En attendant l’avion... Buddha street et Emquartier
Le vol de retour est prévu pour 2 heure du matin, c’est donc une longue journée qui nous attend.
Depuis le début de notre séjour, je cherche à acheter pour mon fils une statuette de Bouddha qui ne soit pas trop commune. J’ai pris l’habitude à chaque voyage, de lui rapporter un objet, une figurine qui évoque la spiritualité du pays visité : un Shiva en
Inde, un derviche à
Istanbul...
Il existe à
Bangkok un secteur que les voyageurs appellent familièrement « Buddha street », tandis que les habitants le connaissent plutôt sous le nom « d’Amulet Market ».
Il est situé à une trentaine de minutes de l’hôtel. La matinée est belle, l’air encore frais, nous décidons de nous y rendre à pied.
Le quartier est assez calme et à l’apparence soignée. L’avenue principale et les petites rues adjacentes déploient leur alignement de boutiques spécialisées dans la vente d’objets religieux : statuettes, amulettes, chapelets, clochettes portatives, bougies rituelles... Il semble aussi y avoir des magasins davantage haut de gamme, présentant des pièces de collection plus élaborées, parfois anciennes et certainement très onéreuses.
C’est un lieu un peu hybride qui pourrait faire penser tout à la fois au quartier des antiquaires à
Paris et aux boutiques du
Vatican. Ceci dit sans forcer l’analogie.
Nos achats seront plus modestes, nous ne sommes ni des collectionneurs d’art, ni des adeptes du bouddhisme. Il s’agit simplement de ramener des souvenirs.
Après avoir fureté dans plusieurs échoppes, nous en choisissons une qui présente une belle collection de statuettes du Bouddha dans ses différentes attitudes.
Chacun choisit « son » Bouddha, conseillé par la jeune vendeuse qui parle très bien le français.
Les achats terminés nous cherchons un endroit pour une pause. Au détour d’une rue, notre regard est attiré par une devanture de bois couleur chocolat à l’inscription en français : «
Café. Le Petit Peyton ».
Nous entrons dans un intérieur vintage qui reproduit le décor et l’ambiance d’un café à la parisienne des années 50. Musique de Piaf, affiches anciennes, cartes postales, bibelots de toute sorte. Charmant et très cosy.
Après cette agréable plongée dans le rétro, Kate nous propose un retour vers le futur. Direction le nouveau centre commercial de
Emquartier au cœur du quartier des affaires.
Le lieu est impressionnant avec son architecture futuriste. L’intérieur baigné d’une douce lumière s’organise sur cinq niveaux où se mêlent boutiques de luxe, restaurants, cinémas, jardins d’hiver. Malgré la foule nombreuse qui se presse en tout sens, le long des rampes hélicoïdales et des escalators, l’ambiance sonore est comme ouatée. La climatisation subtilement réglée diffuse une température idéale. Tout est parfait. Aseptisé.
L’extérieur est conçu comme une succession de jardins en terrasses, parfaitement intégrés au décor urbain, offrant à chaque niveau des échappées visuelles sur la Skyline qui se reflète dans les grandes baies vitrées. C’est une beauté contemporaine, audacieuse, une réussite architecturale et esthétique. Mais à ce moment de notre voyage finissant, j’ai la nostalgie des paysages de
Don Det, des miroitements du
Mékong, et de la poussière rouge des
Bolovens.
Retour à l’hôtel en métro. Depuis l’
Inde, Nathalie et moi adorons ces moments où il faut s’orienter, chercher un itinéraire, trouver la bonne information, la bonne direction. C’est comme un jeu pour nous. Station machin, ligne truc, on descend à...
Le soir commence à tomber, la journée s’achève, le compte à rebours est enclenché mais nous avons encore le temps. Celui de prendre un dernier apéro sur le
rooftop de l’hôtel par exemple. De jeter un dernier regard vers l’horizon rougeoyant et la ligne de gratte-ciel qui s’allume peu à peu.
Nous descendons pour dîner. Dans la rue déserte, seul un minuscule resto de rue, deux tables et quatre chaises en plastique, reste encore ouvert. Derrière son étal, une dame à l’air jovial nous interpelle, « porridge, porridge ! »
Porridge ? Nous pensons aussitôt à un plat anglais plutôt qu’asiatique. Elle nous montre sa préparation. Une bouillie de riz accompagnée de poulet haché, d’un œuf mollet, d’oignons, d’ail frit et de gingembre. C’est un plat très populaire que les Thaïlandais appellent «
jok ». Bruno fait la moue peu convaincu par l’aspect un tantinet « blédine » de la recette, mais tout le monde apprécie finalement ce dernier repas typiquement thaï, dégusté sous le regard amusé des deux dames qui nous ont servis.
Puis comme toujours dans les préparatifs de départ, après un si long séjour, le temps s’accélère et se contracte. On remonte dans les chambres préparer nos affaires, chacun dans sa bulle, concentré. Billets d’avion, passeport, argent ? Ok tout y est.
Le taxi nous attend en bas. «
Sawatdi ». Avant de monter Nathalie s’assure de la destination : «
Suvarnabhumi Airport? » «
Yes »
Dans le taxi qui file à vive allure le long de la rocade, nous restons silencieux. Ce n’est pas encore le moment de la nostalgie, mais plutôt celui de la petite appréhension du voyageur qui va prendre un avion au cœur de la nuit.
L’aéroport, lumineux et vaste comme une ville, surgit du fond de la nuit thaïlandaise. Il est 23 heures...