
oui oui ce qui devait arriver arriva, toutefois je m'étonne de l'empressement du tribunal qui conclut à la cessation du jour au lendemain.
C'est une cessation de paiement en fin de mois, il est normal que ça s'arrête tout de suite s'il n'y a pas de liquidités. Il faut noter que la compagnie était déjà sous le coup d'une faillite depuis l'été, et donc en sursis à chaque fin de mois.
C'est toujours ennuyeux pour les voyageurs qui se sont retrouvés sans vols, mais c'était prévisible, surtout pour tous ceux qui étaient au départ de
Bratislava. Ceux qui ont tenté le coup connaissaient le risque... J'ai du prendre un billet fin août, j'ai pris un billet AF au départ de Vienne.

Pour les employés, c'est beaucoup plus ennuyeux. Cependant, ils s'y attendaient depuis un moment (quand on en connaissaient quelques-uns, ils conseillaient d'éviter les réservations trop éloignées dans le temps). Beaucoup ont commencé à préparer leurs arrières.
Bratislava étant une région assez dynamique, la plupart devraient pouvoir retrouver du travail assez rapidement, surtout pour les personnels au sol.
Ce qui est dommage, c'est que bien que "low-cost", Sky Europe avait un service impeccable jusqu'à il y a quelques mois. Les avions étaient neufs, bien entretenus, le personnel aimable et serviable, les pilotes bien formés, les horaires respectés. En plus, pour tous ceux qui étaient basés à
Bratislava, c'était idéal.
Pour revenir à ceux qui parlent de dumping social, il faut quand même se rappeler que la compagnie a été créée à
Bratislava, pas à Vienne !
Elle était destinée d'abord aux Slovaques, pas aux Autrichiens. Vienne n'a été qu'une extension, comme
Prague. Cette compagnie a permis à de nombreux Slovaques de voyager à des prix décents. La première ligne créée était d'ailleurs
Bratislava-Kosice...
Que la compagnie ait perdu de l'argent au début est tout à fait normal. Ce qui est problématique, c'est qu'elle n'a pas réussi à en gagner par la suite. Pour ceux qui connaissent un peu l'histoire de la compagnie, son créateur a été débarqué à un moment clé. A partir de là, pour les observateurs et utilisateurs réguliers, la stratégie de la compagnie apparaissait comme confuse, oscillant entre low cost et compagnie traditionnelle sans vraiment se décider.
S'il est possible d'assurer un service de qualité (pilotes et hôtesses) et une maintenance de haut niveau en low cost, il est plus difficile de continuer dans cette voie pour le reste. On a même vu l'apparition de billets open cette année ! Alors que le marché existait pour une low cost spécialisée dans les liaisons de et vers les PECO, ce sont surtout ces errements stratégiques qui ont eu raison de la compagnie. La tentation de concurrencer des lignes autrichiennes bien implantées sur leur marché en est une illustration (ça rappelle d'ailleurs la chute de Swiss air/Air liberté venue concurrencer Air France sur le marché intérieur français en oubliant un deuxième concurrent appelé TGV).