareil, s'approcha de la vieille et le mit sous son menton. Ah ca alors ! me suis je dit, ca existe toujours les cellules photo-electrique ! L'americaine s'en retourna, a donc 4/5 metres de la vieille, s'empara de son attirail - ouah...l'equipement d'un pro, si, si! Je comprenais pas trop pourquoi elle photographiait d'aussi loin. En tous les cas, maintenant il y avait bien une vingtaine de personnes qui l'obervaient.
Une fois la photo faite, l'americaine laissa son appareil a sa supposee camarade, se precipita sur la vieille, lui prit une main, deposa un baiser sur le dos de la main, puis tout en la gardant dans la sienne, elle s'exclama :
- Thank you ! Thank you ! avec un enthousiasme emouvant -si, si...
Elle lacha la main de la vieille, mais la main resta
en suspension, se retourna et presenta la paume ! Je vis l'americaine blemir, et je l'entendis, comme dans un cri qu'on cherche a etouffer " Oh my god !" Elle revint lentement a son point de depart, et dit a celle qui l'accompagnait : " she want monnay!"
Ce jour la, une vieille dame lao gagna quelques kips, avec un sourire de vieux matou qui vient de croquer une souris bien naive.
Et depuis ce jour, dans le
Wisconsin, la
Californie, ou
Boston, enfin je ne sais ou, quelque part aux
etats unis en tous les cas, les vieilles dames
laos ont mauvaise reputation