Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Pagaljavab · 31 août 2025 à 0:08 · 175 photos 202 messages · 15 participants · 11 045 affichages | | | | À: Pagaljavab · 8 septembre 2025 à 19:34 · Modifié le 4 oct. 2025 à 14:59 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 41 de 202 · Page 3 de 11 · 807 affichages · Partager Jour 3, 26 juillet : Ahmedabad-Adalaj-Ahmedabad"Un petit détour pour de grisantes errances"
Réveil, petit-déjeuner dans la chambre semblable à celui de la veille et nous nous préparons sans trop traîner car une intense journée nous attend. La veille, histoire de sortir un peu d’ Ahmedabad, j’ai proposé à Magali que nous faisions une excursion à Adālaj nī vāv, l’un des remarquables bāolī du Gujarat, que j’avais également visité dix ans auparavant. Les bāolī ( vāv en gujarati et en marathi) sont ces grands puits à degrés indiens ornés comme des temples qui avaient des fonctions autant pratiques que religieuses. Ce n’est pas le plus impressionnant des bāolī du Gujarat (le Rānī kī vāv de Patan un peu plus au nord figure dans la liste des plus belles choses que j’ai vues en Inde), mais il est remarquable et à seulement une petite vingtaine de kilomètres du centre d’ Ahmedabad, ce qui nous permet de faire une première virée dans la campagne indienne sans aller trop loin. Ce n’est pas pour déplaire à Magali qui sans détester Ahmedabad, n’a pas le coup de cœur absolu pour cette ville, ou peut-être, n’est pas encore suffisamment accoutumée aux joies du tumulte, de la pollution et de la saleté des métropoles indiennes. C’est aussi notre dernier moment avant de prendre le train de nuit pour Jaisalmer le soir-même. Nous décidons de nous rendre, à pied cette fois, à Laal Darwaza où tous les chemins semblent mener, car j’ai vu sur internet que c’est depuis la gare routière qui s’y trouve que l’on peut rallier le village d’Adalaj. Nous longeons Relief Road et ses nombreux magasins de vêtements, restaurants et boutiques en tout genre, encore fermés à cette heure plutôt matinale. Nous faisons un petit arrêt en chemin à une bonne échoppe de lassis et jus de fruit, Masti Juice (Jus du Bonheur), pour profiter des spécialités et faire l’indispensable ravitaillement en eau dans cette chaleur moite de la mousson gujaratie qui nous fait transpirer un peu. Cela dit, nous n’avons pas trop à souffrir de la chaleur depuis notre arrivée : les pluies occasionnelles rafraîchissent un peu l’air, les matinées sont agréables et pendant les éclaircies, il fait bien chaud mais ce n’est pas non plus la canicule.
Nous arrivons relativement vite à Laal Darwaza malgré Théo qu’il faut souvent porter. Il a bien intégré nos avertissements sur les dangers de la circulation et des trottoirs indiens, et se montre très prudent au mileu de ce vacarme, lui qui est normalement si expansif. Il en profite pour nous demander de le porter plus souvent que d’habitude en invoquant la fatigue. Nous savons qu’il en rajoute un peu, mais il est vrai que même s’il marche, il n’a que 2 ans et n’est pas habitué à crapahuter autant, ni à cette chaleur humide et lourde. Nous trouvons la gare routière de Laal Darwaza et nous renseignons pour trouver la ou les lignes de bus qui vont vers Adalaj. Plusieurs personnes, employées ou simples passants sympathiques, nous renseignent avec beaucoup de bienveillance et discutent facilement avec nous. Nous attendons peut-être une petite demi-heure avant qu’on nous fasse signe qu’un bus qui va vers Adalaj entre en gare. Tout le monde se rue vers la porte qui s’ouvre et nous essayons de faire notre possible pour ne pas nous faire passer devant par tout le monde, comme le veut la tradition en Inde. Nous parvenons à trouver des places assises, le bus repart et nous achetons les billets auprès du contrôleur pour une somme ridicule, l’équivalent de quelques petites dizaines de centimes. C’est notre premier voyage en bus public et tout le monde apprécie le folklore de cette vieille carlingue empaquetant saris colorés, chemises et kurtā blancs immaculés et autres...
Je suis notre trajet en consultant régulièrement la localisation de mon téléphone sur Google Maps et voit que traversant la ville vers le nord, nous prenons bien la bonne direction en longeant la Sabarmati jusqu’au célèbre ashram de Gandhi (que nous ne trouverons jamais le temps de visiter), puis le stade Narendra Modi. La circulation est dense mais nous sortons peu à peu de la ville. Adalaj se trouve à mi-chemin entre Ahmedabad et sa ville satellitaire plus moderne Gandhinagar, qui est accessoirement (et curieusement), la capitale de l’État du Gujarat. À un moment, je remarque que le bus dévie vers l’ouest, mais comme nous ne sommes pas très loin d’Adalaj, je me dis que c’est un détour vers le village de Shantigram et qu’il va revenir vers l’est. Mais la route défile et nous nous enfonçons vers le nord-ouest, nous éloignant de plus en plus de notre destination. Je demande au chauffeur si nous allons bien au puits d’Adalaj. Il semble un peu gêné, dodeline de la tête en évitant de me répondre clairement : tout connaisseur de l’ Inde sait que c’est mauvais signe ! Puis il finit par me dire de ne pas m’inquiéter, que le bus ne va pas à Adalaj mais passera à 5 kilomètres et qu’il nous préviendra quand il faudra descendre pour prendre un autre bus ou un rickshaw. Je saisis à la volée les paroles d’un voyageur lui dire : plutôt « pandrah kilometers », c’est-à-dire 15 kilomètres... Je me précipite sur Google Maps qui confirme ses dires et infirme ceux du contrôleur : en continuant sur cette route, les lois de la géométrie font qu’il est impossible de passer à 5 kilomètres d’Adalaj... ni même à 15... plutôt 20-25... Je ne sais pas pourquoi tout le monde à la gare routière nous a indiqué ce bus comme allant à Adalaj alors qu’il n’y va pas, et je commence à me demander où le contrôleur va nous dire de descendre... Des voyageurs finissent par comprendre ce qu'il s'est passé et m’expliquent la confusion : le bus ne va pas à Adalaj mais à... ADRAJ... qui se prononce presque pareil ! Plusieurs sentiments m’envahissent, mais bien qu’un peu contrarié, j’accepte notre sort. Je me dis que même en parlant hindi et avec des gens dévoués pour nous aider, il existe toujours et encore ce type de quiproquos quand on voyage en Inde... Nous continuons notre route à travers champs et villages de longues minutes durant qui me paraissent quand même un peu interminables, car j’ai l’impression qu’on s’éloigne toujours plus. Mais je ne panique jamais dans ce genre de situation, cela m’est arrivé plusieurs fois sur les routes de l’ Inde et il y a toujours une solution. C’est pour cela que c’est un pays idéal pour errer : on n’est jamais perdu et ces moments d’errances qui invitent au lâcher prise font pour moi partie intégrante du plaisir du voyage. J’explique à mon équipage qu’il faut relativiser : nous ne sommes pas si loin d’Adalaj, nous sommes en vacances pour découvrir l’ Inde, nous avons du temps et prendre le rickshaw à travers la campagne gujaratie sera encore plus marrant. Nous arrivons finalement dans un village du nom de Vamaj où le fonctionnaire nous dit de descendre et de trouver un rickshaw.
Le petit village se trouve au carrefour de plusieurs routes et il n’y a pas foule, voire quasiment personne et même pas un endroit pour prendre un chāy ou manger un samosā. Nous commençons à nous demander si nous allons trouver quoi que ce soit pour quitter ce village. Je demande à tout hasard s’il n’y a pas un bus pour Adalaj, mais non.... Les quelques voyageurs qui sont descendus avec nous se précipitent tous vers le peu de rickshaws qui s'y trouvent et partent sans attendre, nous laissant seuls dans ce trou perdu. Kelyandre n’a pas tout à fait le même état d’esprit que moi : sa nature inquiète apprécie beaucoup moins les imprévus et il semble plutôt voir la situation comme un échec. Je tente de le rassurer en lui rappelant que je connais bien le pays et que ces imprévus sont souvent ce qu’il y a de plus intéressant dans le voyage (ce qui est vrai puisque c’est moi qui le dis). Nous vendons aux enfants cette petite virée inattendue comme une super attraction (ce qui est également vrai) et nous l’expérimentons sans attendre ! Nous apercevons enfin deux rickshaws. L’un nous propose un prix délirant (pour l’ Inde) avant de descendre un peu à 500 roupies. Comme je refuse catégoriquement parce que je sais qu’on est loin du compte, même pour « 30 kilomètres » m’affirme-t-il, ils appellent un de leur collègue plus loin qui sera moins cher selon eux. C’est un vieil homme à qui je précise en accentuant bien les « a longs » et les « a courts » que nous allons à « ADAALAJ ! » et pas à « AADRAJ ! », et nous tombons d’accord pour 350 roupies. C’est certainement encore au-dessus du prix mais il ne reste plus que lui dans ce village déserté et nous n'avons pas envie de nous attarder ici car le programme est chargé. Puis comme dirait Attila (la voyageuse, pas l’empereur des Huns), nous ne sommes pas là pour nous enquiquiner pour quelques centimes, c’est un prix correct pour nous : ce ne sont que 4€ pour emmener quatre personnes à 25 kilomètres de là. Et si en plus on le voit comme une attraction (climatisée en plus grâce au vent), alors c’est quasiment donné ! Finalement, Magali et les enfants qui adorent le rickshaw se régalent de cette traversée des villages et des campagnes. C’est même leur expérience la plus authentique de l’ Inde depuis notre arrivée : vaches, chèvres et chiens sur la route, rickshaws remplis jusqu’à la gueule, motos surchargées, camions décorés aux klaxons déchirants, scènes de vie rurale, mais aussi urbaine quand nous traversons la ville encombrée de Kalol INA, pour « industrial notified area ». Il s’agit en effet d’un espace industrialo-urbain satellitaire de Gandhinagar où nous sommes par endroits bloqués par la circulation. Cette proximité permet aux gens de nous faire des coucous de bienvenue. Tout le monde est ravi et nous avons même le sentiment que le voyage commence vraiment. Au bout d’une quarantaine de minutes, nous arrivons enfin à Adalaj où notre fort sympathique chauffeur trouve la zone du puits que je reconnais tout de suite. Une bien chouette expérience au final !
Pour nous remettre de nos émotions et comme il est presque l’heure de manger, nous cherchons un endroit où nous sustenter au moins de quelques chāṭ (nourriture sur le pouce), mais il n’y a que deux épiceries devant l’entrée de l’édifice et nous devons nous contenter de chips, glaces et petits lassis en briques Amul, l’incontournable marque nationale de produits laitiers qui, comme Tata ou Birla, a été fondée par des familles de riches industriels du Gujarat qui ont joué un rôle majeur pour aider Nehru à développer le pays au moment de l’indépendance. Ces briques de lassis à 20 roupies sont nourrissantes et sûres : c’est une bénédiction pour Théo qui les apprécie beaucoup sans risquer de tomber malade. À l’entrée du site, nous faisons un tour rapide au petit temple de la déesse Ambe Mātā puis nous dirigeons vers le guichet pour acheter nos billets (250 roupies pour les visiteurs étrangers adultes et gratuit pour les enfants). Le bāolī d’Adalaj est donc l’un de ces puits ornés que l’on trouve généralement dans l’ouest de l’ Inde, et plus particulièrement dans les régions arides du Rajasthan ou du nord du Gujarat, car ils permettaient de stocker les eaux des pluies. Celui-ci a été commandé par un souverain hindou à la fin du XVème siècle avant qu’un souverain musulman, petit-fils du sultan Ahmed Shah, fondateur d’ Ahmedabad (qui signifie très logiquement « ville d’Ahmed ») envahisse ce royaume voisin. Il épousa la fille du vaincu qui se serait suicidée plus tard dans les eaux du puits selon la légende... Il est de toute beauté dans un style typiquement gujarati aux influences hindoue, jaïne et musulmane.
Ces piliers finement ciselés comme de la dentelle forment des structures en réseaux carrés qui mènent en contrebas à un grand puits octogonal auquel on peut accéder par des marches.
Les eaux glauques et les rayons de lumières qui filtrent à travers le sommet et les failles de l’édifice produisent un bel effet visuel.
Ici et là, en inspectant les recoins des lieux, je surprends des chiens qui se nichent, endormis et imperturbables, dans des replis cachés du monument ou de petites alcôves à l’abri du soleil et des humains.
Il est même possible de marcher sur le toit (en étant prudent) pour avoir une vue d’ensemble et admirer d'autres beaux ornements. C’est d’autant plus agréable que le site autour du puits est calme, avec des allées fleuries et de larges aires de gazon où se promener, où Théo peut observer avec entrain gilaharī (ces petits écureuils indiens) et gros lézards qui arpentes les murs de pierre, ainsi qu’un impressionnant banian.
En plus, il n’y a pas trop de monde, ce qui est appréciable. Il y a un petit groupe de touristes asiatiques qui nous fait réaliser au passage que nous n'avons croisé encore (ou presque) aucun touriste étranger depuis notre arrivée à Ahmedabad. Nous profitons des toilettes très propres (ce qui est assez rare pour être mentionné) au fond du site et des bancs pour nous reposer un peu.
Puis nous ressortons contents de cette belle visite à la recherche d’un vrai endroit où manger rapidement, car nous avons notre train de nuit en début de soirée. Nous trouvons dans les ruelles adjacentes au site un tout petit boui-boui qui nous inspire. Les sympathiques propriétaires nous installent sur la table latérale de leur étroite échoppe et nous servent de délicieux samosā, kachauḍī (des petits beignet frits et fourrés) et autres chāṭ épicés qui font plus que notre affaire pour trois fois rien. Pendant notre repas, de petites filles Banjārā (les gitans indiens) débarquent pour acheter de la nourriture tout en tentant de mendier auprès de nous. Théo ne trouve pas mieux que de vouloir jouer avec elles, nous qui voulions manger sans être importunés! Mais le propriétaire leur demande de nous laisser tranquilles. Notre repas fini, nous nous mettons vite en quête d’un rickshaw à qui nous demandons de nous amener à l’arrêt de bus le plus proche. Il est un peu perdu car il nous dit qu’il y a des arrêts partout... Je me rappelle qu’il y a dix ans, il avait suffit de se poster au bord de l’autoroute régionale, la SH41, qui borde le village et d’attendre le premier bus vers Ahmedabad. Il demande de l’aide à un collègue qui lui répond de nous laisser à un point précis sur le bord de cette route où passe une ligne directe pour Laal Darwaza. Nous arrivons à l’endroit indiqué: une échoppe de chāy et choses à grignoter qui fait office d’arrêt. Son vendeur et quelques clients nous affirment qu’il faut surveiller le bus rouge qui va arriver dans « dix minutes ». Mais le temps passe et rien de tout ça. Cela devient un jeu de guetter chaque bus qui arrive au loin... qui commence vite à nous agacer car soit ils passent sans s’arrêter, soit nos compagnons d'attente nous dissuadent de monter car ils sont à destination d' Ahmedabad, mais pas la vieille ville... et que de toute façon, notre bus devrait arriver dans « dix minutes ». Au bout d’une heure à attendre "dix minutes" alors que les bus filent devant nous, nous essuyons les propositions de rickshaws qui nous demandent des sommes trop élevées pour nous amener directement à Laal Darwaza, échangeons cordialement avec nos nouveaux amis, ingurgitons bouteilles d’eau, chāy pour les parents et sodas/paquets de chips étranges pour les enfants (nutriscore Z mais pas le choix...), rencontrons un sādhu qui nous montre son bel accoutrement pour nous taxer un peu en repartant pas trop satisfait avec 10 roupies, nous finissons par convaincre notre copain chāywālā que le bus n’arrivera pas dans « dix minutes » et que nous allons prendre n’importe lequel puisqu’ils vont tous vers Ahmedabad. Argument imparable qu’il finit par valider. Nous ne sommes pas encore en retard sur le planning, mais ça va arriver si nous ne prenons pas notre destin en main. Nous montons finalement dans un premier bus dont le terminus est à 4 kilomètres plus loin, à la gare de bus de Chandkheda. Et à peine descendons-nous du premier que nous remontons dans un second qui part sans transition pour un quartier du nord d’ Ahmedabad, où il nous faut beaucoup moins de temps pour arriver qu’à l’aller. Nous mesurons mieux à quel point Adalaj était en fait proche d’ Ahmedabad ! Avant de descendre au nouvel arrêt, le contrôleur nous explique que notre ticket sera valable dans le prochain bus. Je m’attarde ici sur le fait que jusque-là, les gens ont été d’une rare bienveillance à la vue de cette drôle de famille française à la découverte de l’ Inde. Puis après une courte discussion avec un homme sous l’abribus qui tente de nous vendre des babioles, celui-ci nous indique un bus qui va à Laal Darwaza. Dans le véhicule quasi-vide, nous sommes rassurés et satisfaits d’être sur la dernière ligne droite.
En peu de temps, nous relongeons la Sabarmati, tournons au niveau de la grande mosquée Siddi Saiyyed avant d’arriver à Laal Darwaza. Nous prenons un rickshaw qui nous dépose à notre hôtel où trône toujours notre fidèle gardien: celui-ci se précipite pour nous accompagner dans le vieil ascenseur. Entre les déboires de l’aller et les trois bus du retour, nous avons définitivement emprunté les routes secondaires, mais cela nous a fait passer une riche journée, pleine d’anecdotes et d’images qui resteront.
Le temps de nous doucher chacun notre tour pendant que nous empaquetons efficacement nos valises, nous quittons notre chambre pour le check-out, donnons un petit tips au gardien de l’hôtel et ses deux jeunes acolytes qui nous ont toujours aidé et chargent une nouvelle fois nos valises dans un rickshaw pour la destination finale de la journée : la gare de Kalupur. Nous sommes suffisamment en avance pour avoir le temps de manger un bout. Nous jetons notre dévolu sur le Darshan, un petit restaurant bondé de voyageurs mais climatisé, collé au bâtiment de la gare, qui a l’avantage de servir presque tout ce que l’on peut imaginer de classiques d’ Inde du Nord, du Sud et autres snacks indo-modernes : chacun trouve son bonheur. Théo est intenable, sûrement sur les nerfs à cause de cette longue journée. Enfin, nous entrons dans l’immense gare et nous dirigeons vers le quai où notre train, le Bandra Terminus Jaisalmer Superfast arrive à l’heure, encore et toujours annoncé par les deux notes de trompette synthétique suivi de la voix robotiquement joyeuse de la donzelle virtuelle des chemins de fer indiens. Nous gagnons notre compartiment en 2AC (pour les non initiés, une bonne classe climatisée avec 4 couchettes sans réelle séparation avec le couloir si ce n’est des rideaux) qui même si simple, surprend agréablement Magali et Kelyandre par sa qualité. Cela nous en a coûté 1600 roupies par personne, sauf pour Théo qui ne paye pas. Nous calons nos grosses valises sous les sièges et nous installons sur nos banquettes. Des livreurs vont et viennent et déposent de grands sacs à leurs clients, car des applis permettent maintenant de commander son repas dans le train, dans certaines gares et à certaines heures auprès de diverses enseignes de restauration : nous nous demandons si ce n'est pas ce que nous aurions dû faire. Le train se remplit peu à peu et part pile à l’heure, à 19h30. Dans un peu plus de 14 heures si tout va bien, à 50 km/h de moyenne, ce qui est « superfast » selon les critères ferroviaires indiens, nous serons à Jaisalmer ! Les trains (comme presque tous les services en Inde) sont gratuits pour les enfants de moins de 5 ans à condition qu’ils dorment avec l’un des parents pour ne pas prendre une couchette supplémentaire. Nous partageons ainsi notre compartiment avec un homme solitaire un peu curieux d’une soixantaine d’années qui vient d’ Hyderabad et a traversé le pays pour visiter Jaisalmer, terminus du train. Nous discutons un peu avec lui mais il semble d’un naturel assez renfermé. Malgré mes tentatives de détendre l’atmosphère avec des réflexions du type « Ah, Hyderabad, la ville du biryani ! », il finit par se réfugier sur son téléphone sur lequel il écoute les informations de sa région en langue telugu à très fort volume. Prenant trois couchettes dans ce compartiment de quatre, nous nous demandions quand nous préparions notre voyage en France quel genre de personne partagerait l'espace avec nous. Maintenant nous le savons et sommes peu embêtés d’être tombés sur ce co-voyageur si curieux et bruyant. Mais à notre grande joie, un homme assis avec son ami sur les banquettes latérales face à nous finit par lui lancer de manière dissuasive un « Uncle! headphones use karo ! » (« Tonton! Mets des écouteurs ! »). Notre voisin qui n'a pas d'écouteurs range son téléphone en gardant cette moue un peu dépressive qui m’interroge : mon imagination commence à dessiner quelques scénarios sur la vie de cet étrange mais pas méchant personnage... Ma petite famille découvre les toilettes du train qu’ils trouvent moins sales que ce que je leur avais promis. Le train est validé haut la main par l’équipage ! Puis les banquettes au revêtement bleu se font couchettes et nous nous endormons assez vite, surtout moi qui trouve si facilement le sommeil dans le bercement des trains indiens. Au revoir Ahmedabad et le Gujarat, nous serons de retour dans un peu moins de trois semaines ! Désormais, nous pouvons commencer à rêver du Rajasthan, de Jaisalmer et son fort du désert, des caravanes de dromadaires... des zzzzzzzzzzzzzzzz...
Les évaluations Ahmedabad 😃😃 Bazar de Laal Darwaza 😃😃😃 Puits à degrés d'Adalaj 😃😃
Hotel Prime 😐 Ambrosia Restaurant 😃😃😃 South Indian Restaurant 😃😃😃 Darshan Restaurant 😃 Train de nuit Ahmedabad-Jaisalmer en classe 2A 😃😃😃 | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Pagaljavab · 9 septembre 2025 à 10:17 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 42 de 202 · Page 3 de 11 · 762 affichages · Partager C’est pour cela que c’est un pays idéal pour errer : on n’est jamais perdu et ces moments d’errances qui invitent au lâcher prise font pour moi partie intégrante du plaisir du voyage. J’explique à mon équipage qu’il faut relativiser : nous ne sommes pas si loin d’Adalaj, nous sommes en vacances pour découvrir l’ Inde, nous avons du temps et prendre le rickshaw à travers la campagne gujaratie sera encore plus marrant
Prochaine fois en Inde nous te prenons avec nous ! Accompagnateur discret et bienveillant, trouvant des solutions à toutes situations préoccupantes, connaissant très bien le pays, parlant français et hindi, négociateur hors pair, apparement toujours de bonne humeur  | | | À: Pagaljavab · 9 septembre 2025 à 11:26 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 43 de 202 · Page 3 de 11 · 751 affichages · Partager Bonjour, je constate que tu as plongé ta famille dans le quotidien des autochtones. Je ne pense pas que j'aurais osé le bus avec un petit de 2 ans. Ils en ont certainement pris plein les yeux avec une journée comme cela. Quelle aventure pour ta famille. Je voyage vraiment très confortablement avec mes chauffeurs et en 1AC, ou CC... quelquefois des rickshaw et très rarement bus de nuit. J'attends la suite. Cdt. | | | À: Kate · 9 septembre 2025 à 13:12 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 44 de 202 · Page 3 de 11 · 741 affichages · Partager Merci pour ton message! Cette réflexion m'interpelle et me paraît viser juste parce que c'est quasiment ce qu'une personne avec qui je suis parti 4 fois en Inde dans les années 2010 m'avait confié. Elle trouvait que c'étaient des conditions privilégiées que de pouvoir découvrir l' Inde avec le confort de quelqu'un qui connait bien le pays, parle hindi, a étudié sa culture, a des opportunités de se faire facilement entrer chez les gens, donne des conseils sur ce que l'on pourrait visiter mais laisse la décision à la personne selon ses envies (après tout je connais déjà), ne voit pas les imprévus comme des situations négatives mais comme faisant partie intégrante de la découverte, etc... Comme voyager dans une bulle de facilité qui permet un lâcher prise, tout en étant en immersion dans la vie locale et en voyageant vraiment à la roots! C'est quasiment un rôle de guide privé et j'aime aussi car comme nous le disions avec Kola plus haut, ça permet à celui qui connaît de redécouvrir les choses avec la perspective neuve de quelqu'un d'autre. Mais ce sont bien tous les voyages que j'ai faits en solo qui m'ont apporté cette liberté et cet état d'esprit que je peux faire vivre à d'autres.
Cela dit, je dois un peu assombrir le tableau que tu fais! Je sais qu'il n'est pas toujours facile pour l'autre de suivre mon rythme de voyage ou mes envies de visiter des endroits plus reculés. Que je peux supporter des choses qui sont plus dures à supporter pour d'autres. Que je peux parfois que je peux être un peu exigeant sur certaines choses, ce qui peut créer des petites tensions. Mais ça reste rare! | | | À: Did0764 · 9 septembre 2025 à 13:26 · Modifié le 9 sep. 2025 à 15:43 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 45 de 202 · Page 3 de 11 · 737 affichages · Partager Merci Didier pour ton intervention qui rejoint un peu celle de Kate. Effectivement, j'ai emmené ma petite famille en immersion quasi-totale, ma présence et ma gestion des situations leur permettant de vivre ces conditions roots dans des conditions "confortables". Tu verras dans la suite du carnet que ça a été comme ça quasiment tous les jours, voire encore plus roots (notamment l'arrivée à Jawai Bandh 🤭) que cette journée entre Ahmedabad et Adalaj. Et ce sont finalement les moments qu'ils ont préférés et qui restent gravés le plus agréablement dans leur mémoire. Je comprends que l'on puisse s'interroger pour la sécurité d'un enfant de 2 ans de voyager dans de telles conditions, mais je dois dire que c'est dans ces moments que nous avons le meilleur accueil, jamais je n'aurai pu imaginer que les villageois rajasthani puissent être d'une telle bienveillance et gentillesse avec nous. Mais je ne spoile pas trop la suite... | | | À: Pagaljavab · 9 septembre 2025 à 14:31 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 46 de 202 · Page 3 de 11 · 722 affichages · Partager On reconnaît là celui - père ou grand-père - qui sait raconter des histoires aux enfants et les tenir en haleine... Ton récit me rappelle une nuit difficile lors d'un retour de Pondichéry avec mon ami Johny, alors que nous regagnions Kannur. Le bus initialement prévu pour le trajet total, nous a déposés en pleine nuit dans un village désert, aux rues sales et obscures pour prendre un autre bus "en correspondance" avec seulement 20 minutes d'attente pour le second bus. Mais nous n'avons pas vécu la situation aussi bien que vous. C'était la nuit, nous n'avons vu absolument personne, très vite les cafards énormes ont commencé à escalader nos sacs et valises posés au sol, sans trottoir. Puis ce fut le tour des rats... Mais le comble fut l'arrivée à un certain moment et pour longtemps de nuées de moustiques qui nous ont bouffés sans que nous puissions nous en protéger... A chaque bus qui passait, nous faisions de grands signes, mais soit, ils ne s'arrêtaient pas, soit ils répondaient qu'ils n'allaient ni à Kannur ni même à Calicut ni en aucun autre endroit sur la côte Malabar. Nous avons attendu là pendant des heures, nous sentant complètement abandonnés et perdus, comprenant que nous allions passer la nuit parmi cette vermine. Ce fut horrible et pourtant, il n'y a pas longtemps, justement, Johny me rappelait cette équipée plus de 10 ans après, et nous en avons bien ri. | | | À: Marien33 · 9 septembre 2025 à 15:41 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 47 de 202 · Page 3 de 11 · 704 affichages · Partager Ah, les gares routières et ferroviaires de Pondichéry la nuit 😅 J'ai déjà vécu en voyage solo des transits de nuit pas très confortables, mais tout de même très loins de ce que tu as vécu cette fois là. C'est toujours dur à vivre sur le moment mais comme tu le dis, ça fait de bonnes anecdotes et de bons souvenirs. Je raconterai dans la suite du carnet les nombreuses aventures de transport que nous avons vécues (parmi les meilleurs souvenirs), mais nous n'aurions jamais imposé aux enfants des départs ou des correspondances au milieu de la nuit. Notre règle d'or en préparant le voyage a toujours été de choisir des départs tôt le matin ou des trajets de nuit complète. Avec des enfants, il y a des limites au roots. | | | À: Pagaljavab · 14 septembre 2025 à 23:15 · Modifié le 4 oct. 2025 à 15:03 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 48 de 202 · Page 3 de 11 · 648 affichages · Partager Jour 4, 27 juillet : Jaisalmer"La découverte de la ville d'or et de feu"
Nous nous réveillons doucement à la lumière du jour, un peu après 6H30. J’interpelle mon équipage et montre du doigts la fenêtre de notre compartiment : le paysage urbain d’ Ahmedabad que nous avons laissé presque douze heures plus tôt a laissé place aux plaines à la fois arides et végétales du désert du Thar. Nous avons des étoiles dans les yeux, l’impression d’avoir changé de pays, changé de voyage. Nous sommes bien au Rajasthan, et y entrons même directement par la porte du désertique Mārwāḍ (« Pays de la mort »), quand la plupart des voyageurs venant de Delhi commencent logiquement par le plus doux Mewāḍ. Notre wagon s’est largement vidé entre temps. Pas mal de voyageurs descendent à Ramdevra, un lieu de pèlerinage majeur du Rajasthan où se trouve le temple du très révéré héros divin Bābā Rāmdevjī. Quelques minutes plus tard, le train s’arrête brièvement à Pokharan, ville du désert illustre pour avoir été le site d’essais nucléaires dans le but d'intimider le voisin pakistanais en 1998, et révéré comme un lieu sacré par certains fondamentalistes hindous. Je descends sur le quai direction la seule petite échoppe ouverte à 7h pour ramener du chāy et des biscuits locaux dans le train qui redémarre presque aussitôt, car en Inde, les trains redémarrent très lentement et les gens ne se pressent pas pour remonter quand ils le voient repartir. Nous apprécions beaucoup ce chāy du matin et les enfants les biscuits indiens que l’on trouve dans toute gare, bord de route ou petit épicier qui se respecte: Parle-G (« G for genius » dit le slogan près de l’enfant pur et angélique de l’emballage c’est vrai, quel génie d’avoir eu l’idée de fabriquer des petits beurres... euh pardon des « gluco-biscuits » !) ou autre Hide&Seek saveur bourbon (juste « saveur » hein) qui remporte leur suffrage. Pendant deux bonnes heures, le paysage du Thar défile, épineux décharnés mais verts, occasionnellement étendues des sables et dunes, villageois aux vêtements chatoyants et même quelques chhatrī, ces cénotaphes royaux typiques du Rajasthan... avant que nous arrivions enfin à Jaisalmer. Moi qui m’attendais potentiellement à un retard conséquent pour un si long trajet, ce qui est la routine en Inde, le train arrive à quelques petites minutes près à l’heure: une bien belle performance. Tout le monde est définitivement enchanté par le train indien qui fait carton plein ! Nous descendons notre lourd barda de nomades du wagon climatisé pour faire l’expérience de la chaleur de Jaisalmer en juillet, et nous ne sommes que le matin... Depuis le quai, nous apercevons au loin le fort, citadelle majestueuse qui perchée sur sa fragile butte d’éboulis au-dessus d’un amas tordu d’habitations cubiques, s’élève comme un mirage ocre au milieu de la ville du désert.
Nous portons nos valises en grimpant les marches de la passerelle et arrivons devant la gare où un contraste avec Ahmedabad nous frappe : il y a beaucoup de touristes ! Les voyageurs forment presque une file devant la gare tandis que les rikshāwāle, chauffeurs de taxi et autres rabatteurs viennent à l’assaut du troupeau en demandant des noms d’hôtel et balançant des prix plus qu’excessifs. Ça parle un peu français ça et là. Comme d’habitude, je ne cède pas et fait baisser le prix d’au moins la moitié. C’est encore au-dessus de ce que ça devrait être mais depuis une gare d’un lieu touristique, la concurrence est soudée pour ne pas aller en-dessous d’un prix plancher (que je pense avoir atteint) pour le touriste occidental. Nous annonçons l’Hotel Tokyo Palace situé dans une rue près de Gadisar Road, le grand axe qui fait la périphérie sud de la vieille ville. Parmi la pléthorique offre d’hébergements disponibles à Jaisalmer, dont beaucoup se ressemblent et adopte ce style un peu carton-pâte mais charmeur qui imite l’architecture des havelī et du fort en version neuve, nous avons réservé celui-ci en contactant le propriétaire par WhatsApp. L’hôtel a bonne presse, il est réputé pour la qualité de son accueil (surtout auprès de la clientèle japonaise et asiatique, le nom ne trompe pas), sa bonne table et sa piscine, le tout à un prix qui nous paraît presque suspect... Y aura-t-il un hic ? Le rickshaw débouche dans une rue calme où des hôtels sont en construction, décharge nos bagages et nous entrons dans le vaste hall du Tokyo Palace où nous sommes très chaleureusement accueillis par le propriétaire et son équipe. Nous avons réservé une grande chambre deluxe pour quatre à seulement 1850 roupies ! Curieusement, il n’y a quasiment personne dans l’établissement et le propriétaire nous propose une de ses suites à 2500 roupies. Mais après avoir visité les deux, nous conservons notre premier choix car la chambre est déjà bien au-delà du confort que nous attendions : d’une propreté immaculée, pleine de draps blancs, de couvertures et de coussins aux motifs rajasthanis, spacieuse et joliment décorée. Une chambre de Rājpūt du 21ème siècle ! Comment font-ils pour vivre et entretenir un si beau lieu avec si peu de clients ? Il est vrai que la mousson est une saison plutôt basse, mais tout de même... En revanche, cela semble expliquer la forte présence de rabatteurs dans cette ville sinon, comment se faire connaître des voyageurs dans cette masse d’offres ? Nous trouvons ainsi une explication crédible au fait que nous ayons un bel hôtel à un prix si bas : l'exotique Jaisalmer, y compris pour les visiteurs indiens, est victime de don succès et la concurrence y est telle qu’il faut baisser les prix pour espérer remplir. Quoi qu’il en soit, nous apprécions la fraîcheur de la climatisation et après une nuit dans le train, nous passons chacun notre tour au décrassage dans l’assez grande salle de bain. En descendant les larges escaliers, nous jetons un coup d’œil à la piscine qui présente plutôt pas mal, mais dont nous nous rendons compte que l’eau est trouble et qu’y flotte des plumes de pigeon et une chauve-souris morte... Le patron nous explique que c’est à cause de la mousson et que l’eau va être changée rapidement...
Nous partons à pied à l’assaut de la forteresse en montant les ruelles. Ce qui frappe d’abord à Jaisalmer, c’est la profusion d’hôtels, sans compter tous ceux qui sont en construction. Heureusement, ils respectent tous les couleurs et le style architectural de la vieille ville presque entièrement ocre, notamment celui des havelī de grès jaune de Jaisalmer. Ces belles demeures du 19ème siècle étaient autrefois (et souvent encore) habitées par des notables de castes princières Rājpūt ou de riches et pieuses castes de commerçants mārwāḍī. Ainsi, le côté un peu carton-pâte ne dénote pas avec les bâtiments plus anciens. Les gens nous saluent sur le pas de leur porte aussi chaleureusement que le soleil qui tape, et j’échange quelques paroles en hindi avec eux. Moi qui avais des souvenirs de rabattage incessant lors de mes précédentes venues ici en 2007 et en 2014, je suis agréablement surpris par cet accueil désintéressé. Est-ce parce que nous voyageons en famille ? J’en ai le sentiment car les enfants font sensation, surtout Théo avec ses bouclettes blondines-rouquines, comme Magali avec ses tresses africaines. Nous marchons depuis quelques petites minutes mais la montée dans les ruelles nous donne sacrément chaud!
L’ambiance commence à changer aux abords du fort où se concentre l’activité touristique et nous ne tardons pas à nous faire accoster par des rabatteurs, dont l’un qui nous a entendu parler nous dit : « Jé parlé frraantsais ! J’ai habité en Fraantse, vous vénez dé quelle ville ? »... ce discours entendu d’innombrables fois des rabatteurs rajasthanis, souvent issus des castes de gitans et d’artistes itinérants, qui apprennent les langues des touristes pour mieux les accrocher. Il arrive que certains d’entre eux aient même réellement vécu en France quelques années, logés par leur girlfriend française alors qu’ils sont mariés au pays (véridique). Son jean et sa chemise à carreaux ne me trompe pas : avec sa moustache rajasthanie et les bijoux propres à sa caste, c’est un Bhopā qu’on imagine sans peine en dhotī et turban avec son bâton et ses chèvres paissant sur les chemins du Thar. J’essaye de faire comprendre à Magali qu’il faut éviter de trop répondre à sa sympathie apparente et ses évocations tentantes à la France, car c’est là le piège : il essaye de créer un lien pour ne pas nous lâcher de sitôt... Et même si j’ai l’expérience de pouvoir faire comprendre que je peux me passer de ses services, je sais à quel point cela peut demander du temps et de l’énergie pour se dépêtrer d’eux ! Justement, il nous colle, nous propose mille services : visite du fort et d’autres sites de la ville, restaurants, boutiques, etc... Je lui dit que nous n’avons prévu aucune visite tout de suite et que nous n’avons pas le temps car nous devons absolument changer de l’argent, ce qui est d’ailleurs vrai car nous n’avons plus grand-chose en poche. Il nous répond du tac au tac qu’il connaît un magasin de vêtement dans l’entrée du fort qui échange à très bon taux car prenant une très faible commission. Nous ne risquons pas grand-chose à le suivre et avons la liberté de refuser si ça ne nous convient pas. En passant la grande porte du fort, il nous présente au patron d’une petite boutique sur la droite. Le taux est effectivement très avantageux, 1€ contre 91 roupies alors que le taux du jour officiel est à 92. Marché conclu ! Nous changeons une somme importante qui nous permettra de tenir presque tout le voyage et passons du temps à recompter plusieurs fois les liasses, sous l’œil aiguisé de notre gipsy du désert qui observe la transaction à l’écart. Tout le monde est content : nous avons pu changer à très bon taux et notre pot de colle qui ne va pas nous lâcher complètement pour autant, va se détendre car nous lui avons fait toucher une commission. Il propose tout de même de nous amener voir ces gitanes que tout visiteur de Jaisalmer a déjà rencontrées, qui vendent des bijoux et autres objets tribaux plus haut dans l’entrée du fort. Là encore, nous le suivons car Magali n’est pas contre aller y jeter un coup d’œil et en rapporter quelques-uns pour elle et pour offrir. Je parle un peu avec ces femmes Bhopā, musiciens pastoraux du Thar qui dans le système des castes local, servent traditionnellement les chameliers Rabārī aussi appelés Rāīkā, pour qui ils jouent et chantent l'épopée du héros divin Pābūjī Rāṭhauḍ lors de performances qui duraient autrefois plusieurs jours. J’évoque des rencontres avec d’autres bhopā que j’ai rencontrés lors de mes précédents séjours au Rajasthan et qu’elles connaissent bien. Puis les cheveux de Magali deviennent leur centre d’attention : le rapport s’installe dans la bonne humeur. Puis nous passons aux négociations, toujours sous le regard perçant de notre accompagnateur qui tente de comprendre ce que nous nous disons en français et qui intervient de manière un peu autoritaire en mārwāḍi (le dialecte local) pour leur donner des consignes. De toute évidence, ils sont de la même famille. Nos nouvelles amies nous annoncent sans surprise des prix délirants pour l’ Inde que nous marchandons de manière tout aussi délirante, un jeu qui fait rire tout le monde. De toute façon, nous leur faisons savoir que n’avons pas prévu d’acheter aujourd’hui et que nous reviendrons pour visiter le fort à un autre moment car nous allons manger. Notre copain s’empresse évidemment de nous proposer un restaurant près du fort que nous refusons car nous en avons déjà repéré un autre sur internet qui nous convient, un peu à l’écart de la vieille ville : le Green Park. Il ne se dégonfle pas et hèle pour nous un rickshaw à qui il donne l’ordre de nous amener au Green Park comme s’il était le parrain des rabatteurs du fort, et qu’il se targue de nous avoir négocié au prix indien à 50 roupies, ce qui pour le coup n’est pas trop loin de la vérité. Il ne se montre plus trop insistant pour tenter de nous contraindre à d’autres services : nous sommes des touristes plus difficiles qu’à l’accoutumé et sa commission l’a un peu détendu. Aussi, il n’a pas de temps à perdre et gagnera à passer à des proies plus innocentes. Il nous donne rendez-vous pour « la prochaine fois ».
Le rickshaw quitte les abords du fort, traverse le quartier de notre hôtel et Gadisar Road pour nous emmener un kilomètre plus loin à l’entrée d’une allée privée qui mène au restaurant Green Park. Le quartier est calme, légèrement à l’extérieur de la ville. L’établissement fait face à un bâtiment militaire des forces frontalières car Jaisalmer se trouve à 80 kilomètres de la frontière avec l’ennemi juré pakistanais. Le Green Park est une nouvelle fois ce type de restaurant propre, climatisé, authentique et abordables destinés aux classes moyennes supérieures indiennes que j’affectionne particulièrement, et qui est définitivement la catégorie qui nous convient le mieux, adultes comme enfants. En moyenne, cela nous coûte toujours 1500-1600 roupies pour quatre sans nous priver d’à-côtés pour des mets de grande qualité. Nous sommes quasiment les seuls en salle et nous bénéficions encore d’un merveilleux accueil et d’une cuisine exquise : thālī du Rajasthan réunissant les meilleures spécialités de la région, dāl bāṭī chūrmā, autre spécialité rajasthanie de boules de pain croquantes que l’on trempe dans le dāl accompagné d’une pâtisserie réduite en miettes, les éternels nouilles de Kelyandre et dāl khichḍī de Théo. Kelyandre sera même gâté par le chef avec une coupe de glace cinq étoiles ! Nous commençons à rentrer à pied à l’hôtel qui n’est pas trop loin, mais le soleil de plomb, le manque d’ombre et la fatigue de Théo nous contraignent à déranger (littéralement) un rikshāwālā qui fait la sieste dans son véhicule et n’a aucune envie de prendre. Il finit par céder pour 40 roupies, ce qui est peu onéreux mais cher payé pour la minute de trajet que cela représente. Indispensable sieste dans la fraîcheur de notre chambre de palace cheap qui a même des banquettes aux fenêtres derrière les rideaux pour jouer à se languir comme les princesses Rājpūt
Sur le coup de 16h30, nous repartons pour une visite de Jaisalmer kā kilā (le fort). À cette heure encore bien caliente, l’activité autour du site est presque au point mort et il n’y a même pas de rabatteurs pour nous embêter, alors que nous nous attendions à retrouver celui qui avait mis le grapin sur nous. Pour le Carcassonnais que je suis (entre autres), je trouve qu’une fois n’est pas coutume, le sobriquet touristique de « Carcassonne du désert » n’est pas trop usurpé tant on pourrait imaginer la célèbre Cité médiévale audoise à laquelle on aurait jeté un sort des Mille et Une Nuits et qu’on aurait transposée dans le désert. La fragile citadelle du 12ème siècle s’affaissant dangereusement avec le temps et l’activité humaine, le jumelage qu’avait grandement souhaité l’actuel Maharaja et qui vient d’être officialisé entre Jaisalmer et Carcassonne il y a à peine deux semaines, le 30 août 2025, a pour but de renforcer les échanges en matière de préservation des cités médiévales. Comme Carcassonne, le fort de Jaisalmer est une cité vivante, c’est-à-dire qu’elle est habitée. Malheureusement, un grand nombre de ces habitations sont maintenant des hôtels, des boutiques et des restaurants qui menacent toujours un peu plus sa lente érosion.
Pour aujourd’hui, nous ne voulons pas visiter la partie payante et nous contentons de visiter les ruelles à notre rythme. Contrairement à son statut de cité vivante, elle est plus morte cet après-midi : l’intérieur est quasiment désert, à part quelques rares habitants et d’encore plus rares touristes que nous croisons de temps à autres, au point que nous nous demandons si nous ne sommes pas tombés sur un jour férié ou quelque chose comme ça. Le fort est quasiment à nous ! Nous déambulons un peu au hasard des ruelles aux belles maisons, pas toutes en bon état.
Nous sommes (enfin) interpelés par une dame en sari qui nous invite à rentrer dans sa boutique. Pas pour nous faire acheter à tout prix, nous promet-elle, mais parce qu’elle veut nous parler. Nous faisons bien car son histoire est intéressante : c’est une féministe très engagée et connue localement. Elle milite pour les droits des femmes en Inde, ce qui est une tâche qui demande bien du courage ici, et sa boutique vend uniquement de l’artisanat fabriqué par des villageoises de la région. Elle nous raconte dans un très bon anglais comment à contre-courant de la société, elle a choisi son mari et a résisté au dédain de sa belle-famille. Je souris intérieurement quand elle entrecoupe intempestivement le récit de sa vie sans crier gare de séquences féministes avec des slogans appris par cœur en élevant la voix et levant le poing, avant de redescendre à un ton normal, comme si elle subissait de brefs et incontrôlables dédoublements de personnalité ! Et comme elle met bien en pratique ce qu’elle professe, nous apercevons son mari, assez effacé, qui entre sans un mot dans la boutique avec leur petite fille qu’il vient d’aller chercher à l’école, pendant qu’elle nous dispense ses pensées militantes et nous explique le principe de son association. Tout à fait insolite pour l’ Inde ! Elle nous montre quelques beaux objets de sa boutique, tissus, bijoux, sacs et autres bibelots, en nous donnant leur contexte de fabrication sans chercher à nous pousser à la consommation, ce que nous ne ferons pas de toute façon car ils sont chers... En consultant Lonely Planet après coup, je me rends compte qu’il s’agit de la boutique Bellissima qui est bien connue et louée pour son initiative. Satisfaits de cette rencontre singulière, nous nous disons au revoir. En quête de fraîcheur, nous continuons notre chemin vers le Desert Café voisin qui nous fait bonne impression avec sa déco entre style Rājpūt et Art déco qu’affectionnait les Maharajas du début du 20ème siècle, un peu cosy avec une belle vue sur la ville depuis sa terrasse rempart.
Puis nous finissons par Cannon Point, un bout de remparts accessibles par un escalier en pierre plutôt dangereux, surtout pour les enfants. Ce lieu doit son nom à la présence de canons, idéaux pour prendre la pose et jouer à tirer à travers les créneaux pour les enfants, ou encore contempler les tours, les toits des habitations du fort et une autre fort belle vue sur l’ouest de la ville au coucher du soleil qui commence à s'annoncer.
Au passage, devant son temple pas loin de la sortie, nous rendons visite à Śrī Lakṣmī, déesse de la richesse et Première Dame du grand Viṣṇū, maître de la construction du cosmos, ce qui n’est pas rien quand on y pense. De rares dévots font leur pūjā (rituel à la divinité) à cette heure de transition cruciale entre le jour et la nuit, tandis que des gamins jouent au cricket, de très loin le sport le plus populaire de la nation, dans la rue adjacente.
Nous quittons enfin le fort pour faire un petit tour dans les ruelles de la ville hors des remparts. Une boutique fait de l’œil à Magali où elle a repéré de beaux foulards : les très amicaux vendeurs nous installent, s’en suivent moult essayages et marchandages pendant que Théo s’amuse à se jeter dans les coussins moelleux. Puis marché conclu, les deux parties tombent d’accord sur un prix très acceptable. Nous trouvons ensuite un petit commerce où nous nous ravitaillons en couches qui commencent à manquer : une bonne chose de faite car nous sommes tranquilles pour quelques jours. Nous poussons un peu vers un quartier de havelī.
Les dernières lueurs du jour éclairent encore la façade et les fenêtres finement ciselées des cinq étages de Paṭwon kī havelī, qui a appartenu à une famille de riches et pieux marchands jaïns. Considérée comme la plus remarquable de Jaisalmer, il est possible de visiter son somptueux intérieur, mais pas à cette heure un peu tardive.
Comme nous n’aurons pas le temps d’y revenir, nous admirons sa devanture, en faisant la connaissance d’un propriétaire voisin qui vient à notre rencontre : il possède une boutique à côté de l’illustre manoir, mais nous lui expliquons que nous venons de faire nos emplettes, qu’il estime bon joueur obtenues à très bon prix. Cela ne l’empêche pas d’avoir une très agréable discussion avec nous sur nos vies respectives. Mais la nuit tombe et nous hélons un rickshaw pour revenir au Tokyo Palace. Petite pause fraîcheur avant que le propriétaire nous explique que son restaurant sur le rooftop dont nous avions lu tant de bien n’est pas ouvert en cette basse saison. Il nous conseille le bien connu Desert Boy’s Dhani au bout de la rue, où l’on peut soit manger par terre sur des coussins en intérieur, ou à la chandelle dans le superbe jardin. Nous choisissons d’abord la première option mais il fait une chaleur difficile à supporter car il n’y a pas l'A/C. Alors nous nous rabattons sur le jardin. Malgré les moustiques qui nous forcent à dégainer notre crème Odomos achetée dans une pharmacie de l'aéroport d' Ahmedabad (il n'y a pas plus efficace que cette marque indienne), le repas est appétissant. Magali retente un kājū masālā (curry de noix de cajou, une spécialité du Rajasthan) qu’elle apprécie même si pas à la hauteur de celui qui l’avait bouleversée à notre bien-aimé Ambrosia d’ Ahmedabad. Nous allons rapidement du côté de la gare routière voisine où nous demandons à la seule petite agence privée encore ouverte des renseignements sur les bus en direction de Jodhpur où nous nous rendrons dans deux jours. Mais pour l’heure, nous devons nous rendre le lendemain à Khuri, village du désert où nous avons réservé une nuit chez l’habitant avec un petit camel safari le soir. Le propriétaire du Tokyo Palace, qui a accepté de garder une partie de nos valises en attendant notre retour, fait appeler un chauffeur de rickshaw qui doit nous déposer à l’arrêt de bus. Le rendez-vous pris, nous rentrons dans notre douillette havelī carton-pâte nous régénérer de cette intense journée. Demain le désert... | | | À: Pagaljavab · 15 septembre 2025 à 9:27 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 49 de 202 · Page 3 de 11 · 617 affichages · Partager Je suppose que vous montiez à 4 dans le rickshaw ? Pareil pour nous mais 4 adultes donc peu de place... C'était limite dangereux alors avec des enfants...? | | | À: Kate · 15 septembre 2025 à 10:09 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 50 de 202 · Page 3 de 11 · 609 affichages · Partager Oui, on montait à quatre dans le rickshaw, soit tous derrière avec le petit sur les genoux, soit moi devant avec le conducteur et une jambe et un bras qui dépassaient un peu dehors. Après tout, les Indiens arrivent à monter à plus que ça 😂 Non, ce n'était pas dangereux car le plus petit était bien tenu, mais il est vrai que quand il y avait des trous dans la route, le plus grand a parfois subi quelques cognements contre la barre en métal qui fait la structure haute du rickshaw, mais rien de bien grave. Le rickshaw est même une des choses qu'ils ont le plus appréciée en Inde.
Je viens de faire quelques légères modifications: fautes, répétitions, petits ajouts d'informations... rien de très fondamental. | | | À: Pagaljavab · 15 septembre 2025 à 15:18 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 51 de 202 · Page 3 de 11 · 581 affichages · Partager Je viens de faire quelques légères modifications: fautes, répétitions, petits ajouts d'informations... rien de très fondamental.
Coucou... En quelque sorte, si j'ai bien compris, il vaut mieux ne pas se précipiter pour lire le premier jet... 🤣 😇 ce que j'avais fait quand j'avais vu hier la longueur de ce nouvel article... Tu me fais envie d'y aller voir. Dans mes différents voyages/séjours au Rajasthan, j'ai toujours boudé Jaisalmer pour visiter des endroits moins courus. Et à te lire j'ai vraiment manqué quelque chose... Si j'ai un peu de sous je vais tenter une escapade en décembre avant les vacances de Noël. Si le billet d'avion n'est pas trop onéreux de Kannur à Jaisalmer... En train ce serait beaucoup trop long et quasiment aussi cher... J'aime bien les carnets qui donnent envie d'aller y voir... Quand tu racontes, j'ai l'impression d'être avec vous. Surtout à cause des enfants qui me rappellent les comportements/réactions de mes petits-fils... | | | À: Marien33 · 15 septembre 2025 à 18:57 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 52 de 202 · Page 3 de 11 · 550 affichages · Partager En quelque sorte, si j'ai bien compris, il vaut mieux ne pas se précipiter pour lire le premier jet...
Le problème est que je me suis lancé dans ce carnet au moment où j'ai repris le travail. J'écris donc dans les maigres créneaux qu'il me reste, surtout le soir quand je suis très fatigué. C'est donc après coup que je me rends compte des erreurs et des oublis que j'ai faits. Mais voilà, ce sont des petites améliorations et précisions, rien de fondamental. Je le fais surtout pour moi et pour les deux ou trois lecteurs que ces modifications intéresseraient. Je suis bien conscient que je suis peu suivi et si je ne le faisais que pour les autres, je ne me donnerais pas tant de peine.
J'aime bien les carnets qui donnent envie d'aller y voir... Quand tu racontes, j'ai l'impression d'être avec vous. Surtout à cause des enfants qui me rappellent les comportements/réactions de mes petits-fils...
Tant mieux parce que c'est exactement les intentions que j'ai affichées au début de ce carnet: écrire ce voyage en vue subjective, comme si le lecteur était avec nous. Et si l'effet fonctionne pour une seule personne, alors le but est atteint!
Dans mes différents voyages/séjours au Rajasthan, j'ai toujours boudé Jaisalmer pour visiter des endroits moins courus. Et à te lire j'ai vraiment manqué quelque chose...
Un même voyageur peut déjà avoir des ressentis très différents en revenant plusieurs fois à un même endroit, selon son humeur, les personnes qui l'accompagent ou pas, les expériences qu'il y vit. En 2007 lors de mon tout premier voyage en Inde, j'avais moyennement apprécié Jodhpur car je ne connaissais pas l' Inde et que la personne qui m'accompagnait s'est retrouvée un peu sur les nerfs. Or, j'ai adoré toutes les autres fois, surtout la dernière en famille. L'expérience et le contexte modifient à chaque fois la perception. Donc, il se peut aussi que mon récit donne envie d'aller quelque part à un lecteur à qui ça ne plaira pas une fois qu'il sera sur place, car apprécier un endroit est une chose bien subjective. C'est peut-être aussi ma vision et ma manière de voyager qui peut rendre les lieux attrayants à la lecture. Tu sais que même dans les chemins balisés, je finis irrémédiablement hors des sentiers battus. Même dans la plus touristique des villes, il suffit de marcher, rencontrer des gens et discuter avec eux voire les suivre, changer de rue, aller voir un quartier où les touristes ne vont pas, manger dans ce resto apprecié des locaux dont aucun guide ne parle... et tout change! Alors la Jaisalmer que j'ai vue ne sera pas celles que d'autres ont vue, ni que j'ai moi-même vue il y a 18 ans et 11 ans... Mais oui, elle a le potentiel d'être très appréciée, ou même d'être le point culminant d'un voyage au Rajasthan (c'est ce que dit Lonely Planet ou le Routard, je ne sais plus) si les conditions sont réunies et qu'on se donne les moyens de réunir ces conditions!
Mais attend donc pour juger car le mieux que nous ayons vécu à Jaisalmer reste à venir... quand je pourrai continuer... | | | À: Pagaljavab · 15 septembre 2025 à 19:06 · Modifié le 16 sep. 2025 à 8:05 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 53 de 202 · Page 3 de 11 · 545 affichages · Partager Je suis bien conscient que je suis peu suivi et si je ne le faisais que pour les autres, je ne me donnerais pas tant de peine.
Là, tu nous fais ton M... euh... ta Drama Queen... 🤣 | | | À: Pagaljavab · 15 septembre 2025 à 19:20 · Modifié le 16 sep. 2025 à 8:23 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 54 de 202 · Page 3 de 11 · 539 affichages · Partager Je suis bien conscient que je suis peu suivi et si je ne le faisais que pour les autres, je ne me donnerais pas tant de peine.
Mais si, comme lui, tu es largement suivi et ton carnet intéresse tes lecteurs, mais soit ils n’ont probablement pas le temps de répondre, soit ils ne savent pas trop quoi te dire même s’ ils apprécient ton récit si vivant, si vrai...
J'aime bien les carnets qui donnent envie d'aller y voir... Quand tu racontes, j'ai l'impression d'être avec vous. Surtout à cause des enfants qui me rappellent les comportements/réactions de mes petits-fils...
Tant mieux parce que c'est exactement les intentions que j'ai affichées au début de ce carnet: écrire ce voyage en vue subjective, comme si le lecteur était avec nous. Et si l'effet fonctionne pour une seule personne, alors le but est atteint!
Tu nous montre aussi une AUTRE façon de voyager: celle de le faire avec des enfants en bas âge. C'est le partage d'une expérience différente. Exactement ce que j'ai voulu faire en partageant la façon différente de voyager d'un homme âgé et diminué dans ses capacités physiques (et autres ? 🤣 😇). C'est une autre expérience.) | | | À: Marien33 · 15 septembre 2025 à 20:22 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 55 de 202 · Page 3 de 11 · 529 affichages · Partager Exactement 😂 Mais n'empêche que c'est VRAI. Enfin peu importe... | | | À: Pagaljavab · 15 septembre 2025 à 21:32 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 56 de 202 · Page 3 de 11 · 521 affichages · Partager Bonjour, ton récit me rappelle ma dernière visite à Jaisalmer en avril 2018. Les prix des hôtels avaient littéralement fondus. Sue d'hôtels... J'ai bien aimé y retourner après 12 ans sans y passer. Je patiente pour les léopards. Cdt | | | À: Did0764 · 16 septembre 2025 à 13:05 · Modifié le 16 sep. 2025 à 14:04 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 57 de 202 · Page 3 de 11 · 484 affichages · Partager Bonjour Didier,
Jaisalmer et Udaipur sont les deux villes qui m'ont paru connaître le plus de changements, notamment pour l'offre hôtelière. J'observe que cette offre n'est pas du tout due à une augmentation des visiteurs étrangers mais des visiteurs indiens. Par rapport à mes précédents voyages, la classe moyenne indienne a grandi et le tourisme domestique ne cesse d'augmenter. C'était flagrant à Mount Abu par exemple. Je pense que c'est l'explication à cette multiplication de l'offre.
Patience pour Jawai Bandh, ce n'est pas pour tout de suite, mais ça viendra! | | | À: Pagaljavab · 16 septembre 2025 à 13:43 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 58 de 202 · Page 3 de 11 · 479 affichages · Partager une augmentation (...) des visiteurs indiens. Par rapport à mes précédents voyages, la classe moyenne indienne a grandi et le tourisme domestique ne cesse d'augmenter.
Et c'est un point positif dans l'évolution et le développement de l' Inde, mais le souci c'est qu'ils sont bruyants, envahissants, inciviques et surtout que en grande majorité ils ne respectent pas les lieux et contribuent à polluer et saccager des sites autrefois protégés et superbes en y jetant tous leurs détritus, en maltraitant la nature, dégradant leur propre patrimoine artistique et archéologique, etc... Quand est-ce que les Indiens (du nord ?) arrêteront de jeter sur place ou par les fenêtres de bus, train et de leurs gros 4x4 prétentieux, leurs assiettes en carton, gobelets en plastique et autres emballages de snacks, bonbons et biscuits et... Les bouteilles d'eau ? | | | À: Marien33 · 16 septembre 2025 à 14:03 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 59 de 202 · Page 3 de 11 · 475 affichages · Partager Merci pour ton message d'encouragement! Il faut être honnête, les carnets sur VF sont moins lu qu'avant parce que le site semble moins fréquenté qu'avant et certains VFistes sont plus populaires donc plus lus. Mais je le redis, ce n'est pas très important, je le fais pour moi et pour ceux que ça intéresse. Je sais aussi que quelques-uns lisent dans l'ombre.
Et c'est un point positif dans l'évolution et le développement de l' Inde, mais le souci c'est qu'ils sont bruyants, envahissants, inciviques et surtout que en grande majorité ils ne respectent pas les lieux et contribuent à polluer et saccager des sites autrefois protégés et superbes en y jetant tous leurs détritus, en maltraitant la nature, dégradant leur propre patrimoine artistique et archéologique, etc... Quand est-ce que les Indiens (du nord ?) arrêteront de jeter sur place ou par les fenêtres de bus, train et de leurs gros 4x4 prétentieux, leurs assiettes en carton, gobelets en plastique et autres emballages de snacks, bonbons et biscuits et... Les bouteilles d'eau ?
Constat entièrement vrai malheureusement. Quand le développement se répand mais que la mentalité ne suit pas... Modi a tenté de faire croire qu'il allait changer les choses avec son slogan "Swachh Bharat" ("Nettoyons l' Inde") mais il n'a pas mis les moyens qui vont avec et n'avait pas précisé que son programme concernait plus les minorités que les détritus. | | | À: Pagaljavab · 16 septembre 2025 à 14:53 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 60 de 202 · Page 3 de 11 · 466 affichages · Partager Bonjour,
Je suis un "lecteur de l'ombre"..... qui ne se cache absolument pas.... Comme nombre de carnets de ce forum le vôtre est passionnant et ce qui est stimulant c'est la grande variété de styles, concis ou prolixe, cérébral ou factuel, chacun y trouve son bonheur.
Me permettrez vous d'ajouter un souhait? Afin de rendre la lecture plus aisée, serait il possible d'aérer les textes, d'aller à la ligne, rédiger des paragraphes moins longs, etc...
Ma pauvre vieille cervelle vous en remercierait.
Encore merci pour le travail effectué à notre profit. Bien cordialement.
Calaf | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 925 visiteurs en ligne depuis une heure! |