Jour 16, 8 août : Udaipur« Délivrance et régression au sommet de la Ville des Lacs »
Allongé sur mon étroite banquette dans la chambre d’hôpital pour la deuxième nuit consécutive, je suis réveillé vers 3h30 du matin par un message de Magali qui me demande si Théo va bien. Elle m’apprend surtout que tout est allé de mal en pis pour elle dans la nuit : après avoir beaucoup vomi la veille, elle s’est relevée, a été prise d’un malaise dans la salle de bain de l’hôtel où elle s’est effondrée et a perdu connaissance quelques secondes... Elle semble avoir attrapé elle aussi une très mauvaise intoxication alimentaire. Je lui conseille de faire vérifier ça assez vite car la réaction du corps semble avoir été brutale. Elle plaisante en me répondant qu’elle va demander une consultation à notre « Docteur Jaïn », qui je le rappelle n’est pas son vrai nom mais celui que nous lui avons donné, je n’ai pas encore raconté pourquoi, mais ça va venir. Blague à part, je trouve que ce ne serait pas une mauvaise idée que de prendre ces symptômes au sérieux et de profiter que nous sommes encore pour quelques heures, si tout se déroule comme prévu, dans l’un des meilleurs hôpitaux du
Rajasthan pour avoir un diagnostic fiable et un traitement adapté. Cela ne lui paraîtra pas nécessaire finalement... Il me vient aussi à l’esprit que l’angoisse accumulée par la situation qu’elle vit depuis plusieurs jours peut y être un peu pour quelque chose dans son état.
Vers 8h30, Magali et Kelyandre me rejoignent à l’hôpital, peut-être pour les dernières heures ou minutes à y passer. Nous attendons avec impatience l’annonce du verdict et de la cérémonie finale, l’entrée en scène du Docteur Jaïn et de ses danseuses... euh infirmières. Magali en attend beaucoup car elle s’est mise à imaginer qu’avec le prix que nous avons déjà payé, nous serions en droit d’attendre que la troupe nous ait préparé une petite chorégraphie bollywoodienne d’adieu pour célébrer l’heureux dénouement façon
Slumdog Millionaire : « Jay ho ! Jay ho ! ».
Mais alors pourquoi donc avons-nous affublé ce Docteur Janged du sobriquet de « Docteur Jaïn ? » Voici enfin l’histoire en exclusivité ! Quand j’étudiais l’hindi aux Langues Orientales, nous avions visionné avec notre professeur de compréhension orale le film hindi
Vivah (« Mariage »), sorti en 2006, qui à défaut de me plaire, m’avait surtout beaucoup marqué pour m’avoir fait sourire. Sous couvert de film de Bollywood plutôt classique, avec l’inépuisable fil rouge (ou plutôt les grosses ficelles) du projet de mariage compliqué entre les deux amants et toutes les péripéties qui en découlent, les novices en sociologie indienne ne remarqueront peut-être pas entre les lignes les relents de fondamentalisme hindou en filigrane de ce très long (forcément) long-métrage, certes distillés dans une incarnation plus détendue et respectable. Originalité à mettre sur le compte du scénario tout de même : pour une fois, les planètes sont alignées pour que le mariage ait lieu sans encombre. Fait majeur, le jeune premier et la donzelle sont tous deux de caste
brāhmaṇ, rendant l’union tout à fait viable, aucun obstacle de ce côté-là. Alors il est vrai que la promise a été adoptée par son oncle et sa tante à la suite du décès de ses parents, ce qui n’est pas optimal niveau pureté, mais bon... De surcroît, bien qu’ils ne se connaissent pas l’un et l’autre car le mariage est quand même arrangé par les familles (faut pas déconner non plus), ils ont la chance d’avoir le coup de foudre dès la première entrevue. Et si la famille de la jeune femme est beaucoup moins fortunée, qu’à cela ne tienne, le père du fiancé, un très riche businessman de
New Delhi, propose dans sa grande mansuétude de faire une croix sur la dot, et ça, ce n’est quand même pas rien ! Après tout, il est déjà plein aux as et bien heureux que l’endogamie de caste (et donc le bon équilibre de l’ordre cosmique) soit respectée dans cette époque où tout marche sur la tête. L’essentiel de la tradition est donc sauf et si cela peut rendre en bonus le conservatisme hindou un peu plus acceptable aux yeux du public mondial, alors n’en jetons plus. Tout va donc pour le mieux, personne ne s’oppose à l’union et les choses se passent à peu près bien dans les règles. Les tourtereaux se fiancent et ont même le droit de se rencontrer deux ou trois fois furtivement avant le mariage. Les familles respectives laissent quelques libertés et ferment un peu les yeux durant ces rencontres car il faut bien vivre un minimum avec son temps et accepter de subir un minimum les effets cet ère de la dégénérescence et de l’inversion des valeurs qu’est le
Kaliyuga. Du fondamentalisme progressiste en somme.
Mais bien sûr, tout était trop beau pour que ça se passe bien jusqu’à la fin (sinon le film aurait vraiment bien peu d’intérêt...). Le retournement de situation est que deux jours avant le mariage, la fiancée est brûlée au visage et défigurée dans l’incendie de sa maison. Ce coup du
karma serait-il dû au fait qu’elle est une impure fille adoptive ? Ou à sa fausse sœur et à sa fausse mère qui la jalousent un peu ? Ou encore à cette tradition primordiale de la dot qu’on a voulu écarter un peu trop vite ? Toujours est-il que la belle, ironiquement bien amochée par l’accident, est très mal en point et doit être prise en charge au plus vite par le docteur local, Docteur Rasheed. Celui-ci, bien que musulman (comme son nom l’indique ostensiblement), fait tout ce qu’il peut pour assurer avec succès les premiers soins. Mais ce toubib de campagne finit par admettre qu’ayant fait son maximum, il doit désormais passer le relai à un confrère plus compétent que lui, en l’occurrence le Docteur Jain, de religion jaïne (comme son nom l’indique encore plus ostensiblement), considérée par les hindous eux-mêmes comme une communauté très savante, pieuse, au niveau des plus hauts de leurs
brāhmaṇ. Derrière cette coopération professionnelle fructueuse mais déséquilibrée, vous aurez maintenant compris le message, subliminal bien entendu, car aucune religion ni communautés n’ont été citées, seulement des noms vaguement suggestifs... À la fin, grâce à l’expertise du Docteur Jain, dont les soins inévitablement coûteux sont pris en charge par le riche et vertueux fiancé qui veut sauver à tout prix ce mariage, alors que la tradition l’autoriserait pourtant à l’annuler sans aucun effort étant donnée la malencontreuse avarie de dernière minute sur la marchandise, le visage de la fille est en partie sauvé et la cérémonie peut avoir lieu dans un moment de grâce qui réconcilie tout ce beau monde. Tout ça grâce à qui ? Qui est le vrai héros dans ce film ? Personne ne le dit mais c’est le Docteur Jain bien sûr !
Voilà donc comment la présence d’un Docteur Jain dans l’équipe pédiatrique du GBH American Hospital (sans compter que son directeur s’appelle aussi Docteur Jain) confirmant l’idée que les clichés sociologiques ne sortent pas de nulle part (surtout en
Inde), m’a amené à évoquer à Magali le souvenir de ce film vu 15 ans plus tôt. Dans un premier temps, elle a interverti par mégarde le nom des deux pédiatres, pour au final en affubler définitivement notre Docteur Janged qui était la vraie star de l’histoire. Oui oui, tout ça pour ça...
(Le fameux Docteur Jaïn! L'image vient du site de GBH l'American Hospital, mais elle est tellement fidèle à mes impressions et un des héros de ce voyage méritait bien une apparition physique.)
Et comme nous en parlons justement, en fin de matinée, c’est avec un grand sourire que notre Docteur Jaïn (Janged en fait pour ceux qui n’ont toujours pas compris) frappe à la porte. Après avoir posé les questions habituelles (« No vomiting ? No diarrhea ? No fever ? ») juste pour le show car il connaît déjà les réponses cette fois et joué quelques secondes avec le petit pour la forme, il nous annonce qu’ayant étudié avec attention les dernières analyses, il considère Théo définitivement guéri. C’est officiel, nous pouvons donc enfin sortir ! Son équipe est alignée derrière lui dans une pose professionnelle très filmique, mais au grand dam de Magali, il n’y aura pas d’autre chorégraphie que celle-ci... Les membres de l’équipe nous disent au revoir chaleureusement en laissant transparaître dans leurs mimiques le sentiment du travail accompli, sortent de la chambre, puis plus rien. Voilà, c’est fini. Cet épisode est désormais derrière nous. Enfin presque... Car avant de partir, nous devons régler les dernières formalités de sortie. Là encore, tout semble parfaitement orchestré et on me dit que le service comptabilité m’attend au sous-sol. Malgré les sourires de façade, Docteur Jaïn ne perd pas le nord et c’est seulement quand nous aurons finalisé le dossier qu’il nous donnera son feu-vert officiel pour retourner à la vie civile. Comme nous avons déjà avancé une somme forfaitaire de 40.000 roupies, nous nous disons que nous allons peut-être avoir un remboursement, ce qui nous arrangerait bien car contrairement à l’héroïne du film
Vivah, nous n’avons personne pour payer nos frais et encore aucune certitude que l’assurance va le faire...
J’emprunte donc une nouvelle fois l’ascenseur qui m’amène au sous-sol obscur. Je retrouve le couloir mal éclairé et le guichet où je salue les deux sympathiques employés. Ils consultent leur ordinateur, impriment des documents et me montrent le bas de la feuille. Et bien non, ce ne sera pas un remboursement : le montant total est de 77.380 roupies et il faudra donc ajouter 37.380 roupies supplémentaires... Cela dit, les deux hommes font tout leur possible pour me rendre un dossier en ordre afin de faciliter notre demande de remboursement à l’assurance. Ils prennent même le temps d’y agrafer le maximum d’ordonnances de médicaments retrouvées qui ont été autant de dépenses supplémentaires, pour une somme qui atteint au total 80.000 roupies presque tout ronds, soit autour de 900€ au taux du jour et en prenant en compte les frais bancaires. Comme Magali a fait la première avance et que Théo est rattaché à sa carte Vitale, c’est donc elle qui doit encore payer si nous voulons espérer que notre demande de remboursement soit prise en compte. Je remonte par l’ascenseur, perpétuant le va-et-vient que je pratique comme un robot depuis quatre jours maintenant, et de retour dans la chambre, annonce en réponse de son « Alors ? » la triple bonne nouvelle à Magali : pas de remboursement mais un montant au contraire doublé, et c’est elle qui doit descendre pour faire chauffer la carte. La voilà qui se rend à son tour dans le sous-sol, revenant un peu plus tard avec le précieux sésame de sortie. Notre dossier est complet, Théo est enfin autorisé à quitter la chambre et nous verrons bien au retour ce qu’il en sera. Pour l’heure, la priorité est de sortir d’ici et continuer notre voyage !
Je comprends en cet instant pourquoi la majorité des Indiens n’a pas d’autre choix que celui de l’hôpital public. Même si nous ne nous attendions pas à une telle dépense, 900€, ce n’est pas la mer à boire pour des touristes occidentaux, qui ont en plus pris un risque en connaissance de cause, et c’est au final assez peu vue la qualité plutôt honnête des soins et du suivi. Mais pour un foyer indien modeste, cela peut représenter un an de revenus ! Les familles qui nous entourent sont donc soit privilégiées, soit prêtes à tout pour sauver un proche et éviter un hôpital public délabré au personnel moins compétent... Après un an presque jour pour jour de démarches à harceler notre assurance qui ne répondait pas ou assurait que le dossier était en cours sans jamais nous informer de son avancée, nous avions fini par penser que nous n’obtiendrions rien, sans pour autant abandonner. Mais un beau matin, Magali a finalement eu la surprise de découvrir qu’elle avait perçu un remboursement de 550€, soit 60% des frais engagés. Comme nous n’en attendions plus rien, ce qui est probablement voulu, nous sommes en fin de compte plutôt satisfaits de ce remboursement partiel.
Nous réunissons toutes nos affaires, prenons l’ascenseur pour la dernière fois, traversons le vaste hall lumineux et sortons en disant au revoir au GBH American Hospital, non sans un petit pincement au cœur en nous remémorant en quelques secondes tous les moments de cette expérience imprévue qui fait cependant partie intégrante de notre voyage et de notre apprentissage de l’
Inde. Elle en restera forcément le moment le plus marquant. C’est ici après tout que nous avons simultanément fait l’expérience profonde de l’
Indian hospital et grâce à Sukhdeo et sa famille, de l’
Indian hospitality à la fois, dans une coïncidence aussi étymologique que temporelle. Enfin, nous nous retournons sans regret vers notre destin.
Nous sommes déjà en début d’après-midi mine de rien car toutes ces démarches ont pris du temps et nous n’avons pas encore mangé. Nous décidons d’aller rendre visite au couple de petits vieux qui tient le Santoṣh Restaurant, ce petit
ḍhābā/épicerie sur la grande avenue qui passe devant l’hôpital. Pendant ces trois jours, il a été notre point de ravitaillement principal, et surtout, notre refuge quand nous avions besoin de nous aérer, décompresser des longues heures d’enfermement dans l’environnement hospitalier ou nous changer les idées devant un
chāy, une glace ou quelques
chāṭ, sur les marches du commerce ou la petite table au bord de la route, avec la compagnie du bruit blanc du trafic qui passe à quelques centimètres et les coups de klaxons permanents, tout à fait propices à la méditation et au lâcher prise. L’expérience ultimement authentique de l’
Inde ! Alors pour tout cela, nous souhaitions leur dire au revoir et grignoter au passage quelques
samosā et autres snacks, nourriture réconfortante à défaut d’être diététique, que Kelyandre affectionne de plus en plus. Les petits vieux nous font de la place sur une table, plein d’enthousiasme et d’empressement. La seule chose qui inspire Magali avec son estomac en vrac est une simple
pohā : pas de risque avec ces pétales de riz revenus dans un peu d’huile et du curcuma. Mais elle déplore l’ajout inutile de
farsāṇ, ces petits morceaux de pâtes et de fruits secs frits et croustillants dont les Indiens du nord-ouest sont si friands qu’ils en mettent presque partout pour décorer leurs en-cas, et l’ajout de
chāṭ masālā, condiment que tous les palais occidentaux n’apprécient pas forcément en raison de son odeur prégnante qui rappelle parfois à certains... un relent discret de flatulence diarrhéique... En tout cas, le couple semble content que nous ayons pensé à eux et sont heureux pour nous que tout soit fini, même si
business is business, ils auraient sûrement préféré nous avoir encore quelques jours... Un dernier
chāy pour moi et nous hélons un rickshaw direction l’hôtel pour un programme simple : décrassage, sieste et détente. Kelyandre et moi enfilons même nos maillots de bain pour tester enfin la piscine, un peu végétalisée au milieu de la cour, juste derrière nos fenêtres, qui donne l’impression de nager dans une mare tropicale factice au milieu d’une
havelī. Très agréable et rafraîchissant !
En milieu d’après-midi, nous nous sentons assez requinqués et libérés pour reprendre nos explorations. Comme je dois acheter les épices que j’ai repérées la veille vers Sindhi Bazar et que nous avons encore quelques vêtements à faire recoudre chez le tailleur avec qui j’ai sympathisé dans la même zone, cela donne une bonne occasion à Magali, Kelyandre et Théo d’une balade tranquille dans la vieille ville pour renouer avec la rue indienne où il se passe toujours mille choses qui nous étonnent : il n’y a qu’à avancer et se laisser porter !
Après avoir descendu Jagdish Temple Road et dépassé Ghaṇṭāghar, la Tour de l’Horloge, pour continuer sur Sidhi Bazar Road, les sonorités frénétiques d’un harmonium et des chants enflammés viennent chatouiller mes tympans de mélomane indianophile. Nous suivons le son et, au bord de la rue, passons un portail en retrait entre deux commerces, qui débouche sur une petite cour dominée par des minarets ornés, une coupole et ce qui semble être un mausolée. Au fond, un ensemble de
qawwālī est en train de jouer des poèmes à la gloire de quelques saints soufis devant un petit groupe de dévots musulmans assis sur un grand tapis. Je trouve le genre du
qawwālī particulièrement poignant et en cet instant, il se mêle parfaitement avec l’ambiance de ce début de fin d’après-midi où la lumière et l’atmosphère se font plus douces, et à cette sensation de voyage qui renaît dans une quiétude légère. Nous restons quelques minutes pour profiter de ce moment enchanteur alors que les fidèles vont et viennent. Après recherche, le lieu serait une vieille mosquée au cœur de Sindhi Bazar nommée Chillah kī masjid, apparemment fermée depuis...
Nous poursuivons notre descente de Sindhi Bazar Road où j’aperçois la toute petite échoppe de mon tailleur, Manmohan, dont l’enseigne avec un dessin de Gandhi précise qu’il est « spécialiste en
kurtā-pajāmā ». Entouré d’un groupe d’amis, il est content que je sois repassé comme promis pour lui présenter la famille et lui confier nos vêtements à recoudre. Il nous offre le
chāy, pose moultes questions sur notre vie en
France, remarque que Magali et Kelyandre sont d’origine africaine et s’enquiert de l’état de santé de Théo qui a déjà repris du poil de la bête.
Pendant que le tailleur s’affaire à recoudre la chemise africaine de Kelyandre, la
kurtī de Magali et une bride de sac à dos, un rikshāwālā qui boit le
chāy avec nous réalise le rêve de Théo, obsédé de véhicules à moteur, en l’installant sur le siège conducteur de son rickshaw (à l’arrêt bien sûr). Les mains collées au guidon, il est absorbé par son nouveau jouet grandeur nature et semble s’imaginer transperçant la rue bondée à toute vitesse en faisant des rugissements de moteurs avec sa bouche.
Manmohan me présente le labeur réalisé en insistant sur le fait qu’il a doublé les coutures pour qu’elles tiennent longtemps. Il m’en demande 200 roupies, prix qui me paraît un peu élevé mais que je ne discute pas pour le plaisir du moment passé, la sympathie du bonhomme et le sérieux de son travail.
Nous finissons par Sindhi Bazar où je retrouve mon magasin d’épices.
J’achète une pochette de
biryānī masālā pour une collègue martiniquaise aux lointaines origines indiennes et surtout, les fameux piments de Mathaniyā pour mes amis indiens résidant à
Paris qui rêvent depuis longtemps de cuisiner un
lāl māns (« viande rouge »), spécialité carnée emblématique du
Rajasthan qui porte ce nom de la couleur vive et du piquant rond et sucré si particuliers à cette variété. Un sac rempli est si léger que pour 300 roupies le kilo, ça ne coûte pas grand-chose et j’en prends pour moi aussi au passage ! Nous faisons également le plein d’encens dans une boutique voisine pour un prix dérisoire.