Et si la porte s'était bloquée, non pas "électroniquement" mais mécaniquement : objets empêchant l'ouverture des portes, le bateau gîte rapidement à plus de 20%, certaines portes se retrouve "en bas" avec des objets leur tombant dessus.
oui, ou "porte -- ou montant de porte -- déformée" par un choc, j'avais envisagé cette éventualité, mais elle ne peut concerner en principe que *quelques* cabines, pas la totalité...
ces portes qui se fermeraient à clé sans pouvoir intervenir de l'intérieur, avec juste un interrupteur central, on trouve ça dans les prisons modernes (en tous cas dans les films ou séries américaines

), pas sur un paquebot...
Vous êtes un habitué des croisières, et pour les autres ?
bien sûr... mais "les autres", ils sont de plus en plus individualistes, voire "asociaux"... Et tu connais ma nature : je cherche toujours le contact et à aider... à expliquer... eh bien autrefois (oh, il y a encore 5 ans...), ça marchait très bien et dans l'immense majorité des cas, c'était une façon de lier contact, et de continuer ensuite autour d'un verre...
Mais aujourd'hui, quand je cherche à expliquer quelque chose à des primocroisiéristes qui, manifestement, n'ont rien compris, et avec toute la gentillesse et l'amabilité que chacun me connait, j'ai plus d'une fois sur deux la réponse : "vous êtes de chez Costa ? on vous a demandé quelque chose ? non ? alors f... nous la paix, et mêlez vous de ce qui vous regarde... "...


Alors certes, il suffit de regarder un peu pour voir qu'il s'agit le plus souvent de gens qui ne sont pas du tout dans leur milieu socio-culturel habituel (merci les promotions absurdes !) et doivent se sentir en fait extrêmement mal à l'aise, comme un poisson qu'on mettrait dans de l'eau... de
Cologne
, dans quelque chose qui pour eux doit ressembler au "luxe du luxe"... et qui n'ont sans doute l'habitude d'être aidés que par... les services sociaux...

Je sais, c'est "méchant" ce que je dis là

, mais tu ne peux pas savoir à quel point c'est désagréable de se faire jeter alors qu'on voulait juste "rendre service"... mais "ces gens là" ne conçoivent sans doute même pas que ça puisse exister...


Déjà retrouver sa cabine au début d'une croisière n'est pas si simple pour tout le monde,
J'essaie toujours de convaincre les gens que "vouloir garder l'effet de surprise" n'est pas un bon choix, à ause du temps limité de la croisière, et que d'apprendre par coeur le plan d'un bateau (je parle pas forcément des noms des endroits ni des ponts, pour ces derniers, le numéro suffit...) fait partie des plaisirs d'avant croisière, et génère un plaisir immense dès l'arrivée de ne pas perdre son temps à "chercher"... D'ailleurs "apprendre" ne suffit pas, il faut aussi "comprendre", par exemple que sur les bateaux de la classe concordia (ça restera ? on va parler de classe serena ?) ou fortuna, il faut monter au pont 5 ou (mieux, c'est plus simple) descendre au pont 2, pour aller de l'atrium au restaurant arrière... etc...
Pour moi, c'est toujours un immense plaisir, dans la préparation de la croisière (c'est mon côté "vacancier", voire "curiste"...

), pendant que Mme PAP, elle fait les choix d'excursion et travaille sur ce que nous allons voir... C'est ainsi que si tu me mets sur un bateau que je dois prendre, et où je n'ai jamais mis les pieds, je pense que tu peux me bander les yeux, et que si tu me dis "nous sommes à la réception", ou "nous sommes à l'entrée du restaurant-club" (mais pas "nous sommes à l'entrée du Medusa", je ne saurai pas si c'est un bar, un restaurant...), et que tu ne mets pas d'obstacle sur mon trajet (pas envie de me casser la figure), je devrais pouvoir sans me tromper rejoindre ma cabine... j'aurai juste besoin de toi, pour une confirmation de temps en temps style "nous sommes bien dans l'ascenseur central tribord de la colonne avant ? " (bon, d'accord, il faut que tu saches, toi, où est l'avant...

) et aussi pour appuyer sur l'étage que je te désignerai, mon apprentissage des bateaux n'allant pas jusqu'à connaître par coeur la position des boutons d'ascenseurs, et je ne lis pas le braille...
Mais bon, en pratique, je trouve ça passionnant, et Mme PAP te dira que "c'est vrai, ça fait gagner un temps fou"... Bon, je convaincrai pas tout le monde, mais j'aurai essayé au moins d'expliquer qu'en dehors du jeu intellectuel, et de l'entretien de mes vieilles cellules mémorielles, ça a de l'utilité à tout moment...
Vous avez aussi le physique pour. Imaginez la personne qui ne se déplace pas comme une gazelle (et il y en a bcp dans ces bateaux), qui dinne au pont 3 ou 4 avec la cabine en pont 8-9... et qui doit monter au moins 4-5 étages à pied dans la cohue (et plutôt à contre-sens).
Le "Lève-toi et marche", je l'ai jamais réussi, celui là... sain, mais pas saint, le PAP...

. Plus sérieusement, je pense que justement, c'est à ceux qui sont parfaitement valides de connaître à fond pour pouvoir aider les autres... Je ne compte plus les excursions où je fais partie des 3 ou 4 qui vont aider la supermamie de 95 ans à monter ou descendre un escalier, pendant qu'un autre portera le fauteuil plié... Le vrai bonheur des excursions, il est *aussi* là...
Alors qui peut dire quelle personne est capable de se rendre à sa cabine sans risque ni pour lui ni pour les autres ? c'est le rapport bénéfice/risque à évaluer pour chaque personne. Il doit surement être possible d'améliorer ce process
Oui et oui, assurément.
Visiblement, il n'y avait pas assez de gilet au bon moment au bon endroit.
Je ne suis pas sûr en effet qu'il y ait sur le pont 4 suffisamment de gilets pour *tout le monde*...
Mais encore faut-il les gérer dans ce cas très particulier d'abandon de navire qui tient plus du "débarquement en chaloupes"... IL me semble évident que les chaloupes disponibles, qui faisaient des navettes jusqu'au petit port, auraient dû rentrer au bateau remplies de gilets de sauvetage qui *à ce moment là*, ne servaient plus à rien à ceux qui les avaient portés... (mais je vois plus loin que tu évoques justement ce problème...)
Enfin, et encore une fois, il y a PLUS DE 4100 rescapés physiquement indemnes.
Tout a fait vrai, mais je suis sûr qu'ils auraient pu mieux faire et qu'ils feront mieux la prochaine fois dans les mêmes circonstances.
*... et je pense que les officiers avec qui j'ai un jour discuté de ce problème doivent l'être aussi.
Après, "mieux la prochaine fois dans les mêmes circonstances", j'espère bien que des procédures renforcées feront que les "mêmes circonstances" ne se reproduiront pas...
Quant à "la prochaine fois", si le nombre de rescapés indemnes est aussi grand, je trouverai déjà que c'est une très belle réussite... et tant pis si je suis dans les 6 ou 10 ou 20... c'est que peut-être je n'aurai pas pris la bonne décision, éventuellement d'ailleurs en contrevenant à une procédure de l'Armateur, que je n'aurai pas eu de chance, ou que, simplement, c'était "mon heure"...