J.23 / J.24 : Retour à Bangkok
Dans Chinatown...
Le trajet Haad Chao-
Bangkok s’est déroulé dans des conditions beaucoup plus tranquilles et sûres qu’à l’aller. Après 2h30 de route, le taxi nous dépose au
Ratchawong Hostel
dans le secteur de
Chinatown et à deux pas du fleuve. Avec sa clientèle de backpackers, l’établissement tient davantage de l’auberge de jeunesse que de l’hôtel. La plupart des couchages sont collectifs, mais il y a aussi quelques chambres individuelles que nous nous étions empressés de réserver.
Chinatown ! Faute de temps, nous n’avions pu parcourir le quartier lors de nos trois premiers jours passés à
Bangkok, c’est pourquoi nous avons choisi d’y loger en cette fin de voyage.
Sommes-nous passés à côté, comme cela arrive parfois en voyage ? Avons-nous manqué certains lieux plus intimes, plus authentiques ? Mais franchement je n’ai pas été emballé par la découverte de cette « ville dans la ville ».
A aucun moment je n’ai ressenti d’atmosphère chinoise dans ce labyrinthe d’étroits passages couverts, ces enfilades de boutiques et d’échoppes regorgeant de marchandises en tout genre : vêtements, bijoux, souvenirs bon marché...
Bruno et moi traînons des pieds dans cet univers marchand. Les filles ont l’air plus intéressées, mais je remarque que Kate prend peu de photos. Je la connais, c’est le signe que les lieux n’ont qu’un intérêt relatif pour elle.
Au sortir de ces interminables galeries, nous débouchons heureusement sur un
khlong qu’enjambent d’élégantes passerelles blanches, bordé des deux côtés par un bel alignement de maisons colorées et fleuries.
Nous nous asseyons à une terrasse pour boire un jus de fruits frais. Pour la première fois depuis le début de notre voyage je sens une forme de morosité gagner le groupe. Nathalie a l’air fatiguée, Bruno semble dans son monde intérieur, Kate parle à son « Canon », et moi j’espère que la visite shopping va rapidement se terminer.
Quelques déambulations encore, puis nous décidons de retourner à l’hôtel.
L’apéro, tout en haut du rooftop, va ranimer les énergies. Dans le soir tombant, alors que s’allument les premières lumières de la
Skyline juste en face de nous, les bateaux de promenade en contre-bas, illuminés comme des arbres de Noël, glissent doucement le long du fleuve. C’est
Bangkok la moderne, la «
global city » qui étale ses paillettes et ses richesses, cachant dans des recoins plus sombres ses pans de misère.
Et là, bug dans le cerveau, effet de la bière ? Je demande à Bruno : « c’est quoi Bruno, ces lumières suspendues dans le ciel ? ». Euh, ben des étoiles ! Fou rire général. Absorbé dans ma contemplation, j’avais imaginé autre chose, je ne sais même plus quoi d’ailleurs.
Après le dîner dans un excellent resto chinois tout près de l’hôtel, nous décidons de plonger dans l’effervescence du grand marché de nuit, spectacle incontournable de Chinatown.
Une foule compacte se presse le long des trottoirs et des avenues éclairées d’immenses panneaux lumineux, comme à
Times Square ou à
Piccadilly Circus. Nous déambulons entre les étals des marchands ambulants, dans les odeurs piquantes des épices et du poisson grillé. L’endroit dégage une véritable énergie, presque tellurique. Mais de l’énergie nous n’en avons plus guère. Trois p’tits tours et puis....
Décidément,
Bangkok que nous avions tellement appréciée au début du séjour, nous échappe un peu cette fois-ci. Il nous reste demain pour nous rattraper.