Oh my breakfast !
Nicolene, Afrikaner bon teint, est une artiste et cela se voit. Elle est elle-même une œuvre, éphémère, de la pointe des cheveux vieux rose à celle des chaussures, couleur de la pensée qui va coiffer le clou de mon petit-déjeuner.
Elle a revisité l’immuable
full english breakfast en quelques présentations originales (je soupçonne là une vengeance contre ces maudits anglais) dont elle me décrit longuement la genèse.
Ce matin, cela ressemble à un multi-burger savamment construit sur des fondations de
sausages, les ingrédients liants (œuf, fromage) agrégeant les plus friables (tomates, champignons, bacon en dés). L’ouvrage est surmonté d’une croix de cives verticale (nostalgie des moulins à vent de ses ancêtres ?) et décoré d’une fleur de pensée mauve (ça se mange les pensées ?).
Dès l’entame vous vous retrouvez à Pise, à la deuxième bouchée, au Colisée.
Elle ne cesse de m’entretenir, gourmande de mon appétit. C’est un début de journée un peu lourd.
La tentation du Lesotho
Je n’entre pas au
Lesotho. Pas encore. Je tourne autour.
Parfois je l’effleure, parfois je m’en éloigne, au gré des petites routes qui, en
Afrique du Sud, l’étreignent.
S’étirent des vallées comme des langues, ourlées de plateaux comme des lèvres. Plus loin, des chutes perlent, des mamelons s’érigent.
Puis c’est le grand jeu, les courbes s’accentuent, je frémis, je sens, venu des entrailles, le feu qui éleva les monts.
Un canyon s’ouvre, je me retiens.
Ce soir je suis au Golden Gate, aux portes du Royaume du Ciel.