Lors de mes errances pédestres dans
Bangkok j’ai eu l’impression qu’une part importante de la ville était bidonvilloise.
J’ai vu énormément de personnes sans toit et comparativement à leur nombre très peu de mendiants, excepté du côté de
Kao San Road et d’autres quartiers riches en touristes.
C’est aussi du côté de
Kao San Road que j’ai vu des mendiants une clope au bec, en dehors de ce quartier je n’ai croisé que des pauvres qui semblaient exclure la cigarette de leurs priorités.
Je ne serais pas surpris que mendier dans les quartiers touristiques soit une activité des plus lucratives et les propos d’Observateur concernant le business mendiant de KSR sont probablement justes, cette rue étant effectivement très surveillée par une police corrompue.
La misère peut exister en
France et dans ce pays, que je connais moins mal que la
Thaïlande, j’ai l’impression que les « dons » aux mendiants ont pour principal effet, non pas de les aider à manger (même un RMI permet de manger à sa faim en
France si on dort à la rue, et c’est sans parler des soupes populaires), non pas de les aider à trouver un hébergement stable (seuls les revenus réguliers et déclarés peuvent servir de sésame à un logement), mais plutôt le plus souvent de les maintenir dans un statut de « plus malheureux que nous » en leur permettant généralement de s’enfoncer dans l’alcoolisme et le tabagisme.
J’ai bien l’impression qu’en
France « donner » à un « sdf » (qui pourra parfois n’en avoir que l’apparence) c’est souvent se donner à soi-même bonne conscience.
Je connais moins bien la
Thaïlande mais je ne serais pas étonné que des phénomènes analogues y aient cours.
Oui la misère financière ne retire pas à un individu son humanité mais je ne suis pas certain que tous les « dons » qu’on puisse faire à une personne apparemment démunie sur le plan matériel lui fassent vraiment du bien. Il est certainement difficile de savoir vraiment à qui on a à faire, et ce même dans son propre pays.
J’ai un ami qui a eut récemment l’occasion d’embaucher des personnes aux profils marginaux, des personnes dont les handicaps les exposaient à connaître l’exclusion sociale. Cet ami ne travaillant pas pour une entreprise philanthropique a pris de gros risques et a sans doute vraiment aidé des gens ayant un réel besoin de main tendue. Je ne sais pas si j’aurais eu son courage, je ne sais pas combien de ceux qui mettent leur pièce ou leur billet dans un gobelet auraient le courage d’embaucher une personne fortement handicapée (physiquement, psychiquement ou socialement). Etant moi-même demandeur d’emploi je ne suis pas en posture d’embaucher qui que ce soit mais je dispose d’un appartement assez grand et pourrais à la rigueur dépanner quelqu’un sur le plan de l’hébergement, or j’avoue que je n’ai pas les tripes de proposer à un sdf, ne serait-ce que pour une période limitée, d’être hébergé chez moi, chose qui pourrait pourtant sans doute l’aider à se « réinsérer » si jamais il en avait le désir.
Finalement je crois que je vais aller à la place offrir du pain à un sympathique clochard installé intelligemment devant ma boulangerie (je n’ai pas les moyens de donner une coupure à celui qui guette devant le distributeur automatique de billets). Avec une telle action je devrais pouvoir afficher une bonne conscience et écarter tout risque de me voir affubler d’une image d’égoïste –radin, quand bien même l’action en question aura probablement enfoncé davantage quelqu’un dans la marginalisation.
Nombre d’actions décrites dans cette trame semblent s’écarter de l’achat de bonne conscience mais je souhaitais quand même réagir par rapport à la description peut-être trop politiquement correcte de la mendicité qui semble oublier que celle-ci est dans bien des cas un business basé sur la culpabilité des donateurs (mendier avec des enfants ou des animaux augmente les recettes).
A propos militez-vous pour améliorer dans votre pays les conditions de vie des personnes atteintes de handicaps physiques?