Un détail me fait sourire :
"cramponnée à vos sous" : je ne vois pas bien à quels sous je pouvais être cramponnée. Votre imagination est trop orientée. Et si vous la laissiez envisager d'autres possibles ?
par ailleurs je ne suis ni dans le premier ni dans le second degré : je suis dans l'imaginaire.
si vous ne comprenez pas mon trouble devant une veste de chasseur, c'est ce que vous n'avez pas bien lu ma phrase.
Je reformule : ce n'est pas la culture à laquelle pouvait référer cette veste qui me mettait dans cet état. C'est donc autre chose (et qui n'a rien à voir avec la veste elle-même, sa fonction, son usage, etc.)
J'ai employé le mot "imagination" au sujet de la poterie des femmes de Ségou : j'y voyais quelque chose d'asiatique qui me bouleversait. Mais j'ai découvert par la suite que ces objets n'avaient aucun rapport avec la céramique japonaise. C'est donc mon imagination seule qui a fait émerger l'Asie dans ces objets.
Les objets sont des véhicules. Ils surgissent devant nous et nous sommes projetés en moins d'une seconde dans une autre dimension, une dimension intérieure. Ce voyage peut constituer un choc si nous ne nous y attendons pas et encore plus s'il nous emporte très loin dans notre intériorité.
J'ai commencé en annonçant que je n'avais pas aimé l' """""Afrique""""" (traduire : le tout petit morceau d'Afrique où j'étais).
Mon imagination m'a protégée en me projetant ailleurs (en moi-même) avec les véhicules qu'elle a rencontrés et qui étaient susceptibles de me faire entrer en contact avec mon intériorité. La veste, le morceau de pirogue et les poteries matérialisaient (extériorisaient) par certains détails mes secrets les plus intimes.
Et c'est bouleversant de voir apparaitre son intimité devant soi, en lieu et place du lieu que vous êtes supposé habiter.
Une veste est un habit. Une pirogue déplace les corps. Un vase est un cercueil (au Mali) supposé reconstituer une matrice.
Les trois sont des contenants en rapport avec le corps.
Intériorité.
ps (pour ceux qui connaissent le Mali) : je ne suis pas allée à Bandiagara (je n'ai pas visité en tout cas) et le seul souvenir que j'ai du merveilleux pays dogon, c'est une inscription énorme et rouge à côté d'un abri traditionnel ombragé : "INTERDIT AUX FEMMES".