En effet je n'ai pas dit que "toutes les femmes étaient émancipées".

Pas plus là-bas qu'ici.
Là-bas : il n'y a qu'à s'intéresser 2 minutes aux statistiques inscrites au fronton des écoles : une colonne pour les garçons, une colonne pour les filles.
Les filles disparaissent en masse à chaque classe d'âge dès 10 ans.

_ "Qu'en faites-vous ?
_ MouAHAHA. On t'expliquera." (fut la réponse du 1er directeur visité.)
(si-si : "MouAHAHA. On t'expliquera.")
Puis, au cours de maths (80 élèves à la louche serrés comme des sardines. Le + jeune : 10 ans, le + âgé : 18

)
_ "Heu... Et parmi tous ces élèves, lequel est ton meilleur ?
_ Celle-là. (Hochement de tête vers une jeune fille de 14 ans coincée au bord d'une fenêtre, un voisin encastré dans son épaule droite.)
_ Et comment tu sais qu'elle est la meilleure ?
_ Elle comprend tout tout de suite, elle fait toujours tous les exercices, toujours bons...
_ Ah ? Et elle veut faire des études après ?
_ On va la marier là."

(je suis conne. Meaculpa.)
Nota: le ton méprisant du prof. Peut-être agacé par mes questions débiles. (de blanche débile.)
Mariées, promises, employées à la maison ou dans une "maison"... Sans salaire sans doute.
Car l'esclavage est partout. C'est marrant la cécité, la surdité et le mutisme des touristes.

(Car il suffit de discuter un peu avec un guide, à défaut de collègue ou de copain.)
Sur les "8 photos" (à la louche) rapportées du Mali, j'en ai 2 prises de mes fenêtres : une d'un groupe de
Bella
installés un beau jour et pendant quelques mois et qui semblaient en suspens... "Ils n'ont pas le droit de partir" m'informe le copain. Sans expliquer. "Ils sont esclaves des... (je ne sais plus quelle autre ethnie)." Idem de l'autre côté : un autre campement étrange...
Un copain de passage : "MouaHAHA ! La Constitution (qui interdit l'esclavage, crois-je devoir lui rappeler) c'est pour les blancs !!"
Comprenez cette phrase comme vous voudrez.
Et sinon : j'ai vu des petites filles arroser des salades sur une butte pendant des heures (je suis restée plantée là à observer, tout en observant un homme arroser aussi un potager en contrebas, en bordure du Niger. La petite fille montait une côte, vidait ses 2 calebasses, redescendait et ainsi de suite pendant des heures.
Question de blanche idiote (à un ado qui me disait adorer regarder une émission scientifique pour les jeunes sur la 5 et qui rêvait d'être ingénieur) :
_ "Pourquoi vous n'installez pas un système de transport de l'eau pour monter cette butte ? Un téléphérique à calebasses (je suis de la montagne

) entrainé manuellement par exemple.
_ Parce que ça donne du travail à des gens qui vivent dans des villages éloignés et qui viennent ici pour gagner de l'argent.
_ C'est vrai. Je suis bête."
(pardonpardonpardon.)
J'en ai des wagons comme ça mais je vais arrêter de faire ma blanche.

(Ou l'écrivain va m'insérer dans son prochain article.

)
Ce que j'ai vu aussi ce sont des réunions de femmes venues de villages proches et éloignés, isolés par des semaines d'inondation annuelle régionale. Elles témoignaient de leur expérience d'émancipation et c'était pas piqué des vers.
J'ai assisté à l'une de ces assemblées générales annuelles en compagnie d'une prof de français en retraite invitée comme membre d'une Ong française...
Je l'entends subitement chuchoter :
_ "Ces femmes pourraient bien venir enseigner aux Françaises comment s'émanciper."
_ C'est exactement ce que j'étais en train de penser."
Nota : résultat du travail d'une ong américaine.
Je précise que je suis partie dégoûtée des Ong. Tellement écoeurée que j'ai souvent posé la question à des Maliens et à des étrangers européens marié(e)s avec des Maliens : "Que pensez-vous du travail des Ong ? Est-ce que vous en connaissez UNE SEULE de bien ? Dites la vérité, siouplé. "
Ils en pensaient la même chose que moi. TOUS.
(Je n'entrerai pas dans le détail).
Sauf (préalable : il existe des centaines d'Ong au Mali. Je suis même tentée d'écrire : des milliers.)
* Bon point pour UNE ong française (de
Toulouse) qui a construit des centaines (m'a t-on dit) de puits. Ouche ! Bravo. (Je n'ai pas vérifié. Surtout sur les "centaines".)
* Et UNE ong américaine qui va chercher les femmes là où elles sont, jusque dans des coins reculés, pour leur apprendre à constituer des cagnottes d'entraide familiale (une sorte de mutuelle de santé, ça a l'air de bien fonctionner), créer de petites affaires notamment agricoles (complément de revenu pour la famille), et donc gérer (et donc s'alphabétiser dans le dialecte local, tandis que les Français alphabétisent en français dans les villes. Pas du tout la même démarche. Les 2 démarches ont des qualités.)
Et puis aussi montrer deux ou trois choses utiles : oui les femmes peuvent porter des souliers, par exemple. La preuve par l'américaine qui déboule un beau matin bien chaussée. Non parce que par-ci par-là, les femmes sont interdites de souliers.
(Mouaha.)
Disons que les souliers sont tabous pour les femmes. Tabou = sacré.
C'est ce qu'a dit la femme qui en témoignait et qui était fière de montrer qu'elle portait des tongs depuis quelques semaines, depuis que cette américaine était apparue en souliers dans son village, alors qu'on leur répétait depuis la nuit des temps que les souliers étaient tabous.
Un collègue de travail, un poil agacé (le prof de maths

) m'a rétorqué que le soulier était tout à fait autorisé, mais que les femmes le réservaient aux jours de marché, comme un accessoire du dimanche...
Quoi qu'il en soit... j'étais à cette réunion où une femme a témoigné.
Nota: là-bas, les femmes portent des bassines d'eau énormes sur la tête une bonne partie de la journée, pas toujours sur le plat, et la roche est brûlante.
Les abris ombragés sont interdits aux femmes. On n'y trouve que des hommes en train de jouer à des jeux de société, discuter le coup... (les guides occidentaux vous expliquent enthousiastes la grande sagesse de ces hommes qui construisent ces abris avec un plafond assez bas pour que personne ne puisse se redresser en colère lors de leurs réunions de Sages...) (mouaha.)
(Un architecte ou un ingénieur vous expliquerait la hauteur sous plafond plus techniquement, ça sonnerait plus réaliste mais ce serait moins... moins..., ce serait moins touristiquement exploitable disons.

)
Pardon de ce développement mais je ne voulais pas suggérer que "toutes les femmes étaient émancipées."
C'est seulement que certaines s'émancipent avec une force exemplaire, et que je pensais, comme cette prof de français à côté de moi, que bien des Françaises pourraient bénéficier de leur expérience...

(Parce que, mais qui le sait en dehors des experts de l'INSEE, le revenu moyen des Françaises se monte glorieusement à 53% du revenu moyen de leur concitoyens masculins. Comprendre : tous revenus confondus et non les seuls revenus du travail (salaires). Primes, bonus, revenus financiers, revenus du patrimoine, héritages aussi sans doute, etc. + salaires.)
(Pardon je ne peux pas vous renvoyer sur la page découverte il y a environ 3 ans, je ne la trouve plus. Mais je n'ai pas rêvé, j'en ai assez parlé autour de moi à l'époque, et je suis en colère depuis lorsque j'entends répéter dans les médias que les femmes ont 20 ou 27% de différences de salaire. Ca ne fait pas tout le revenu, le salaire !
Vous entendez des protestations ici sur ce fait ?
(MouAHAHA.)
Fin de la parenthèse sur l'émancipation des femmes maliennes vs françaises.) (ouf

)
bien le bonjour chez vous.