| "Ah ces fantasmes de blancs!" Cambrousse · 25 mars 2014 à 14:11 · 2 photos 206 messages · 29 participants · 30 305 affichages | | | | À: Kola · 7 juillet 2014 à 19:38 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 121 de 206 · Page 7 de 11 · 1 733 affichages · Partager Kola, le TLF va dans ton sens, qui écrit :
FANTASME, PHANTASME, subst. masc. FANTASME, PHANTASME, subst. masc. A. Vx, PATHOL. Vision hallucinatoire. Synon. hallucination. Je voyais en marge de mon champ visuel et à quelque distance une grande ombre en mouvement, je tourne le regard de ce côté, le fantasme se rétrécit et se met en place : ce n'était qu'une mouche près de mon œil. J'avais conscience de voir une ombre et j'ai maintenant conscience de n'avoir vu qu'une mouche (MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p. 344). B. PSYCHANAL. Construction imaginaire, consciente ou inconsciente, permettant au sujet qui s'y met en scène, d'exprimer et de satisfaire un désir plus ou moins refoulé, de surmonter une angoisse. Fantasme conscient, inconscient, sexuel. [Freud] vit dans le refoulement des désirs œdipiens intolérables la source des phantasmes (...) des névrosés (Hist. de la sc., 1957, p. 1697). Les interprétations de Jung ont fait l'objet de nombreuses critiques chez les alchimistes contemporains (Canseliet, Alleau, Claude d'Ygé), alarmés à juste titre de voir l'art d'Hermès rapproché des visions, des rêves, des phantasmes pathologiques (CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959, p. 84) : 1. Ces pulsions refoulées cristallisent sur elles les complexes morbides les plus différents. (...). (Au lieu d'être enfoui dans les profondeurs du moi, l'objet redouté ou désagréable peut être dérivé vers un fantasme imaginaire et agréable, où se dissout l'angoisse, souvent en retournant l'objet en son contraire : c'est le rôle fréquent de la rêverie diurne;...). MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 353. Fantasmes originaires., Fantasmes qui transcendent le vécu individuel et ont un certain caractère d'universalité. En ce sens, ils sont à rapprocher des mythes collectifs. Ils « mettent en scène » ce qui aurait pu dans la préhistoire de l'humanité participer à la réalité de fait et à ce titre ils entrent dans le cadre de la réalité psychique`` (A.-J. Coudert ds POROT 1975, p. 270). P. ext., usuel. Représentation imaginaire marquant une rupture avec la réalité consciente. Synon. chimère, rêverie. Alors, ils se montaient des bobards, des entourloupes monumentes, ils rêvaient tous de réussites, de carambouilles formidables... Ils se voyaient expropriés, c'était des fantasmes! (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 342). La montagne célèbre [le Matterhorn] avait beau ne plus être la cime surnaturelle, environnée de terreurs et de fantasmes de jadis (PEYRÉ, Matterhorn, 1939, p. 57) : 2. À l'heure où le silence, l'ombre, l'ennui des immeubles bourgeois envahissaient le vestibule, je lâchais mes phantasmes; nous les matérialisions, à grand renfort de gestes et de paroles, et parfois, nous envoûtant l'une l'autre, nous réussissions à décoller de ce monde jusqu'à ce qu'une voix impérieuse nous rappelât à la réalité. BEAUVOIR, Mém. j. fille, 1958, p. 46. Prononc. et Orth. : []. ROB. et Lar. Lang. fr. parmi les dict. gén. et de nombreux dict. techn. tels que FOULQ.-ST-JEAN 1962, RYCR. 1972, CARR.-DESS. Psych. 1976 admettent 2 graph. : fantasme ou phantasme. D'apr. DUPRÉ 1972 le mot, doublet de fantôme*, a été mis à la mode par la psychol. freudienne et par conséquent devrait plutôt s'écrire avec ph. Il note que ds LAPL.-PONT. 1967 on distingue fantasme « scénario imaginaire où le sujet est présent et qui figure, d'une façon plus ou moins déformée par les processus défensifs, l'accomplissement d'un désir et, en dernier ressort, d'un désir inconscient » et phantasme qui désigne « le fantasme inconscient ». Cette distinction est jugée arbitraire ds COLIN 1971 et ds SOURNIA Méd. 1974 qui préfèrent la graph. avec f :, Cette orthographe simplifiée (f) s'impose de plus en plus et avec raison sur phantasme puisque nous avons déjà fantasque, fantastique, fantaisie, etc. Donner un sens différent à fantasme et phantasme c'est rechercher la confusion.`` Étymol. et Hist. XIIIe s. « illusion, fausse apparence » (Li Epistle Saint Bernard a Mont Deu, ms. Verdun, 72, fo 32 vo ds GDF. Compl.); 1832 méd. « image hallucinatoire » (RAYMOND); 1866 « production de l'imaginaire par laquelle le moi échappe à la réalité » (AMIEL, Journal, p. 266 : leçon sur les mythes, légendes, fables, fantasmes et rêves comme produits de l'imagination). Empr. au lat. impérial phantasma, -atis « fantôme, spectre », b. lat. « image, représentation par l'imagination », transcr. du gr. « apparition; image offerte à l'esprit par un objet; spectre, fantôme », v. fantôme. Fréq. abs. littér. : 66. DÉR. Fantasmatique, adj. a) Vx. Qui présente un caractère irréel. Cette lugubre dalle calviniste, sans croix, avec le seul nom terrifiant et fantasmatique de Louis XVII (BLOY, Journal, 1902, p. 91). Gracian, Castiglione et La Bruyère observent la Cour, ce milieu irréel, fantasmatique et inconsistant entre tous, comme on observe les images d'une lanterne magique (JANKÉL., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 9). b) Néol. [Correspond à fantasme B] Qui relève du fantasme. [La langue poétique] dépôt de toutes les poésies antérieures, image fantastique (ou fantasmatique) d'un patrimoine qui n'est pas celui de l'auteur (R. BARTHES ds Nouv. Obs., 17.6.69, p. 38, col. 1). []. Pour la graphie ph, cf. fantôme. 1re attest. 1604 « de la nature d'un fantôme » (LE LOYER, Hist. des spectres I, 1 ds HUG.); de fantasme, suff. -atique*. Fréq. abs. littér. : 11. BBG. CLÉMENT (C.-B.). De la Méconnaissance : fantasme, texte, scène. Langages. Paris. 1973, t. 8, pp. 36-37. COQUET (J.-C.). Sémiotiques. Langages. Paris. 1973, t. 8, p. 6. DARM. 1877, p. 188 ( s.v. fantasmatique). QUEM. DDL t. 2, 14 (s.v. fantasmatique). | | | À: Blesl · 7 juillet 2014 à 21:35 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 122 de 206 · Page 7 de 11 · 1 703 affichages · Partager (...
Kola, le TLF va dans ton sens
Ce site TLFI et les autres ramifications du portail dont il est extrait sont une merveille d'érudition et d'intelligence, particulièrement le dictionnaire des synonymes proposé par CRISCO. www.cnrtl.fr/portail/
...) | | | À: Blesl · 7 juillet 2014 à 21:48 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 123 de 206 · Page 7 de 11 · 1 693 affichages · Partager Le phasme en a-t-il, des pfffh, lui qui dans certaines espèces se passe de mâles?
| | | À: Blesl · 7 juillet 2014 à 23:12 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 124 de 206 · Page 7 de 11 · 1 656 affichages · Partager Il note que ds LAPL.-PONT. 1967 on distingue fantasme « scénario imaginaire où le sujet est présent et qui figure, d'une façon plus ou moins déformée par les processus défensifs, l'accomplissement d'un désir et, en dernier ressort, d'un désir inconscient » et phantasme qui désigne « le fantasme inconscient ».
Dans le dictionnaire de Laplanche-Pontalis (que j'ai dans ma bibliothèque) il y a donc bien cette distinction qui est du domaine de la psychanalyse. Que Kola ne soit pas féru de cette discipline, je le comprend, mais ça ne lui donne pas le droit de descendre l'argument de quelqu'un qui est plus pointu que lui dans ce domaine.
Nonobstant cette polémique, close de mon côté, j'ajouterais que en ethnologie (même si elle n'est que graphie) les comportements sociologiques illogiques doivent faire rechercher leur logique (le vrai illogisme n'existe pas) dans l'inconscient. D'où l'intérêt de la psychanalyse qui ne se limite pas à la psychothérapie. Il m'a fallu un an, malgré ma formation même si elle n'est pas au top, pour comprendre la logique structurelle de la société paraguayenne. Mais il m'a fallu aussi intégrer l'histoire de ce pays (en particulier la " guerre de la Triple Alliance"). Je ne développe pas, ce n'est pas le sujet du post et ça fera l'objet d'un livre. | | | À: Antlia · 8 juillet 2014 à 1:21 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 125 de 206 · Page 7 de 11 · 1 641 affichages · Partager et si nous essayions de rester simple ? enfin pour ma part, je n'aurais pas de mal, cette érudition semble me dépasser quelque peu
un an seulement Antlia ? finalement c'est rapide, au vu de certains travaux. genre ceux de Lévi-Strauss
bonne soirée | | | À: Cambrousse · 8 juillet 2014 à 9:38 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 126 de 206 · Page 7 de 11 · 1 600 affichages · Partager cette érudition semble me dépasser quelque peu
T'as pas le Laplanche-Pontalis dans ta bibliothèque toi ! | | | À: Kola · 8 juillet 2014 à 9:43 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 127 de 206 · Page 7 de 11 · 1 596 affichages · Partager  je sais, c'est négligent ! | | | À: Antlia · 8 juillet 2014 à 10:28 · Modifié le 8 juil. 2014 à 10:53 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 128 de 206 · Page 7 de 11 · 1 584 affichages · Partager Que Kola ne soit pas féru de cette discipline, je le comprend, mais ça ne lui donne pas le droit de descendre l'argument de quelqu'un qui est plus pointu que lui dans ce domaine.
Des copiés/collés assemblés sans grande cohérence, parsemés de mots qui peuvent donner un vernis d'érudition n'ont jamais tenu lieu d'argument.
Tu nous déroules une démonstration confuse, mais pour illustrer quoi ? Pour répondre à quel sujet exactement ?
... "sociologique", "psychologique", "existentialiste", "vision ethnographique", "structuralisme", "colonialisme humanitaire", "tribalisme"..."les comportements sociologiques illogiques doivent faire rechercher leur logique (le vrai illogisme n'existe pas) dans l'inconscient."...
Des mots sérieux et précis, dont la définition ne souffre pas l'approximation ni le galvaudage. Mais lorsqu'ils sortent en bande, comme dans tes interventions, c'est pour le fun, pour la fête, pour épater la galerie. Ils desserrent la cravate et titubent un peu.
Quant à ceci :
D'où l'intérêt de la psychanalyse qui ne se limite pas à la psychothérapie.
Il faudra m'expliquer monsieur le plus pointu que moi... (au fait, Kola c'est pas lui, c'est elle) pourquoi tu n'évites pas le piège sémantique (là c'est moi qui l'ai dit !) tendu par ces deux disciplines, qui débutent certes par le même préfixe mais dont les chemins et les méthodes bifurquent sérieusement par la suite. Présenter l'une comme le préambule inévitable de l'autre n'est-il pas une erreur de néophyte émoussé ?
Il m'a fallu un an, malgré ma formation même si elle n'est pas au top, pour comprendre la logique structurelle de la société paraguayenne. Mais il m'a fallu aussi intégrer l'histoire de ce pays (en particulier la "guerre de la Triple Alliance"). Je ne développe pas, ce n'est pas le sujet du post et ça fera l'objet d'un livre.
Un an seulement ? Là comme Cambrousse je suis... admirative.
Pourquoi les expatriés au Paraguay (car cela semble curieusement spécifique à ce pays) tiennent absolument à nous démontrer qu'ils ont tout compris de cette société et de ses habitants. | | | À: Kola · 8 juillet 2014 à 11:12 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 129 de 206 · Page 7 de 11 · 1 557 affichages · Partager Il faudra m'expliquer monsieur le plus pointu que moi... (au fait, Kola c'est pas lui, c'est elle) pourquoi tu n'évites pas le piège sémantique (là c'est moi qui l'ai dit !) tendu par ces deux disciplines, qui débutent certes par le même préfixe mais dont les chemins et les méthodes bifurquent sérieusement par la suite. Faire de l'une le préambule inévitable de l'autre n'est-il pas une erreur de néophyte émoussé ?
Chouette ! Ici aussi on joue avec les mots !  Ceci dit, je préfère te voir jouer ailleurs, même s'il est certain que certains joueurs donnent furieusement envie d'entrer dans la partie pour leur coller la pâtée. Psychanalyse et psychothérapie, 2 disciplines ? J'aurais dit une discipline et un outil thérapeutique émanent de diverses disciplines dont la psychanalyse.
Surtout Cambrousse : tu nous dis si on est hors sujet ! | | | À: AirOne · 8 juillet 2014 à 11:20 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 130 de 206 · Page 7 de 11 · 1 551 affichages · Partager vous faites comme vous le voulez les cocos 
moi je me replonge dans ma prepa de tournée en Afrique de l'ouest, je me suis assez défrisée les cheveux dans ma jeunesse en jouant avec les mots. vive Freud, vive Lacan, vive le dico, vive tous les dico et surtout : vive mon sac à dos et le bol d'air qui va avec.... | | | À: Cambrousse · 8 juillet 2014 à 13:33 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 131 de 206 · Page 7 de 11 · 1 520 affichages · Partager et si nous essayions de rester simple ? enfin pour ma part, je n'aurais pas de mal, cette érudition semble me dépasser quelque peu
Parce que dans certains cas le simplisme n'est plus de mise, on se heurte à autre chose que les raisonnement simples ne peuvent expliquer. Ainsi, en physique, lorsqu'on s'est aperçu qu'un électron pouvait, simultanément, passer par deux trous, on s'est dit qu'il y avait quelque chose de plus compliqué que de réduire les électrons à des particules. Mais vais-je décrier la mécanique quantique parce qu'elle dérange mes petites habitudes de pensée ? Et si je n'en trave que pouic au boson de Higgs, je suis respectueux du savoir des autres, a fortiori si ledit savoir me dépasse.
En sciences humaines c'est un peu la même chose : on observe des comportements qui défrisent la bonne vieille logique courante et, somme toute, superficielle. La raison est de la chercher ailleurs, dans l'inconscient et ses fameux registres. Si, par cette méthode, on obtient un résultat à l'interrogation primordiale, on est à peu près certain d'avoir trouvé là une explication (ce qu'on appelle "élégance" dans un raisonnement scientifique). Aller titiller la psychanalyse et ses méthodes nécessite de l'avoir étudiée avant. Où, au moins, d'accorder l'a priori de confiance envers ceux qui ont fait cette recherche.
un an seulement Antlia ? finalement c'est rapide, au vu de certains travaux. genre ceux de Lévi-Strauss
Un an c'est déjà pas mal si on y consacre l'essentiel de son temps et avec quelque expérience dans son vécu. Et puis, même si je pense avoir trouvé quelque chose de non dit sur la structure familiale paraguayenne (quand on la compare avec d'autres structures familiales) ce n'est pas fouillé comme ce qu'a fait Lévi-Strauss (j'ai juste emprunté son outil du structuralisme). Ceci dit il y a des gringos qui vivent au Paraguay depuis dix ans (ce pays étant bloqué pour des raisons je ne développerais pas ici, beaucoup finissent à l'état d'épaves, comme certains "petits blancs" que j'ai pu rencontrer en Afrique occidentale) qui ont observé (et leurs observations m'ont été utiles) mais qui n'y ont rien compris sur le pourquoi du comment. | | | À: Antlia · 8 juillet 2014 à 15:35 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 132 de 206 · Page 7 de 11 · 1 489 affichages · Partager merci de tes leçons sur la complexité ect ect.... je pense avoir peut-être plus d'heures de vol que toi dans ce domaine
mais
tu veux que je te dise, avec beaucoup de simplicité, sans aucune complexité : tu m'ennuies.....
cordialement tout de même | | | À: Cambrousse · 8 juillet 2014 à 15:39 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 133 de 206 · Page 7 de 11 · 1 484 affichages · Partager Et bien je n'interviendrais plus sur ce forum car il est inutile que je développe quoi que ce soit avec des gens bouchés. | | | À: Antlia · 8 juillet 2014 à 17:25 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 134 de 206 · Page 7 de 11 · 1 469 affichages · Partager il est inutile que je développe quoi que ce soit avec des gens bouchés.
Quelle élégance. Les bouchés... c'est ceux qui ne sont pas dupes ? | | | À: Kola · 8 juillet 2014 à 17:44 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 135 de 206 · Page 7 de 11 · 1 459 affichages · Partager C'est un conditionnel, Kola, sois rassurée, pas un futur. Donc, si nous sommes gentils, nous aurons une chance de nous cultiver encore à la lecture des savantes interventions de notre petit camarade ad usum des non entravant, des mal comprenant et autres gens bouchés mal embouchés
Amitiés à tous et bises aux autres
BL
PS : je ne dispose pas du Laplanche-Pontalis, dont je ne sais du tout ce que c'est (l'équivalent en ethnologie du Lagarde et Michard ?), mais, semper doctus cum libro, de l'édition en 16 volumes du TLF, de a- à zzz, ce qui est, je vous l'accorde, particulièrement stupide à l'heure où ce trésor est disponible gratis sur le ouaibe... | | | À: Blesl · 8 juillet 2014 à 18:00 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 136 de 206 · Page 7 de 11 · 1 448 affichages · Partager ... l'édition en 16 volumes du TLF, de a- à zzz, ce qui est, je vous l'accorde, particulièrement stupide à l'heure où ce trésor est disponible gratis sur le ouaibe...
Je comprends mieux maintenant pourquoi il manquait le "I" de Informatisé dans ton intervention d'hier (Kola, le TLF va dans ton sens,) | | | À: Kola · 8 juillet 2014 à 20:48 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 137 de 206 · Page 7 de 11 · 1 401 affichages · Partager Oh putain con, vous me faites venir la transpiration ! | | | À: Calao · 8 juillet 2014 à 20:58 · Modifié le 8 juil. 2014 à 22:29 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 138 de 206 · Page 7 de 11 · 1 398 affichages · Partager tout pareil kif kif memestra* !  (Mais... "oh putain con", ça ne s'écrit pas : "oh putaing hé cong" ?  )
*memestra : "pareil", en breton (prononcer "mémeustra") | | | À: Calao · 8 juillet 2014 à 21:52 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 139 de 206 · Page 7 de 11 · 1 372 affichages · Partager C'est donc ça la petite odeur aigrelette... | | | À: Cambrousse · 9 juillet 2014 à 22:33 Re: "Ah ces fantasmes de blancs!" Message 140 de 206 · Page 7 de 11 · 1 284 affichages · Partager Eh bien moi il m'a ennuyée son article à monsieur l'écrivain romancier kenyan Binyavanga Wainaina ! 
Il dénonce des clichés ? Mais ce type de dénonciation de clichés est lui-même un lieu commun ! On connait tout ça par cœur !
C'est marrant mais moi "j'ai pas aimé l'Afrique." (Pardonpardonpardon... MeaCulpaMaximaculpa...  ) Je rectifie tout de suite : j'ai pas aimé le lieu où je me suis retrouvée catapultée en Afrique, au milieu du Mali, aux portes du pays dogon que tant de touristes (surtout femmes d'un certain âge, au vu des arrivées à l'aéroport local...) se précipitent de visiter ("Ils sont cooools les Maliens") (c'est sans doute leur coolitude profonde qu'elles proposent de payer de petits biftons glissés devant les yeux de leur pov'guides (croient-elles) un soir de solitude au beau milieu du pays dogon).. pays dogon que je ne suis pas allée voir (je mens mais à peine).
Cliché sans doute : c'est précisément la dureté du coin qui m'a rebutée. Dureté est un euphémisme, j'ai failli revenir dans une boîte. Anti-cliché : Le plus pénible venant de deux Françaises qui se comportaient (sur place) comme des...*** (chut, mot trop fort, et pas celui que vous croyez). (C'est marrant ce que les gens se permettent loin, très loin, à l'abri des autres regards blancs. Mais ne croyez pas que leurs comportements visent forcément les noirs. C'est que pour faire ses petites affaires, il vaut mieux évincer les témoins gênants. Avec les gens du coin, on se débrouille. Cliché ? - Mouahaha)
Bref, pour ce qui est de """""l'Afrique""""", je préfère en fait visionner des documents réalisés par des gens qui y ont passé du temps, lire des livres sur l'art, les langues, l'esprit des populations du pays, lire l'excellente aventure de leur 3 années de marche le long de toute la côte Est des Poussin (Afrika, un récit absolument exceptionnel), je préfère scruter des images pendant des heures à la recherche d'un signe,...
Je conserve néanmoins le souvenir d'une femme exceptionnelle que je voyais bien députée puis présidente de son pays (mais elle avait une urgence : se marier, avant que ce ne soit trop tard), des femmes villageoises que j'aurais bien invitées en France pour apprendre aux Françaises à s'émanciper (je ne plaisante pas elles sont impressionnantes de force de caractère et de volonté), quelques récits tristes d'amis enfermés dans une culture qu'ils n'aiment pas, je conserve aussi des couleurs de terre, des couleurs de troupeaux, des couleurs de peau, des nuances de fleuve, le parfum orgasmique (oui) des mangues ramassées par terre sous les arbres, des visions d'arbres surréalistes qui semblent courir à toutes jambes sur la terre ocre, toutes racines dehors, et puis trois chocs, émotions pures et brutales, devant trois objets surgis devant moi sans prévenir :
Pour le premier c'était dans un musée (je n'aime pas les musées mais là exceptionnellement j'étais dans un musée à Bamako où je cherchais le frais). Je suis restée bouche bée au détour d'un mur blanc, les yeux écarquillés et les pupilles dilatées (ou le contraire), à m'user les yeux pendant... (je ne sais pas)... devant une veste de chasseur. Car cette veste de chasseur répondait à une attente dont je n'avais pas connaissance et qui n'attendait que cette occasion, unique, miraculeuse, pour surgir à ma conscience, telle le génie du mythe... Et pendant des jours, des semaines, et encore maintenant (des années plus tard) cette veste me hante de son histoire, non pas celle de son propriétaire ou de la culture qu'elle représente, mais celle que j'ai créée et que je construis avec elle depuis la seconde où je l'ai rencontrée.
Et puis ce grand pot de terre cuite par une coopérative de femmes sur le fleuve. En fait ils étaient deux et je n'ai pas été capable de choisir. Ils avaient quelque chose d'asiatique, de japonais (j'ai cherché depuis parmi toute la céramique japonaise : rien de ressemblant). Donc ils avaient quelque chose de japonais seulement dans mon imagination et c'est sans doute pour cela qu'ils me parlaient avec cette puissance. J'ai vécu en Asie et j'ai aimé l'Asie.  J'ai passé des heures à les regarder, chez moi, à les scruter de quelques mètres et jusqu'à repeindre tout le mobilier en noir pour eux : parce qu'ils étaient plus beaux encore avec tout ce noir autour d'eux.
Et enfin ce morceau de pirogue (comment appellent-ils les pirogues déjà ? Comment ai-je pu oublier... PINASSES !!! ça y est ! Ce morceau de pinasse lâché sur le sable où je faisais une petite balade à la fraîche (je mens sur "la fraîche", disons, une fin d'après-midi) en longeant le Niger... Je me suis arrêtée net devant ce morceau de pinasse, environ 1m sur 60, proche de la décomposition, tout rapiécé de partout, rapiécé de rapiécé de rapiécé... Du métal du chiffon du je sais pas quoi de tout ce qui peut se trouver ici et qui est susceptible de boucher efficacement un trou ou de rapprocher deux morceaux de bois, j'ai scruté ça centimètre par centimètre pendant... (je ne sais pas)... à m'user les yeux. J'en ai pleuré. C'est simple : je n'avais jamais RIEN vu d'aussi BEAU. Le lendemain je suis revenue avec un appareil photo et je n'ai pas osé prendre une photo (de peur que les gens qui m'avaient repérée la veille un peu plus loin ne me l'enlèvent, ou exigent que je le paie... une fortune bien entendu, comme ils le faisaient dès que je voulais prendre une photo de manguier...) Le lendemain je suis encore revenue en me promettant de leur demander de bien vouloir m'autoriser à le prendre, ou me le vendre mais je n'ai pas osé (ils me prendraient pour une folle ou m'en demanderaient des milliers de dollars, j'avais l'habitude, j'ai dû revenir avec à peine, allez, 8 photos d' """Afrique""".) Le lendemain je suis revenue et ils l'avaient détruit. Pour faire du feu sans doute. Il n'en restait qu'un petit morceau et je me suis dit : "Ces gens ne savent pas ce qu'ils ont." J'ai le droit de penser comme un blanc.
L'art de la récup' en Afrique est peut-être un cliché... (du point de vue de l'auteur de l'article cité plus haut sans aucun doute). De mon point de vue les objets réparés sont profondément humains et participent du sublime de notre espèce.
Quelques années plus tard le musée des Arts Premiers à Paris présente une exposition titrée : "Objets blessés." Connerie de blancs ?
Non : les objets blessés sont beaux et bouleversants, ils racontent des histoires uniques et puissantes... A moins que ce ne soit moi qui me les raconte...
Fin de la parenthèse. Retour à l'article :... | Discussions similaires sur l'Afrique de l'Ouest et du Centre: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 16 709 visiteurs en ligne depuis une heure! |