Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Pagaljavab · 31 août 2025 à 0:08 · 175 photos 202 messages · 15 participants · 11 042 affichages | | | | À: Marien33 · 27 octobre 2025 à 8:56 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 121 de 202 · Page 7 de 11 · 1 018 affichages · Partager Non, je ne l'ai pas lu, mais voilà encore un trait culturel panindien que je viens d'évoquer dans tes Petits Riens.
Sinon, n'hésitez pas à m'appeler Pagal (qui veut dire "fou" ou "cinglé" en hindi 😂). C'est mon pseudo d'ici et j'adore! | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Pagaljavab · 2 novembre 2025 à 19:36 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 122 de 202 · Page 7 de 11 · 938 affichages · Partager Salut Pagal ! Je viens enfin de trouver le temps de lire tes derniers articles, étant enfin arrivée à la fin des vacances de la Toussaint et donc de la garde de mes petits enfants, que j'adore mais qui sont, comme tous les enfants, plutôt chronophages. J'ai été scotchée par ce récit dans lequel je retrouve l'atmosphère de l' Inde avec tes péripéties dans les transports et tous les savoureux détails. J'espère que ton petit garçon s'est bien remis par la suite ...une amibe, ça peut être très embêtant... J'ai découvert grâce à toi que les bus de nuit peuvent être confortables, ce n'était pas le cas lors de notre retour de Mac Leod Ganj. C'était un bus à dossiers inclinables (très peu) avec la télévision allumée pendant toute la nuit juste en face nous, et arrêt en pleine nuit dans un relais routier... Autant dire que nous n'avions pas beaucoup dormi ! Mais il n'y avait pas d'autre moyen pour retourner à Delhi... Nous aussi avions bien aimé le poha que nous avions dégusté la première fois à Mandy, au Madya Pradesh. Alors, merci du temps passé pour écrire ce carnet qui me replonge dans mes voyages passés... À bientôt pour la suite... | | | À: Yan55 · 3 novembre 2025 à 8:47 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 123 de 202 · Page 7 de 11 · 912 affichages · Partager Salut Anne,
fin des vacances de la Toussaint et donc de la garde de mes petits enfants, que j'adore mais qui sont, comme tous les enfants, plutôt chronophages.
Ne m'en parle pas 😅😅 Enfin nous revenons tout juste de Cappadoce, ce qui a été une bien bonne manière de gérer ce temps!
J'ai été scotchée par ce récit dans lequel je retrouve l'atmosphère de l' Inde avec tes péripéties dans les transports et tous les savoureux détails.
Ce message me va droit au cœur car c'est tout à fait l'esprit de ce carnet. Alors si en plus cela te plaît, que demander de plus!
J'ai découvert grâce à toi que les bus de nuit peuvent être confortables, ce n'était pas le cas lors de notre retour de Mac Leod Ganj. C'était un bus à dossiers inclinables (très peu) avec la télévision allumée pendant toute la nuit juste en face nous, et arrêt en pleine nuit dans un relais routier... Autant dire que nous n'avions pas beaucoup dormi ! Mais il n'y avait pas d'autre moyen pour retourner à Delhi...
Oui, j'ai eu la même expérience en allant et revenant de Shimla il y a 13 ans... En fait, les bus sleeper dont je parle ont été interdits pour les zones himalayennes il y a quelques années pour des raisons de sécurité. C'est pour ça qu'il n'y a que des bus "semi-sleeper", qui ne sont que des sièges légèrement inclinables et pas du tout confortables. L'appellation est totalement trompeuse, car on ne dort pas à moitié... mais pas du tout! Je me rappelle la nuit blanche passée de Delhi à Shimla avec une Indienne à côté de moi alors que le bus était aux trois-quarts vide et que le contrôleur ne voulait pas qu'elle change de place car il fallait respecter à la lettre le numéro de place attribué sur le ticket... Résultat, huit heures à se contorsionner sur les routes montagneuses sans jamais trouver une position adéquate... Le retour tout autant infernal, toujours en semi-sleeper, avec un Israëlien qui me racontait à quel point l' Inde était un pays cher et les Indiens des arnaqueurs, et un film américain qui tournait sur l'écran. Impossible de fermer l'œil!
J'espère que ton petit garçon s'est bien remis par la suite ...une amibe, ça peut être très embêtant...
Justement, c'est dans la suite dès que j'aurai le temps de la finir et de la poster. Entre une activité professionnelle prenante, deux enfants, les voyages et la vie courante à gérer, essayer d'écrire, maintenir et finir un carnet de qualité relève presque, comme on le disait sur le carnet de Marien, de l'abnégation janséniste!
Mais bientôt la suite tout de même, merci pour ton message! | | | À: Pagaljavab · 12 novembre 2025 à 0:05 · Modifié le 9 déc. 2025 à 12:12 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 124 de 202 · Page 7 de 11 · 838 affichages · Partager Jour 13, 5 août : Jawai Bandh-Udaipur« The Indian hospital (ity) »
Le jour se lève et nous nous préparons vite car nous sommes pressés de partir. Nous avons adoré cette étape malgré la situation qui s’est compliquée, mais dans nos esprits, notre temps à Jawai Bandh est révolu car il faut maintenant penser à l’imprévue mais nécessaire suite : amener Théo à l’hôpital. Son état semble avoir encore empiré et cela nous rassurerait qu’il soit pris en charge par une équipe médicale sérieuse. À 8h, Sukhdeo est prêt à partir. Nous chargeons nos valises, je monte à l’avant et nous sommes repartis par nos familiers chemins de traverse du sanctuaire auxquels nous faisons nos au revoir, cette fois vers le sud, en direction d’Udaipur. Bien qu’éminemment touristique, je continue de considérer la Ville des Lacs, celle par laquelle j’ai découvert l’ Inde il y a alors 17 ans et que je m’apprête à redécouvrir une quatrième fois, comme la plus séduisante du Rajasthan, voire de l’ Inde. Mais si j’attendais avec impatience que Magali et les enfants puissent admirer ses splendeurs, nous ne songeons plus vraiment à cela dans l’immédiat. Nous y avions pourtant prévu cinq jours...
La voiture de Sukhdeo est climatisée, confortable et sa conduite est à l’image de l’homme : sûre, efficace et rassurante. Nous roulons quelques premiers miles difficiles sur des routes défoncées par endroit qui nous font parfois nous tenir aux poignets pour ne pas nous cogner contre les parois de l’habitacle. Heureusement, à partir d’un certain point, nous rejoignons une autoroute à deux voies, qui bien que très éloignées des standards français, est de très bonne qualité pour l’ Inde et nous permet de rouler assez vite. Bien sûr, les bergers qui circulent sur le bord de la chaussée avec leur bétail, voire tentent parfois de la traverser, serait une situation impensable chez nous ! Mais c’est ici d’une banalité déconcertante. Les ravissants paysages semi-montagneux des Arāvalī nous aide à passer le temps de manière plus agréable. J’en profite pour démarrer une recherche internet sur les centres hospitaliers d’Udaipur car nous ne pouvons pas prendre le risque d’aller n’importe où. Sukhdeo nous explique que les frais seront très peu élevés à l’hôpital public qui est plus ou moins bien perçu par les habitants d’Udaipur. Il nous confirme toutefois que malgré les prix élevés, nous obtiendrons un bien meilleur service dans une clinique privé, ce dont nous ne doutions pas... Trois d’entre elles se démarquent dans les avis : Paras, Geetanjali et le GBH American Hospital. Sukhdeo répond que les trois établissements sont très réputés et pense que nous pourrions choisir n’importe lequel. Et comme il faut bien se baser sur quelque chose pour faire un choix, je consulte avec une grande attention les descriptions sur leur site internet respectif ainsi que les commentaires émis sur Google. Je remarque que les services de pédiatrie et de gastroentérologie sont souvent mis en avant en ce qui concerne l’hôpital américain GBH. Je trouve notamment des articles sur le docteur Sunil Janged, un pédiatre expérimenté qui a manifestement très bonne réputation. Nous ne demandons pas notre reste, le choix est fait. Sukhdeo le valide.
Malgré la légère impatience latente causée par notre anxiété qui voudrait que nous nous téléportions directement à destination, le voyage passe étonnamment vite. Mise à part un court arrêt en station-service en début de trajet, ce n’est que rendus dans une aire proche de la périphérie d’Udaipur que nous faisons une pause première pause toilette et un très rapide petit-déjeuner. À voir l’état de Théo, nous sommes rassurés d’être tout près d’arriver... Enfin, en sortant de l’autoroute, après à peine plus de trois heures de route, les premiers bâtiments d’Udaipur se montrent presque de manière subite, sans qu’il y ait vraiment eu de transition avec des espaces périurbains ou de banlieue. Alors que nous nous enfonçons dans la ville, les lieux que nous traversons reviennent peu à peu à ma mémoire.
Avant toute autre chose, nous devons d’abord nous présenter à l’hôtel pour effectuer le check-in et poser nos lourdes valises afin d'être plus tranquilles pour la suite. Arrivés vers Chetak Circle, un grand carrefour qui fait la jonction avec la ville « nouvelle » et contrebas de la vieille ville, Sukhdeo explique qu’il n’a pas le droit d’aller plus loin avec sa voiture. Il nous attendra ici le temps que nous prenions un rickshaw pour faire l’aller-retour d’ici à l’hôtel. Celui-ci ne se trouve pas trop loin, dans le noyau historique, tout près du temple de Jagdīsh. Il m’incite à demander notre route à des passants, mais bien que je n’aie pas mis les pieds à Udaipur depuis 10 ans, j’ai passé tant de temps dans cette ville que son plan m’est quasiment imprimé dans la tête. Je situe très bien où nous sommes et dans quelle direction se trouve le temple, alors je me dirige vers le premier rickshaw devant nous. À l’annonce du tarif élevé pour la distance assez courte de l’aller-retour, je fais tout de suite comprendre à son conducteur en hindi que je ne suis pas un bleu. Toutefois, dans une ville touristique comme Udaipur, il est difficile de descendre en-dessous du pallier que l’ensemble des rikshāwālā ont fixé pour la zone du centre historique. J'obtiens néanmoins un course à 100 roupies. En peu de temps, le trois-roues gravit la colline qui monte en direction du City Palace (le palais royal) qui est la principale attraction touristique d’Udaipur. En dépit de la situation, je suis ému de retrouver ces ruelles commerçantes et ses vieilles maisons si familières. Pour leur part, Magali et Kelyandre ne voient rien de tout cela. Leur tête est ailleurs et ils sont sans réelles réactions, comme s’ils se déplaçaient dans un espace invisible.
Le rickshaw nous laisse devant l’entrée du Red Pier (anciennement Poonam Haveli) et nous nous présentons à l’accueil. Le manager nous reçoit de manière fort urbaine et après l’enregistrement, je lui explique que nous déposons juste nos valises car nous devons repartir dans la foulée à l’hôpital américain pour le petit. Il nous répond que nous avons fait un bon choix car c’est selon lui la meilleure clinique de la ville, surtout en ce qui concerne le service pédiatrique. Des employés empoignent nos valises avec empressement et nous les suivons dans l’ascenseur, puis les escaliers qui descendent vers la piscine qu’entourent tous les étages du bâtiment, à la manière d’une havelī remaniée en hôtel de charme. Nous avions en effet choisi la chambre « swimming pool view » dont les fenêtres donnent directement sur la très mignonne piscine végétalisée qui nous a décidé à choisir cet hébergement. Bien qu’un peu sombre puisqu’elle se trouve tout en bas, nous avons tout juste le temps de voir que la chambre est douillette et joliment décorée. Elle est à 6700 roupies la nuit (environs 75€), sans compter le fait que nous avons demandé un matelas d’appoint pour Kelyandre à 1500 roupies supplémentaires la nuit (le prix d’une très bonne guesthouse à certains endroits), ce qui fait tout de même 8200 roupies (90€) en tout. Les records de Jawai Bandh et Jodhpur sont battus haut la main. Nous sommes bien entendu à des années-lumière des luxueux palaces que propose la ville, mais c’est un prix substantiel pour le pays qui fait voler en éclats de très loin tout ce j’ai pu connaître en dix voyages ! Quand nous avions réservé depuis la France, nous nous étions dit que nous pouvions nous accorder cette petite « folie » pour nous relaxer un peu en cette fin de voyage, d’autant plus que l’ambiance d’Udaipur s’y prête bien. Seulement, nos plans ont un peu changé entre temps et nous ne savons même pas si nous pourrons en profiter... Nous remontons à la réception où dans l’urgence de la situation, je ne réfléchis pas trop et paye en espèce le supplément de la somme payée via Booking, soit les 7500 roupies qui correspondent au matelas d’appoint pour cinq nuits : ça fait cher le matelas, et ce encore plus quand nous n’en aurons peut-être pas besoin... Nous reprenons un rickshaw pour rejoindre Sukhdeo. Celui-ci nous attend là où nous l’avons laissé, calme et imperturbable.
Nous filons vers l’hôpital américain qui n’est qu’à deux kilomètres et arrivons vers 12h30. Nous remercions chaleureusement Sukhdeo et lui disons qu’il nous a suffisamment aidés. Nous ne voulons pas abuser de son immense bonté, et il a bien d’autres choses à faire... Il acquiesce car il voudrait passer voir sa sœur et son beau-frère avant de repartir dans la soirée pour Jawai Bandh, où il y a beaucoup de travail qui l'attend dans son tent resort. Cependant, fidèle à la réputation de « gentleman rajpoute » que je lui prête, il nous demande si nous n’avons pas besoin qu’il nous assiste encore un moment. Nous l’assurons que nous pensons pouvoir nous débrouiller seuls. Il nous a permis de faire le check-in à notre hôtel et nous amené devant une clinique de renom : c’est déjà énorme. Nous nous disons au revoir, il nous souhaite que tout se passe pour le mieux, nous demande de l’informer de la situation de Théo et s’en va. Mais connaissant les difficultés que peuvent représenter les démarches administratives en Inde, je me dis que le moment de vérité arrive : ce sera facile ou au contraire infernal.
D’ailleurs, le moment de vérité se manifeste presque sans aucun délai, comme un nouveau coup du sort. Alors que nous entrons dans le grand hall d’entrée bondé de files d’attente aux nombreux guichets de cette clinique d’aspect relativement moderne pour trouver notre chemin au milieu de la foule, Magali entreprend d’appeler l’assurance voyage de sa carte bancaire, avec laquelle - c’est capital pour espérer obtenir un remboursement - nous avons acheté les billets d’avion. C’est à ce moment-là qu’elle se rend compte qu’elle n’a pas son smartphone... Merde, où est-il passé !? Nous cherchons dans nos poches, nos sacs, partout, mais il n’est nulle part... C’est vraiment la poisse ! La perte d’un effet personnel dans un pays étranger qui contient de nos jours la vie entière d’un individu, surtout en cet instant crucial où nous devons impérativement contacter notre assurance, vient s’ajouter du stress à l’urgence de la situation, au moment même où nous allions toucher au but... Je dis à Magali que c’était la dernière chose dont nous avions besoin en cet instant précis et que nous sommes vraiment mal barrés... La situation devient réellement difficile à gérer moralement. J’appelle tout de suite Sukhdeo qui est parti depuis quelques minutes. Pas de réponse, l'angoisse monte... Je recommence et il répond ! Je lui explique la situation et lui dit que le téléphone est peut-être dans sa voiture. Heureusement, il est encore à proximité de l’hôpital et va vérifier. Mais trois minutes plus tard, je reçois le message « Gaadi me nahi hai » : « Il n’est pas dans la voiture »... « Tant pis, il doit être dans le rickshaw », lui réponds-je en essayant de donner l’impression que nous allons gérer. Mais en réalité, c’est une catastrophe.
Tant pis, nous nous occuperons de cela plus tard car il y a plus urgent... Ce sera un souci de plus à gérer par la suite et je ne me fais pas trop d’illusions sur nos chances de le retrouver, mais il faut avancer. Je choisis un guichet qui me paraît être réservé à l’accueil général. Par chance, il n’y a pas trop de queue. Le guichetier prend notre demande nous redirige vers un autre guichet où il faut attendre notre tour. Nous patientons sur les bancs en métal où des femmes indiennes fixent Magali et Théo dans ses bras avec un air de curiosité.
Le coup de théâtre est que quelques minutes plus tard, alors que je reviens d’un guichet ou de je ne sais plus où, je vois notre chevalier rājpūt dans le hall avec Magali et les enfants. « Mais, il est revenu ?! », demandé-je ébahi à Magali. Il propose d’appeler le numéro de Magali avec son téléphone. Miracle, ça répond et c’est bien notre rikshāwālā ! En fin stratège militaire, il lui explique qu’il a oublié son propre téléphone dans le véhicule, ce qui est une idée brillante qui facilite bien la négociation. Il ajoute des choses que je ne comprends pas et demande qu’il le lui ramène à l’hôpital américain, ce que l’interlocuteur accepte. Il faut assez peu de temps avant que le chauffeur rappelle pour nous dire qu’il est devant l’hôpital. Nous donnons un petit billet de 100 roupies à Sukhdeo, qui estime que c’est le juste dédommagement. Il sort réaliser la transaction avec le chauffeur et revient moins de cinq minutes plus tard avec le précieux téléphone en main! Peut-être qu’au terme de gros efforts et d’une négociation ardue aurions-nous réussi à récupérer le précieux objet par nous-mêmes, bien que les chances auraient été minces. Mais grâce Sukhdeo, nous l’avons récupéré en quelques minutes, nous débarrassant en un rien de temps d’une belle épine dans le pied et d’une charge psychologique de plusieurs tonnes. Et par-dessus le marché, il nous annonce qu’il va rester pour nous assister jusqu’à ce que Théo soit pris en charge, tandis qu’il continue à gérer intempestivement les réservations et les affaires urgentes du Bagheera Bagh au téléphone! Sérieusement, où en serions-nous sans lui à ce stade compliqué du voyage ?
Nous pensions devoir subir une longue attente mais au final, il ne faut trop de temps avant qu’on nous appelle pour nous accompagner jusqu’au cabinet du fameux Docteur Janged, le pédiatre-thaumaturge d’Udaipur dont j’ai lu dans la voiture les récits hagiographiques relayés par la presse locale. Celui-ci nous accueille en personne avec un sourire qu’on arrive à voir derrière son masque chirurgical. Il se dégage de lui un air de facilité, ou plutôt une sorte de suffisance joviale qui nous rassure tout de même. Sukhdeo se présente et se charge de lui expliquer toute la situation. Le médecin fait le diagnostic en quelques examens rapides. Nous sommes suspendus à ses gestes et réactions qui gardent la même attitude sereine. Son verdict tombe. Il nous explique, très cool, qu’il s’agit d’une gastroentérite plutôt sévère due à une amybe, mais classique selon lui. Le vrai problème est que Théo est très très déshydraté. Il nous assure dans la foulée que nous ne devons pas nous inquiéter car ce n’est rien de très grave maintenant qu’il est pris en charge. Son état nécessitera quand même trois à quatre jours d’hospitalisation pour le traiter et le réhydrater : il ne prendra pas le risque de le laisser sortir tant qu’il ne sera pas sur pied à 100%. Je lui montre les antibiotiques qui nous ont été prescrits dans le dispensaire de Jawai Bandh et avec un mouvement de la main, il me dit de les jeter (je verrai pourtant plus tard que leur composition est exactement la même que ceux qu'il nous a prescrit...). Comme n’importe qui qui verrait Théo en cet instant serait inquiet, ce diagnostic est un réel soulagement pour nous. Il y a donc de grandes chances que nous passions la quasi-totalité de notre séjour dans la plus belle ville du Rajasthan... dans cet hôpital qui bien que pas trop éloigné de la vieille, se situe au bord d’une grande avenue plutôt moche, poussiéreuse et encombrée, typique des espaces moins avenants des grandes villes indiennes. C’est franchement un moindre mal... En préparant le voyage, nous avions envisagé que cette éventualité puisse arriver sans vraiment avoir besoin de nous y projeter. Et maintenant, nous y voilà... Cela nous donne au moins l’occasion de rentrer vraiment dans le décor, d’expérimenter la vie de l’intérieur et de relativiser, car si nous nous retrouvons malgré nous à vivre la réalité d’une famille indienne (somme toute aisée), nous observons autour de nous, dans cet hôpital, des situations plus dramatiques que la nôtre...
On nous redirige vers un nouveau guichet où nous devons remplir un formulaire d’admission et nous acquitter d’une avance d’environ 45.000 roupies (dans les 400€), à laquelle il faudra ajouter l’achat des médicaments et un éventuel dépassement selon la durée du séjour... Nous devons effectuer le paiement à un guichet qui se trouve au sous-sol, dans des couloirs où il n’y a quasiment pas de lumière... C’est un curieux endroit pour payer, mais les employés sont très sympathiques. Il nous conseille d’appeler tout de suite notre assurance. Magali tente sa chance mais il est impossible de les joindre, évidemment. Nous n’avons pas le choix, nous payons et nous nous disons que nous essaierons de la recontacter plus tard... Puis nous remontons à la surface pour apporter la preuve de paiement au précédent guichet. Toutes les démarches d’admission dûment réalisées, une aide-soignante nous demande de la suivre. C’est là que nous devons dire au revoir à Sukhdeo avec des remerciements qui nous paraissent bien dérisoires face à ce qu’il a accompli pour nous depuis le début... Fidèle à lui-même, il nous assure que ce n’est pas grand-chose, qu’il restera en contact avec nous et qu’il reste à notre disposition si nous avons besoin de lui dans la journée. Il file et l’employée nous mène dans un ascenseur un peu vétuste pour le premier trajet d’une longue série d’allers-retours de bas en haut et haut en bas, afin de nous conduire dans la chambre qui nous est attribuée. Elle est tout à fait correcte, spacieuse et ressemble plus ou moins à ce que l’on pourrait attendre d’un hôpital public un poil vieillot en France. Des murs qui auraient bien besoin d’un coup de peinture ou a minima un petit lessivage, un lit au revêtement skaï bleu recouvert de draps légèrement usés, une petite banquette contre un mur pour un accompagnateur, des toilettes pas très neuves mais propres... On peut même apercevoir au loin par la fenêtre une maigre consolation : un petit bout d’un monument de la vieille ville qui dépasse des autres toits.
À peine installés, nous sommes appelés pour les premiers examens et l’installation des perfusions. On me demande à moi exclusivement de suivre Théo, peut-être parce que je suis le père ou que j’ai le même nom de famille que lui (contrairement à sa mère). Il est amené en brancard jusqu’à un petit sas où nous attendons brièvement notre tour. La prise de sang va être la première épreuve. Pendant que nous patientons, une mère qui a amené son enfant pour les mêmes raisons que nous entame la conversation avec moi en anglais : elle me rassure sur le fait que c’est un très bon hôpital pour les enfants, bien qu’elle se plaigne un peu de la prise en charge. Puis on nous appelle dans une salle d’examen qui ressemble plus à une autre chambre de patient réquisitionnée pour l'occasion. Un infirmier et une infirmière aux airs un peu novices installent Théo et me demandent de bien le tenir pendant qu’ils préparent la seringue. Théo commence à pleurer et se débattre. J’essaye de le rassurer, mais ça ne marche pas vraiment... Quand j’arrive à le stabiliser, les infirmiers tentent de trouver la veine mais n’y arrivent pas. Ils parlent entre eux mais semblent galérer à accomplir leur tâche... Évidemment, Théo redouble de hurlements et de mouvements brusques, ce qui n’aide pas les infirmiers qui paniquent un peu après leur premier charcutage pour rien... Ils finissent par appeler un second infirmier visiblement plus expérimenté de les aider, alors que Théo pleure à grosses larmes en me demandant du regard pourquoi je l’ai emmené dans cet abattoir... Non sans mal, ils parviennent à accomplir leur mission. Pourtant, ce n’est pas terminé car il y a un deuxième supplice, la pose du cathéter, un peu moins sanglant cette fois, et le brancard repart vers la chambre. Je rassure Théo traumatisé que le pire est fini. La première épreuve est passée... Peu de temps après, on me demande d’aller à la pharmacie chercher les premiers médicaments et matériels. Encore tout un programme que ce nouveau rituel qui n’est pas le dernier... À chaque fois que les infirmières nous demanderons d’aller chercher de nouveaux médicaments ou recharges de perfusion, il nous faudra descendre à cette pharmacie située à un étage inférieur, une sorte de guichet grillagé où se tient un pharmacien plus ou moins sympathique et coopérant à qui il faut donner l’ordonnance, puis payer en espèce, attendre que la commande soit réunie, remonter à la chambre, avant qu’on nous redemande plusieurs fois dans la journée de recommencer la même opération. D’ailleurs, tout est ritualisé dans cet hôpital; dans la chambre, on voit passer un ballet incessant et presque millimétré d’employés, qui figure un cérémonial bien organisé : des infirmières pour vérifier et changer les perfusions, administrer des médicaments ou pour un examen ; puis vient le tour des femmes/hommes de ménages, sans oublier les gardiens qui font des rondes régulières pour s’assurer qu’il n’y a rien d’anormal. Autant dire que l’on n’est rarement tranquille plus d’une demi-heure ou une heure entre chaque passage, même la nuit. Mais le clou du rituel, c’est quand une fois par jour, nous avons l’honneur de la visite du docteur Janged lui-même avec toute son équipe derrière lui, s’alignant tous dans une pose cérémonielle avec des sourires de manager de chez McDonald’s figé sur le visage, lui au centre qui s’approche de Théo, fait mine de jouer un peu avec lui en nous demandant les éternels : « Nausea ? Diahrreas ? Fever ? Ok ! », avant de tous ressortir de la chambre en rang d’oignons avec le même sourire. Dès ce moment, je me mets à appeler le Docteur Janged « Docteur Jain », surnom qui deviendra entre nous son nom officiel, encore jusqu’à aujourd’hui quand nous reparlons de tout cela. En réalité, c’est la deuxième pédiatre de l’hôpital, à qui nous aurons aussi affaire de temps en temps, qui s’appelle Docteur Jain, nom (logiquement) majoritaire chez les adeptes du jaïnisme, religion (très) minoritaire en Inde improportionnellement à leur puissante influence dans la société. Mais je raconterai plus tard les circonstances selon lesquelles j’ai décidé de déshabiller la pédiatre de son patronyme pour rhabiller son collègue...
Couché sur son lit avec son cathéter dans le creux du bras, Théo est faible et dort la plupart du temps. Il fait toujours autant peine à voir mais nous pensons désormais qu’il est entre de bonnes mains : ce n’est qu’une question de jours avant qu’il se rétablisse. Pour l’heure, il nous faudra séjourner dans cet hôpital à tour de rôle, passer les examens quotidiens et suivre l’évolution de son état de santé, et attendre pour savoir quand tout sera fini et quand nous pourrons enfin sortir d’ici... Les aides-soignantes, infirmières et médecins défilent. Même pour moi qui parle anglais et hindi, la communication n’est pas toujours très aisée avec certaines d’entre elles qui ne parlent pas très bien anglais sorties de leur jargon médical, ou s’expriment dans un hindi pas toujours très standard. Avec la fatigue accumulée, cela me demande parfois de m’y reprendre plusieurs fois pour pouvoir comprendre ce qu’elles veulent. Hôpital « américain », mouais...
À la retombée de tant d’émotions intenses en si peu de temps, Kelyandre et moi nous rendons compte que nous avons faim, Magali un peu moins... Mine de rien, nous sommes presque en milieu d’après-midi. Sukhdeo nous a informé avant de partir qu’il y avait une cantine dans l’hôpital. Je me lance dans une nouvelle expédition dans les mêmes sous-sols sombres de l’établissement où nous avons payé car elle se trouve à côté. Elle s’avère fermée et le lieu ne m’inspire pas trop... Face à l’entrée véhicule des urgences, près de l’entrée principale, j’avais repéré une petite échoppe de streetfood d’allure moderne qui servait des jus de fruits, milk-shakes et burgers végétariens et autres snacks indiens, dans des conditions d’hygiène qui paraissaient tout à fait propres. Kelyandre descend avec moi jusqu’à la gargote où un vieil homme prend notre commande qu’il me demande de payer tout de suite. Il prend un temps incroyable pour préparer les commandes, se trompe plusieurs fois d’articles, me redemande ce que nous avons commandé. Après un moment bien trop long pour la tâche à réaliser, il finit par emballer le tout dans un sac. Je commence à cerner que le vieillard est un peu sénile, alors je lui dis gentiment en hindi qu’il a oublié un sandwich. Le vieux réfute qu’il n’a rien oublié du tout et qu’il y a tout ce que nous avons commandé. J’insiste en argumentant que le prix que nous avons payé inclus forcément la commande d’un deuxième sandwich. Mais il m’a déjà encaissé et c’est invérifiable... En sus, il me rétorque que je lui mens ! Je n’arrive pas à comprendre s’il est malhonnête, dément ou les deux, mais je tente de le ramener à la raison en lui montrant qu’il a bien vu que nous sommes deux à avoir choisi nos articles et que le nombre de sandwiches ne correspond pas. Alors il s’énerve et je saisis dans sa longue invective que nous, les « Américains » (appellation décidément galvaudée par ici), avons de gros salaires et que nous sommes malvenus de faire ce type de réclamation. Après cette journée oppressante, je commence à perdre patience : je répète de manière autoritaire à cet imbécile amnésique de me donner toute ma commande. Il me fait signe de partir et s’enferme dans son mutisme pour couper la communication. Je lui crie dessus, le traite de chor (« voleur »), tandis qu’un jeune homme qui vient pour commander assiste vaguement intrigué à la dispute sans intervenir et va s’installer sur une chaise dans le boui-boui. Je menace d’appeler la police pour lui faire peur, tout en sachant que ce sont des paroles en l’air car ce serait une perte de temps : j’ai d’autres soucis sur le feu et l’acariâtre tête de mule restera campé sur ses positions quoi qu’il en soit. Cela ne représente pas une grosse somme, même pas une centaine de roupies, mais c’est pour le principe : touristes occidentaux ou pas, le prix affiché est le même pour tout le monde. Je continue de lui crier des insultes en partant pour me défouler et libérer un peu la pression. Nous remontons à la chambre avec Kelyandre qui ayant assisté à la scène sans tout comprendre, me demande ce qu’il s’est passé !
Le reste de la journée, nous prenons déjà nos habitudes entre les passages répétés des femmes de ménage, des personnels soignants, des surveillants, les allers-retours à la pharmacie de l’hôpital pour les médicaments ou à celles, privées, au pied de l’hôpital pour acheter des couches, où je me rends sans oublier d’aller jeter pour le plaisir un petit regard noir au vieux fou du boui-boui qui fait mine de ne pas me voir. Le soir, je repère sur Google un petit ḍhābā végétarien de l’autre côté de la route qui est très peu cher et à bonne réputation, le Swad Cafe. Je descends commander (des pizzas maison, des sandwiches grillés fromage-légumes et sûrement du chapātī et des dāl). Devant le restaurant, il y a une tranchée creusée pour une intervention sur les canalisations où courent des rats affolés par les machines et le tumultes de l'avenue. La devanture et la déco dans un esprit bande dessinée de motards-loubards post-apocalyptiques pour paraître branché ne correspondent pas du tout à l’ambiance hindoue shuddh shākāhārī (pur végétarien) du lieu : le genre d’incohérences et de bizarreries de communication que je ne vois qu’en Inde ! Dans la grande cuisine un peu crasseuse qui ressemble à un petit hangar travaillent surtout des jeunes en sueur dans des tenues plutôt bien sale. Je traverse la voie dans l'autre sens avec ma commande, jette un petit regard menaçant au vieux fou au passage et remonte avec mes victuailles. Nous nous régalons tout de même tandis que Théo se contentera de ses perfusions pour ce soir... Pour la suite, Magali décide de rester avec Théo la première nuit même si elle est un peu anxieuse car son anglais n’est pas terrible, tandis que nous repartons avec Kelyandre. Nous descendons sur le parking prendre un rickshaw. Un nouveau rituel se met en place : celui de baisser le prix de 150 roupies systématiquement demandé aux Occidentaux pour la moindre course en ville à 100 roupies. J’utilise les bons arguments en hindi et y parvient sans trop de difficultés pour cette fois. Nous arrivons au Red Pier où nous nous couchons presque immédiatement dans notre jolie chambre qui donne sur la piscine. Magali m’envoie quelques nouvelles et nous nous endormons, éreintés de cette journée folle que jamais nous n’aurions imaginé vivre lors de ce voyage. | | | À: Pagaljavab · 12 novembre 2025 à 7:44 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 125 de 202 · Page 7 de 11 · 819 affichages · Partager Je réagirai plus tard car j'ai très envie de rebondir sur de multiples ppoints de ce dernier message palpitant. pour l'heure c'est moi qui suis mal en point : diarrhée, vomissement, fièvre et reste prostré dans mon lit. Pas même le courage d'écrire... | | | À: Pagaljavab · 12 novembre 2025 à 12:59 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 126 de 202 · Page 7 de 11 · 792 affichages · Partager Super ! J’allais justement manifester mon impatience voulant connaitre au plus vite les péripéties de l’épisode 13, saison 1 
Grosse galère quand même mais vous avez eu rendez-vous avec votre ange gardien en la personne de Sukhdeo. Les rencontres éphémères sont souvent tellement fortes et inoubliables... | | | À: Pagaljavab · 12 novembre 2025 à 15:26 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 127 de 202 · Page 7 de 11 · 766 affichages · Partager Bonjour
Que de péripéties anxiogènes si richement relatées! Enfin, le principal est que Theo semble en de bonnes mains, le reste est accessoire.
Le prochain billet nous contera la sortie de Theo sur ses 2 jambes et heureux de gambader.
Encore merci de nous accorder une part de votre temps libre.
Calaf | | | À: Marien33 · 12 novembre 2025 à 15:28 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 128 de 202 · Page 7 de 11 · 763 affichages · Partager Bonjour Marien
Pas le temps d'écrire et on le comprend, mais de lire...
Alors très bon rétablissement, la suite de vos aventures nous attend!
Calaf | | | À: Marien33 · 12 novembre 2025 à 16:38 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 129 de 202 · Page 7 de 11 · 752 affichages · Partager Ho ! Jean-Marie, il faut te reprendre là ! tu te soignes bien ? Tu as quelqu'un qui s'occupe de toi ? Donne vite de tes nouvelles | | | À: Pagaljavab · 12 novembre 2025 à 17:18 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 130 de 202 · Page 7 de 11 · 739 affichages · Partager Bonjour, compte rendu très détaillé de cette arrivée à l'hôpital. Je retiens la différence pour se procurer les médicaments comparativement à la France. Surtout, quelle belle preuve d'empathie, du sens de service de la part de Sukhdeo. C'est aussi pour cela que je retourne si souvent en Inde, on trouve toujours une personne pour solutionner nos questions, problèmes... J'attends la suite. Cordialement. | | | À: Pagaljavab · 13 novembre 2025 à 15:14 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 131 de 202 · Page 7 de 11 · 682 affichages · Partager Merci à vous pour vos bien sympathiques réactions. J'espère pourvoir publier la suite plus vite que ce que j'ai fait ces derniers temps.
Marien> J'espère que ça n'évolue pas trop mal pour toi. Peut-être que pendant ton séjour en France, ton corps s'est déshabitué de cette amibe indienne si coriace... Tiens-nous au courant et reviens vite pour rebondir sur tous les points qui t'ont interpellé et nous raconter tes nouvelles (et anciennes) aventures!
Kate> De retour de Turquie et directement de retour de le rythme infernal de la vie professionnelle et quotidienne, il ne m'a pas été facile d'avancer sur ce carnet ces derniers temps : je n'ai même pas eu 5 minutes de libres pendant plusieurs jours d'affilée. Mais j'ai fini par venir au bout de cet épisode!
Kate et Did0764> Effectivement, cette rencontre avec Sukhdeo a été une chance réelle pour nous, et vous allez voir que ce n'est pas fini! J'avais eu un pressentiment en le contactant au préalable par WhatsApp, mais on ne sait jamais quand on n'a pas rencontré la personne en vrai... C'est vraiment un homme en or et je vous conseille de passer chez lui si vous veniez à vouloir visiter le sanctuaire des léopards de Jawai Bandh un jour. Il est vrai que les Indiens ont la réputation d'agir souvent de manière intéressée, mais je suis tout à fait d'accord qu'il y a souvent lors d'un voyage en Inde, une personne qui va se démarquer par l'aide qu'elle nous apporte. Là c'était Sukhdeo. Cela dit, il faut reconnaître qu'à une ou deux exceptions près qui viendront vite dans le carnet, tous les gens que nous avons croisés sans exception ont été d'un accueil et d'une aide que nous n'aurions jamais imaginés.
Calaf> Oui, à partir du moment où nous sommes arrivés à l'hôpital américain, nous savions que Théo était entre de bonnes mains. La suite directe ne racontera pas tout de suite sa sortie car il a été hospitalisé plusieurs jours.
Did0764> La manière de se procurer les médicaments a en effet été un des moments marquants de notre séjour dans cet hôpital. Cependant, la suite racontera que ça n'aurait apparemment pas dû se passer ainsi pour nous... | | | À: Marien33 · 13 novembre 2025 à 15:18 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 132 de 202 · Page 7 de 11 · 681 affichages · Partager Ça devient une vraie corvée de publier des carnets sur VF. Je viens d'écrire un long message à pagal sur ce carnet. Touté tait OK quand je clique sur envoyer, tout disparait ! Mon messagesur mon carnet Thaïlande prend un temps fou pour télécharger les photos. Quand c'est prêt, je clique sur envoyer et d'un coup ça change de page, je me retrouve sur une tout autre rubrique (page) et impossible de revenir en arrière alors que j'avais sauvegardé en cliquant sur prévisualiser. Là aussi j'ai dû tout recommencer y compris le super long téléchargement des photos. Enfin, tout est OK !
Michaël je recommence demain, je suis désolé, je n'ai pas le courage de recommencer ce soir (bientôt 20h ici et je me couche à 20h30) | | | À: Pagaljavab · 13 novembre 2025 à 15:36 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 133 de 202 · Page 7 de 11 · 674 affichages · Partager Marien> J'espère que ça n'évolue pas trop mal pour toi. Peut-être que pendant ton séjour en France, ton corps s'est déshabitué de cette amibe indienne si coriace... Tiens-nous au courant et reviens vite pour rebondir sur tous les points qui t'ont interpellé et nous raconter tes nouvelles (et anciennes) aventures!
Je dirai presque qu'aujourd'hui je suis frais comme un gardon, après un cauchemar que vous n'imaginez pas qui a duré toute une nuit, de la merde et du vomi partout, changé les draps plusieurs fois, l'odeur... Oui, désolé pour les âmes sensibles... Juste pour dire que je me sentais vraiment pas bien. Et comme j'avais de la fièvre, je dormais beaucoup, à moitié inconscient et j'avais des fuites en dormant   C'est l'odeur qui me réveillait...
Non Pagal, c'était pas une amibe. Rien à voir avec l' Inde. Un virus méchant. Ça aurait pu arriver n'importe où... Je me suis auto-traité, car moi, les hôpitaux indiens c'est pas du tout mon truc... Justement j'en parlais dans ma réponse à ton post. Mais finalement ce serait mieux que j'en parle un jour dans mon carnet Kerala pour ne pas parasiter ton carnet... Je me doutais depuis longtemps pour l'hospitalisation de Théo et je me demandais quand tu allais en parler... Tu l'avais évoqué sur un autre de mes fils...
Mais comme vous savez la mauvaise herbe est indestructible (chien-dent/ortie) et me revoilà... | | | À: Pagaljavab · 14 novembre 2025 à 10:57 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 134 de 202 · Page 7 de 11 · 616 affichages · Partager Bien qu’éminemment touristique, je continue de considérer la Ville des Lacs, celle par laquelle j’ai découvert l’ Inde il y a alors 17 ans et que je m’apprête à redécouvrir une quatrième fois, comme la plus séduisante du Rajasthan, voire de l’ Inde.
Je dis toujours qu’il faudrait que j’écrive aussi mon carnet sur le Rajasthan avec toutes les aventures qui s’y sont déroulées notamment à Udaipur, ne serait-ce que pour moi-même pour me remémorer... Dans mon souvenir, Udaipur est la pire ville où j’ai séjourné... J’ai détesté et je n’ai même pas voulu visiter le palais... Je ne m’y suis plu que les fois où j’ai fui cette horrible (ce n’est que mon vécu) ambiance à touriste, en m’enfonçant dans des quartiers authentiques où j’ai enfin pu côtoyer des locaux et me promener sur des marchés fort sympathiques et... authentiques... faudrait que j’y retourne...
J’en profite pour démarrer une recherche internet sur les centres hospitaliers d’Udaipur car nous ne pouvons pas prendre le risque d’aller n’importe où
S’il s’était agi de moi et de mon enfant, il y a belle lurette que je me serais mis en quête du meilleur hôpital et d’ailleurs je n’aurais pas tant attendu pour m’y précipiter... Mais bon, c’est une question de tempérament et de personnalité. Il n’y a aucun jugement dans ce que je dis. Pour moi, je suis très négligent, mais pour ceux qui me touchent de près : enfants entre autres, je m’inquiète vite. Mais j’ai été traumatisé sans m’en apercevoir, quand, enfant de 7 ans, j’ai vu mourir ma petite sœur d’une grippe qui a mal tourné et mal prise en charge par le médecin qui n’a pas su juger l’urgence. Et traumatisé par tous les commentaires des adultes que l’enfant que j’étais a pu entendre par la suite... Puis ma fille qui a failli connaître le même sort, presque dans des circonstances identiques à l’âge de 1 mois. Et surtout tes talents de conteurs sont tels, que je le voyais, ce petitou de 2 ans - c’est vraiment petit encore 2 ans – comme si j’y étais.
Pour leur part, Magali et Kelyandre ne voient rien de tout cela. Leur tête est ailleurs et ils sont sans réelles réactions, comme s’ils se déplaçaient dans un espace invisible.
Comme je les comprends !
J’ai souvent une pensée émue pour Keliandre qui est un peu l’enfant « oublié » dans les réactions des lecteurs, « l’aîné », au profit de son petit frère, « la vedette », - et pour cause ! - dont tout le monde parle. Moi, cet enfant m’interpelle depuis le début du voyage... Déjà son prénom... qui me rappelle ce coquin/malin de Léandre des Fourberies de Scapin. Ce « andre » (andros/homme) qui fait de lui déjà un petit homme. Alors que justement quand tu parles de lui je perçois tantôt un enfant encore petit garçon de son âge (l’expérimentation des bonbons et autres sucreries indiennes) et en même temps un déjà petit- homme-ado-responsable-réfléchi-inquiet.... Presque déjà ado de 15 ans... Je suis touché par son innocence et son abandon quand il s’endort sans crainte ni scrupule sur l’épaule de l’inconnu(e) assis(e) à ses côtés. Kéliandre a toute ma sympathie.
un matelas d’appoint pour Kelyandre.
Et allez ! Un lit pour Théo ? Un matelas par terre pour Keliandre...
D’ailleurs, le moment de vérité se manifeste presque sans aucun délai, comme un nouveau coup du sort. Alors que nous entrons dans le grand hall d’entrée bondé de files d’attente aux nombreux guichets de cette clinique d’aspect relativement moderne pour trouver notre chemin au milieu de la foule, Magali entreprend d’appeler l’assurance voyage de sa carte bancaire, avec laquelle - c’est capital pour espérer obtenir un remboursement - nous avons acheté les billets d’avion. C’est à ce moment-là qu’elle se rend compte qu’elle n’a pas son smartphone... Merde, où est-il passé !? Nous cherchons dans nos poches, nos sacs, partout, mais il n’est nulle part...
Encore ! Je compatis vraiment car ça m’est arrivé tellement de fois, et avec une telle panique à chaque fois ! - Ce qui ne m’empêche pas de recommencer... -
La perte d’un effet personnel dans un pays étranger qui contient de nos jours la vie entière d’un individu, surtout en cet instant crucial où nous devons impérativement contacter notre assurance
C’est vraiment horrible ce sentiment d’avoir perdu l’essentiel à notre survie dans un tel pays si inconnu, si « spécial » c’est comme si on te jette par-dessus bord alors que tu es sur un bateau, perdu au milieu de l’océan.
Le coup de théâtre est que quelques minutes plus tard, alors que je reviens d’un guichet ou de je ne sais plus où, je vois notre chevalier rājpūt dans le hall avec Magali et les enfants. « Mais, il est revenu ?! », demandé-je ébahi à Magali.
Et là je suis encore avec vous à fond ! C’est la bouée de sauvetage qu’on vous a jetée par-dessus bord, qui va peut-être vous sauver la vie alors que vous vous sentiez perdu, désespéré, à gesticuler éperdument au milieu de l’océan.
Il propose d’appeler le numéro de Magali avec son téléphone. Miracle, ça répond et c’est bien notre rikshāwālā ! En fin stratège militaire, il lui explique qu’il a oublié son propre téléphone dans le véhicule, ce qui est une idée brillante qui facilite bien la négociation.
Ben oui, sauf que lui n’est JAMAIS monté dans le rickshaw... Heureux que le rickshawallah ne lui ait pas répondu ça...
Peut-être qu’au terme de gros efforts et d’une négociation ardue aurions-nous réussi à récupérer le précieux objet par nous-mêmes, bien que les chances auraient été minces. Mais grâce Sukhdeo, nous l’avons récupéré en quelques minutes
Pas forcément. Les Indiens ne pouvant pas vivre sans leur téléphone, ont intégré le fait que sans lui on est mort et ils s’identifient à celui qui a perdu son téléphone et font tout pour l’aider à le retrouver et (pour moi) à chaque fois sans la moindre attente d’une récompense. Un des rares cas d’aide non rémunérée.
nous débarrassant en un rien de temps d’une belle épine dans le pied et d’une charge psychologique de plusieurs tonnes. Et par-dessus le marché, il nous annonce qu’il va rester pour nous assister jusqu’à ce que Théo soit pris en charge, tandis qu’il continue à gérer intempestivement les réservations et les affaires urgentes du Bagheera Bagh au téléphone! Sérieusement, où en serions-nous sans lui à ce stade compliqué du voyage ?
Là aussi je suis complètement avec vous. J’ai connu pareil dévouement avec mon chauffeur d’Udaipur quand je me suis fait assaillir par ces escadrons de centaines d’abeilles. Je serais peut-être mort sans lui, a dit le médecin de l’hôpital, car alors que j’étais déjà comme inconscient de mon état et de la situation, il m’a pris en charge et m’a obligé à aller à l’hôpital. D’ailleurs, il ne m’a pas demandé mon avis. Il m’a pris en charge comme un enfant et s’est occupé de tout. Il m’a dit plus tard que je ressemblais à un monstre extra-terrestre. C’est un de mes plus beaux souvenirs de voyage à cause de cette véritable expérience de charité, totalement désintéressée. Le Bon Samaritain dans toute sa réalité, quand bien souvent les Indiens - en général – se montrent totalement indifférents face aux malheurs d’un inconnu.
plutôt une sorte de suffisance joviale qui nous rassure tout de même.
Mon premier cardiologue à Mangalore ! C’est tout à fait ça. Très « suffisant » même si efficace. J’ai détesté.
avec un mouvement de la main, il me dit de les jeter (je verrai pourtant plus tard que leur composition est exactement la même que ceux qu'il nous a prescrit...
Phénomène connu, même en France !
Et maintenant, nous y voilà... Cela nous donne au moins l’occasion de rentrer vraiment dans le décor, d’expérimenter la vie de l’intérieur et de relativiser, car si nous nous retrouvons malgré nous à vivre la réalité d’une famille indienne (somme toute aisée), nous observons autour de nous, dans cet hôpital, des situations plus dramatiques que la nôtre...
Et c’est là que je racontais une expérience vécue trop longue après réflexion... Un homme se vidait littéralement de son sang et on le laissait dans son coin sans aucun soin. Quand je me suis autorisé à intervenir, on m’a répondu sèchement (d’un air de dire de quoi tu te mêles ?) : « La famille est partie chercher l’argent, on s’en occupera quand ils reviendront. »
Nous devons effectuer le paiement à un guichet qui se trouve au sous-sol, dans des couloirs où il n’y a quasiment pas de lumière... C’est un curieux endroit pour payer, mais les employés sont très sympathiques. Il nous conseille d’appeler tout de suite notre assurance. Magali tente sa chance mais il est impossible de les joindre, évidemment. Nous n’avons pas le choix, nous payons et nous nous disons que nous essaierons de la recontacter plus tard... Puis nous remontons à la surface pour apporter la preuve de paiement au précédent guichet (...)l’employée nous mène dans un ascenseur un peu vétuste pour le premier trajet d’une longue série d’allers-retours de bas en haut et haut en bas
C’est à croire que tous les hôpitaux indiens sont sur le même modèle tant pour les lieux, les montées et descentes du sous-sol au 5ème, en passant par des étages intermédiaire pour des attentes à d’autres guichets... que pour le paiement et l’argent. A Mangalore on m’a fait sortir avec un simple traitement sans m’opérer, alors que j’aurais pu crever une fois dehors, parce que je ne m’étais pas encore occupé de demander l’assistance de l’assurance, n’ayant pas compris la gravité de mon état.
On me demande à moi exclusivement de suivre Théo, peut-être parce que je suis le père ou que j’ai le même nom de famille que lui (contrairement à sa mère)
Ni l’un ni l’autre, en fait, tu es la fameuse personne accompagnatrice OBLIGATOIRE quand on est hospitalisé en Inde. Choisi dans ce cas peut-être en tant qu’homme (censé être plus compétent que sa femme) plus qu’en tant que père. Et Foin de la confidentialité si cette personne n’est ni le conjoint, le père, le frère, etc... On s’en fout. Elle doit être là à toutes les consultations et même pire, on s’adresse à elle plus qu’au patient lui-même comme si celui-ci par son état de patient est forcément un imbécile qui ne comprendrait rien à ce qu’on lui dit.
Un infirmier et une infirmière aux airs un peu novices installent Théo et me demandent de bien le tenir pendant qu’ils préparent la seringue. Théo commence à pleurer et se débattre. J’essaye de le rassurer, mais ça ne marche pas vraiment... Quand j’arrive à le stabiliser, les infirmiers tentent de trouver la veine mais n’y arrivent pas. Ils parlent entre eux mais semblent galérer à accomplir leur tâche... Évidemment, Théo redouble de hurlements et de mouvements brusques, ce qui n’aide pas les infirmiers qui paniquent un peu après leur premier charcutage pour rien... Ils finissent par appeler un second infirmier visiblement plus expérimenté de les aider, alors que Théo pleure à grosses larmes en me demandant du regard pourquoi je l’ai emmené dans cet abattoir...
Non sans mal, ils parviennent à accomplir leur mission.
Horrible cette scène. Superbement racontée. On y assiste. Mais horrible ! Et qui ne m’étonne pas et me révolte. Aucune empathie envers le patient. C’est ce qui est ressorti de ma propre expérience dans mes diverses hospitalisations (sauf lors des abeilles !) Et beaucoup d’incompétence des personnels subalternes. Ou alors des robots bien formatés.
Peu de temps après, on me demande d’aller à la pharmacie chercher les premiers médicaments et matériels. Encore tout un programme que ce nouveau rituel qui n’est pas le dernier... À chaque fois que les infirmières nous demanderons d’aller chercher de nouveaux médicaments ou recharges de perfusion, il nous faudra descendre à cette pharmacie située à un étage inférieur, une sorte de guichet grillagé où se tient un pharmacien plus ou moins sympathique et coopérant à qui il faut donner l’ordonnance, puis payer en espèce, attendre que la commande soit réunie, remonter à la chambre, avant qu’on nous redemande plusieurs fois dans la journée de recommencer la même opération. D’ailleurs, tout est ritualisé dans cet hôpital; dans la chambre, on voit passer un ballet incessant et presque millimétré d’employés, qui figure un cérémonial bien organisé : des infirmières pour vérifier et changer les perfusions, administrer des médicaments ou pour un examen ; puis vient le tour des femmes/hommes de ménages, sans oublier les gardiens qui font des rondes régulières pour s’assurer qu’il n’y a rien d’anormal. Autant dire que l’on n’est rarement tranquille plus d’une demi-heure ou une heure entre chaque passage, même la nuit. Mais le clou du rituel, c’est quand une fois par jour, nous avons l’honneur de la visite du docteur Janged lui-même avec toute son équipe derrière lui, s’alignant tous dans une pose cérémonielle avec des sourires de manager de chez McDonald’s figé sur le visage, lui au centre qui s’approche de Théo, fait mine de jouer un peu avec lui en nous demandant les éternels : « Nausea ? Diahrreas ? Fever ? Ok ! », avant de tous ressortir de la chambre en rang d’oignons avec le même sourire.
C’est là que je racontais ma propre expérience absolument identique presque mot pour mot dans toute ta description. Et je le ferai un jour peut-être dans mon carnet si ça peut servir à quelqu’un gravement malade. Je dirai juste que j’ai été impeccablement soigné, y compris les opérations. Le cœur c’est pas rien quand même. Mais la paperasse, l’argent, la nourriture, l’incompétence du petit personnel, sont d’une telle complication que c’est une vraie galère, sans compter bien d’autres détails trop longs à raconter ici. A partir du moment où tu entres tu ne penses plus qu’au jour où on va t’autoriser à sortir.
Kelyandre descend avec moi jusqu’à la gargote où un vieil homme prend notre commande qu’il me demande de payer tout de suite. Il prend un temps incroyable pour préparer les commandes, se trompe plusieurs fois d’articles, me redemande ce que nous avons commandé. Après un moment bien trop long pour la tâche à réaliser, il finit par emballer le tout dans un sac. Je commence à cerner que le vieillard est un peu sénile, alors je lui dis gentiment en hindi qu’il a oublié un sandwich. Le vieux réfute qu’il n’a rien oublié du tout et qu’il y a tout ce que nous avons commandé. J’insiste en argumentant que le prix que nous avons payé inclus forcément la commande d’un deuxième sandwich. Mais il m’a déjà encaissé et c’est invérifiable... En sus, il me rétorque que je lui mens ! Je n’arrive pas à comprendre s’il est malhonnête, dément ou les deux, mais je tente de le ramener à la raison en lui montrant qu’il a bien vu que nous sommes deux à avoir choisi nos articles et que le nombre de sandwiches ne correspond pas. Alors il s’énerve et je saisis dans sa longue invective que nous, les « Américains » (appellation décidément galvaudée par ici), avons de gros salaires et que nous sommes malvenus de faire ce type de réclamation. Après cette journée oppressante, je commence à perdre patience : je répète de manière autoritaire à cet imbécile amnésique de me donner toute ma commande. Il me fait signe de partir et s’enferme dans son mutisme pour couper la communication. Je lui crie dessus, le traite de chor (« voleur »), tandis qu’un jeune homme qui vient pour commander assiste vaguement intrigué à la dispute sans intervenir et va s’installer sur une chaise dans le boui-boui. Je menace d’appeler la police pour lui faire peur, tout en sachant que ce sont des paroles en l’air car ce serait une perte de temps : j’ai d’autres soucis sur le feu et l’acariâtre tête de mule restera campé sur ses positions quoi qu’il en soit. Cela ne représente pas une grosse somme, même pas une centaine de roupies, mais c’est pour le principe : touristes occidentaux ou pas, le prix affiché est le même pour tout le monde. Je continue de lui crier des insultes en partant pour me défouler et libérer un peu la pression. Nous remontons à la chambre avec Kelyandre qui ayant assisté à la scène sans tout comprendre, me demande ce qu’il s’est passé !
Eh ! Salut, mon frère !!! | | | À: Marien33 · 20 novembre 2025 à 9:38 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 135 de 202 · Page 7 de 11 · 465 affichages · Partager Bonjour Jean-Marie,
Désolé de répondre aussi tard à ta très pertinente série de réactions, qui m'oblige quasiment à faire un pré-bilan du voyage avant le bilan final  . Le temps m'échappe en ce moment et j'ai beaucoup de mal à avancer dans la rédaction de ce carnet...
Dans mon souvenir, Udaipur est la pire ville où j’ai séjourné... J’ai détesté et je n’ai même pas voulu visiter le palais... Je ne m’y suis plu que les fois où j’ai fui cette horrible (ce n’est que mon vécu) ambiance à touriste, en m’enfonçant dans des quartiers authentiques où j’ai enfin pu côtoyer des locaux et me promener sur des marchés fort sympathiques et... authentiques... faudrait que j’y retourne...
Il est clair qu'Udaipur est la ville la plus touristique du Rajasthan avec tous les inconvénients que cela comporte... Mais pour autant, elle reste un ville magnifique qui comme toutes les villes très touristiques, regorge d'endroits où l'on ne croise pas un seul touriste: se balader sur les ghats tôt le matin, s'écarter d'à peine une ou deux rues et tomber sur un agréable marché local comme tu l'as dit, visiter les environs de la ville, les villages... 95% de l'activité touristique se déploie dans la zone du City Palace et des bords du lacs les plus proches de cette aire. En dehors de ça, quasiment plus personne... Ensuite, c'est très personnel mais ma pratique du hindi me permet de créer des liens qui modifie forcément l'expérience que je peux faire de cette ville. J'en parlerai dans le carnet...
S’il s’était agi de moi et de mon enfant, il y a belle lurette que je me serais mis en quête du meilleur hôpital et d’ailleurs je n’aurais pas tant attendu pour m’y précipiter... Mais bon, c’est une question de tempérament et de personnalité.
C'est qu'en réalité, tout s'est passé assez vite. Quand nous étions à Jawai Bandh, nous sommes tout de même allé dans cet hôpital de village dès que l'état a semblé devenir plus inquiétant. Le médecin a fait un bon diagnostic et a prescrit l'antibiotique adéquat. Le seul problème est qu'il n'a pas traité la déshydratation mais le temps qu'il commence son traitement et que nous nous en apercevions, il était déjà temps de partir pour Udaipur où nous sommes directement allés à l'hôpital américain.
Et surtout tes talents de conteurs sont tels, que je le voyais, ce petitou de 2 ans - c’est vraiment petit encore 2 ans – comme si j’y étais.
J'ai décrit comme cela s'est passé et ce que nous avons ressenti. D'un côté, son état s'améliorait par moments avec l'effet du traitement, mais de l'autre il maigrissait et était extrêmement faible. C'était impressionnant à voir et c'est là que nous avons demandé à Sukhdeo de nous conduire à l'hôpital.
J’ai souvent une pensée émue pour Keliandre qui est un peu l’enfant « oublié » dans les réactions des lecteurs, « l’aîné », au profit de son petit frère, « la vedette », - et pour cause ! - dont tout le monde parle. Moi, cet enfant m’interpelle depuis le début du voyage... Déjà son prénom... qui me rappelle ce coquin/malin de Léandre des Fourberies de Scapin. Ce « andre » (andros/homme) qui fait de lui déjà un petit homme. Alors que justement quand tu parles de lui je perçois tantôt un enfant encore petit garçon de son âge (l’expérimentation des bonbons et autres sucreries indiennes) et en même temps un déjà petit- homme-ado-responsable-réfléchi-inquiet.... Presque déjà ado de 15 ans... Je suis touché par son innocence et son abandon quand il s’endort sans crainte ni scrupule sur l’épaule de l’inconnu(e) assis(e) à ses côtés. Kéliandre a toute ma sympathie.
Excellente analyse! J'y pense à chaque fois que je progresse dans l'écriture de ce carnet, mais je ne me doutais pas que quelqu'un relèverait ce point. Si Kelyandre (avec un "y"  ) est un peu oublié des réactions des lecteurs, c'est aussi peut-être parce que mon récit le met un peu moins en avant. Il y a plusieurs raison à ça. D'un côté, un des buts affiché de ce carnet est d'informer des personnes qui voudraient entreprendre un voyage en Inde avec des enfants, tout particulièrement en très bas âge, car beaucoup se posent la questions que nous nous sommes posés, et nous avons trouvé très très peu de témoignages à ce sujet. EN conséquence, les réactions du plus petit sont naturellement plus mises en avant, en même temps qu'elles sont plus faciles à observer : emmener un enfant de deux ans en Inde demande une attention de tous les instants! D'un autre, il est plus difficile de retranscrire les émotions d'un enfant de 10 ans, et tu l'as très bien observé, à une époque où les enfants rentrent plus tôt dans la pré-adolescence tout en restant très enfant, avec les conséquences que cela a : du mal à exprimer ses ressentis sur ce qu'il observe, des moments où il s'isole avec des jeux vidéos au lieu de découvrir ce qu'il y a autour de lui, et parfois une tendance à se calquer sur les émotions de sa mère. Il s'est trouvé peut-être moins émerveillé que nous par ce voyage en Inde et cela le rend plus difficile à retranscrire. Puis il y a sa personnalité. Justement pas du tout "coquin/malin", mais particulièrement sage, obéissant, discipliné et un peu discret. C'est aussi un trait qui rend la retranscription de son expérience plus ardue. Cependant, j'observais bien sûr ses réactions que je raconte tout de même régulièrement dans le carnet: son anxiété, ses étonnements... Tu tapes dans le mille quand tu parles d' "homme-ado-responsable-réfléchi-inquiet": c'est bien la manière la plus exacte de le définir. Son prénom t'intrique à juste titre : il est presque unique. "Kely" est une racine celtique qui peut vouloir dire "église" ou "quelqu'un qui est fort", et bien sûr "andre" du grec "andros". Cela fait une curieuse combinaison! Ce prénom était en fait porté par une connaissance antillaise de sa mère qui était apparemment le seul au monde à le porter! L'inspiration originelle viendrait sûrement du fait que dans les Caraïbes hispanophones, on trouve des "Kelly-André" et ce serait une francisation de ce prénom. Au final, ça sonne assez celtique, et tout à fait unique puisqu'il n'y en a peut-être que deux (ou une poignée) dans le monde.
Et allez ! Un lit pour Théo ? Un matelas par terre pour Keliandre...
Là tu surinterprètes  Dans toutes les autres chambres Kelyandre avait un lit. C'est seulement dans celle-ci qu'il fallait rajouter un matelas d'appoint. En plus, il adore parce qu'il est scoot et surtout, c'est préférable car il a un sommeil agité et chute parfois, comme je l'ai raconté quand nous étions à Jodhpur. Il a pris la table de nuit dans la tête et aurait pu lui aussi terminer à l'hôpital... J'ajouterais que Théo a aussi dormi sur un matelas à certains moments du voyage!
Eh ! Salut, mon frère !!!
Mais lequel est ton frère dans cette scène? Kelyandre, moi ou ce vieillard sénile! 
Pour le reste, je rebondis très rapidement sur tes autres très bonnes observations: rencontrer Sukhdeo a été une chance inouïe pour nous, et malgré le fonctionnement un peu étrange des hôpitaux indiens et les défauts de leurs personnels, nous avons une prise en charge d'une qualité qui nous a largement rassurés!
J'essaye d'écrire la suite dans pas trop longtemps... | | | À: Pagaljavab · 20 novembre 2025 à 11:32 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 136 de 202 · Page 7 de 11 · 448 affichages · Partager Après avoir écrit ce message, avec peut-être mon naturel qui déplaît à tant de gens et surtout ma spontanéité, j'ai craint sur plusieurs points que tu le prennes comme un jugement... Et peut-être est-ce le cas, à te lire ? Et puis maintenant il faut toujours pour être à peu près compris acompagner les mots de ces hiéroglyphes que je ne manipule que très mal parce que je suis d'un autre temps, surtout quand il s'git de plaisanter ou d'être un peu ironique. C'était le cas pour le matelas, et un clin d'œil pour le salut mon frère à quelqu'un qui m'a rappelé certaines de mes réactions avec ce genre de bonhomme... dans des situations identiques... Comme je te l'ai écrit à un autre sujet, tu n'as pas à te justifier si un vieux bonhomme fait des remarques maladroites. Tu sais, les grands parents, il faut toujours qu'ils se mêlent de donner leur avis aux parents... Je me suis tellement inclus dans ce petit groupe... | | | À: Pagaljavab · 20 novembre 2025 à 12:31 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 137 de 202 · Page 7 de 11 · 431 affichages · Partager Désolé aussi pour le y de Kelyandre. Maintenant je me fais des brouillon de message avant d'envoyer pour éviter la page qui fout le camp au dernier moment. Et Je dicte sur le micro qui a retranscrit Keliandre... Et je n'ai pas fait attention. En tous cas j'avais compris que c'était un super beau prénom très rare sinon unique. Dommage ton explication très plausible de Kelly André fout en l'air mon interprétation de andre (andros) Effectivelment il y a pas mal de Kelly en Guadeloupe... | | | À: Marien33 · 20 novembre 2025 à 12:59 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 138 de 202 · Page 7 de 11 · 426 affichages · Partager Non, je ne l'ai pas pris pour un jugement, et que bien même, c'est qui crée le débat. Je sais que tu m'avais déjà dit que je n'avais pas à me justifier, mais à l'inverse, j'aime beaucoup "me justifier" ou plutôt répondre et réagir précisément à ce qui est dit : ça aussi crée le débat et c'est primordial. L'expression populaire "Mais tu n'as pas à te justifier!" laisse entendre que se justifier est mal, ce qui a toujours été une énigme pour moi... En tout cas, je réponds en clarifiant les choses.
Pour le "frère", j'avais très bien compris ton allusion bien sûr! J'ai juste trouvé que la manière dont c'était dit ajoutait plusieurs interprétations, alors j'ai répondu avec humour.
Pour le "André", tu n'as pas du tout tort puisque c'est toujours la racine "andros" (rien à voir avec la compote en revanche). Oui, "Kelly" est très répandu aux Antilles et Caraïbe. | | | À: Pagaljavab · 20 novembre 2025 à 16:41 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 139 de 202 · Page 7 de 11 · 400 affichages · Partager L'expression populaire "Mais tu n'as pas à te justifier!" laisse entendre que se justifier est mal,
Je vis tellement dans ma bulle et si isolé du monde que j'ignorais que c'était une expression "populaire". J'ai envie de dire expression en vogue, à la mode... Moi j'en suis resté à ce détestable "impacter" "impacté"...😜😇 🤣 | | | À: Pagaljavab · 28 novembre 2025 à 9:42 Re: Un énième carnet de voyage dans ce (trop) familier Rajasthan, mais en famille et avec des enfants Message 140 de 202 · Page 7 de 11 · 261 affichages · Partager Bonjour Pagal, je sais que tu es très occupé mais un petit article juste pour finir le récit de l'hospitalisation de ton petit garçon me ferait bien plaisir !!! Je crois que nous sommes plusieurs à attendre des nouvelles, même si on sait que tout a dû bien se terminer heureusement... | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 2 925 visiteurs en ligne depuis une heure! |